Introduction
Les sources iconographiques permettent une approche intéressante du Moyen Âge. Les
représentations imagées donnent à voir les pratiques médiévales sous un angle différent et
complémentaire des sources manuscrites. Il y a des détails que l’on aperçoit autrement qu’à la
lecture d’une chronique. Grâce à l’image, chacun peut tenter à partir du XVe siècle, de mettre
un nom sur un visage, de comprendre un événement. L’image touche celui qui la regarde, d’une
autre manière que peut le faire un texte. Elle résume un fait donné, a un caractère universel et
participe d’un langage pour tous et par tous. En évoquant un moment précis qu’elle raconte,
l’image permet à l’historien une nouvelle lecture des moments forts de la vie au Moyen Âge.
L‘image complète le texte en donnant à voir les vêtements, les accessoires, les gestes et les
postures, l’architecture et le paysage. Pourquoi le peintre ou le miniaturiste représentent-ils
telle ou telle scène ? Vers quels points cherchent-ils à conduire le regard ? Les sources
iconographiques reflètent-elles les sources textuelles et la réalité historique ?
Les miniatures connaissent un développement durant tout le Moyen Âge et surtout à la fin
de celui-ci. Elles sont présentes dans les manuscrits que ce soit les livres liturgiques, les livres
d’Heures, les livres d’histoire ou encore les chroniques. Ce sont les images conservées les plus
nombreuses. Elles font l’objet de notre étude.
Jusqu'au XIIe siècle, les manuscrits sont copiés dans les établissements ecclésiastiques,
principalement les abbayes, où ils servent à célébrer le culte et à nourrir la prière et la
méditation. À partir du XIIIe siècle, un artisanat et un marché laïcs s’organisent et se
développent en lien avec l'essor des prestigieuses universités françaises et des administrations.
Se met en place, par la même occasion, l’émergence d'un nouveau public amateur de livres. Les
manuscrits se « démocratisent » ou du moins se « laïcisent » et touchent une plus grande partie
de la population
. De riches commanditaires réservent alors leurs livres ou les commandent à
des copistes et enlumineurs, qui suivent des consignes bien précises. Le manuscrit, qui avait
dans ses débuts une fonction liturgique, à savoir diffuser le savoir spirituel dans les églises,
prend une autre voie. Il devient désormais, avec le développement des bibliothèques
personnelles, un ouvrage d’art et de collection. Le contenu de ces livres change également entre
les premiers siècles du Moyen Âge et à partir du XIIe siècle : comme les textes contenus dans
les manuscrits avant le XIIe siècle étaient essentiellement des textes à portée religieuse, servant