l’environnement (EPA) an d’omettre ou de minimiser les informations inquiétantes. Et au
cours du premier mandat de Donald Trump, l’EPA a supprimé de son site web la plupart des
références au climat ou au changement climatique.
2. L’ADHÉSION À DES INFORMATIONS OU À DES RÉCITS ERRONÉS
Parfois, plutôt que d’être simplement mal informés, les gens sont ignorants, parce qu’ils sont
désinformés et en viennent à croire des informations incorrectes. On observe ce phénomène
dans des déclarations non scientiques sur le changement climatique qui en identient mal
les causes, voire remettent en question son existence même — des déclarations comme « Il
n’y a aucun consensus scientique » ou « Le réchauement climatique n’est pas causé par les
humains, et ce à quoi on assiste est un phénomène qui se produit tous les dix mille ans,
environ ». Parfois, les connaissances erronées concernent l’ampleur du problème, comme
lorsque les gens reconnaissent la menace de la crise climatique, mais la minimisent en
disant : « Ce n’est pas un problème majeur » ou « Cela ne va pas nous aecter tant que ça ».
Cette compréhension erronée peut provenir de la pensée de groupe répercutée dans la
chambre d’écho construite par les climatosceptiques. Ou bien elle peut être causée par de la
désinformation et les mensonges diusés, par exemple, par des scientiques à la solde de
l’industrie des énergies fossiles, alors que les quelques centaines de scientiques du Groupe
d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) sont pratiquement unanimes,
quant aux causes et à l’ampleur de la crise. Cette forme d’ignorance s’aggrave, quand on perd
la capacité de distinguer clairement les faits des idées fausses (ou les faits des « faits
alternatifs »).
3. LA DISTRACTION
Une forme majeure d'ignorance réside dans la distraction exacerbée par le matérialisme, un
rythme de vie eréné et l'emprise de la technologie et des divertissements.
4. IGNORER LE PROBLÈME EN LE CHASSANT DE SON ESPRIT POUR SE
CONCENTRER SUR AUTRE CHOSE
L'ignorance peut également vouloir dire que l'on fait simplement abstraction du problème. On
cultive l'ignorance rance, lorsque l’on a pris conscience de la crise climatique, mais que l'on
choisit de ne pas y penser.
Per Espen Stoknes identie cinq obstacles qui nous empêchent de rééchir en profondeur à la crise
climatique et d’y répondre : 1) la distance : notre esprit ne s’intéresse pas à la crise, parce qu’il perçoit le
problème comme étant lointain dans le temps et dans l’espace ; 2) un sentiment de fatalité ; 3) le
décalage entre ce que l’on sait et ce que l’on fait, qui nous pousse à accorder moins d’importance à ce
que l’on sait ; 4) Le déni ; et 5) Une identité qui nous empêche d’écouter les autres, de reconnaître les
faits et d’être disposé à changer. What We Think About When We Try Not to Think About Global Warming:
Toward a New Psychology of Climate Action (White River Junction, VT: Chelsea Green Publishing, 2015),
82.