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tTG ou anti-DGP de classe IgA. Dans cette situation, le do-
sage des anticorps anti-tTG de type IgG doit être considéré.
Vu la faible sensibilité (67 à 83%) des anticorps anti-tTG
dans les populations pédiatriques (enfants l 24 mois), l’uti-
lisation des anticorps anti-DGP a été proposée.11,12 D’autre
part, l’emploi des sérologies de type IgA est suboptimal
avant l’âge de trois ans en raison de taux d’IgA totaux rela-
tivement bas. Bien que la recherche d’anticorps de classe
IgG antiendomysium ait été décrite comme la meilleure
approche,13 une étude récente démontre que l’association
de la recherche d’anticorps de classe IgA anti-tTG et d’anti-
corps de classe IgG anti-DGP donne les meilleures perfor-
mances diagnostiques avec une sensibilité de 84% et une
spécificité de 100%.14
Outre leur valeur dans le dépistage, les anticorps anti-
tTG ont une utilité considérable pour le suivi des patients
puisque leur titre diminue après la mise en place d’un ré-
gime sans gluten. Ceci ne concerne que les anticorps de
type IgA puisque les anticorps anti-tTG IgG persistent mal-
gré un régime bien conduit.
La susceptibilité génétique à la maladie cœliaque est
déterminée principalement au niveau du locus HLA-DQ,
avec L 90% des patients cœliaques exprimant des molé-
cules HLA codées par les gènes
HLA-DQ2
ou
DQ8
.15 Ce-
pendant, on trouve l’expression du gène
DQ2
dans environ
30% de la population saine alors que la prévalence de la
maladie cœliaque est d’environ 1%. Ces chiffres démon-
trent que les allèles HLA-DQ2/8 sont nécessaires, mais pas
suffisants au développement de la pathologie. Rechercher
la présence de ces allèles par une typisation HLA-DQ per-
met d’avoir un résultat avec une bonne valeur prédictive
négative de l’ordre de 95%, mais une mauvaise valeur pré-
dictive positive (36-53%). Ainsi, en présence d’une histolo-
gie évocatrice mais d’une sérologie négative, le génotypage
HLA-DQ peut être utile pour exclure le diagnostic.
La réalisation de biopsies intestinales pour confirmer
une MC est préconisée si l’on se trouve confronté à une sé-
rologie positive,16 même si certaines études et experts
jugent suffisant d’établir le diagnostic sur la base de séro-
logies (anti-tTG L 100 U/ml ou L 10 x la limite supérieure)
et du typage HLA chez des patients symptomatiques.8,17
L’atteinte intestinale pouvant être géographique, de mul-
tiples biopsies du grêle sont recommandées en y associant
le bulbe afin d’augmenter la sensibilité diagnostique.18 L’as-
pect endoscopique est souvent normal, et l’analyse histo-
logique, basée sur la classification de Marsh (figure 2), est
primordiale. Un test de réintroduction de gluten n’est pas
nécessaire au diagnostic de MC mais doit être envisagé en
cas de doute dans le diagnostic initial, chez les patients
L 5 ans d’âge ou en dehors de la puberté, et après réalisa-
tion des analyses HLA et histologiques.18
traitement
La réalisation d’un régime strict sans gluten reste la pierre
angulaire du traitement de la MC. Ce régime con siste en
l’éviction complète des produits à base de blé, d’orge et
de seigle. La consommation d’avoine n’est plus contre-indi-
quée,19 mais il peut arriver que les produits à base d’avoi ne
1586 Revue Médicale Suisse
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4 septembre 2013
Dermatologiques
• Disparition des plis cutanés, • Dermatite herpétiforme,
pétéchies, ecchymoses hyperkératose folliculaire,
• Œdèmes périphériques dermatite atopique
Endocrinologiques et nutritionnels
• Aménorrhée, infertilité, • Déficit en vitamines A,
impuissance du groupe B, D, E, K
• Hyperparathyroïdisme • Déficit en calcium, protéine,
secondaire magnésium, albumine, fer
Hématologiques
• Anémie • Hyposplénisme avec thrombo-
• Dyscrasie, hémorragie, hématurie cytose, corps de Howell-Jolly
Hépatiques
• Perturbation des transaminases • Fibrose hépatique, cirrhose
Musculaires
• Atrophie, tétanie, faiblesse
Neuropsychiatriques
• Neuromyopathie périphérique, • Trouble de la thymie, dépression,
ataxie, maladie démyélinisante céphalées
centrale, épilepsie • Trouble visuel
Pulmonaire
• Hémosidérose pulmonaire idiopathique
Pédiatrique
• Trouble de la croissance staturo-pondérale
Rénale
• Glomérulopathie à IgA
Rhumatologiques
• Ostéoarthropathie, ostéopénie, ostéoporose, ostéomalacie
Autres
• Etat fébrile • Aphtes buccaux, glossite, chéilite
• Hypocratisme digital • Défaut émail dentaire
Tableau 1. Manifestations extradigestives non
malignes
Inflammatoires
• Œsophagite à éosinophiles • Colite microscopique
• Maladies inflammatoires • Sarcoïdose
chroniques intestinales
Auto-immunes
• Diabète de type 1 • Cholangite sclérosante primaire
• Dermatite herpétiforme • Arthrite rhumatoïde
• Thyroïdite auto-immune • Syndrome de Sjögren
• Hépatite auto-immune, • Pancréatite auto-immune
cirrhose biliaire primitive
Génétiques
• Syndrome de Down (trisomie 21) • Déficit en immunoglobuline A
• Syndrome de Turner
(monosomie X)
Tableau 2. Maladies associées à la cœliaquie
Analyse Sensibilité Spécificité LR positif LR négatif
(IC 95%) (IC 95%) (IC 95%) (IC 95%)
IgA-DGP 87,8 94,1 13,33 0,12
(85,6-89,9) (92,5-95,5) (9,64-18,42) (0,08-0,18)
IgA-tTG 93 96,5 25,62 0,07
(91,2-94,5) (95,2-97,5) (15,64-41,99) (0,05-0,12)
Tableau 3. Performance des anticorps anti-DGP et
anti-tTG de classe IgA dans le diagnostic ou l’exclu-
sion de la maladie cœliaque
IgA : immunoglubulines de type A ; DGP : deamidated gliadine peptide ; tTG :
tissue transglutaminase ; LR : likelihood ratio ; IC : intervalle de confiance.
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