Synthèse des échanges - Les Rencontres Africa

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MINISTÈRE
DE L’ÉCONOMIE,
ET DES FINANCES
SYNTHÈSE DES ÉCHANGES
CONSEIL ECONOMIQUE
SOCIAL ET ENVIRONNEMENTAL
QUE RETENIR D’AFRICA2016 ?
La réflexion sur le renouvellement en profondeur de la relation historique de la France à l’Afrique remonte à aujourd’hui
cinq ans. Elle a eu pour étapes le rapport remis au Président de la république en 2012, l’approbation de ses conclusions par
la précédente conférence des chefs d’Etat (2013), le lancement par Lionel Zinsou d’AfricaFrance en 2015. Le démarrage
des activités opérationnelles a permis de renforcer les dialogues entre entreprises françaises et africaines afin de donner
à la croissance un fort contenu de développement et de création d’emplois à la croissance. AfricaFrance a marqué les 22
et 23 septembre un point d’orgue. Durant ces deux journées, plus de 2500 chefs d’entreprise et cadres dirigeants se sont
rassemblés, au Conseil économique, social et environnemental, pour en débattre à l’invitation des ministères des affaires
étrangères et de l’économie et des finances et d’AfricaFrance.
QUE RETENIR ?
Tout d’abord un esprit de réalisme et de pragmatisme partagé
par tous, Africains et Français; il ne s’agit pas d’être pessimiste
ou optimiste mais de saisir les opportunités de partenariat
entrepreneurial. Les entreprises sont conscientes d’être un
moteur de développement économique et social pour le bien
de tous, à court terme bien sûr, mais surtout à long terme.
Elles sont les acteurs du développement spatial et notamment
urbain, de l’accès à l’eau et à l’énergie, de l’intégration
régionale des économies, de la construction d’une chaîne de
valeurs agro-industrielle, de l’innovation notamment dans le
domaine numérique, de la formation.
Elles lancent des messages forts :
1.
lever les obstacles qui s’opposent à la circulation
,en Afrique même et avec la France des hommes des
entreprises,des chercheurs ,des créateurs en général… bref
de tous ceux qui se nourrissent d’échanges et qui forgent les
partenariats,
2.
mettre fin au sous financement de l’économie et
notamment des entreprises qu’il s’agisse de leur investissements
ou même de leur fonds de roulement. Les banques ne peuvent
tout couvrir, la solution est dans la complémentarité des outils
et des acteurs, capital investissement, crowdfunding, accès
auxmarchésfinanciers.Laquestiondufinancementestaussi
qualitative, la durée est fondamentale et bien entendu le
niveau des taux qui pénalisent la compétitivité. Au delà, c’est
évidemmentlaconfianceentrepartenairesquiestposée.
3.
développer des coalitions d’acteurs marchands et
nonmarchantsafindeproduiredesbiensetenmêmetemps
de produire des externalités sans lesquelles il n’y aura pas de
développement inclusif.
4.
réformer en profondeur les systèmes de formation, qui
aujourd’hui conjuguent coût budgétaire élevé et inadéquation
des jeunes au marché du travail. Les entreprises sont prêtes
à participer à un dialogue constructif avec les enseignants,
à développer des compétences certifiées délivrées par des
établissement labellisés.
5.
mettre à la disposition des populations, des
jeunes entreprises, des institutions, les outils numériques
qui permettront de rapprocher l’offre et la demande dans
le contexte d’un continent qui demeure gravement sous
équipé. En particulier les solutions numériques sont à même
de répondre dans une large mesure à la nécessité de changer
d’échelle et de baisser les coûts des apprentissages de tous
niveaux. Cela étant dit, le numérique est un formidable vecteur
de changement mais pas une alternative.
6.
faire en sorte que les environnements juridiques
offrent le moins de prise possible aux ingérences des Etats.
7.
Last but not least, deux redoutables équations, celle
de l’avenir des villes et celle des mondes ruraux. Nous le savons
tous, Africains et Français, sont l’archétype des systèmes
complexes chers à Edgar Morin. Nous avons des séries de
questions(foncier,droitsd’usages,planificationdesusagesde
l’espace, infrastructures, financement des investissements et
des externalités…) et des séries de réponse (décentralisation,
montagesPPP,gestiondesusagesdelarue,planificationde
tout l’espace urbain y inclus les périphéries et les relations avec
les zones rurales).
8.
Le dernier point c’est la dimension culturelle du
développement. La filière culturelle est aussi un secteur
économique à part entière, Nollywood génère 1 million
d’emplois et 2% du PIB du Nigéria. Bien sûr il y a des enjeux :
créer des contenus africains, soutenir la jeune création en
relation avec les nouveaux modes de consommation. Assurer
un retour équitable de la valeur économique créée au créateur.
En fait nous ne connaissons pas bien la macroéconomie de ce
secteur:quilanceunappelàuneétudesolidepourconfirmer
les intuitions. Si nous ne savons pas encore suffisamment
comment tout cela va se combiner, une seule certitude: pas
sans les acteurs de terrain, entreprises et organisations de la
société civile. Et c’est là que l’Afrique saura être innovante.
Tous ces messages ont été entendus, ils seront portés par AfricaFrance à la prochaine conférence des chefs d’Etat à
Bamako en janvier 2017.
Cette prise de responsabilité des entreprises comportait ses exigences :
•
bâtir des partenariats solides, comportant une dimension capitalistique, fondés sur une convergence des stratégies et une
bonne compréhension des écosystèmes de chacun: les partenariats d’entreprise aboutissent nécessairement à plus de
complexité de gestion ,à des délais de négociation...mais ils permettent de répondre à la réalité de la demande et à la
satisfaction des besoins :
•
s’investir en temps et en argent dans la formation des jeunes;
•
appliquer dans tous les domaines, privés comme publics l’exigence de productivité et de qualité;
•
agrégerlesbonnespratiquesauseindesfilièresetdansunelogiqueinterprofessionnelle;
•
établirdescontratsdeconfiance,c’estvitaldanslaviefinancièrecommedanslaformation;
•
participer à l’innovation et à la recherche dans les institutions de formation comme dans les entreprises pour accélérer la
diffusion du changement;
•
s’agissant des banques de développement, développer des partenariats de projets instruits en amont avec les entreprises...
Ces quelques lignes ne résument pas deux jours de débat intenses. Cependant, deux derniers aspects sont à souligner pour
conclure.
Ce qui rend ces débats réels, c’est aujourd’hui l’existence en Afrique d’un nombre croissant d’entreprises d’envergure, hautement
professionnelles et capables de proposer des innovations au reste du monde, comme c’est le ça dans le domaines des usages du
numérique.
Cesdébatssontàl’évidencel’aboutissementd’uneréflexionetledébutdelamiseenmouvementdelarelationentrel’Afrique
et la France. Bien ancrée, vivante, mais elle ne peut aller moins vite que la globalisation.
Jean-Michel DEBRAT
Directeur général d’AfricaFrance
CONFÉRENCES
SÉANCE D’OUVERTURE
QUELLE STRATÉGIE ÉCONOMIQUE FRANÇAISE EN AFRIQUE ?
La séance d’ouverture a donné à ces Rencontres leur tonalité:
rencontres personnelles, chaleureuses, pragmatiques, dans
un esprit de responsabilité partagée et étendue à tout le
champs économique, responsable et environnemental.
L’importance de l’assistance a démontré qu’il y avait bien
une attente réciproque.
Le partenariat entre l’Afrique et la France résulte d’un
travail de long terme. Depuis 2000, les investissements
d’entreprises françaises en Afrique ont été multipliés par
7 et ce sont 4 milliards qui ont été données par l’AFD
pour l’investissement et le développement économique.
D’autres réalisations concrètes de ce développement des
relations franco-africaines peuvent être mentionnées : 40 000
entreprises françaises exportent en Afrique, les échanges
ont augmenté de 4% en 2015. Ce développement concerne
tous les domaines, des plus classiques aux plus récents, à
l’instar de la ville durable avec notamment la mise en œuvre
concrète des objectifs de la COP21. Ce lien fort ne pourrait
exister sans la mobilisation totale des acteurs économiques
français et africains, publics et privés.
L’Afrique est aujourd’hui une source d’opportunité
entrepreneuriale, fruit du dynamisme de secteurs comme
celui des infrastructures et l’agriculture, mais aussi car la
France émet une demande de plus en plus forte envers ce
continent. Cependant l’Afrique est confrontée à différents
obstacles, de la croissance de la dette publique aux chocs
sanitaires. Ainsi, s’il est nécessaire d’accompagner le
développement africain, il est essentiel d’être aux côtés de
l’Afrique.
La demande africaine à l’égard de la France porte sur la
nécessité d’intégration du développement social, la prise
en compte simultanée des besoins d’infrastructures et
de développement agricole, le partage de l’innovation
techniqueetfinancière,l’appuiàlaformation,fondement
de l’employabilité des jeunes. Elle a aussi une forte
dimension culturelle.
La séance d’ouverture a aussi permis d’entendre quelques
avertissements salutaires :
- pas de croissance partagée sans circulation des hommes:
la question des visas reste mal posée, et sans la création de
richesse des diasporas;
- la situation actuelle de graves sous-financements des
entreprises africaines est un frein à la croissance;
- la France ne se désengage pas mais elle a un problème de
vitesse d’adaptation à la mondialisation.
Quelques assurances ont aussi été données :
- Les fondamentaux de la croissance africaine ont un
caractère de long terme, ils ne sont pas obérés par la
conjoncture.
- Dans la phase actuelle de régionalisation des économies,
l’intégration régionale et le volume des échanges intraafricains sont bien plus forts que ne l’indiquent les chiffres.
Les tables rondes et ateliers qui ont ponctué les rencontres
à côté de milliers rendez-vous d’affaires ont rendu concret
un état d’esprit foncièrement réaliste et positif. L’Afrique est
d’abord une chance, elle a besoin des entreprises comme
les entreprises ont besoin de l’Afrique.
CONFÉRENCES
JEUDI 22 sEPTEMBRE 2016
LA nuMéRisATion, LEviER DE L’éConoMiE AFRiCAinE
La seconde plénière des rencontres Africa2016 était animée
par Alexandre Zapolsky, membre actif d’AfricaFrance.
Il a d’abord été souligné qu’un africain sur deux a aujourd’hui
un mobile dont 20% a accès à internet. Mais l’extension à
tous pose d’abord un problème d’infrastructures.
Parallèlement, il est essentiel de bâtir un écosystème
d’applications qui connectent les populations à travers le
numérique. C’est pourquoi il est nécessaire que les bailleurs
internationaux aient une approche ouverte aux nouveaux
services numériques, tout particulièrement ceux liés à
l’éducation, à la santé, à l’agriculture, à l’administration.
Dans le même esprit, il apparaît nécessaire de se concentrer
sur la collecte d’informations auprès des PME, des
agriculteurs, et ainsi que de tous les acteurs du secteur
informel.
Plusieurs questions ont été débattues : le manque de
confiancedesAfricainsvis-à-visdusecteurnumériqueliéà
la cybercriminalité, le risque d’un internet américain. A ce
sujet, le débat est complètement ouvert entre les tenants de
l’accès à internet le plus rapide possible et les tenants d’une
identité propre de l’Afrique.
CONFÉRENCES
JEUDI 22 sEPTEMBRE 2016
QuEL FinAnCEMEnT PouR LEs EnTREPRisEs ?
données notamment dans le secteur informel.
La plénière suivante était animée par Jean-Michel Sévérino,
Président, Investisseurs & Partenaires.
Ce sujet concerne les entreprises africaines qui ont un
besoinimportantdefinancementpoursedévelopper,mais
aussi les entreprises étrangères s’installant en Afrique.
Les intervenants ont souligné que les banques ne peuvent
pas répondre à la totalité des besoins avec des demandes
sont encore fortes et non-satisfaites. Dans ce contexte, de
nouveaux acteurs de la finance, fonds d’investissement,
capital-risque, s’intéressent de plus en plus au continent
africain et permettent d’accroître les financements
disponibles pour les entreprises locales.
Les besoins de financement sont cependant des crédits
long terme, alors que la majorité des prêts s’inscrivent sur le
court terme. L’une des recommandations apparue a été la
propositiondemettreenplacedesavantagesfiscauxpour
favoriser la délivrance de prêts à long terme.
Il a également été soulevé que lorsque les acteurs
économiques opérant en Afrique obtiennent des
financements, ceux-ci sont assortis de taux d’intérêts
élevés. Cela est dû à un problème de garantie bancaire
et l’absence d’outils adéquats permettant d’avoir une
analysefinedesrisquesdenonremboursementdesprêts.
Il y a ainsi un besoin d’adapter les modèles d’analyse des
risques en mettant en place des nouveaux outils prenant
en compte des critères différents. Les intervenants ont ainsi
évoquéuneévolutiondesfinanceursdanslaméthodologie
d’approche des risques pour s’adapter au manque de
Aussi, a été soulevé le manque de formation des
chefs d’entreprise à la planification d’une stratégie de
développementéconomique.Lesopérateursdelafinance
devraient davantage jouer un rôle de conseil.
PouraccroîtrelesfinancementsenAfrique,ilaétéenoutre
recommandé de modifier les règles juridiques en matière
de délivrance de crédit, actuellement trop strictes par
rapport aux garanties possibles de la part des débiteurs.
Plusieurs initiatives ont déjà été prises pour inciter les
gouvernements et les bailleurs internationaux à modifier
les cadres légaux. Il a été également souligné sur cette
question des litiges, la nécessité d’augmenter le nombre de
tribunaux de commerce et la compétence des magistrats
dans le domaine du droit des affaires facilitant ainsi le
règlement des litiges.
L’Afrique possède une épargne locale forte mais
insuffisammentutiliséepourfinancerlesentrepriseslocales.
Cette absence d’utilisation est due notamment à une
absence de confiance entre les acteurs économiques au
niveau du paiement. La conséquence est la quasi-absence
de crédits et délais de paiement accordés. La libéralisation
des crédits pourrait permettre de débloquer 40 milliards
d’euros par an en Afrique. Une initiative va être lancée,
un fond franco-africain dirigé par AfricaInvest, qui devrait
permettre d’accroître la délivrance des financements.
La question du financement en Afrique est bien prise en
compte par les autorités politiques et les bailleurs de fonds
pour permettre l’émergence du continent. On observe
néanmoins que les sources de financement en Afrique
s’accroissent et que les taux d’intérêts baissent. Mais ce
n’est qu’un début.
CONFÉRENCES
JEUDI 22 sEPTEMBRE 2016
DévELoPPER LEs CoMPéTEnCEs, un EnJEu MAJEuR DE L’EMPLoi En AFRiQuE
Durant cette plénière, animée par Etienne Giros, Président
délégué, CIAN, les neuf intervenants ont rappelé que le
défidémographiqueimpactaitdirectementlesystèmede
formation africain. Cet enjeu démographique nécessite un
changement du système de formation actuel qui ne permet
pas de fournir une formation professionnelle garantissant
l’employabilité des étudiants. Les entreprises travaillant en
Afriqueconnaissantainsidegrandesdifficultésàidentifier
des étudiants ayant des compétences professionnelles
adaptées à leurs besoins.
Il est suggéré par les intervenants que cette réforme
nécessaire du système de formation en Afrique puisse
notamment passer par une plus grande collaboration entre
le secteur privé et le système éducatif public permettant
une meilleure compréhension des attentes. Cependant,
beaucoup d’entreprises estiment que ce n’est pas leur
mission, constituant un frein important à la multiplication
des partenariats.
Des programmes sont cependant mis en place comme RH
Excellence, mené par le CIAN avec le soutien de Medef
International et d’AfricaFrance, qui a pour objectif de
favoriser la formation professionnelle des étudiants. Par
ailleurs, les écoles africaines réalisent des partenariats
avec des écoles étrangères pour améliorer leur niveau de
formation.
En plus de ce dialogue entre monde professionnel et
système éducatif, l’outil numérique peut apporter un
complément efficace pour massifier le système éducatif.
Même s’il est onéreux, (un Massive Open Online Course
-MOOC- coûte environ 150 000 euros), les économies
d’échelle permette rapidement de rentabiliser le coût
investi. Les intervenants ont souhaité souligner qu’il était
important de noter que le numérique devait être un
complément et non une alternative à un enseignement en
présentiel. De même, il apparaît fondamental que toute
formationenlignesoitcertifiée:uneformationn’adevaleur
que si elle est reconnue.
Enfin,ilyaledramedutrèsgrandnombredejeunessortant
du système éducatif sans formation. Réussir à les remettre
dans le monde de la formation professionnelle, y compris
dans le secteur informel, est un enjeu majeur.
CONFÉRENCES
CONFÉRENCES
JEUDI 22 sEPTEMBRE 2016
PARTEnARiATs D’EnTREPRisEs ET CRoissAnCE PARTAgéE
Cette dernière plénière était animée par Fédéric Maury,
Rédacteur en chef Economie, Jeune Afrique. La question
du partenariat est déterminante car les entreprises ont
leur mot à dire dans le développement : c’est le chainon
manquant qu’AfricaFrance a pour but de constituer. Il n’y
a en effet pas assez de coalition d’acteurs, un phénomène
de solitude des chefs d’entreprises est observé alors même
qu’il y a grand besoin de croissance partagée.
Le partenariat peut prendre des formes multiples mais
il doit être permanent et comporter une forte dimension
ressource humaine et recherche.
La question des règlementations imposant des quotas
et l’équilibre capital local et étranger, a été largement
débattue. L’essentiel réside dans la qualité des partenaires
entrepreneuriaux, leur capacité à définir des stratégies
de long terme. Toutefois les ingérences de l’Etat sont
unanimement considérées comme défavorables aux
mécanismes de croissance partagée.
D’unemanièregénérale,ladifficultédupassagedudiscours
politiques aux actes a été relevée. En revanche, les Etats
sont dans leur rôle pour faciliter les exportations, attirer les
investissements étrangers, organiser la promotion des pays
d’accueil.
Dans cette perspective, plusieurs exemples réussis de
partenariats entre entreprises françaises et africaines ont été
cités. La croissance partagée, bien plus qu’une évidence,
est une nécessité.
VENDREDI 23 sEPTEMBRE 2016
LA viLLE DuRABLE, EnJEu DE L’AFRiQuE Cette première plénière de la journée était animée par
Gérard Wolf, fédérateur à l’export « Mieux vivre en ville ».
Les intervenants ont tous souligné le défi majeur que
représente l’enjeu démographique pour les villes et la
nécessitédes’adapter.Laplanificationurbainedoitêtreau
cœurdelaréflexionsurlavillepourpermettrel’adaptation
delacitéauxnouveauxfluxhumains.
Aussi, la ville de demain doit prendre en compte les
changements climatiques qui devraient toucher durement
le continent, que ce soit par la hausse des températures ou
la hausse du niveau des océans alors que de nombreuses
villes peuplées se situent sur les côtes.
Originellement, les villes africaines ont été construites
sans schéma directeur et cela engendre de les réadapter
à la demande actuelle de la population. On constate que
les villes sont en train de mettre en place des dispositifs
de planification mais des difficultés d’ordre juridique et
financier se posent. Dans de nombreux pays africains, le
droitfoncierestcoutumier.Ilestnécessairedesimplifierles
procédures d’acquisitions de terrains par une plus grande
clarté.
La question de la mise en place de cadastre pourrait être
intéressante pour résoudre certains problèmes mais risque
de créer de nouvelles tensions sociales. Un vrai dialogue
entre les populations locales et les autorités politiques doit
être réalisé pour trouver une solution adaptée.
Les solutions proposées doivent être adaptées aux moyens
financiers limités des collectivités locales africaines. Il faut
repenser le mode de financement et des solutions telle
que l’utilisation de la publicité dans la réalisation des
infrastructures urbaines est de plus en plus envisagée. Il faut
aussi envisager la création de nouveaux PPP permettant de
répondreefficacementauxbesoinsafricainssansrendreles
dépenses exorbitantes pour les collectivités locales.
Les villes africaines, pour s’adapter, doivent aussi pouvoir
compter sur une main d’œuvre qualifiée et à tous les
niveaux de compétences.
Enconclusionlavillededemainestcertesundéfimajeur
pour le continent, mais elle peut constituer un réel retour
sur investissement.
CONFÉRENCES
VENDREDI 23 sEPTEMBRE 2016
AGRICULTURE ET AGROBUSINESS : VERS L’INTENSIFICATION RAISONNÉE
Durant la plénière animée par Jean-Marc Gravellini, Viceprésident chargé des affaires africaines, Compagnie
Fruitière- CIAN, il a été d’emblée souligné la nécessité
de cesser d’effectuer un manichéisme classique opposant
l’agriculture intensive et l’agriculture familiale. Il faut au
contraire trouver une voie médiane pour une agriculture
raisonnée.
L’undesgrandsdéfisafricainseraaussiceluidelacroissance
démographique et du grand nombre de personnes que le
continent devra nourrir, d’où la nécessité de considérer
les nouvelles technologies et les progrès africains comme
prometteurs, à l’instar de l’utilisation massive du téléphone
portable dans le pays, puisque un africain sur deux en
possède un.
Ledéfidelamalnutritionresteessentielledansdelarges
parties du continent. Mais le secteur privé a déjà su
produire des grammes de produits destinés à résoudre ce
problème, notamment en cas de crises alimentaires graves.
De manière permanente, les pays d’Afrique doivent assurer
leursécuritéalimentaireenprofitantdeleursavantagesde
compétitivité.
Mais le problème essentiel sur le continent africain reste la
productivité qui est la plus faible de tous les continents et
représente un désavantage compétitif pour l’Afrique.
Il est aussi important d’être modeste et de ne pas tirer
des conclusions hâtives sur ce continent, de par sa grande
hétérogénéité et diversité. L’agriculture familiale en Afrique,
dominante, s’apparente bien trop souvent à une agriculture
de subsistance, d’où l’intérêt de trouver une certaine forme
de complémentarité entre les différents types d’agriculture.
Dernier point : le défi des changements climatiques. Il
a été rappelé qu’une augmentation de la température
de 2 degrés entraînerait une baisse de rendement et de
productivité de 20%.
CONFÉRENCES
VENDREDI 23 sEPTEMBRE 2016
ConDiTions DE RéussiTE DEs PME En AFRiQuE
La première plénière de l’après-midi était animée par
Françoise Vilain, Directrice générale, Futurallia, ancienne
membre du CESE. L’importance des PME dans la création
des emplois et la nécessité de permettre leur éclosion fait
consensus. Il est essentiel de développer un écosystème
autour des PME pour les rendre plus fortes car actuellement
leur taux de mortalité est très élevé.
detrouverdesfinancementsafind’investiretaccroîtreses
parts de marché. Les banques développent le système
du crédit-bail et de l’affacturage en Afrique permettant
d’accroître les crédits accordés. Les Etats mettent en place
des aides pour les entreprises mais les procédures restent
complexesetilestrecommandédesimplifieretclarifierles
procédures d’accès aux aides.
Les intervenants ont rappelé la nécessité d’améliorer la
formation des chefs d’entreprise pour leur donner les outils
d’une bonne réussite. Les bailleurs de fonds internationaux
mettent en place des formations en ligne à destination
des entrepreneurs pour maitriser les fondamentaux en
économieetenfinance.
De nombreux pays africains ont des bassins de population
limités nécessitant pour les entreprises de s’intéresser aux
pays voisins. Il faut donc que les PME ne raisonnent pas
seulement en terme de marché national mais supranational.
Par conséquent, les gouvernements devront favoriser la
libre-circulation des marchandises entre les états pour
permettre le bon développement des PME.
Egalement, les banques fournissent des conseils aux
entreprises afin d’améliorer leur stratégie. Toutefois, les
acteurs privés souhaitent un accroissement de ces services.
A côté de la formation des entrepreneurs, condition
essentielle à la réussite de l’entreprise, il convient également
CONFÉRENCES
CONFÉRENCES
VENDREDI 23 sEPTEMBRE 2016
ENERGIES ET DES ÉNERGIES RENOUVELABLES DE L’AFRIQUE
Il faut imaginer la croissance de l’Afrique si elle avait accès
à l’électricité, étant donné que 700 millions de personnes
n’ont pas cet accès aujourd’hui sur le continent.
L’énergie, pour essentielle qu’elle soit, représente un
élément d’une stratégie régionale globale qu’aucun Etat
nepeutdéfiniretmettreenoeuvreseul.Unecoopération
étroite entre pays africains pour le développement du
secteur énergétique et des énergies renouvelables est
nécessaire. La COP21 par ailleurs, si elle a été un moment
formidable de prise de décisions entre différents pays, n’a
pasréellementétéefficientedansledomainedesénergies
renouvelables, qui sera l’un des grands objectifs de la
COP22.
Une note optimiste a été relevée : si la demande énergétique
en Afrique est considérable, le coût de l’énergie est en
baisse et de meilleures gouvernances se mettent en place
sur tout le continent.
Des actions concrètes se mettent en place entre le
continentetlaFrancepourfairefaceauxdéfisénergétiques
de l’Afrique. Une réglementation claire et stable, ainsi
qu’unmanagementefficacesontlesclésdelaréussitedu
développement des énergies et des énergies renouvelables
en Afrique.
SÉANCE DE CLÔTURE
L’ÉMERGENCE DE L’AFRIQUE
Lors de la session de clôture d’Africa 2016, les intervenants
ont souligné le fort potentiel économique d’une Afrique en
pleine mutation. Malgré les crises fortes que le continent
connaît, notamment, le terrorisme, la baisse du prix des
matières premières, la crise migratoire, les différents pays
africains parviennent tout de même à garder une économie
en croissance.
Lessociétéscivilesontdeplusenplusd’influencesurles
choix politiques des gouvernements et elles attendent
de leur part le développement d’un climat des affaires
favorable à l’émergence d’une économie saine.
Les Etats africains sont conscients des défis et la France,
qui a une relation historique forte avec le continent et
continuera à maintenir et consolider ces liens. La France,
confrontée aux mêmes menaces que la majorité des Etats
africains - climatique, migratoire, sécuritaire - doit apporter
des réponses en coopérant le plus efficacement possible
avec eux.
L’émergence de l’Afrique s’illustre par un nombre croissant
de grandes entreprises africaines prenant toute leur place
sur les marchés et capables de concurrencer avec succès
les groupes internationaux. Elle s’illustre surtout par un
grand nombre de réussites rapides d’entreprises nouvelles,
dirigées par des femmes et des hommes dont le talent et le
dynamisme n’ont d’égal que leur jeunesse.
L’innovation, source de développement économique, peutêtre très forte en Afrique comme le montrent les usages
du téléphone portable et du numérique. Les intervenants
ont tous souligné l’importance d’améliorer en priorité
la formation de la jeunesse, de mettre en place des
instruments favorisant l’innovation et les relations interafricaines. L’Afrique dont la population est majoritairement
jeune pourra utiliser davantage que les autres continents le
numérique comme source de développement économique.
Lesdébatsontconfirmélavolontédesacteurséconomiques
français et africains d’accroître leurs relations et la
détermination des hommes et des femmes d’entreprises
de co-construire leur futur.
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