Résumé
Question de recherche : comment accompagner en tant qu’infirmière un patient adulte insuffisant
rénal chronique (IRC) en tenant compte des différents stades de la maladie dans un service
ambulatoire afin de contribuer à l’amélioration de sa qualité de vie (QdV) ?
Contexte : le service ambulatoire demeure le milieu de soins de prédilection pour l’accompagnement
des patients IRC quel que soit le stade de la maladie. C’est pourquoi nous l’avons choisi dans notre
revue de littérature comme environnement de soins. Par ailleurs, l’IRC touche principalement la
population adulte ce d’autant plus que la fonction rénale diminue avec l’âge et qu’il y a une
augmentation exponentielle des facteurs de risques majeurs tels que l’hypertension et le diabète dans
la population générale. Elle a une incidence prépondérante sur la QdV de cette population dès le 1er
stade de la maladie. C’est ce qui justifie dans le cadre de ce travail, le choix d’une population adulte
âgée de 18 ans ou plus indépendamment du stade de la maladie.
Méthode : pour mener à bien et de façon rigoureuse ce travail, nous avons utilisé les bases de
données CINAHL et MEDLINE en introduisant des critères d’inclusion. C’est ainsi que nous avons
trouvé les 10 articles de recherche qui nous ont fourni des réponses pertinentes en rapport avec notre
question de recherche. Nous précisons qu’un article nous a été recommandé par un enseignant.
Résultats : diverses interventions infirmières sont à même de contribuer au maintien ou à
l’amélioration de la QdV des patients IRC et de leur famille. Celles-ci passent par l’identification des
besoins, des stratégies de coping, une compréhension de la QdV du point de vue des patients,
l’évaluation systématique et constante de la QdV lors de la prise en soins pour pouvoir anticiper avec
le patient sur les complications de la maladie. Ainsi, le SF-36 (questionnaire d’autoévaluation de la
QdV) apparaît comme un outil d’évaluation crédible et fiable. L’un des moyens le plus efficace et
pertinent qui fait l’unanimité des chercheurs de cette revue de littérature afin de fournir des
connaissances au patient sur sa maladie et ses traitements demeure l’éducation thérapeutique (ETP).
Elle favorise en l’occurrence l’autogestion, l’autonomie, l’auto-efficacité qui sont d’une importance
capitale pour aider le patient à choisir de manière libre et éclairée sa thérapie de substitution, à gérer
son traitement de dialyse et surtout à améliorer sa QdV. Une évaluation au préalable de ces
connaissances est une nécessité pour l’infirmière avant de débuter toute intervention éducative. Des
outils ou questionnaires d’évaluation à l’exemple du « Kidney Disease Knowledge Survey » peuvent
lui servir de guide. D’autres moyens éducatifs sont également proposés comme un DVD multimédia
interactif. Toutefois, au vu de la complexité de la prise en soins du patient IRC, pour qu’elle soit plus
en phase avec des soins de qualité, les interventions éducatives infirmières sont intégrées dans une
équipe multidisciplinaire. Quelques méthodes d’accompagnement tels qu’un programme éducatif, une
prise en soins multidisciplinaire par rapport à un modèle de soins traditionnel ou une approche
multidisciplinaire basée sur un modèle de soins partagé entre les professionnels des soins primaires
et secondaires en vue de la continuité des soins, sont requises pour contribuer à l’amélioration de la
QdV du patient. Une approche holistique dans une relation de collaboration et de partenariat avec le
patient est prônée dans cette revue de littérature.
Conclusion : nous pouvons affirmer en nous basant sur la revue de littérature que les interventions
infirmières autonomes et surtout en collaboration avec l’équipe multidisciplinaire permettent
effectivement entre autres, de retarder ou ralentir efficacement la progression de l’IRC, l’entrée en
dialyse, anticiper ou réduire les complications rénales ou non rénales, favoriser l’autogestion des
patients IRC en pré-dialyse ou en dialyse et contribuent à une amélioration de la QdV. Elles
concourent également à réduire l’augmentation de la morbidité et la mortalité auprès de ce type
patient.
La rédaction et les conclusions de ce travail n’engagent que la responsabilité de ses auteurs et en
aucun cas celle de la Haute École de la Santé La Source.