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montré que 77% des mères savaient que l'allaitement
renforce la relation entre la mère et son bébé [9].
Parmi les participantes à l’étude, presque huit femmes
sur dix (79%) connaissaient qu’il faut allaiter l’enfant
tout moment. Ce résultat est supérieur à celui rapporté
par Abdul Ameer et al [10] en Irak où 64,6 % des
mères qui connaissaient qu’il faut allaiter les enfants à
la demande.
Pour ce qui est de la durée moyenne normale de
l’allaitement maternel, 41,7 de nos enquêtées ne
connaissaient pas la durée moyenne de l’allaitement.
Maonga et al en 2015 ont rapporté le résultat similaire
dans leur étude sur les pratiques et connaissances de
316 femmes en matière d'allaitement maternel au
District de Muheza Tanga en Tanzanie où 42,1% des
femmes ne connaissaient pas la durée moyenne de
l’allaitement maternel [8]. Cela pourrait s’expliquer
par le fait que les femmes enceintes ne bénéficient pas
d’informations suffisantes sur ce sujet lors de leurs
CPN. Dans notre étude, seulement 34% des femmes
ont déclaré avoir reçu des conseils d’éducation sur
l’allaitement maternel au cours de leur dernière
grossesse. Ce résultat est comparable à celui rapporté
par Maonga et al en Tanzanie où 39% des femmes ont
déclaré avoir reçu des conseils sur l'allaitement
maternel pendant la consultation prénatale et 25%
après l'accouchement [8]. Par ailleurs, nos résultats
sont différents de ceux rapportés par Mekuria et Edris
en 2015 en Ethiopie où sur un échantillon de 413
femmes, 47,9% ont déclaré avoir reçu des conseils sur
l’allaitement maternel pendant les consultations
prénatale [11]. Nos résultats sont deux fois moins
inferieures à ceux de l'étude menée à Kigali, au
Rwanda en 2013, qui était de 74,4% chez les femmes
qui avaient des informations correctes sur
l’allaitement maternel exclusif [12]
Certaines études ont rapporté que les structures
sanitaires et prestataires de santé constituent des
sources fiables de connaissance et d’information pour
les conseils sur l’allaitement maternel [9, 13]. Ayed a
trouvé dans son étude que 65,7% des femmes avaient
participé à l'éducation sur la santé concernant
l'allaitement maternel et que les médecins étaient les
principales sources d’information sur l'allaitement
maternel (55,6%) suivis par les infirmières (29,9%)
[14]. Ainsi, Il est important de souligner que les
conseils nutritionnels constituent les moments
propices pour faire passer les messages sur
l’allaitement maternel. En effet, plusieurs études ont
rapporté que les femmes qui reçoivent des conseils sur
l'alimentation du nourrisson pendant les visites
prénatales ou qui ont des connaissances suffisantes sur
l’allaitement maternel étaient plus susceptibles de
conduire une pratique d’allaitement maternel exclusif
de leur nourrisson [11, 15-18]
S’agissant de la période d’introduction des
compléments alimentaires, 37,2% de nos enquêtées
pensaient qu’il fallait diversifier l’alimentation du
nourrisson avant l’âge de six mois. En Ethiopie,
Alamirew et al en 2017 ont observé dans leur étude
que 65% des mères connaissaient le lait maternel seul
suffisait aux nourrissons de moins de 6 mois [19].
Cependant, Mekuria et Edris en 2015 ont rapporté en
Ethiopie que 42,6% des mères ne connaissaient pas
l'âge approprié pour commencer le sevrage [11]
La moitié des femmes de notre échantillon ne
connaissaient pas les inconvénients des compléments
alimentaires chez un nourrisson avant l’âge de 6 mois.
Cela pourrait s’expliquer par le fait que ces femmes ne
reçoivent pas suffisamment d’information sur le sujet
lors des CPN ou pendant des campagnes de
sensibilisation orientées sur l’allaitement maternel et
ses bonnes pratiques.
Dans la présente étude, l’insuffisance du lait maternel
a été indexée par près de la moitié de nos enquêtées
comme la principale cause d’introduction de
complément alimentaire avant l’âge de six mois dans
l’alimentation d’un nourrisson. Il s’agit là de
connaissances erronées dans la mesure où il est établit
que toutes les femmes sont capables de produire du
lait en quantité et en qualité suffisante jusqu'à l'âge de
6 mois, à condition d'avoir un régime alimentaire
équilibré et d'entretenir la lactation par des tétés
régulières.
Nous avons observé que les femmes âgées de 30 ans
et plus, les femmes scolarisées, les femmes vivant
seule, les femmes sans emploi (inactives) et celles qui
n’en étaient pas à leur première grossesse dans notre
échantillon étaient plus informées sur les avantages de
l’allaitement maternel que les autres.
CONCLUSION
Cette étude montre que les avantages de l’allaitement
maternel étaient plus connus par les femmes plus
âgées, scolarisés et vivant seule en milieu rural. Les
pratiques d’allaitement maternel restent toujours
confrontées à des comportements liés au faible niveau
d’information des gestantes sur les avantages du lait
maternel et l’âge d’introduction des aliments de
compléments chez les enfants. Le renforcement de
l’éducation et de la sensibilisation des femmes
enceintes lors des CPN sur ces avantages et bonnes
pratiques pourrait contribuer à améliorer la qualité de
la pratique de l’allaitement maternel chez les mères
allaitantes en milieu rural Guinéen.