Préparation et animation d'une causerie éducative

Telechargé par sagna ousmane
PREPARATION ET ANIMATION D’UNE SEANCE DE
CAUSERIE EDUCATIVE
6.0. Introduction
La causerie éducative, sous forme de communication interpersonnelle ou de petit
groupe, constitue l’un des moyens les plus efficaces de la communication pour le
changement de comportement. En effet, son avantage est que le message est
immédiatement livré et peut être facilement adapté à l’audience. Le modérateur a
aussi la possibilité d’insister sur les éléments essentiels de son message, observer
l’attitude des membres du groupe cible, les motiver et les influencer.
a) Objectifs spécifiques:
Cette séance a pour objectif de donner aux participants les connaissances et les
outils suffisants pour :
Préparer une séance de causerie éducative
Mener une séance de causerie suivant les étapes nécessaires
Mettre en pratique les techniques de l’écoute active pendant une séance de
communication interpersonnelle
b) Méthodes et techniques à utiliser
Mini exposé
Jeu de rôles sur l’écoute active
Travail en groupes
Séance plénière
c) Matériels à utiliser
Projecteur
Module du formateur
Papier bristol (flip chart)
Boite à images
Marqueurs
Cahiers et stylos
6.1. Préparation de la séance de causerie
Les activités effectuées à cette étape sont les suivantes :
Etudier l’audience : Qui sont ils ? Les jeunes ou les adultes ? de sexe masculin
ou féminin ? Quel est leur niveau intellectuel ? Qu’est-ce qu’ils savent du sujet à
discuter ? Sont-ils lettrés ? Quelle langue ou dialecte parlent-ils ? Combien sont-ils
? etc.
Choisir le thème: Pourquoi nous allons tenir la séance ? Sur quel sujet ?
Qu’est-ce qu’ils ont besoin d’apprendre ?
Se documenter : Quels documents peuvent m’aider à préparer la discussion ?
Choisir le matériel didactique : Quels matériels peuvent m’aider à mieux
expliquer le sujet ? Est-ce que je sais bien utiliser ce matériel ?
Choisir la méthodologie : Comment vais-je animer la séance ? Quelles méthodes
seront adaptées à la durée et aux objectifs de la séance ? Quelles seront les étapes
de la causerie ?
Choisir le lieu: Où se tiendra la séance ? Est-ce que c’est un endroit calme ?
L’espace est-il suffisant ? Quelle sera la disposition de la salle/du lieu pour que l’on
puisse mieux discuter ? Y a-t-il du courant si je vais montrer un film ?
NB : Une séance de causerie idéale doit remplir les conditions suivantes:
Composée de 15 à 25 participants
Les participants ayant les mêmes préoccupations et caractéristiques
Durée ne dépassant pas 30 minutes
Un seul sujet à discuter par séance et plusieurs séances avec le même groupe.
6.2. Les étapes d’une séance de causerie éducative
1) Création de l’ambiance
Cette étape commence par les salutations et la présentation des intervenants.
Elle sert aussi à stimuler l’intérêt, la curiosité, et permettre aux participants de
commencer à penser au sujet en question. On présente la raison d’être de la séance
et on explique l’importance et l’utilité du sujet pour les participants.
Cette étape ne devrait pas dépasser 5 minutes.
2) Clarification des objectifs
Décrire aux participants les buts spécifiques de l’activité et leur permettre
d’examiner des questions ou soucis supplémentaires.
3) Partage d’expériences sur le sujet
A cette étape les participants donnent leurs idées ou expériences personnelles sur le
sujet. Le facilitateur les encourage à dire ce qu’ils savent, et toutes les idées sont les
bienvenues.
4) Commentaires des participants
Les participants réagissent, discutent ou commentent sur les idées données par leurs
collègues, et le facilitateur les aide à atteindre un consensus (sur des idées à
retenir).
5) Récapitulation
Le facilitateur aide les participants à récapituler les idées qui ont été retenues et à
les concilier avec les objectifs spécifiques de la causerie. Il donne des explications
et ajoute des éléments éventuellement oubliés par les participants.
6) Application
Sur base des éclaircissements et des conclusions recueillis des étapes précédentes,
le facilitateur demande à 2 ou 3 participants de dire comment ils veulent utiliser les
nouvelles idées (les acquis) dans le cadre de leurs vies réelles.
7) Conclusion
Le facilitateur résume ce qui a été dit au cours de la séance et finit en remerciant les
participants.
6.3. Ecoute active : élément clé de la communication interpersonnelle
L’écoute active est surtout essentielle dans une communication face à face entre
deux personnes. C’est une méthode incontournable par exemple dans une séance de
counseling individuel. Ecouter activement signifie écouter d’une manière qui
communique du respect, de l’intérêt et de l’empathie. Ces trois émotions peuvent
être transmises verbalement ou non verbalement.
Verbalement :
- « Mmmmmm hmmmm…. »
- « Oui, je vois… »
- En répétant ce que la personne vient de dire, etc.
Non verbalement :
- En maintenant le contact des yeux
- En approuvant ou désapprouvant par des signes de tête
- En laissant la personne parler sans l’interrompre
- En ne faisant pas attention aux distractions
Voici certaines techniques de l’écoute active:
1) Poser des questions ouvertes
Les questions ouvertes sont des questions qui exigent des réponses faites de plus
d’un mot. Cela vaut la peine de les utiliser parce qu’elles encouragent les gens à
échanger leurs opinions et/ou à donner des informations en profondeur.
Exemples :
• Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à suivre ce programme ?
• Comment réagiriez-vous dans une situation pareille ?
• Racontez-moi davantage pourquoi votre famille vous en veut ?
Les questions fermées exigent des réponses par « oui » ou par « non » ou des
réponses faites d’un mot. Bien qu’il soit parfois nécessaire de poser de telles
questions, il faudrait que les facilitateurs les évitent dans la mesure du possible
parce qu’elles découragent la discussion.
Exemples de questions fermées :
• Etes-vous d’accord avec cette affirmation ?
• Etes-vous prêt à faire ce travail ?
• A quelle heure voulez-vous commencer le travail demain ?
En posant des questions fermées, les facilitateurs doivent faire très attention et
éviter de poser des questions qui contiennent des réponses. Ce sont des questions
qui orientent l’interlocuteur à répondre dans un certain sens (questions bateaux).
Exemple de questions bateaux :
• Est-ce que vous n’aimez pas la formation?
• Ne diriez-vous pas que tout le monde est d’accord ?
• Vous voulez terminer à temps aujourd’hui, n’est-ce pas ?
2) Paraphraser
Paraphraser signifie affirmer dans vos propres termes ce qu’une autre personne a
dit. C’est un moyen utile de s’assurer que le facilitateur a compris ce que le
participant vient de dire, et cela montre au participant que le facilitateur l’a écouté
activement.
Exemple :
• Donc si je vous comprends bien,….
• En d’autres termes,
• Donc ce que vous disiez est que,
3) Utiliser des mots simples et des phrases courtes
Il faut s’assurer que la langue employée est tout d’abord adaptée à l’interlocuteur. Il
faut parler posément, avec des mots simples, tout en utilisant des phrases courtes
(facile à écouter).
4) Résumer
Résumer, c’est identifier les éléments clés de ce que l’on vient de dire et les redire
aux participants. Cet exercice se fait généralement à mi-chemin pendant une
discussion ou à la fin d’une séance. Résumer est un outil très utile pour :
• Maintenir la discussion sur la bonne voie
• Permettre au facilitateur de s’assurer qu’il a compris ce qui a été dit par les
participants
• Marquer une transition avant d’entamer un autre sujet
• Estimer l’évolution de l’activité et renforcer les commentaires qui ont été
exprimés.
Exemples :
• A partir de notre discussion de cet après-midi, concluons que le VIH est un
problème qui nous concerne tous, …
• Résumons ce dont nous avons parlé : il y a quatre moyens de prévention du VIH
(EABC).
• Compte tenu de ce que j’ai entendu ce matin, nous nous sommes convenus que la
prochaine séance se focalisera sur deux sujets : la prévention du VIH et la prise en
charge des PVVIH.
Exercices :
Demander aux participants de former 3 groupes pour préparer une séance de
causerie (Audience : club de jeunes adolescents. Thèmes pour les trois groupes
respectifs :
1) Retarder le début des rapports sexuels,
2)Dire non aux avances sexuelles,
3)Ne pas céder à la pression des pairs).
Ensuite, demander à un participant d’animer une séance de causerie, et au reste du
groupe de l’observer attentivement (utiliser une boîte à images).
A la fin de la séance, demander à tous les participants de faire des commentaires
sur la causerie qui vient d’être jouée et faire une conclusion commune.
Synthèse:
La causerie éducative est l’une des canaux les plus efficace de la Communication
pour le Changement de Comportement. Son efficacité réside dans le fait que c’est
une forme de communication où le message arrive immédiatement au destinataire
et l’émetteur peut adapter son langage ou son message aux circonstances et au
feedback de l’audience.
Cependant, pour qu’une causerie éducative puisse réussir, il faut bien se préparer
pour mieux connaître l’audience, choisir le thème, la méthodologie et le lieu.
Quand il s’agit d’une communication entre deux personnes, il faut aussi maîtriser
les techniques de l’écoute active.
La causerie suit le processus suivant : création de l’ambiance, partage de
l’expérience, commentaires des participants, récapitulation, application des
nouvelles connaissances et conclusion.
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