
À l’échelle mondiale, la tomate (Solanum lycopersicum L.) est l’une des cultures maraîchères
les plus produites, juste après la pomme de terre. En 2021, la production mondiale de tomates
a atteint environ 189 millions de tonnes, cultivées sur une superficie de plus de 5,1 millions
d’hectares, selon les données de la FAO. La Chine domine largement ce classement avec près
de 67,5 millions de tonnes produites, suivie de l’Inde, de la Turquie et de l’Égypte
(FAO/Hortoinfo, 2021). En Afrique, la production de tomates a connu une forte croissance au
cours des dernières décennies. Elle est passée d’environ 2 millions de tonnes dans les années
1960 à 20,8 millions de tonnes en 2018 (FAO, cité par Frey, 2023). Cette progression traduit
l’importance croissante de la culture pour la sécurité alimentaire et les revenus des
producteurs sur le continent, bien que les rendements y restent nettement inférieurs à ceux
des pays à agriculture intensive. Au Tchad, l’agriculture demeure le pilier de l’économie
nationale : elle fait vivre environ 80 % de la population, essentiellement en agriculture de
subsistance et contribue pour près de 25 % au produit intérieur brut (PIB) (BAD, 2022). La
tomate y est une culture maraîchère de premier plan : les principales zones de production qui
approvisionnent le marché de N’Djaména se situent dans un rayon de 200 km autour de la
capitale — notamment Karal, Linia, Dourbali, Bougoumen, Koundoul et Chedra (FAO, s.d.),
avec une production disponible soit en saison des pluies (août-octobre), soit en hivernage
(décembre-mars).
Le stress hydrique constitue l’une des principales contraintes à la production agricole en zone
sahélienne. L’irrégularité des précipitations, la faible maîtrise de l’eau et le changement
climatique fragilisent particulièrement les cultures maraîchères comme la tomate, très
sensible au déficit hydrique à chaque stade de son développement. Ce stress affecte
directement le comportement agronomique des plants : croissance, floraison, nouaison et
rendement final, avec des réponses variables selon les variétés cultivées.
C’est dans ce contexte que s’inscrit la présente étude, qui vise à évaluer l’effet du stress
hydrique sur le comportement agronomique de variétés de tomate au Tchad, dans le but
d’identifier celles qui présentent la meilleure tolérance au déficit hydrique.
Question de recherche
• Quelles différences de comportement agronomique observe-t-on entre les variétés
soumises au stress hydrique ?
• Quelles variétés de tomate présentent la meilleure tolérance au déficit hydrique ?
• Comment le stress hydrique affecte-t-il les paramètres de croissance des variétés de
tomate étudiées ?
Objectifs
L’objectif général de cette étude est d’évaluer l’effet du stress hydrique sur le comportement
agronomique de variétés de tomate au Tchad.