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de la consommation provoquerait une demande insuffisante de biens et services qui induirait à son
tour une dépression. Ce phénomène st connu sous le nom de la stagnation séculaire. Toutefois,
cette limite n’a pu être mise en évidence empiriquement ou observée d’un point de vue factuel.
La seconde limite concerne l’hypothèse de décroissance de la pmc. À partir de l’observation de
séries relatives à la consommation Kuznets va montrer que la pmc est relativement stable dans le
temps. En d’autres termes, la part du revenu consommé tend à rester stable même lorsque le revenu
disponible augmente. Enfin, il semble que la fonction de consommation keynésienne n’est valide
qu’à court terme et pour des ménages pris individuellement.
D’autres limites relatives à la conception microéconomique de la consommation peuvent être
également opposées à la vision keynésienne de la consommation. On peut entre autres citer la non-
prise en compte du caractère intertemporel de la contrainte budgétaire, des préférences et du
comportement optimisateur des consommateurs. Ces différentes critiques vont être à la base d’une
réinterprétation de la pensée keynésienne et de prolongement de sa fonction de consommation.
II. Les prolongements de la fonction de consommation
Elles ont conduit, d’une part, à respécifier la fonction de consommation keynésienne, et d’autre
part, à introduire de nouvelles hypothèses et de nouvelles variables dans le comportement des
agents économiques.
A. Les reformulations de la fonction de consommation keynésienne
Les tentatives de re-spécification de la fonction de consommation keynésienne prennent en
compte le revenu relatif, d’une part, et la formation des habitudes, d’autre part, comme facteurs
explicatifs de la consommation au niveau global.
1) Revenu relatif et fonction de consommation
Dans cette approche, la consommation des individus est autant influencée par le niveau de
leur revenu courant que par la place qu’occupe ce revenu, au sein de la hiérarchie des
revenus d’abord, par rapport aux revenus passés de l’individu ensuite. L’interdépendance du
comportement des agents économiques et les phénomènes d’imitation sociale expliquent que la
propension moyenne à consommer soit globalement stable sur longue période, puisque cette
propension moyenne dépend avant tout de la situation de l’individu dans l’échelle sociale. Quant
au revenu passé, il explique le maintien du niveau de consommation en période de
récession ou d’expansion (effet de cliquet). Confrontés à une dégradation de leur pouvoir
d’achat, les consommateurs préservent leur consommation en épargnant moins ou en s’endettant.
En revanche, lorsque l’activité reprend, ils maintiennent leur consommation à son niveau antérieur
et affectent le supplément de revenu courant à l’épargne. Cette inertie des comportements de
consommation n’est évidemment que provisoire et ceux-ci se modifient inévitablement en cas de
baisse (ou d’augmentation) durable du pouvoir d’achat.
Duesenberry (1949) observe que, contrairement à ce que voudrait la théorie keynésienne, la
propension moyenne à consommer (consommation/revenu) reste constante sur longue
période, alors que le revenu augmente. Il explique que les ménages se répartissent en groupes,
des plus pauvres aux plus riches, et adoptent des habitudes de consommation qui les amènent à
imiter les individus du groupe supérieur. C’est ce qu’il appelle l’effet de démonstration, qui a pour
conséquence que la propension à consommer est peu sensible (inélasticité) aux fluctuations du
revenu. Si le revenu de tout le monde augmente, chacun voudra en quelque sorte « conserver son
rang » et n’épargnera pas une plus grande part de son revenu, malgré l’augmentation de ce dernier.
Formellement l’effet de démonstration se traduit par la relation suivante :