vue, devrait être abandonnée ;
● lavage au trocart : le principe est le même que celui de l’irrigation- lavage : on introduit un liquide dans l’articulation alors qu’un
trocart évacuateur permet l’évacuation de ce dernier. La séance est en revanche réduite dans le temps, ce qui en diminue le
risque infectieux. Cette technique nous paraît également désuète et devrait être abandonnée au profit de l’arthroscopie qui
permet d’avoir la même efficacité du lavage durant une période courte, avec un risque minime de rupture d’asepsie, et de
permettre la visualisation de l’état cartilagineux que de l’état synovial ;
● lavage arthroscopique : l’arthroscope permet une irrigation importante et plus complète que le trocart, car celui-ci est manipulé
de manière à irriguer tous les espaces articulaires, culs de sacs synoviaux compris [5,7]. Comme exprimé plus haut, l’arthroscopie
permet un excellent bilan intra-articulaire, la réalisation de biopsies synoviales, la réalisation de nombreux prélèvements
microbiologiques (non exclusivement liquidiens) d’une matière solide, prélevés à la pince ;
● technique de l’arthroscopie–lavage du genou : l’arthroscope est introduit par une voie d’abord habituelle parapatellaire.
L’articulation pourra être remplie avec du sérum physiologique. Ce même sérum sera évacué par l’abord arthroscopique
controlatéral. Associé à la visualisation de la synoviale permise par l’arthroscopie, on réalise un drainage mécanique de
l’articulation dont le but est de diminuer l’inoculum bactérien, de la même façon qu’on laverait un péritoine lors d’une péritonite
pyostercorale. Le temps arthroscopique peut être rendu difficile par la réaction inflammatoire de la synoviale. L’intérêt de la
visualisation arthroscopique de la synoviale est la réalisation de biopsies à visée anatomopathologique et microbiologique. À l’aide
d’un crochet palpateur ou d’un instrument motorisé, on pourra également effondrer d’éventuels cloisonnements qui se forment
très rapidement au niveau d’une articulation en cas d’atteinte infectieuse. L’arthroscopie paraît être pour nous, chirurgiens, la
technique de choix dans le traitement de l’arthrite articulaire précoce sur articulation vierge, associant à l’effet du lavage, un bilan
intra-articulaire de la synoviale et du cartilage.
5.2.2. Évacuation chirurgicale
Elle doit rester exceptionnelle. En effet, la plupart des articulations sont accessibles à l’arthroscopie. Cette évacuation chirurgicale d’une
collection suppurée intra-articulaire ne se conçoit que si elle s’associe à un geste d’ablation de matériel d’ostéosynthèse ou dans le cadre
particulier de l’infection tuberculeuse dont le pus très épais ne peut être évacué que chirurgicalement.
5.3. Traitement du stade synovial
5.3.1. Synovectomie
La synovectomie est l’excision voulue la plus complète possible de toute la synoviale d’une articulation. Cette intervention réalisée dans
un certain nombre de pathologies comme certaines arthrites inflammatoires (arthrite chronique juvénile, arthrite rhumatoïde) ou
arthrites hémophiliques a, dans l’arthrite septique, pour but d’exciser l’ensemble de la synoviale ou du moins toutes les parties de la
synoviale qui sont abcédées et donc inaccessibles au traitement médical (antibiotique) ou au lavage articulaire simple [6]. La
synovectomie fait partie intégrante d’un certain nombre d’interventions comme par exemple la prothèse totale de genou chez un sujet
porteur d’une polyarthrite rhumatoïde. Elle nécessite en fonction des articulations une ou deux voies d’abord. Pour nous, elle est le plus
souvent réalisée à ciel ouvert. En effet, la synovectomie par voie arthroscopique semble longue, fastidieuse, difficile et surtout
incomplète devant l’étendue en surface d’une synoviale comme l’articulation du genou. Les outils motorisés ne semblent pas nous
permettre la réalisation d’un geste complet [8]. L’utilisation de la voie d’abord arthroscopique dans les arthrites aiguës reste discutée
dans la littérature orthopédique. Elle est globalement très prônée par les chirurgiens dits « arthroscopeurs » et suscite moins
d’enthousiasme chez les spécialistes du traitement de l’infection ostéoarticulaire.
5.3.1.1. Suites opératoires.
Que l’intervention ait été menée à ciel ouvert ou par voie arthroscopique, un ou plusieurs drains de Jost et Redon sont mis en place non
pas pour assécher l’articulation qui continuera à produire du liquide synovial mais surtout pour contrôler l’absence de germes dans le
liquide récupéré par les drains. Cette phase de drainage de quelques jours ne contre-indique pas la rééducation précoce. En effet, en cas
de synovectomie et en l’absence de rééducation, l’articulation s’enraidit extrêmement vite. Il faut empêcher les tissus mous « de coller »
aux pièces osseuses et dès le postopératoire immédiat, rééduquer passivement l’articulation. Cette dernière sera mobilisée activement
dès la disparition des signes inflammatoires locaux. L’appui sera autorisé partiellement, prudemment, contrôlé en fonction de la douleur
ressentie par le patient. Il est là aussi difficile de prescrire un schéma thérapeutique systématique compte tenu de la variabilité
individuelle et de la sensibilité de chacun.
5.3.1.2. Limites de la synovectomie.
La synovectomie est le traitement obligatoire de l’arthrite septique avec synovite abcédée. Or, cette technique a d’autant plus de chance
de réussir qu’elle est réalisée à un stade précoce de l’infection, avant que la synoviale n’ait eu le temps de libérer des enzymes
responsables d’une dégradation cartilagineuse [9]. L’arthroscopie a l’avantage, en plus de réaliser le nettoyage articulaire, d’évaluer
l’état de la synoviale et la nécessité ou non de l’exciser. La synovectomie par arthroscopie est réalisable mais moins complète que la
synovectomie par arthrotomie. La synovectomie incomplète retarde la guérison mais apporte les mêmes chances de guérison [10]. Dans
les formes limites entre stades 1 et 2, l’arthroscopie est réalisée. Dans les formes avérées de stade 2 (retard thérapeutique, genou
tuméfié après ponction évacuatrice ou échec d’un lavage), une synovectomie à ciel ouvert est directement réalisée. Il est classique de
dire que dans l’arthrite infectieuse, on a souvent un temps de retard ; c’est-à-dire que lorsque l’on se pose la question de réaliser un
lavage arthroscopique, il faudrait en fait être au stade de la synovectomie et si on envisage de réaliser une synovectomie, les dégâts
ostéoarticulaires imposent parfois déjà l’arthrodèse ou la résection puis arthroplastie.
5.4. Traitement de l’ostéoarthrite
Le principe du traitement de l’ostéoarthrite est de réséquer tous les tissus contaminés : la synoviale, toute la surface cartilagineuse et
l’os infecté. Après cette résection ostéocartilagineuse en zone saine, se pose le problème des possibilités thérapeutiques qui permettent
de restituer une fonction optimale du membre concerné : soit une fusion de l’articulation par une arthrodèse soit la création d’une
néoarticulation fibreuse obtenue par coaptation ou distraction des fragments osseux [11] comme l’a proposé R. Judet. La décision se fera
en fonction de l’articulation concernée, du stock osseux et des motivations du patient.
5.4.1. Arthrodèse