
Tableau 1. Mise en réseau des pays autour de projets liés à la rénovation de l’enseignement
scientifique
française pratiquant des activités du type Lamap, qu’un accord fut signé en 2000. Pour les
partenaires chinois, il y avait urgence à rénover un système éducatif trop classique reposant sur
une pédagogie frontale et sur la mémorisation. Le programme piloté par le ministère chinois,
appelé Learning by doing, est expérimenté dans des écoles de quatre villes chinoises : Beijing,
Nanjing, Shanghai et Shantou. Il bénéficie au départ des ressources Lamap traduites en
chinois, et génère en retour un document, Les cinq cas, traduit en français. Suivront de
nombreux échanges entre les deux pays, avec accueil de délégations chinoises en France et
missions de formation en Chine pour plusieurs formateurs. En 2004, plus de mille classes
réparties dans deux cents écoles et situées dans onze provinces contribuent au développement
du programme. Des séminaires annuels
ont lieu
alternativement en Chine et en France. Celui de 2006 est l’occasion de contribuer à l’écriture
des standards pour les élèves âgés de 5 à 7 ans. Les programmes rénovés sont publiés en 2009
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mais après 2011, l’évolution du pouvoir chinois met fin à cette coopération.
D’autres coopérations ont été mises en place dans des contextes très difficiles. En 2002 en
Afghanistan, après trente ans de conflits, la situation en éducation est, selon l’Unesco,
extrêmement dégradée : taux de scolarisation très faible surtout chez les filles, programmes
obsolètes, enseignants très peu formés, infrastructures délabrées. Alors que de nombreux pays
contribuent matériellement à la reconstruction d’un système éducatif, la France, par
l’intermédiaire du ministère des affaires étrangères, offre son savoir-faire en formation, en
misant sur le fait que l’éducation scientifique du type Lamap, par les valeurs qu’elle véhicule et
le changement de pratiques pédagogiques qu’elle induit, crée un terreau favorable pour
développer des réformes plus ambitieuses. De 2004 à 2006, en partenariat avec le ministère
afghan de l’éducation, un Fonds de solidarité prioritaire permet la formation d’enseignants, de
conseillers pédagogiques et d’inspecteurs ; des ressources adaptées au contexte afghan sont
traduites en dari et des délégations afghanes sont accueillies en France. Ce projet donnera
naissance en Afghanistan à un Centre national des sciences, élaborant des ressources et
mettant à disposition du matériel. L’évolution politique du pays, ces dernières années, a
probablement ruiné les ambitions affichées par ces projets et les espoirs qu’il avait fait naître
chez les élèves, en particulier les filles.
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En Haïti, à la suite du séisme dévastateur et meurtrier de 2010, a été mise en place une
coopération, qui perdure aujourd’hui, à partir d’outils numériques pour diffuser des contenus
pédagogiques préparés conjointement par des formateurs français et haïtiens.
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Chaque projet tient son originalité des échanges et rencontres qui se tissent lors de son
élaboration. Ainsi, en Asie du Sud-Est a été créé un pôle de rénovation des sciences mis en
réseau (tableau 1) grâce au Centre régional pour l’enseignement des sciences et des
mathématiques (Recsam) basé en Malaisie. Ce centre d’excellence pour la formation des cadres
du système éducatif de onze pays a découvert La main à la pâte grâce aux échanges entre les
académies des sciences malaise et française. Au Cambodge est né en 2002 un projet au sein des
classes bilingues franco-khmères, sous l’égide de l’Agence universitaire de la francophonie
(AUF). L’importance des pratiques langagières dans les activités d’investigation y est exploitée
pour travailler la langue française. En 2004, grâce à la Fondation Mérieux, le projet a été
étendu, avant d’être généralisé en 2006 hors classes bilingues. Depuis 2008, sous l’égide de
l’initiative Valofrase (valorisation du français en Asie du Sud-Est), le Cambodge apporte son
aide au développement de projets au Laos et au Vietnam. Au Vietnam toujours, une rencontre
en 1998 entre le physicien vietnamien Jean Trần Thanh Vân et l’Académie des sciences de
France a donné lieu à un projet de formation d’enseignants d’abord développé au sein de
l’École normale supérieure d’Hanoï, puis dans différentes régions du pays. Entre 2002 et 2014,
mille cinq cents enseignants, formateurs et cadres administratifs en ont bénéficié. À la
rentrée 2012, une expérimentation a été lancée dans les soixante-trois provinces
vietnamiennes, sous l’égide du ministère de l’éducation, afin de contribuer à la rénovation du
système éducatif et un centre d’expérimentation a été créé à Quy Nhon, sur le modèle des
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La main à la pâte : une rénovation de l’enseignement des sciences à l’éc... https://journals.openedition.org/ries/16471
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