Manuel de Spiritualité par Mgr Auguste Saudreau

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Manuel de spiritualité
Par Mgr Auguste Saudreau
TABLE DES MATIERES
Chapitre I. La piété : sa nature, ses avantages
Chapitre II. La piété toujours possible à l’âme de bonne volonté
PREMIERE PARTIE
Le combat spirituel ; obstacles à surmonter
Chapitre III. Les passions ; l’orgueil
Nature de l’orgueil, ses diverses formes
Maux causés par l’orgueil
Lutte contre l’orgueil
Chapitre IV. La sensualité
Chapitre V. L’attachement aux biens terrestres
Chapitre VI. Les tentations
Nature et causes des tentations
Utilité des tentations
Comment il faut lutter contre les tentations
Chapitre VII. Les illusions
Chapitre VIII. Sécheresses, impuissances, tristesses et dégoûts
Nature de ces épreuves ; leurs causes ; quelques exemples
Conduite à tenir dans les sécheresses
Chapitre IX. L’abus des grâces et ses suites
DEUXIEME PARTIE
Pratique de la piété : les vertus
Chapitre X. Vertus théologales : la foi
Chapitre XI. Vertus théologales : l’espérance
Chapitre XII. Vertus théologales : la charité envers Dieu
Chapitre XIII. Le recueillement, fruit de la charité envers Dieu
Avantages du recueillement
Manière de pratiquer le recueillement
Chapitre XIV. Charité fraternelle
Importance de la vertu de charité
Pratique de la charité : La charité en pensées
Charité en paroles
Charité en action
Chapitre XV. Vertus cardinales : la prudence
Importance de la prudence
Exercice de la prudence
Chapitre XVI. Vertus cardinales : la justice
Chapitre XVII. L’obéissance, fille de la justice
Fondement et nécessité de l’obéissance
Pratique de l’obéissance
Exemples d’obéissance
Chapitre XVIII. Vertus cardinales : la force
Chapitre XIX. La patience, fille de la force
Nature, fruits de la patience
Exercice de la patience
Chapitre XX. Vertus cardinales : la tempérance. Son premier fruit : la mortification
Importance de la mortification
Pratique de la mortification
Chapitre XXI. L’humilité, fille de la justice et de la tempérance
Nature de l’humilité
Avantages de l’humilité
Exercice de l’humilité
TROISIEME PARTIE
Moyens d’avancer dans la piété
Chapitre XXII. La prière
1. Importance de la prière
2. Qualités de la prière
3. Préparation à la prière
Distractions
Chapitre XXIII. La prière vocale
Chapitre XXIV. Prière mentale et oraison
Nature et importance de l’oraison
Les parties de l’oraison
Sujets, lieu, durée
Les degrés d’oraison
Chemin de la croix
Chapitre XXV. La confession
Les fruits de la confession
Comment il faut se préparer à la confession
Chapitre XXVI. Direction spirituelle
Nécessité de la direction
Mission du directeur
Devoirs du dirigé
Chapitre XXVII. La communion
L’Eucharistie, aliment de l’âme
Comment rendre fructueuse la communion
Chapitre XXVIII. Assistance à la messe et visite au Saint Sacrement
Chapitre XXIX. Lecture spirituelle
Importance de la lecture spirituelle
Ce qu’il faut lire et comment il faut lire
Chapitre XXX. Sanctification des actions ordinaires
Chapitre XXXI. L’examen de conscience
Nécessité de cet exercice
Manière de faire l’examen de conscience
Chapitre XXXII. Examen particulier et probations
Importance et objet de l’examen particulier
Probations sur les vertus
Chapitre XXXIII. Retraites annuelles et retraites mensuelles
Retraite annuelle
Retraite du mois
Chapitre XXXIV. La dévotion au Sacré-Cœur
Historique de cette dévotion
Nature de cette dévotion au Sacré-Cœur
Avantages de la dévotion au Sacré-Cœur
Chapitre XXXV. Les dons du Saint-Esprit et la vie unitive
Épilogue
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PRÉFACE
Le nouveau volume que nous offrons au public nous a été demandé par de très
honorables et très chers confrères. Mgr l’Évêque d’Angers ayant institué des Brevets
d’instruction religieuse, fit insérer dans le programme parmi les matières d’examen : " les
notions fondamentales de la vie spirituelle ". Les candidats et candidates et les prêtres qui
les préparaient à l’examen réclamaient un manuel où fussent exposés succinctement les
principes de la spiritualité. On nous pressa de faire ce travail et l’on nous fit remarquer
qu’il pourrait rendre service et dans les séminaires et dans les noviciats de l’un et l’autre
sexe, et qu’il serait utile aussi aux personnes pieuses qui vivent au milieu du monde.
Nous eûmes assez longtemps l’espoir que d’autres que nous composeraient cet ouvrage,
mais ayant vainement attendu, nous cédâmes enfin aux instances qui nous étaient faites.
Un manuel doit être clair et concis, il doit présenter la doctrine en la condensant et non en
la développant. S’il doit s’appuyer sur les maîtres, qui dans cette matière sont surtout les
saints, il doit résumer leur enseignement. Et surtout, un manuel de spiritualité doit être
pratique et apprendre à l’âme de bonne volonté comment elle doit servir le Seigneur et
travailler à son avancement. Nous nous sommes efforcé de suivre ces règles ; ceci
expliquera au lecteur pourquoi nous n’avons pas traité plus longuement des matières sur
lesquelles il serait facile de s’étendre. Notre œuvre est certainement imparfaite : nous
demandons qu’on veuille l’accueillir avec indulgence ; du moins espérons-nous que ce
petit livre, en rappelant les leçons des grands docteurs, pourra donner quelques lumières,
inspirer le goût de la science spirituelle si noble et si importante et amener nos lecteurs à
en faire une étude approfondie, qui sera pour leur intelligence et pour leur cœur une
douce jouissance et un grand profit pour leur âme.
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MANUEL DE SPIRITUALITÉ
CHAPITRE I.
La piété : sa nature, ses avantages
1. La spiritualité est la science qui enseigne à progresser dans la vertu et particulièrement
dans l’amour divin. Elle diffère de la morale, science qui nous enseigne nos devoirs. La
morale nous apprend quelles sont les obligations qu’on ne peut violer sans faire de péché,
elle apprécie la gravité des fautes. La spiritualité laissant de côté la question des
obligations de conscience, expose les moyens pratiques de combattre les défauts,
d’acquérir les vertus et particulièrement d’accroître la charité ; elle guide l’âme dans le
travail de sa sanctification.
C’était ce travail de sa sanctification que saint Paul recommandait à Timothée : " Exerce-
toi à la piété ; la piété est utile à tout ; elle a des promesses pour la vie présente et pour la
vie à venir " (I Tim iv, 7-9) La piété est donc la disposition d’une âme qui s’applique à sa
sanctification ; une âme qui ne vise qu’à éviter le péché et à faire son salut, et qui
absorbée par ses sollicitudes temporelles, ne se préoccupe pas de son avancement
spirituel, est une âme chrétienne, mais non une âme pieuse.
Le mot piété peut être pris dans des sens différents ; nous ne l’entendons pas ici dans le
sens d’une vertu spéciale, celle qui, nous dit saint Thomas, nous porte à rendre à nos
parents et à notre patrie nos devoirs d’amour et de dévouement (2.2, q.101, a.3,c). Nous
n’entendons pas non plus une application plus parfaite aux pratiques de la religion,
comme l’entend le vulgaire, mais ce que saint François de Sales appelle la dévotion et qui
d’après lui et d’après saint Thomas et les théologiens est l’amour de Dieu assez fort pour
nous faire opérer " soigneusement, fréquemment et promptement ".
La piété ne consiste donc pas dans les pratiques extérieures ; toute personne qui récite de
longues formules de prières n’est pas pieuse pour cela ; si elle ne travaille ni à corriger
ses défauts, ni à perfectionner ses vertus, si elle ne veut pas lutter contre sa nature, mais
lui accorder tout ce que celle-ci réclame, à l’exception des fautes graves, sa piété n’est
qu’une fausse piété. Mais si les pratiques de piété ne constituent pas l’essence de la piété,
ils sont les moyens que l’âme pieuse emploie pour obtenir son avancement, on ne peut
avoir une vraie piété si on néglige toute pratique.
2. La piété naît de la foi ; elle se nourrit et se développe par la pensée des grandes vérités:
grandeurs, droits souverains, bienfaits de Dieu, son amour infini, œuvres et perfections de
Jésus, laideur du péché, beauté et nécessités des vertus, intérêts éternels de l’âme. La
piété repose donc sur le dogme ; l’âme qui connaît mal sa religion ne peut être solidement
pieuse ; une connaissance plus parfaite des vérités que la foi enseigne aide, au contraire, à
l’affermissement et à l’accroissement de la piété.
Il est presque superflu de dire qu’elle suppose avant tout le minimum de vie chrétienne
obligatoire pour tous et par conséquent l’observation des commandements ; celui qui les
viole gravement d’une façon fréquente ne peut être rangé parmi les chrétiens pieux.
3. Nous avons cité la parole célèbre de saint Paul exaltant les avantages de la piété. Cette
parole inspirée par le Saint-Esprit mérite toute foi et tout respect. Il est, du reste, facile de
comprendre quels sont ces fruits précieux que fait recueillir la piété en cette vie et en
l’autre.
En cette vie la piété nous rend plus aisés les sacrifices qu’exige la pratique de nos devoirs
et nous aide à nous en acquitter avec plus de fidélité et de perfection ; par le soin qu’elle
nous fait apporter à corriger nos défauts et à acquérir des vertus, elle nous fait éviter un
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