
peuvent survenir quel que soit l’âge avec une prédominance
chez les patients jeunes. Les signes respiratoires associés sont
inconstants. Le plus souvent, ils précèdent les manifestations
neurologiques et le délai entre les manifestations respiratoires et
l’apparition des signes neurologiques est de 9,6 jours
[65]
.
Ces manifestations neurologiques sont variées. Les encépha-
lites diffuses ou focales et méningoencéphalites sont les plus
fréquentes
[66-72]
. L’expression peut être précoce, suggérant une
invasion du système nerveux central ou différée, évoquant
plutôt un mécanisme dysimmunitaire. L’expression clinique est
variable, il peut s’agir d’un trouble du comportement ou de
convulsion, mais également de coma, plus fréquent chez
l’adulte
[69]
. Une ataxie peut être associée, signant l’atteinte
cérébelleuse, de même que des signes déficitaires.
Les autres manifestations rapportées sont des méningites
aseptiques
[73]
, des myélites transverses
[74-76]
, des accidents
vasculaires cérébraux
[77]
, des polyradiculonévrites et des
syndromes de Guillain-Barré
[78, 79]
. Une infection à M. pneumo-
niae pourrait être associée à la survenue d’un syndrome de
Guillain-Barré dans 5 % des cas
[78]
. Les signes neurologiques
sont le plus souvent réversibles, néanmoins, un tiers des
malades conservent des séquelles
[80]
. La pathogénie de ces
manifestations peut être soit une invasion directe du système
nerveux central
[81-83]
, soit un mécanisme immunitaire
[84]
et/ou
une vascularite et/ou un état d’hypercoagulabilité responsable
de phénomènes thromboemboliques
[69]
. La production d’une
neurotoxine par M. pneumoniae a été évoquée, mais jamais
démontrée.
Le traitement de ces manifestations neurologiques n’est pas
codifié. L’antibiothérapie est systématique, les corticoïdes sont
associés dans l’hypothèse d’un mécanisme immunoallergique.
Les veinoglobulines sont proposées et utilisées pour la prise en
charge du syndrome de Guillain-Barré ou des encéphalites
[85,
86]
. Leur utilisation plaide en faveur du mécanisme dysimmuni-
taire de ces manifestations.
Manifestations cardiaques
Leur fréquence, de 1 à 8,5 % chez l’adulte
[87]
, serait beau-
coup plus faible chez l’enfant
[57]
. Il peut s’agir de péricar-
dite
[88]
, avec parfois tamponnade
[89]
, de myocardite ou de
myopéricardite
[57]
. L’expression peut être clinique et se traduire
par un tableau d’insuffisance cardiaque ou un trouble du
rythme ou électrocardiographique. L’échographie permet de
mieux détecter ces lésions. La pathogénie reste à préciser. M.
pneumoniae a été isolé dans le liquide d’épanchement péricardi-
que et dans le tissu péricardique, ce qui plaide en faveur du rôle
direct du germe au cours des péricardites. En revanche, M.
pneumoniae n’a jamais été isolé dans le myocarde
[57]
.
Manifestations hématologiques
La plus classique est l’anémie hémolytique aiguë liée à la
présence d’agglutinines froides. Il s’agit d’IgM anti-I, distinctes
des anticorps anti-M. pneumoniae. Ces agglutinines froides
traduisent l’auto-immunisation contre les hématies altérées par
l’hémolysine du germe. Pour Murray et al.
[87]
,80%des
patients infectés par M. pneumoniae ont un test de Coombs
positif. L’hémolyse peut être sévère.
Plus rarement ont été rapportées des thrombopénies ou des
neutropénies sévères
[90-92]
et des syndromes d’activation
macrophagique
[93, 94]
.
Manifestations ostéoarticulaires
Les manifestations articulaires sont rares
[95]
. Des cas d’arth-
rites réactionnelles ont été signalés au cours d’infections par M.
pneumoniae
[96]
. Dans un cas, l’évolution s’est faite vers une
spondylarthrite ankylosante juvénile. Le rôle de M. pneumoniae
comme cofacteur au cours de la polyarthrite rhumatoïde a été
suggéré
[97]
. Un cas de RS3PO a été décrit
[98]
.
Manifestations digestives
Les manifestations hépatiques sont classiques en particulier
chez l’enfant et souvent limitées à un décalage des transamina-
ses
[99]
. Deux cas d’hépatite aiguë ont été récemment décrits
chez des adultes, sans atteinte pulmonaire associée
[100]
.
En dehors des hépatites ont été rapportés des cas de pancréa-
tite
[101, 102]
ou de gastroentéropathie exsudative chez un enfant
de 3 ans
[103]
.
Autres manifestations
Les techniques de biologie moléculaires ont montré que M.
pneumoniae pouvait être responsable d’infections chez les
patients immunodéprimés en particulier chez les patients
infectés par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH)
[104]
.
Des cas d’insuffisance rénale au cours d’une infection à M.
pneumoniae ont été rapportés
[105-107]
. Le mécanisme est une
glomérulonéphrite. Une néphropathie à IgA a également été
décrite
[107]
.
Une rhabdomyolyse peut être observée. Elle peut être associée
à une pneumopathie
[108]
, voire à un syndrome de détresse
respiratoire
[46]
ou plus rarement être isolée
[109]
.
La présence d’anticorps antiphospholipides a été signalée au
cours d’infections dues à M. pneumoniae
[110]
;
Des manifestations ophtalmologiques sont également décri-
tes, il s’agit de conjonctivites, uvéites ou papillites
[111, 112]
.
Enfin, la responsabilité de M. pneumoniae a été évoquée
au cours du syndrome de fatigue chronique ou des
fibromyalgies
[113]
.
■Diagnostic bactériologique
(Tableau 2)
Diagnostic direct
La recherche de M. pneumoniae dans un prélèvement peut se
faire par l’isolement de la bactérie en culture ou, plus rapide-
ment, par la détection d’une partie de son génome. Cependant,
en raison de la difficulté et de la lenteur de la culture la mise
en évidence de ce micro-organisme est encore de nos jours
difficilement accessible aux laboratoires n’utilisant pas couram-
ment les outils moléculaires
[114, 115]
.
Prélèvements
Du fait des propriétés d’adhésion cellulaire de M. pneumoniae,
le prélèvement constitue une étape essentielle dans la démarche
diagnostique. Il doit être riche en cellules.
Types d’échantillons
Lors d’une atteinte pulmonaire, l’aspiration de sécrétions
trachéales, de liquide de lavage bronchoalvéolaire (LBA) ou le
brossage endobronchique sont à privilégier. Néanmoins, la
recherche de la bactérie peut se faire à partir de sites plus
facilement accessibles, notamment chez l’enfant, grâce à un
simple écouvillonnage de gorge ou une aspiration nasopharyn-
gée. Ces prélèvements sont susceptibles de contenir parfois des
inhibiteurs des réactions d’amplification génique
[13, 116]
, ils
restent cependant les prélèvements de référence. Chez l’adulte,
lorsque l’expectoration peut être recueillie, les techniques
d’amplification génique donnent des résultats acceptables (PCR
multiplex), voire supérieurs à ceux obtenus à partir d’écou-
villonnages de gorge ou d’aspirations nasopharyngées (PCR
monoplex)
[23, 117, 118]
.
Le diagnostic moléculaire peut être établi à partir du liquide
céphalorachidien ou de tout liquide de ponction (synovial,
pleural ou péricardique).
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Infections à Mycoplasma pneumoniae
4Maladies infectieuses