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exemple, considère, selon la formule célèbre, que « le problème, c’est la solution »
(les tentatives répétées de solutions inadaptées maintiennent et amplifient le
problème), alors que l’approche structurale conçoit le problème comme résul-
tant d’un déséquilibre au niveau de la structure familiale, et l’approche contex-
tuelle, elle, considère que telle difficulté est liée à un problème de loyauté ou de
légitimité destructive. L’hétérogénéité des approches systémiques et des diverses
techniques qui y sont liées, fait que la référence à un modèle intégratif de théra-
pie familiale ne va vraiment pas de soi. Vouloir élaborer un manuel thérapeutique
intégratif, implique donc de se confronter à la complexe et délicate question :
« qu’est-ce que l’approche systémique ? ».
En continuité des travaux de Hendrick (2007a ; 2007b) et de Pote (1999),
nous avons tenté de réfléchir à ce qui peut réunir ces différentes écoles de théra-
pie familiale systémique, et notamment aux principes de base communs auxquels
elles font référence. Nous sommes arrivés à la conclusion qu’un modèle de thé-
rapie systémique intégratif, comme l’ISB, devrait se référer aux quatre principes
généraux suivants, notamment pour définir les problèmes et fixer les objectifs
de l’intervention :
Principe de la « vision contextuelle »
Selon ce premier principe, les problèmes qui motivent la consultation (symptôme
d’un individu ou difficultés relationnelles) sont toujours examinés à la lumière
des contextes plus larges dans lesquels ils sont insérés, notamment pour iden-
tifier des facteurs étiologiques situationnels influençant le problème actuel. Le
but de la thérapie est de modifier le contexte dans lequel le problème a émergé
ou, du moins, d’en alléger l’influence.
Les contextes pouvant être significatifs dans la compréhension d’un problème
concernent, notamment, les personnes de l’entourage (famille proche, famille élar-
gie, collègues, amis), les événements de vie (étape du cycle de vie, accident, licen-
ciement, etc.), les données culturelles, spirituelles (migrations, questions inter-
culturelles), ainsi que le réseau de prise en charge.
Principe d’« interaction-circularité »
Selon ce postulat, les problèmes et les difficultés se situent davantage dans les
relations et les interactions circulaires entre les personnes que dans l’intrapsy-
chique de tel patient. Une vision circulaire d’une dynamique de couple consiste,
par exemple, à voir que Monsieur se renferme car sa femme se montre intrusive
et perpétuellement en demande, mais aussi que le comportement intrusif et deman-
deur de Madame est une résultante du renfermement de son mari qu’elle ressent
comme un rejet. Le comportement de l’un renforce le comportement de l’autre,
et vice et versa. Selon ce principe, les problèmes apparaissent donc dans le cadre
de patterns interactionnels dysfonctionnels, tels que la communication paradoxale
(Watzlawick et coll., 1972 ; Selvini, 1978), l’escalade symétrique ou la complémen-
tarité rigide (Watzlawick et coll., 1972), les relations familiales enchevêtrées, exces-
sivement distantes ou incluant des triangulations/coalitions transgénérationnelles
(Minuchin, 1979), les relations indifférenciées (Bowen, 1984), les conflits de loyauté,
ou encore la parentification (Heireman, 1984), etc. Le but de la thérapie est alors
© Médecine & Hygiène | Téléchargé le 23/03/2023 sur www.cairn.info (IP: 90.12.60.153)
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