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LES ENSEIGNEMENTS DE RAMANA MAHARSHI - AL DRUCKER

Il n’y a pas de plus grand mystère que celui-ci, c’est-à-dire qu’étant vous-même la Réalité, vous cherchez à
trouver la Réalité.
Vous pensez que quelque chose enchaîne votre Réalité et que ce quelque chose doit être détruit avant que
la Réalité ne soit libérée. C’est ridicule !
Un jour viendra où vous rirez de tous vos efforts. Qu’y a-t-il à réaliser ? Le réel est toujours tel qu’il est.
Vous avez réalisé l’irréel ; en d’autres termes, vous considérez l’irréel comme ce qui est réel. Renoncez à
cette attitude et vous atteindrez la sagesse.
Il n’y a rien de nouveau ni rien que vous n’ayez déjà qui doive être acquis. Le sentiment de ne pas encore
avoir réalisé est le seul obstacle à la réalisation.
Vous êtes déjà libre, en fait. Si ce n’était pas le cas, la réalisation serait nouvelle. Si elle n’avait pas été là
jusqu’à présent, elle devrait avoir lieu par la suite. Ce qui vient partira aussi, ce que l’on peut acquérir peut
aussi se perdre.
Si la réalisation n’est pas éternelle, elle n’en vaut guère la peine. Par conséquent, ce que vous cherchez, ce
n’est pas quelque chose de neuf qui doit arriver. Seulement ce qui est éternel, mais qui est actuellement
inconnu à cause d’un obstacle.
Ecartez l’obstacle. Ce qui est éternel n’est pas connu comme tel à cause de l’ignorance. L’ignorance est
l’obstacle. Surmontez cette ignorance et tout ira bien.
L’ignorance est identique à la pensée ‘’je’’. Trouvez son origine et celle–ci disparaîtra. Alors, seul le Soi
brillera comme Il l’a toujours fait dans le silence de l’être.
Les gens me demandent souvent comment contrôler l’esprit et je leur dis : ‘’Montrez-moi l’esprit et alors,
vous saurez quoi faire.’’
Le fait est que l’esprit n’est qu’un ramassis de pensées. Comment pouvez-vous l’anéantir par la pensée de
le faire ou par un désir ?
Vos pensées et vos désirs font partie de l’esprit. L’esprit s’engraisse simplement avec de nouvelles pensées
qui surgissent. Il est par conséquent stupide de tenter de tuer le mental par le mental.
La seule façon de le faire, c’est de trouver sa source et de s’y tenir. Alors, le mental s’effacera de son plein
gré.
Dans le sommeil profond, vous êtes tout à fait libre des pensées, parce que la pensée ‘’je’’ est absente.
Aussitôt que la pensée ‘’je’’ surgit au moment du réveil, toutes les autres pensées se précipitent
spontanément.
Par conséquent, la chose la plus sage que l’on puisse faire, c’est d’attraper cette première pensée, la pensée
‘’je’’ et la disséquer – qui est-ce, qu’est-ce que c’est – en n’accordant par là aucune chance à d’autres
pensées de vous distraire.
Là réside la véritable valeur de l’auto-investigation et son efficacité dans le contrôle de l’esprit.
Tout ce que vous avez à faire, c’est découvrir la source de la pensée ‘’je’’ et y demeurer. Vos efforts ne
peuvent se déployer que jusque-là. Ensuite, l’au-delà prendra soin de lui-même.
C’est avec l’esprit qui se tourne vers l’intérieur que vous éliminez l’esprit qui se tourne vers l’extérieur.
Vous ne vous y mettez pas en disant qu’il y a un mental et que vous allez le tuer, mais vous cherchez la
source du mental. Ensuite, vous découvrirez que le mental n’a aucune existence.
L’esprit tourné vers l’extérieur conduit à des pensées et à des objets. Tourné vers l’intérieur, il devient luimême le Soi.
Demandez au mental de tuer le mental, c’est vouloir transformer un voleur en policier. Il vous
accompagnera et il prétendra attraper le voleur, mais vous n’y gagnerez rien.
Donc, vous devez vous tourner vers l’intérieur et voir d’où surgit le mental et alors, il cessera d’exister.
Chaque fois que vous êtes perturbé par des pensées, vous devez simplement vous retirer dans le Soi. Il ne
s’agit ni de concentration, ni de destruction du mental, mais de retrait dans le Soi.
Le degré d’absence de pensées constitue la mesure de votre progrès vers la réalisation du Soi, mais la
réalisation du Soi, elle, n’admet aucun progrès, elle est toujours la même.
Le Soi reste toujours réalisé. Les obstacles sont les pensées.
Le progrès se mesure par le degré d’enlèvement des obstacles pour comprendre que le Soi est toujours
réalisé. On doit donc contrôler les pensées en cherchant à qui elles se présentent. Allez à leur source et
elles ne naîtront plus.
Il n’y a que la vérité sur vous-même qui vaille la peine d’être examinée et connue. En la prenant comme
cible de votre attention, vous devriez ardemment chercher à la connaître dans votre cœur spirituel.
Cette connaissance de vous-même ne sera révélée qu’à une conscience silencieuse, limpide et dénuée de
l’activité du mental agité et souffrant.
Sachez que seule la Conscience qui rayonne toujours dans le cœur en tant que Soi sans forme, le Je
véritable, et que l’on connaît en étant tranquille, sans penser qu’une chose existe ou n’existe pas, est la
Réalité parfaite.
Votre devoir, c’est d’être, et non d’être ceci ou cela. ‘’Je suis ce que Je suis’’ résume toute la vérité. La
méthode se résume à être tranquille.
Que signifie ‘’tranquillité’’ ? Vous détruire vous-même. Toute forme, toute figure est cause de trouble.1
Renoncez à la notion de ‘’je suis ainsi et ainsi’’.
Tout ce qui est requis pour réaliser le Soi, c’est d’être tranquille. Qu’est-ce qui est plus simple que cela ?
La fréquentation d’un maître réalisé pousse l’esprit à s’intérioriser et il est également dans le cœur du
chercheur, ainsi tire-t-il dans le cœur l’esprit de celui-ci qui se tourne vers l’intérieur.
Le satsang fera plonger l’esprit dans le cœur. Satsang signifie fréquentation de la vérité.
La vérité, c’est le Soi. Puisque maintenant on ne comprend pas que le Soi est la vérité, la Réalité unique, on
recherche alors la compagnie d’un sage qui l’a compris.
C’est cela, satsang. L’introversion en résulte et la vérité se révèle. Dans les trois mondes, il n’y a aucun
bateau comme satsang pour faire traverser à quelqu’un l’océan de la vie et de la mort en toute sécurité.
Quand l’unité dans le cœur est remplacée par la diversité des phénomènes perçus, l’esprit s’extériorise.
Quand vous entrez dans la tranquillité profonde de l’être, l’esprit est au repos.
Et si quotidiennement, l’esprit réside de plus en plus dans le cœur, l’esprit va devenir extrêmement pur à
cause de la suppression de ses imperfections et la pratique deviendra tellement facile que l’esprit purifié
plongera dans le cœur dès l’entame de la quête intérieure.
1
Il devrait être clair que le Maharshi parle de la destruction de l’ego illusoire et non du corps physique. Il
n’incite bien entendu personne au suicide, NDT.
Soyez ce que vous êtes. Tout ce qu’il faut, c’est perdre votre ego. Ce qui est est toujours là.
Même maintenant, vous êtes Cela. Vous n’êtes pas séparé de Cela.
La pensée de non-réalisation, l’espérance de réalisation et le désir d’acquérir quelque chose sont des
fonctionnements de l’ego. Vous êtes tombé dans le piège de l’ego. Soyez vous-même !
Voyez qui vous êtes, déposez votre mental dans la caverne du cœur et demeurez en tant que Soi, délivré de
la naissance et de la mort, délivré de toutes les allées et venues.
L’homme est toujours le Soi et néanmoins, il l’ignore. A la place, il Le confond avec le non-Soi, le corps, etc.
Cette confusion est due à l’ignorance.
Si on éradique cette ignorance, la confusion cessera et la véritable connaissance se dévoilera. En restant en
contact avec des sages réalisés, l’homme se départit progressivement de son ignorance jusqu’à sa totale
suppression.
Le Soi éternel se révèle ainsi. Quand l’esprit est faible, la grâce est nécessaire. Servir un être réalisé
entraînera la grâce.
Il n’y a cependant rien de nouveau à acquérir. Tout comme un homme faible se retrouve sous le contrôle
d’un homme plus puissant, l’esprit faible se contrôle facilement en présence d’un sage à l’esprit fort.
Chaque plan de l’existence matérielle a sa propre illusion qui ne peut être détruite que par une autre
illusion du même plan. Par exemple, un homme dîne copieusement, puis va se coucher et rêve qu’il a
faim, malgré toute la nourriture qu’il a dans l’estomac. Pour combler cette faim imaginaire, il doit
consommer de la nourriture imaginaire. Une blessure imaginaire nécessite un traitement imaginaire. Une
fois, un grand roi rêva qu’il était malade, mais qu’il était trop pauvre pour faire venir un médecin. Bien
qu’il disposait de richesses fabuleuses dans l’état de veille, elles ne lui étaient d’aucune utilité dans l’état de
rêve. Similairement, l’illusion de l’ignorance ne peut être détruite que par l’illusion de la grâce du maître.
La libération est toujours présente et l’esclavage est toujours absent. Ce qui est, c’est uniquement la grâce ;
il n’y a rien d’autre, mais aussi longtemps que le rêve prédomine, on doit chercher et servir un maitre pour
provoquer la grâce.
La compagnie des sages, le satsang et les servir, c’est ce qui est requis d’un disciple.
Etant donné que très peu peuvent tenir compagnie à la vérité non-manifestée de l’être, l’existence absolue,
la plupart doivent commencer par fréquenter la vérité manifestée, c’est-à-dire incarnée en tant que
maître spirituel.
On devrait rechercher la compagnie des sages, puisque les pensées sont si tenaces. Le sage a déjà vaincu le
mental et demeure en paix. Sa proximité aide à provoquer cet état ; autrement, il n’y a aucun sens à
rechercher sa compagnie.
Servez le maître de manière désintéressée et de tout votre cœur.
Servir le maître, c’est principalement demeurer dans le Soi, mais cela inclut aussi de veiller au confort
physique du maître, de s’occuper de son lieu de résidence et de servir l’humanité entière en voyant tout le
monde comme Dieu.
C’est le contact spirituel qui est important. Si le disciple trouve le maître intérieurement, alors le maître
sera toujours avec lui, où qu’il aille.
Dans le voisinage d’un grand maître, les mauvaises tendances cessent d’être actives, l’esprit devient calme
et le samadhi en résulte.
C’est ainsi que le disciple acquiert la connaissance véritable et l’expérience correcte en présence du maitre.
Pour que cet état paisible reste inébranlable, des efforts supplémentaires seront nécessaires et finalement,
le disciple saura qu’il est son être réel et il sera ainsi ‘’libéré’’ de son vivant.
Il est dit que Dieu réside dans le cœur, comme on dit que vous résidez dans votre corps. Toutefois, le cœur
n’est pas un lieu. Ce lieu doit être appelé demeure de Dieu pour ceux qui prennent erronément leur corps
pour eux-mêmes et qui ne comprennent qu’une connaissance relative.
Le fait est que ni Dieu, ni vous, vous n’occupez aucun espace. Vous êtes incorporel et vous vous situez en
dehors de l’espace dans le sommeil profond, mais dans l’état de veille et le rêve, cela semble être le
contraire.
Quel que soit le rêve, l’unique chose qui ait de la valeur et qui vaille la peine d’être faite au sujet de ce rêve,
c’est de s’éveiller. Quand vous vous réveillez, dites-vous que les expériences du rêve étaient réelles, même si
dans le rêve, tout le monde, là, aurait tenté de vous en convaincre ? Non.
Similairement, lorsque vous vous éveillerez au Soi, ces expériences du monde seront irréelles, comme dans
un rêve, même si les autres qui sont dans cet état essayeront de vous persuader qu’elles sont réelles.
En vérité, vous êtes toujours dans la paix du sommeil profond. Etre conscient de cette paix dans l’état de
veille, c’est le samadhi.
L’étourdi ne peut pas rester longtemps dans cet état, car son ego l’en fait sortir. En ce qui concerne la
personne bien avisée, même si elle l’a entravé, son ego continue de réapparaître à cause du karma avec
lequel son corps est venu au monde.
Ainsi, pour tous les deux, le sage comme l’étourdi, l’ego se manifeste, mais avec cette différence : tandis
que le sage jouit de l’expérience transcendantale en gardant son attention toujours fixée sur sa source,
l’étourdi, lui, l’ignore totalement.
Pour le sage, l’ego n’est pas nocif, n’étant que le squelette de son ‘’moi normal’’, comme une corde brûlée.
En fixant constamment son attention sur sa source, le cœur, l’ego du sage se dissout comme une poupée
de sel qui est tombée dans l’océan.
Pour le sage, cela n’a pas d’importance que le monde apparaisse ou non. Dans les deux cas, son attention
est orientée vers le Soi. Il ne voit rien de distinct du Soi. Il est le Soi. Il reste toujours le Soi. C’est tout.
(Source : atmapress.com)
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