Relations économiques internationales : ONU, FMI, Bretton Woods

Telechargé par Chris Blessi
Chapitre 3 : Pacifier les relations économiques internationales
Le chapitre 3 examine l'évolution du système de relations internationales, centré sur les
organisations interétatiques et intergouvernementales établies après la Seconde Guerre
mondiale.
1. Les Nations unies (ONU) : Fondée en 1945 pour promouvoir la coopération
internationale et prévenir les conflits entre les nations.
2. La Banque mondiale : Établie en 1944 pour fournir des financements et des conseils
aux pays en développement afin de les aider à reconstruire après la guerre et à
promouvoir le développement économique.
3. Le Fonds monétaire international (FMI) : Créé en 1944 pour promouvoir la
coopération monétaire internationale, garantir la stabilité financière, faciliter le
commerce international, promouvoir un emploi élevé et une croissance économique
durable, et réduire la pauvreté dans le monde.
4. L'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture
(UNESCO) : Fondée en 1945 pour promouvoir la paix et la sécurité en renforçant la
coopération internationale dans les domaines de l'éducation, de la science et de la
culture.
5. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) : Établie en 1948 pour coordonner les
efforts internationaux visant à prévenir les maladies, à améliorer la santé publique et à
promouvoir le bien-être dans le monde entier.
6. L'Organisation internationale du travail (OIT) : Fondée en 1919, mais intégrée dans
le système des Nations unies après la Seconde Guerre mondiale, elle vise à promouvoir
les droits des travailleurs, à encourager les normes de travail décentes et à protéger les
travailleurs dans le monde entier
Ces institutions, bien que contestées aujourd'hui, ont été mises en place comme réponse
pragmatique au désordre économique de l'entre-deux-guerres.
1. parations de guerre : À la suite de la Première Guerre mondiale, les vainqueurs,
principalement la France et le Royaume-Uni, ont imposé d'énormes réparations
financières à l'Allemagne conformément au traité de Versailles de 1919. Ces réparations
étaient destinées à compenser les dommages de guerre, mais leur imposition a exacerbé
les difficultés économiques de l'Allemagne et a contribué à l'instabilité politique et
économique de la région.
2. Crise économique et dépression : L'entre-deux-guerres a été marqué par plusieurs
crises économiques majeures, notamment la crise économique mondiale de 1929,
connue sous le nom de la Grande Dépression. Cette crise a débuté avec le krach boursier
de Wall Street en octobre 1929 et a entraîné une baisse massive de la production
industrielle, du commerce international et du niveau de vie dans de nombreux pays du
monde.
3. Protectionnisme commercial : En réponse à la crise économique, de nombreux pays
ont adopté des politiques protectionnistes telles que des tarifs douaniers élevés et des
quotas d'importation pour protéger leurs industries nationales et leurs emplois.
Cependant, ces mesures ont souvent exacerbé les tensions économiques mondiales et
ont contribué à réduire le commerce international.
4. Instabilité monétaire : La période de l'entre-deux-guerres a également été marquée par
des fluctuations importantes dans les taux de change et des déséquilibres économiques
entre les différentes économies nationales. Les tentatives de restauration de l'étalon-or
après la Première Guerre mondiale ont été perturbées par des événements tels que la
dévaluation du dollar américain en 1933, ce qui a entraîné des pressions déflationnistes
et une instabilité financière mondiale.
Elles reposent sur la conviction que la coopération entre les États est essentielle pour prévenir
les conflits et promouvoir l'harmonie, nécessitant ainsi l'établissement de règles du jeu
mutuellement bénéfiques.
1. Les leçons de la Grande Crise
Ce premier point examine les leçons tirées de la Grande Crise des années 1930 :
Avant la Première Guerre mondiale :
Le système économique international était dominé par l'Angleterre, avec un
système financier globalisé reposant sur l'étalon-or et une ouverture
commerciale relative.
La Grande Crise comme rupture de ce système :
La crise des années 1930 marque l'échec de revenir à ce système libéral et
hégémonique.
Malgré les tentatives de rétablir cet ordre, les mécanismes économiques et la
réalité hégémonique ne peuvent être restaurés
a. L'avant-crise : une ébauche avortée d'ordre mondial
Le sous point met en lumière les efforts avortés pour établir un ordre mondial avant la crise
économique majeure des années 1930 :
1. Fragmentation du monde après la Première Guerre mondiale :
Les Traités de Versailles, Saint-Germain et du Trianon imposent des réparations
lourdes à l'Allemagne et démembrent l'Empire austro-hongrois, entraînant une
contraction du commerce régional en Europe centrale.
2. Inefficacité des organisations internationales :
La création de la Société des Nations (SDN), initiée par Woodrow Wilson, vise
à garantir l'indépendance politique et territoriale des États et favoriser le libre-
échange. Cependant, les États-Unis, en ne ratifiant pas le Traité de Versailles,
ne rejoignent pas la SDN, affaiblissant son leadership politique.
La SDN échoue à rétablir le libre-échange et à prévenir l'escalade protectionniste
des années 1930.
3. Retour malheureux à l'étalon-or :
Les efforts de la SDN pour rétablir un système monétaire stable, notamment lors
de la Conférence de Gênes en 1922, se soldent par un retour à l'étalon-or sous
une forme dénaturée.
Ce retour à l'étalon-or accentue les déséquilibres économiques, avec des
conséquences désastreuses telles que l'aggravation du chômage et la diminution
des exportations dans plusieurs pays.
Ce résumé met en évidence les tentatives infructueuses de pacifier les relations économiques
internationales avant la crise des années 1930, malgré les efforts déployés par les organisations
internationales et les initiatives monétaires.
b. La crise de 1929
Le krach de Wall Street en octobre 1929 déclenche une crise économique majeure, caractérisée
par une chute des cours boursiers et une propagation des faillites bancaires. Cette crise est
accompagnée d'une contraction de la production industrielle et d'une baisse drastique des prix
des biens dans le monde entier. Le chômage atteint des niveaux alarmants, avec près de 25%
de la population active aux États-Unis en 1933. La déflation aggrave le fardeau de la dette et
accentue la diminution des investissements.
La crise du système monétaire international (SMI) entraîne des dévaluations compétitives
entre les pays. Certains choisissent de défendre une monnaie surévaluée, tandis que d'autres
dévaluent leur monnaie pour stimuler leurs exportations et combattre la cession. Ces
dévaluations compétitives, souvent qualifiées de politiques d'« exportation de chômage »,
créent des tensions internationales.
L'escalade du protectionnisme devient une tendance mondiale, marquée par l'adoption de
tarifs douaniers élevés, notamment par les États-Unis avec le tarif Smoot-Hawley en 1930. Les
économies nationales se replient sur des zones commerciales fermées, ce qui entraîne un
effondrement du commerce international et aggrave la crise économique.
En réaction, les États-Unis adoptent le Reciprocal Trade Agreement Act (RTAA) en 1934 pour
négocier la réduction des tarifs douaniers, mais cette mesure reste limitée dans son application
en raison de son caractère bilatéral et sélectif.
2. L ’ « esprit de Bretton Woods »
En juillet 1944, l'accord de Bretton Woods est conclu, marquant la création du Fonds Monétaire
International et de la Banque Mondiale. Cet accord historique doit être compris dans le contexte
des peurs et des convictions de l'époque.
a. Les conséquences intellectuelles de la crise de 1929 et de la seconde guerre mondiale
Le libéralisme économique est remis en question après la crise de 1929, car l'URSS n'a pas été
touchée, affaiblissant ainsi sa crédibilité. La crise a également conduit à la montée du nazisme
et de la Seconde Guerre mondiale, en partie attribuée au protectionnisme des démocraties
libérales. Le libéralisme économique et l'ultra-nationalisme politique sont critiqués, ouvrant la
voie à l'idéologie communiste. La crise a révélé les lacunes du laisser-faire économique,
conduisant à une plus grande intervention de l'État pour assurer le plein emploi. Cependant, une
coopération internationale est nécessaire pour éviter les conflits d'intérêts.
b. L’inspiration « keynésienne » du système de relations économiques internationales
L'« Esprit de Bretton Woods » associe la primauté de l'individu à une vision libérale, tout en
réadoptant certains aspects du mercantilisme qui valorisent le cadre national pour la politique
économique des États. Il aspire à une universalité qui intègre des pays aux systèmes
économiques variés, l'État prend le dessus sur les idéologies en accord avec une approche
réaliste des relations internationales.
Le développement de la théorie macroéconomique, influencé par la Théorie Générale de
Keynes, a réintroduit la Nation et l'État comme des éléments essentiels de l'analyse économique,
remettant en question les positions des économistes les plus attachés au libéralisme. Les États
sont désormais perçus comme des acteurs nécessaires et néfiques, chargés de favoriser la
stabilité économique et la croissance.
Cette approche implicite de l'« esprit de Bretton Woods » met en lumière plusieurs propositions
importantes.
En sous-emploi, les gains de l'échange résident dans les effets multiplicateurs du
commerce extérieur
En situation de sous-emploi, les bénéfices de l'échange découlent des effets multiplicateurs du
commerce extérieur. Les États-Unis redoutaient un retour au chômage d'avant-guerre avec la
fin du conflit, mettant l'accent sur le plein emploi. Contrairement à la théorie classique, les
avantages de l'échange ne viennent pas de la spécialisation et de la théorie des avantages
comparatifs, car ceux-ci sont réalisables uniquement en situation de plein emploi. Au lieu de
cela, ils reposent sur les multiplicateurs engendrés par le commerce extérieur.
Une similitude significative existe entre les mécanismes du multiplicateur keynésien de
l'investissement et celui du commerce extérieur. La formule la plus simple pour le
multiplicateur du commerce extérieur est 𝑌 = 1 / (𝑠 + 𝑚) * (∆𝐼 + ∆X), 𝑌, 𝐼 et 𝑋
représentent respectivement l'augmentation du revenu national, de l'investissement domestique
et des exportations ; et où s et m représentent les propensions marginales (en général égales aux
propensions moyennes) à épargner et à importer.
Les avantages des effets multiplicateurs sont mutuels
Ainsi, les investissements et les exportations, en tant que composantes de la demande effective,
stimulent une production supplémentaire. Ce surplus de production engendre un revenu
supplémentaire, qui finance à son tour des investissements et des importations supplémentaires.
Contrairement au mercantilisme traditionnel, cette politique de croissance axée sur les
exportations ne nuit pas au solde extérieur, car les effets sur les importations compensent les
gains des exportations. Cependant, cet équilibre se réalise à un niveau d'échanges et de revenu
plus élevé pour tous.
En utilisant la formule mentionnée, où les suppléments d'épargne et d'importations (∆S et ∆M)
sont induits par le surplus de revenu, les multiplicateurs n'affectent pas l'équilibre de la balance
commerciale. Cela représente un mercantilisme "praticable" tous les pays peuvent bénéficier
de la croissance induite par les exportations, similaire à la théorie libérale classique mais par
des mécanismes différents, offrant ainsi un jeu à somme positive.
Les gains de l'échange trouvent leur origine dans les exportations et la
spécialisation peut exercer des effets multiplicateurs négatifs
La libéralisation des échanges a pour objectif principal d'ouvrir des débouchés aux pays
exportateurs plutôt que de réallouer les ressources mondiales rares. Dans ce cadre, les
importations deviennent une nécessité pour maintenir la cohérence et l'équilibre du système.
Cette approche ne suppose pas nécessairement une spécialisation. Au contraire, elle favorise
une dynamique de croissance où les exportations et les importations se développent de manière
proportionnelle, sans altérer la structure économique des pays concernés.
Mais, les pays peuvent être incités à « exporter» leur chômage
Bien que les mécanismes multiplicateurs puissent offrir des avantages réciproques, certains
pays pourraient être tentés d'accroître leurs gains en menant une politique d'excédent
commercial. Cependant, cela peut entraîner un déficit ailleurs, compromettant ainsi la
production et l'emploi dans d'autres régions. Cette situation, connue sous le nom de «
l'exportation du chômage », souligne la nécessité d'une coopération internationale pour assurer
la stabilité du système économique.
c. L'esprit de Bretton Woods dans les grandes organisations internationales
Les statuts des principales organisations internationales officialisent cette synthèse en
établissant des objectifs de croissance et de développement tout en maintenant l'équilibre des
balances des paiements. Le défi de lordre économique international » consiste principalement
à exploiter les ressources disponibles avant de rechercher leur allocation optimale.
Coopération, croissance et stabilité au Fonds Monétaire International
L'article 1 des objectifs du FMI vise à "promouvoir la coopération monétaire internationale",
"faciliter l'expansion et l'accroissement harmonieux du commerce international" pour soutenir
des niveaux élevés d'emploi et de revenu réel ainsi que le développement des ressources
productives de tous les États membres. De plus, il cherche à "promouvoir la stabilides
changes", à maintenir des régimes de change ordonnés entre les États membres et à éviter les
dépréciations concurrentielles des changes.
Développement des ressources productives à la Banque Mondiale
La Banque mondiale vise à encourager le développement des équipements productifs et des
ressources dans les pays les moins développés, à favoriser l'investissement international, à
promouvoir l'équilibre des balances des paiements et à contribuer à l'augmentation de la
productivité, du niveau de vie et des conditions de travail.
Plein emploi, croissance et développement durable à l'Organisation Mondiale du
Commerce
Les Accords de Marrakech (1995), établissant l'OMC, réitèrent largement le préambule de
l'accord GATT de 1947, mettant l'accent sur l'élévation des niveaux de vie, le plein emploi, la
croissance du revenu réel et de la demande effective, ainsi que le développement du commerce
des biens et services. Tout en visant une allocation optimale des ressources, l'OMC intègre
également une contrainte en faveur du développement durable, soulignant la nécessité de
protéger l'environnement et de renforcer les moyens d'y parvenir. Le préambule souligne aussi
l'importance de la réciprocité et des avantages mutuels dans les relations économiques entre les
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