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servi d'exemple, même si on n'a pas manqué de souligner le risque de césarisme lié à cette
origine.
On a beaucoup débattu sur le mode d'élection du PR, mais on a considéré que le faire
élire par l'assemblée diminuait son pouvoir et présentait un risque = l'assemblée est davantage
exposée aux pressions que l'ensemble de l'électorat.
En application du principe de la séparation des pouvoirs, l'exécutif et le législatif, qui
sont tous deux des pouvoirs forts, car issus du suffrage universel, n'ont que des moyens
limités d'agir l'un sur l'autre =
Le président ne peut ni sanctionner les lois, ni dissoudre l'assemblée. Celle-ci ne peut
révoquer le président. Tout au plus les ministres sont choisis par le président au sein de la
Chambre.
En fait rien ce qui manque le plus c'est que rien n'est prévu pour aménager des
relations efficaces entre les pouvoirs, parce que la constitution a été faite pour fonctionner
dans l'atmosphère consensuelle des débuts de la Révolution.
Ce qui fait qu'il n'y a aucune solution en cas de conflit entre les deux pouvoirs = C'est
l'impasse hormis le coup d'Etat.
Par ailleurs, si cette constitution est de manière incontestable un texte démocratique,
cela ne veut pas dire que le régime qu'elle met en place le sera également.
En quelques mois, la France fait l'apprentissage du suffrage universel et on se rend
compte à quel point l'électorat est versatile = il peut, en l'espace de quelques mois élire une
constituante républicaine puis une assemblée législative conservatrice, capable de rétablir un
régime bourgeois.
* La mise en place des institutions débute par l'élection du PR prévue pour le 10
décembre 1848. Sont candidats :
- Cavaignac, qui a réprimé les émeutes du mois de juin n'obtient que 1,5 M de voix,
- un socialiste (Raspail)
- un Républicain radical (Ledru-Rollin)
- Lamartine se partagent 400 000 voix et
- Louis-Napoléon Bonaparte triomphe avec 5,5 M de voix.
Cette élection est une surprise. Louis-Napoléon Bonaparte était presque inconnu quelques
mois auparavant (il avait été ridiculisé sous Louis-Philippe par deux tentatives de coup d'Etat
qui avaient lamentablement échoué).
Mais il a su mener une campagne adroite axée sur des thèmes très mobilisateurs. Il a
d'abord l'habileté de rassurer l'électorat = il se présente :
- comme un garant de l'ordre pour la bourgeoisie et les paysans,
- mais en même temps comme quelqu'un qui est prêt à écouter les
revendications des plus déshérités.
- Qui plus est, le fait d'être le neveu de Napoléon Ier, fait de lui le vengeur des
humiliations de 1815, prêt à remettre enfin en cause le traité de Vienne.
On retrouve déjà toute l'ambiguïté du bonapartisme, capable de satisfaire des
aspirations contraires.
Mais essentiellement, il est l'élu des masses paysannes, parfois nostalgiques de
l'Empire, hostiles à la "république des riches" et sensibles à son discours sécuritaire.
Marx considère le 10 décembre comme "le coup d'Etat des paysans".
Vient ensuite l'élection de l'Assemblée législative, le 13 mai 1849, qui traduit la
désaffection du corps électoral puisque les abstentions atteignent 40%. Sur les 750 députés :