Exemples de questions liées au marché de l`emploi : le cas de

Exemples de questions liées au marché de l’emploi :
le cas de quelques pays
Le tableau ci-après présente quelques exemples de défis spécifiques posés par le marché
du travail dans les régions Afrique, Asie et Pacifique, Europe, Amérique latine et Moyen-
Orient et Asie centrale. Lorsqu’il y a lieu, nous décrivons la nature du conseil fourni par le
FMI. Les descriptions indiquent clairement que le conseil du FMI est étroitement adapté aux
circonstances du pays et conforme au mandat limité de l’institution en matière de marché de
l’emploi.
Afrique
Congo,
République du
Le chômage est une préoccupation majeure. L’OIT estime le
chômage en République du Congo à 16 % en 2012. Selon les
estimations, le chômage des jeunes dépasse 30 % et le sous-emploi
serait répandu. L’économie reste dominée par le secteur pétrolier à
forte intensité de capital. Dans l’ensemble, la croissance a été robuste.
Cependant, l’expansion du secteur non pétrolier n’est pas suffisante
pour lui permettre d’absorber une offre de main-d’œuvre en croissance
rapide. L’inadéquation entre les besoins des employeurs privés et les
connaissances imparties par le système éducatif aggrave le chômage.
Les autorités congolaises progressent dans leurs réformes et
mettent en œuvre des programmes d’emploi et de protection
sociale ciblés en consultation avec les services du FMI et de la
Banque mondiale. Un plan d’action visant à améliorer le climat des
affaires, à diversifier l’économie et à renforcer la création d’emplois
dans le secteur non pétrolier est en cours d’exécution. Le budget 2013
donne la priorité à l’enseignement technique et à la formation
professionnelle pour réduire l’inadéquation des qualifications. Un
programme de stage dans les entreprises privées, financé en partie par
le gouvernement et ayant pour but de faciliter l’accès à l’emploi formel,
est en voie d’application. Sont également en cours de mise en œuvre
des initiatives de développement rural. Enfin, un fonds de garantie de
microcrédit a été créé en vue de soutenir le travail indépendant.
Ghana
Lutte contre les obstacles à la croissance du secteur privé et à la
création d’emplois. Les informations sur l’évolution du marché de
l’emploi privé sont limitées. Les dernières enquêtes sur le marché du
travail révèlent que plus de 85 % de la population active travaille dans
le secteur informel. Pour créer les emplois nécessaires à la croissance
de la population active, le gouvernement cherche à transformer la
richesse pétrolière nationale récemment découverte en infrastructure
productive et à éliminer les principaux obstacles au développement du
secteur privé offre d’énergie non fiable et manque d’accès à un
financement abordable.
Le déficit budgétaire est élevé (12 % du PIB), et une lourde masse
salariale évince les dépenses sociales et d’investissement public.
Les conseils du FMI ont porté essentiellement sur les moyens de
réduire le déficit et d’améliorer la qualité des dépenses.
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Lesotho
Réformes structurelles face à un chômage élevé. Pour assurer une
croissance soutenue et accroître l’emploi, le programme appuyé par le
FMI prévoit essentiellement des politiques d’expansion du secteur
privé et de diversification de l’économie.
Maîtrise de la masse salariale de l’État, qui est l’une des plus élevée
d’Afrique subsaharienne. Dans le cadre du programme, les autorités
ont ramené la masse salariale de 17,9 % du PIB en 2009/10 à 15,6 %
en 2012/13. Pour le moyen terme, elles entendent la réduire
davantage en pourvoyant uniquement les postes vacants prioritaires,
en n’autorisant que de légères hausses des traitements et salaires, en
limitant la création de nouveaux postes et en examinant la question de
la taille de la fonction publique.
Seychelles
Le marché de l’emploi souffre de problèmes structurels. Les plus
larges secteurs de l’économie, qui recouvrent le tourisme, le bâtiment
et les travaux publics et l’industrie de conserve de thon, a de plus en
plus recours à la main-d’œuvre immigrée, dont la part dans l’emploi
total a dépassé 26 %. Par ailleurs, l’emploi aux Seychelles est resté à
un niveau quasiment inchangé depuis 2005. On observe des signes
de poches persistantes de sous-emploi, en particulier dans la
population jeune non qualifiée. Le gouvernement envisage de
procéder à d’autres réformes du système éducatif, de la
réglementation du travail et du système des droits à prestations pour
remédier à ces déséquilibres structurels.
L’emploi a été réorienté avec succès vers le secteur privé. Après
une réduction considérable des effectifs du secteur public en 2008-
2009, la part de l’emploi dans le secteur public est tombée de 45 % à
28 % entre 2006 et 2011. Après avoir baissé de 18 % entre 2007 et
2009, les salaires réels moyens sont remontés et dépassaient, en
2011, leur niveau d’avant la crise.
Zambie
Évolution du marché de l’emploi. D’après les résultats de l’enquête
de 2010 pour le suivi des conditions de vie, le chômage est estimé à
23 %, contre 14 % en 2006. Le chômage urbain a été estimé à 29 %,
contre 5 % pour le chômage rural. Le taux de chômage est plus élevé
pour les femmes que pour les hommes. Chez les jeunes âgés de 15-
24 ans, le chômage est d’environ 28 %.
La maîtrise de la masse salariale de l’État fera de la place pour les
dépenses sociales. Les traitements dans la fonction publique ont été
relevés en moyenne de plus de 40 % en 2013, et la masse salariale
freine la croissance si nécessaire des dépenses sociales et des
dépenses de soutien à la productivité, en particulier les
investissements dans l’infrastructure. Le salaire minimum dans le
secteur privé a été relevé deux fois ces dernières années : de 44 % en
janvier 2011 et de 67 % en juillet 2012.
Tenue de consultations régulières avec les syndicats. Les équipes
des services du FMI rencontrent les représentants des syndicats au
cours des examens annuels des performances économiques du pays
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pour traiter des questions qui suscitent des préoccupations. Les
discussions actuelles sont centrées sur les moyens d’assurer une
croissance solidaire. Une conférence de haut niveau, organisée
conjointement par le gouvernement, l’OIT et le FMI, s’est tenue en mai
2012 et a porté sur les réformes nécessaires pour jeter les bases
d’une croissance soutenue, généralisée et génératrice d’emplois. Le
FMI et l’OIT continuent à apporter leur soutien au gouvernement dans
les domaines couverts par la conférence, le plus récemment lors d’un
événement de suivi en juillet 2013.
Asie et Pacifique
Bangladesh
Le programme appuyé par le FMI, en place depuis avril 2012, vise
à restaurer la stabilité macroéconomique, à renforcer la position
extérieure et à créer des conditions propices à une croissance plus
forte et plus solidaire. Ces 18 derniers mois, le gouvernement a
procédé à des ajustements de sa politique qui ont aidé à réduire le
taux d’inflation, à accroître les réserves de change et à stabiliser le
taux de change, contribuant ainsi à protéger le pouvoir d’achat et à
préserver la compétitivité du Bangladesh. Il est actuellement procédé
à des réformes visant à améliorer le climat des échanges et des
investissements pour favoriser la croissance.
Réformes du marché de l’emploi. Le gouvernement a adopté en
juillet des amendements à la législation du travail qui y introduisent
des dispositions permettant la formation de syndicats sans que le
patronat en soit informé et la résolution de conflits par arbitrage, qui
prévoient des mesures de sécurité pour les travailleurs, l’élection
obligatoire de comités de participation des travailleurs et qui instituent
des polices d’assurance -groupe obligatoire. En juillet 2013, le
gouvernement, les employeurs et les salariés ont conclu un accord
pour former un vaste Plan d’action tripartite national sur la sécurité
incendies et sur l’intégrité structurelle dans le secteur phare du prêt-à-
porter, qui emploie près de 4 millions de travailleurs, dont plus de 80
% sont des femmes. Faisant fond sur ce plan, les syndicats mondiaux
et plus de 80 détaillants du secteur du prêt-à-porter (la plupart aux
États-Unis) ont signé une convention soutenue par l’OIT, l’Union
européenne et le gouvernement. Entre-temps, une autre initiative, qui
regroupe plus de 17 détaillants et marques commerciales des États-
Unis, a été lancée en vue d’assurer l’inspection des usines
correspondantes et d’y établir des normes de sécurité. En septembre
2013, le gouvernement a obtenu l’accord nécessaire à l’établissement
d’un plan d’action commun visant à unifier les normes d’inspection des
trois plateformes. Il a en outre mis en place une commission des
salaires chargée de revoir le salaire minimum dans ce secteur, dont la
dernière révision date de 2010.
Accroissement de la compétitivité. Des efforts sont actuellement
déployés pour réduire le déficit de compétences du Bangladesh par
rapport aux autres pays de la région; en effet, les autorités comptent
mettre pleinement à profit les conditions démographiques favorables
du pays et aider à créer des conditions propices à une croissance
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davantage tirée par l’emploi. La note consultative conjointe des
services du FMI et de la Banque mondiale, en date de janvier 2013,
souligne la nécessité de resserrer les liens entre le marché du travail
et les réformes du système éducatif pour mieux s’attaquer à
l’inadéquation des qualifications. Par ailleurs, le gouvernement
s’attache à accroître les dépenses dans les domaines de l’éducation,
de la science et de la technologie, ainsi que des technologies de
l’information et des communications.
Consultation des syndicats. Les membres des missions du FMI
rencontrent les représentants des syndicats pour traiter de questions
ayant trait au marché de l’emploi.
Myanmar
Un développement solidaire et durable est un objectif prioritaire
du gouvernement. Les autorités ont relevé les retraites des
fonctionnaires, dont le niveau était bas, et accru les dépenses de
santé et d’éducation. Elles ont en outre adopté une législation visant à
améliorer l’accès au financement, à assurer aux exploitants agricoles
la détention de titres fonciers et à doper les investissements directs
dans le but d’accroître les possibilités d’emploi. La promulgation
récente d’un nouveau salaire minimum offre un cadre nouveau et
néral dans lequel déterminer le salaire minimum dans divers
secteurs de l’économie.
Un nouveau programme suivi par le FMI vient à l’appui des
objectifs des autorités du Myanmar. Son but fondamental est de
maintenir l’inflation à un faible niveau, de renforcer les institutions de
gestion macroéconomique et d’accroître les recettes à moyen terme
pour le financement de gros besoins de développement, en particulier
dans les domaines des soins de santé, de l’éducation et de
l’infrastructure. Ce programme va jusqu’à la fin de 2013 et la première
revue a été achevée avec succès en juin.
Îles Salomon
Relever les traitements de base tout en rationalisant les
indemnités et autres prestations dans le secteur public. Le budget
2013 prévoit une hausse des salaires de base d’environ 6 % en
termes nominaux. Cependant, cette mesure devrait s’accompagner
d’une rationalisation des indemnités et autres prestations dans le
secteur public, laquelle accroîtra la transparence du système de
rémunération et freinera la hausse des dépenses récurrentes. Pour ce
qui est de l’avenir, il est nécessaire de procéder à une vaste réforme
du système de rémunération pour pouvoir attirer et retenir dans le
secteur des services publics des travailleurs hautement qualifiés dans
des domaines clés et pour pouvoir améliorer la composition de la
masse salariale.
Sri Lanka
Le chômage a baissé depuis la fin de la guerre. Il a sensiblement
diminué, tombant de 5,7 % en 2009 à 3,9 % en 2012. Le salaire
minimum a augmenté dans tous les secteurs depuis 2009. La part de
l’emploi public a été ramenée de 15,5 % en 2009 à 15,1 %. Après la
fin du conflit, les dépenses de sécurité ont considérablement reculé,
ce qui a libéré des ressources pour les activités de reconstruction et
les dépenses au titre de programmes sociaux.
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Europe
Bosnie-
Herzégovine
Maîtrise de la masse salariale de l’État. À environ 13 % du PIB, la
masse salariale de l’État est devenue un obstacle majeur au
financement des dépenses sociales et génératrices de productivité
dont le pays a tant besoin, notamment des investissements dans
l’infrastructure. Dans le cadre du programme appuyé par le FMI, les
institutions de la Bosnie-Herzégovine et les gouvernements centraux
des deux entités ont maintenu les salaires et l’emploi à des niveaux
proches ou au-dessous de ceux antérieurs au programme.
Création d’un secteur privé dynamique. C’est en fin de compte de
la croissance que résulte la création d’emplois. Le FMI a soutenu les
efforts actuellement déployés par les autorités pour créer un
environnement propice au développement du secteur privé,
notamment par la simplification de l’enregistrement et de la
réglementation des entreprises.
Amélioration du fonctionnement du marché de l’emploi. Les
autorités estiment qu’il est urgent de mettre à jour la législation du
travail pour faire en sorte qu’elle favorise davantage la création
d’emploi tout en assurant une protection adéquate des droits des
travailleurs. En outre, il est actuellement procédé au remaniement des
systèmes de prestations axées sur les droits et des régimes de retraite
pour créer des incitations au retour au travail. Les services du FMI et
de la Banque mondiale fournissent une assistance technique dans ces
domaines.
Consultation des parties prenantes. Les équipes des services du
FMI et les services du bureau du représentant résident tiennent
régulièrement des réunions avec les représentants des syndicats et des
entreprises pour s’entretenir de questions liées au marché de l’emploi.
Grèce
Le programme appuyé par le FMI vise à restaurer la compétitivité
et la croissance. Le chômage dépassait 27 % à la mi-2013. En tant
que membre de la zone euro, la Grèce ne peut dévaluer sa monnaie.
Cela signifie qu’elle doit stimuler la croissance économique par d’autres
moyens pour combler son déficit de compétitivité en attendant que les
réformes opérées pour améliorer la compétitivité portent leurs fruits.
Aligner les salaires sur la productivité. Les coûts unitaires de main-
d’œuvre ― mesure essentielle de la compétitivité ― se sont accrus de
plus de 35 % en Grèce entre 2000 et 2010, contre moins de 20 %
dans la zone euro. Le salaire minimum en Grèce à fin 2011 était
nettement plus élevé que celui de ses plus proches concurrents
50 % de plus qu’au Portugal, 17 % de plus qu’en Espagne et 5-7 fois
supérieur à son niveau en Roumanie et en Bulgarie. Ces chiffres sont
l’une des raisons pour lesquelles les exportations de biens et services
de la Grèce ne représentaient qu’environ 20 % du PIB en 2010. Pour
favoriser le rétablissement de la compétitivité, le salaire minimum a été
abaissé de 22 % en février 2012, avec une nouvelle réduction de 10 %
de celui des jeunes.
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