Processions médiévales : un mémoire sur les marches collectives

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Université d’Aix-Marseille
UFR Lettres et Sciences humaines
Master d’Histoire
Spécialité 3 : Civilisations méditerranéennes antiques et médiévales
La communauté en marche : processions, cortèges,
déambulations collectives dans le Moyen Âge tardif.
Mémoire de Master 1 d’Inès BASSE
Sous la direction de Madame Christiane RAYNAUD
Année universitaire 2015-2016
Remerciements
Je tiens à exprimer toute ma reconnaissance à ma directrice de mémoire Madame Christiane
RAYNAUD pour sa grande disponibilité. Je la remercie pour toute l’aide et le temps qu’elle
m’a consacrés. Ses paroles, ses écrits, ses conseils et ses critiques ont guidé mes réflexions.
Je remercie Madame Marie-Hélène DE LA MURE, Conservatrice de la Réserve à la
Bibliothèque Sainte-Geneviève, avec qui j’ai eu un échange très intéressant lors d’un séjour à
Paris consacré à mes recherches. Elle m’a donné des outils pour l’analyse des miniatures.
Je remercie enfin Pierre-Yves BOILLET, mon professeur d’Histoire en classes préparatoires
littéraires au Lycée CEZANNE, pour m’avoir donné le goût de l’Histoire.
Table des matières
Introduction ............................................................................................................................................. 5
I/ Comprendre et appréhender la société médiévale à travers l’étude des processions et cortèges :
typologie et enjeux de ces déambulations collectives ........................................................................... 17
A) La diversité de cette pratique collective : ses buts et ses enjeux .................................................. 17
1) Une approche globale et complète des processions : périodicité, durée et organisation ........... 17
2) La question des absents et des exclus........................................................................................ 29
B/ La communauté en marche : le choix du moment, les acteurs des processions. .......................... 33
1) Les processions médiévales : un miroir de la vie sociale ? ...................................................... 33
2) La sociabilité de ces pratiques processionnelles ....................................................................... 40
3) Processions politiques, processions religieuses : leur caractéristique indissociable et leurs
différences ..................................................................................................................................... 51
C/ L’organisation minutieuse de ces processions .............................................................................. 54
1) Comprendre l’organisation de ces processions d’après des sources textuelles du XVe et XVIe
siècles ............................................................................................................................................ 54
2) La procession médiévale, symbole d’une société hiérarchisée ................................................. 59
3) Au-delà d’une société hiérarchisée, une société de groupes ..................................................... 61
II/ Une étude approfondie des cortèges médiévaux révèle le souci du détail, la présence d’objets
profanes et religieux et la récurrence de ces objets au sein des déambulations collectives .................. 68
A/ Les symboles politico-religieux des objets, des attributs et des accessoires ................................ 68
1) La culture visuelle de ces processions et cortèges ................................................................... 68
2) Le dais : son utilisation, sa valeur et sa symbolique ................................................................. 85
3) L’effigie : un remplacement du corps défunt ou un simple moulage esthétique ? .................... 90
B) Les cortèges et processions : un événement mis en scène et théâtralisé ...................................... 98
1) A chacun son rôle ...................................................................................................................... 99
2) Des rassemblements aux objectifs précis et spectaculaires : le souci de la mise en scène ...... 104
3) Sauver la cité : une représentation théâtralisée de la peste...................................................... 110
C/ Le besoin de voir pour croire ...................................................................................................... 116
1) Le Saint-Sacrement et la vision du Christ ............................................................................... 117
2) La mort des rois et le besoin de voir le corps .......................................................................... 122
III/ Exalter, légitimer, justifier ............................................................................................................ 125
A/ Le travail du miniaturiste ........................................................................................................... 125
1) Le rôle du miniaturiste ............................................................................................................ 125
2) Le pouvoir de l’image sur ses lecteurs .................................................................................... 129
B/ L’omniprésence du rite catholique à travers les déambulations collectives de la fin du Moyen
Âge. ................................................................................................................................................. 133
1) Le christianisme sans cesse réaffirmé ..................................................................................... 133
2) Lire le caractère sacré de la royauté à travers l’étude des miniatures ..................................... 135
C/ Le rôle des miniatures et du miniaturiste dans l’affirmation de l’autorité .................................. 138
1) Les images de la légitimation et les stratégies iconographiques de mise en scène du pouvoir
royal ............................................................................................................................................. 138
2) Des images de majesté ............................................................................................................ 140
Conclusion ........................................................................................................................................... 145
Bibliographie……………………………………………………………………………………….. 148
Introduction
Les sources iconographiques permettent une approche intéressante du Moyen Âge. Les
représentations imagées donnent à voir les pratiques médiévales sous un angle différent et
complémentaire des sources manuscrites. Il y a des détails que l’on aperçoit autrement qu’à la
lecture d’une chronique. Grâce à l’image, chacun peut tenter à partir du XVe siècle, de mettre
un nom sur un visage, de comprendre un événement. L’image touche celui qui la regarde, d’une
autre manière que peut le faire un texte. Elle résume un fait donné, a un caractère universel et
participe d’un langage pour tous et par tous. En évoquant un moment précis qu’elle raconte,
l’image permet à l’historien une nouvelle lecture des moments forts de la vie au Moyen Âge.
L‘image complète le texte en donnant à voir les vêtements, les accessoires, les gestes et les
postures, l’architecture et le paysage. Pourquoi le peintre ou le miniaturiste représentent-ils
telle ou telle scène ? Vers quels points cherchent-ils à conduire le regard ? Les sources
iconographiques reflètent-elles les sources textuelles et la réalité historique ?
Les miniatures connaissent un développement durant tout le Moyen Âge et surtout à la fin
de celui-ci. Elles sont présentes dans les manuscrits que ce soit les livres liturgiques, les livres
d’Heures, les livres d’histoire ou encore les chroniques. Ce sont les images conservées les plus
nombreuses. Elles font l’objet de notre étude.
Jusqu'au XIIe siècle, les manuscrits sont copiés dans les établissements ecclésiastiques,
principalement les abbayes, ils servent à célébrer le culte et à nourrir la prière et la
méditation. À partir du XIIIe siècle, un artisanat et un marché laïcs s’organisent et se
développent en lien avec l'essor des prestigieuses universités françaises et des administrations.
Se met en place, par la même occasion, l’émergence d'un nouveau public amateur de livres. Les
manuscrits se « démocratisent » ou du moins se « laïcisent » et touchent une plus grande partie
de la population
1
. De riches commanditaires réservent alors leurs livres ou les commandent à
des copistes et enlumineurs, qui suivent des consignes bien précises. Le manuscrit, qui avait
dans ses débuts une fonction liturgique, à savoir diffuser le savoir spirituel dans les églises,
prend une autre voie. Il devient désormais, avec le développement des bibliothèques
personnelles, un ouvrage d’art et de collection. Le contenu de ces livres change également entre
les premiers siècles du Moyen Âge et à partir du XIIe siècle : comme les textes contenus dans
les manuscrits avant le XIIe siècle étaient essentiellement des textes à portée religieuse, servant
1
Jean Wirth, L’image médiévale. Naissance et développements, VIe-XVe siècles, Méridiens Klincksieck, Paris,
1989.
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