Balian d`Ibelin (mort en 1193)

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Quelques precisions pour mieux comprendre le film “Kingdom of heaven”
Balian d'Ibelin (mort en 1193)
Balian d'Ibelin (mort en 1193) était un noble influent du royaume de Jérusalem. Il était le troisième fils de Balian le
vieux d'Ibelin, seigneur d'Ibelin et de Rama, et d'Helvis de Rama. Ses frères aînés étaient Hugues et Baudouin. Son
père, Balian le vieux, à l'origine un simple chevalier au service du comte de Jaffa, avait été récompensé par la main de
Helvis, héritière de Rama, et la concession du château d’Ibelin.
En 1183, il soutint Raimond III de Tripoli contre Guy de Lusignan, époux de Sibylle de Jérusalem, pour la régence
durant la maladie de Baudouin IV le lépreux. Il fut parmi les barons qui conseillèrent le couronnement de Baudouin V
du vivant de Baudouin IV, afin d'empêcher que Guy de Lusignan ne succède au roi. Baudouin V devint roi encore
enfant en 1185, mais mourut l'année suivante, et Raymond choisi comme successeur Onfroy IV de Toron, qui refusa la
couronne en faveur de Guy. Balian prêta hommage à Guy de Lusignan à contrecœur, tandis que son frère refusa de le
faire et s'exila à Antioche.
Balian s'échappa après la défaite de Hattin en 1187. Avec la reine Sibylle et le patriarche Héraclius, il organisa la
défense de Jérusalem assiégé par Saladin. Il ne put cependant défendre la ville, par manque d'hommes, de vivres et de
matériels. Dans toute la ville il ne put trouver que deux chevaliers et il dut adouber soixante fils de bourgeois, c'est-àdire de Latins non nobles. Il obtint de Saladin la vie sauve des habitants en échange d'une rançon de dix pièces d'or par
homme, cinq par femmes et deux par enfant. Ibelin, Naplouse, Rama et toutes les autres terres de Balian furent
conquises par Saladin, mais Balian et sa famille furent autorisés à vivre à Tripoli. Balian commença par soutenir Guy
de Lusignan dans sa lutte contre Conrad de Montferrat pour le royaume, puis ensuite négocia, avec Marie, le mariage
de sa belle-fille Isabelle de Jérusalem avec Conrad, lui apportant une légitimité dans ses prétentions au trône. Après la
mort de Conrad et le remariage d'Isabelle avec Henri II de Champagne, Balian fut un des conseillers d'Henri et aida
Richard Cœur de Lion à négocier un traité de paix avec Saladin, mettant fin à la troisième croisade. Ibelin resta sous le
contrôle de Saladin, mais Richard accorda en compensation à Balian la seigneurie de Caymont. Il mourut en 1193
Une partie de sa vie est mise en scène dans le Film de Ridley Scott Kingdom of Heaven sorti en 2005. Balian y est
joué par l'acteur Orlando Bloom. Mais la réalité historique concernant Balian diffère sensiblement du scénario du
film :
le Balian historique est fils légitime de Barisian d'Ibelin, et non pas fils bâtard de Godefroy d'Ibelin. Il a vécu sa
jeunesse en Terre Sainte, et non pas dans le nord de la France. Il a participé à la bataille de Hattin et n'est pas arrivé
après le massacre comme dans le film, mais a réussi à s'en échapper en compagnie de Renaud de Grenier. Il a épousé
Marie Comnène, la veuve d'Amaury Ier, et non pas Sibylle, fille d'Amaury Ier. (Par contre, il semblerait que cette
dernière aie été fiancée à un frère de Balian). Il a vraiment armé chevalier soixante bourgeois pour qu'ils participent
à la défense de la ville. Après la prise de Jérusalem, Balian est resté en Terre Sainte.
Baudouin IV le roi lépreux (1160-1185) roi de Jérusalem (1174-1185)
Fils du roi Amaury auquel il succéda en 1174. D'abord trop jeune, puis victime de la lèpre et finalement d'une cécité
quasi totale, Baudouin régna en réalité fort peu. Il tint tête à Saladin pendant trois ans, notamment à Ramla (25 nov.
1177), mais ne put empêcher ensuite une série de défaites qui mirent le royaume latin à la merci des Turcs et des
Égyptiens. Son entourage eut une influence particulièrement néfaste, et sa sœur, la princesse Sybille, mariée en
secondes noces à l'incapable Guy de Lusignan, s'entendit avec le sénéchal Jocelin de Courtenay et quelques autres
pour écarter du gouvernement le comte Raymond III de Tripoli, seul homme fort du moment. Le règne fut donc
perturbé par les incessantes dissensions de la noblesse et du clergé, amenés à se ranger dans l'un ou l'autre parti. La
plus grave révolte fut celle de Renaud de Châtillon, régent d'Antioche pendant la minorité de son beau-fils Bohémond
III.
Baudouin IV eut pour successeur le fils de Sybille et de Guillaume de Montferrat, Baudouin V, qu'il avait fait
couronner dès 1183 et qui mourut en 1186, laissant la place à son beau-père Guy de Lusignan. L'anarchie féodale qui
mina le royaume latin au temps du roi lépreux ne pouvait que précipiter l'effondrement de l'Orient chrétien, alors que,
grâce à Saladin, l'unité politique de l'Islam oriental n'avait jamais été aussi fortement assurée.
RAYMOND III (1140 ?-1187) comte de Tripoli (1152-1187), appelé Tibérias dans le film
Raymond III chercha à mener une politique active contre ses voisins musulmans, mais, après le siège infructueux de
Hama en 1177, il céda aux hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, établis dans le Krach des chevaliers, tous les
territoires frontaliers faisant face aux villes fortifiées musulmanes, Hama et Homs (1180).
Du fait de sa parenté avec le roi, il assura la régence du royaume de Jérusalem durant la minorité de Baudouin IV
(1174-1176) et pendant celle de Baudouin V (1185-1186). La seconde régence lui avait été conférée pour une période
de dix ans après la mort éventuelle de ce dernier, mais il en fut évincé par le couronnement de Sibylle de Jérusalem et
de Guy de Lusignan. N’ayant pu s’assurer de l’appui de la sœur de Sibylle qu’il voulait opposer à celle-ci, il se
réfugia dans sa principauté de Galilée (dont il avait épousé la princesse douairière, Échive) et s’allia à Salah al-Din
(Saladin) contre le roi Guy.
L’invasion du royaume le ramena dans l’armée royale ; il déconseilla vainement une marche sur Tibériade où sa
femme était assiégée, mais échappa au désastre de Hattin. Réfugié à Tripoli, il y mourut, laissant pour héritier son
filleul Raymond d’Antioche, sous réserve des droits des comtes de Toulouse. Le parti qui lui était opposé et dont le
chef était le maître du Temple, Girard de Ridefort, en fit le responsable de la perte du royaume, mettant en cause son
alliance avec Salah al-Din.
LUSIGNAN GUY DE (1129-1194) roi de Jérusalem (1186-1192)
Fils cadet du comte de la Marche, Hugues le Brun, Guy de Lusignan épousa Sybille, sœur du roi Baudouin IV,
mariage arrangé en 1180 par son frère Amaury de Lusignan, connétable de Jérusalem. Le roi donna son accord,
espérant que Guy serait un tuteur efficace pour le jeune fils qu’avait eu Sybille de son premier mari, Guillaume de
Montferrat, et à qui Baudouin IV, lépreux et sans héritier direct, allait laisser la couronne. La vaine prétention et
l’incapacité de Guy de Lusignan furent vite manifestes, mais le roi s’en rendit compte trop tard. À la mort de son beaufils, Baudouin V, Lusignan, qui s’était fait donner le comté de Jaffa et Ascalon, revendiqua la couronne, soutenu par
ceux avec qui, pendant la plus grande partie du règne de Baudouin IV, il avait formé le parti de la Cour. Malgré
l’opposition de nombreux barons, mais grâce à quelques protections intéressées, comme celle du patriarche Héraclius
et du grand maître du Temple, il fut élu et couronné à Jérusalem (20 juill. 1186) pendant que les barons réunis à
Naplouse hésitaient à s’opposer par la force à ce coup d’État. Vaincu et pris par Saladin (Salah al-din) à Hattin (4 juill.
1187), le roi Guy obtint sa liberté contre la promesse, non tenue, de ne pas reprendre les armes. Mais la perte de
Jérusalem (2 oct.) et la mort en 1189 de la reine Sybille offrirent aux barons l’occasion d’évincer un roi incapable. Guy
de Lusignan entreprit alors, avec une petite armée, le siège d’Acre, qu’il reprit aux Turcs en juillet 1191. L’année
suivante, il acheta à Richard Cœur de Lion l’île de Chypre et en fit son royaume. Il y mourut.
Girard de Ridefort (v. 1140-1189)
Né en Flandre dans les années 1140. Frère puîné d'un seigneur flamand, il n'espère guère de fortune dans son pays et
rejoint la Terre Sainte dans l’espoir de s'y tailler un fief. Raymond III de Tripoli lui promet un riche mariage avec sa
vassale Lucia de Botrun mais se ravise finalement, préférant l'offre d'un riche négociant pisan. Il s'est fait de Ridefort
un ennemi mortel.
Désormais allié de Guy de Lusignan, Ridefort s'introduit dans l'Ordre du Temple dont il devient Sénéchal en 1183 et
maître dès 1185[1]. Après la mort de Baudouin IV en 1185 et de Baudouin V peu après, il arrache la couronne du
Royaume de Jérusalem à Raymond III en 1186 au profit de son allié.
Les campagnes téméraires menées par Ridefort contre Saladin sont désastreuses et coûtent de nombreuses vies dans
les deux camps.
À la mort de Ridefort devant Acre le 4 octobre 1189, les quatre États latins sont exsangues et le sort des combats
incertain.
Renaud de Châtillon
Renaud de Châtillon, né en 1120, exécuté en 1187 à Hattin, prince consort d'Antioche (1153-1163), puis seigneur
d'Outre-Jourdain et d'Hébron, fils cadet d'Henri Ier, seigneur de Châtillon et d'Ermengarde de Montjay
C'est un cadet sans fortune, mais qui passe pour être un magnifique guerrier. Il part pour la Terre Sainte et, au
printemps 1153, épouse Constance, princesse d'Antioche, veuve de Raymond de Poitiers. C'est alors qu'il se révèle
comme un aventurier sans scrupule et un chevalier brigand en allant piller l'île de Chypre, qui était alors sous la
domination byzantine. Très vite ses exactions le rendront odieux à ses voisins Alépins, mais aussi aux Byzantins et à
ses propres sujets.
La riposte de l'empereur Manuel Ier Comnène ne se fait pas attendre et il va assiéger Antioche, obligeant Renaud de
Châtillon à se soumettre en s'humiliant et à prêter hommage à l'empereur (1159).
Peu après, il est fait prisonnier par les soldats d’Alep au cours d’une opération de pillage. Nur ad-Din le tiendra
emprisonné à Alep de 1160 à 1177.
Ses années de captivité ne l'ont pas du tout assagi et il multiplie les provocations. Allié des Templiers, il exerce sur la
cour de Jérusalem une influence grandissante. Il est partisan d’une politique de conquête face aux musulmans,
malheureusement motivée beaucoup plus par ses espoirs de pillage que par des considérations stratégiques.
En 1181, malgé une trêve conclue entre Baudouin IV de Jérusalem et Saladin, il pille une caravane se rendant à la
Mecque. Saladin s’en plaint à Baudouin IV de Jérusalem, qui n’ose sévir contre son vassal. Saladin, fou de rage, aurait
déclaré qu'il tuera Renaud de Chatillon de ses propres mains.
Saladin lance des raids sur son territoire (1183). Il assiège la forteresse de Kerak, mais fait épargner le secteur où se
déroulent les noces de la belle-fille de Renaud. Celui-ci ne doit son salut que grâce aux secours de Baudouin IV.
A la mort de Baudouin IV (1185), la régence du royaume de Jérusalem va à Raymond III de Tripoli, qui traite avec
Saladin. La mort du jeune Baudouin V donne le trône à Guy de Lusignan (août 1186). Le pouvoir effectif passe au
parti de Renaud de Châtillon.
En 1187, il attaque encore une caravane allant de l'Égypte à Damas. La trêve est rompue et Saladin engage la guerre
contre le royaume de Jérusalem. La bataille entre les deux armées a lieu à Hattin et les Francs sont vaincus. Renaud,
fait prisonnier, est immédiatement exécuté par Saladin.
Les 4 premières croisades en bref.
la première croisade
La première croisade, prêchée à Clermont par Urbain II lui-même , fut organisée par lui au cours d’un
voyage dans le midi de la France. Son appel fut repris par de nombreux prédicateurs, parmi lesquels le célèbre Pierre
l’Ermite, auquel la tradition postérieure attribua une part décisive dans la naissance de la croisade (c’est lui qui aurait
révélé au pape les souffrances des chrétiens d’Orient). On composa une encyclique attribuée au pape Sergius IV, pour
rappeler les profanations commises au début du siècle à Jérusalem par le khalife al-Hâkim. Le pape écrivit lui-même
aux Bolonais et aux Flamands pour les inviter à se joindre à l’expédition, dont le départ fut fixé au 15 août 1096.
En fait, des bandes de pèlerins (la « croisade populaire ») se mirent en marche avant cette date. Mal
équipées, sans vivres et sans argent, elles se livrèrent à des déprédations (notamment contre les juifs d’Allemagne), qui
valurent à plusieurs d’entre elles d’être anéanties par les Hongrois. L’empereur byzantin cantonna les survivants sur la
rive asiatique du Bosphore pour attendre les barons ; mais les pèlerins se firent massacrer par les Turcs.
Les quatre principales armées partirent, l’une de la France du Nord et de la Basse-Lorraine, sous les ordres
de Godefroi de Bouillon ; la deuxième, de la France du Midi, sous la direction du comte de Toulouse, Raymond de
Saint-Gilles, et du légat du pape, Adhémar de Monteil ; la troisième, d’Italie méridionale, sous le commandement du
prince normand Bohémond ; la quatrième, de la France centrale, avec Étienne de Blois et Robert de Normandie. La
première descendit le Danube ; la deuxième traversa la Lombardie, la Dalmatie et le nord de la Grèce ; la troisième
gagna directement Durazzo par mer, comme la quatrième, qui était passée par Rome. Toutes firent leur jonction sur la
terre d’Asie, après avoir séjourné à Constantinople (le séjour de Godefroi fut marqué par des incidents avec les Grecs).
Un traité passé avec Alexis Comnène stipulait la restitution à l’Empire byzantin des villes que les Turcs lui
avaient enlevées : les croisés s’emparèrent de Nicée et la remirent aux Byzantins, ainsi que quelques autres places
d’Asie Mineure. Ils bousculèrent l’armée turque à Dorylée et atteignirent la Syrie, où Édesse fut occupée (1097). Ils
assiégèrent longuement Antioche et s’en emparèrent au moment même où une armée de secours, envoyée par le sultan
seldjoukide allait arriver ; ils étaient bloqués dans Antioche, mais, au cours d’une sortie, parvinrent à écraser l’armée
turque (1098). L’empereur n’était pas venu au secours des croisés ; Bohémond en tira argument pour s’établir luimême à Antioche et ne pas remettre la ville aux Grecs. Les croisés se remirent en marche, assiégèrent Jérusalem et
prirent la ville d’assaut ; après quoi, à la bataille d’Ascalon (1099), ils écrasèrent l’armée égyptienne, qui venait les
attaquer.
De nouvelles armées (l’« arrière croisade ») s’étaient constituées en Allemagne, en Bourgogne, en Poitou et
en Lombardie ; descendant le Danube, elles gagnèrent Constantinople. Mais elles furent anéanties au cours de la
traversée de l’Asie Mineure et seuls quelques éléments parvinrent en Syrie (1101). En revanche, des contingents venus
par mer – Génois, Pisans, Vénitiens, Norvégiens – arrivèrent sans encombre et aidèrent ceux des croisés qui s’étaient
fixés en Terre sainte à occuper les villes de la côte.
Il semble que le pape Calixte II, dès 1120, ait envisagé d’organiser une nouvelle croisade pour secourir les
« Latins » d’Orient très menacés par les Turcs. Son appel ne rencontra pas un grand succès ; mais, pendant tout le
XIIe siècle, des pèlerins allèrent, individuellement ou en groupe, accomplir le pèlerinage de Jérusalem et secourir les
Latins.
La deuxième croisade
La deuxième croisade fut provoquée par la chute d’Édesse (1144), qui décida le pape Eugène III à
proclamer la croisade en 1146. Saint Bernard prit une part prédominante à la prédication de cette croisade ; le roi
Louis VII prit la croix à Vézelay, l’empereur Conrad III à Spire (1147). Leurs deux armées descendirent le Danube,
atteignirent Constantinople où l’empereur grec, Manuel Comnène, les accueillit bien, mais en leur demandant de
prendre les mêmes engagements que les croisés de 1096. Il avait lui-même conclu la paix avec les Turcs d’Asie
Mineure. Ceux-ci refoulèrent l’armée de Conrad III après lui avoir fait subir de grosses pertes ; celle de Louis VII, qui
suivait la côte, parvint à se frayer un chemin jusqu’à Attalia, où le roi put embarquer son corps de bataille pour
Antioche, mais où les pèlerins restés en arrière eurent beaucoup à souffrir.
Au lieu de lutter, comme le demandait le prince d’Antioche, contre l’atabeg d’Alep qui avait pris Édesse,
les deux souverains gagnèrent Jérusalem et mirent le siège devant Damas, mais en vain. Ils rentrèrent alors en
Occident où l’échec de la croisade suscita de profonds remous. Toutefois, les croisés frisons et anglais, qui avaient
suivi la route maritime, avaient aidé les Portugais à s’emparer de Lisbonne.
À partir de 1165, il devint évident que, sans l’arrivée de nouveaux secours, l’Orient latin ne pourrait
supporter la pression de l’État musulman qui s’était constitué en Syrie et s’étendit bientôt à l’Égypte. Le pape
Alexandre III lança alors des appels à la croisade, qui devaient être renouvelés par ses successeurs, mais avec un
résultat très limité. Ce sont seulement la destruction de l’armée du roi de Jérusalem par Saladin et la chute de la Ville
sainte (1187) qui, provoquant une émotion considérable en Occident, rendirent possible une nouvelle croisade.
Bataille de Hattin (ou bataille de Tibériade), 4 juillet 1187.
Le sultan ayyubide Saladin, maître de l’Égypte et du sud de la Syrie, a appelé au djihad (guerre sainte) pour éliminer
les États latins issus de la première croisade. Encouragé par les Byzantins, appuyé par la plupart des autres princes
musulmans de la région et fort du soutien du calife abbasside de Bagdad, il déclenche son offensive à l’été de 1187, en
assiégeant Tibériade. L’armée chrétienne, commandée par le très contesté roi de Jérusalem Guy de Lusignan, tente de
dégager la ville et s’avance à travers une zone particulièrement sèche en cette saison. L’armée est très affaiblie par
les hésitations du roi, par la fuite du comte de Tripoli, Raymond III, et de ses partisans, et par le manque d’eau. Le
4 juillet, le roi et ses derniers fidèles sont pris, ainsi que la relique « de la Vraie Croix », qui disparaît à cette
occasion. Saladin fait exécuter les moines-soldats templiers et hospitaliers, et abat de sa main Renaud de Châtillon,
seigneur de l’Outre-Jourdain, symbole aux yeux des musulmans de la résistance chrétienne. La victoire de Hattin
ouvre les territoires latins à Saladin, qui s’empare de la plupart des forteresses et des villes (dont Jérusalem). Seules
résistent Tyr, Tripoli, Tortose, le Krak des chevaliers et Antioche. La défaite chrétienne connaît un grand
retentissement en Occident et est à l’origine de la troisième croisade (1189-1192).
La troisième croisade
Précédée d’une exhortation à la pénitence générale, la troisième croisade fut décidée, dès 1187, par le pape,
et divers contingents se mirent immédiatement en route pour rejoindre les Latins d’Orient qui résistaient à Saladin.
Trois souverains, l’empereur Frédéric Barberousse, les rois de France et d’Angleterre, rassemblèrent des armées
importantes : le premier suivit la route du Danube, traversa l’Empire byzantin malgré l’opposition de l’empereur Isaac
Ange, puis la Turquie, mais il se noya dans un fleuve de Cilicie et son armée se disloqua. Les deux autres prirent la
route de mer, par la Sicile. Richard Cœur-de-Lion conquit Chypre au passage, puis vint s’associer au siège d’Acre
établi par les autres croisés. Après la prise d’Acre et le départ de Philippe Auguste, il dirigea les opérations militaires,
s’emparant de plusieurs places (Jaffa, Ascalon), mais sans oser marcher sur Jérusalem. Il imposa cependant à Saladin
un traité par lequel le sultan renonçait à éliminer les colonies franques de Syrie (1192). C’est au retour de cette
croisade que le roi d’Angleterre fut fait prisonnier par le duc d’Autriche.
L’empereur Henri VI, fils de Barberousse, devenu maître du royaume de Sicile, conçut le projet de
reprendre la croisade à son compte, en imposant sa suzeraineté à l’empereur byzantin aussi bien qu’aux royaumes
nouvellement institués de Chypre et d’Arménie. Ses troupes arrivèrent en Orient dès 1197 ; on reprit Beyrouth, mais la
nouvelle de la mort de l’empereur amena la dislocation de la croisade (1198).
La quatrième croisade
Décidée, dès 1198, par le pape Innocent III, la quatrième croisade fut prêchée par le légat Pierre Capuano et
Foulques de Neuilly : ce dernier obtint, au tournoi d’Écry, l’adhésion de la noblesse champenoise (1199). Mais la mort
du comte de Champagne contraignit les croisés à prendre pour chef à sa place le marquis de Montferrat, Boniface ; ils
traitèrent avec Venise pour équiper une flotte beaucoup trop importante au regard de l’argent dont ils disposaient. De
ce fait, malgré l’interdiction du pape (1202), les croisés durent passer un nouveau traité avec Venise, qui obtint leur
participation au siège de la ville dalmate de Zara, alors occupée par le roi de Hongrie. Puis le prétendant byzantin
Alexis IV Ange, beau-frère du roi allemand Philippe de Souabe, gagna leur appui en échange de la promesse de
subsides et de troupes dont ils avaient besoin pour leur expédition (celle-ci était en principe dirigée contre l’Égypte,
pour obliger le sultan à évacuer la Terre sainte). Aussi, toujours en dépit des instructions pontificales, les croisés se
portèrent sur Constantinople, où ils remirent sur le trône le père d’Alexis IV, Isaac (1203). Mais Alexis IV ne put tenir
ses promesses et, lorsqu’il fut détrôné par Alexis V Murzuphle, les croisés, placés par cette révolution dans une
situation très difficile, se décidèrent à prendre Constantinople. Après un siège assez bref, la ville fut prise d’assaut et
pillée (12-13 avril 1204) et un Empire latin remplaça l’Empire byzantin. Mais le résultat de cette entreprise fut de
détourner une partie des efforts de l’Occident vers Constantinople, et d’aggraver les difficultés entre Grecs et Latins,
sans profit pour la Terre sainte, contrairement aux espoirs des premiers empereurs latins.
Questionnaire sur le film
1. D’où partent les croisés pour la Terre Sainte ?
2. En quoi voit-on que ce lieu est une zone de contact entre les civilisations ?
3. Que peut-on dire des relations chrétiens-musulmans en Terre Sainte ?
4. Montrer que chacune des deux civilisations en présence est partagée en deux courants divergeants en ce
qui concerne l’attitude à adopter vis-à-vis du camp ennemi.
5. Sur le fond de carte suivant, placer les lieux évoqués dans le film.
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