
Attention, contrairement `a ce qui se passe pour les espaces vectoriels, un
id´eal Jinclus dans un id´eal Iengendr´e par n´el´ements ne peut pas forc´ement
ˆetre engendr´e par n´el´ements, par exemple l’id´eal Aest toujours engendr´e par
1 alors que certains id´eaux peuvent ne pas ˆetre principaux (i.e. engendr´es par
un seul ´el´ement). En fait, il se peut mˆeme que Jne soit pas engendr´e par un
nombre fini d’´el´ements. On verra toutefois que pour certains types d’anneaux
particuliers (principaux, noeth´eriens), ces probl`emes disparaissent.
Proposition 1.6 Soient Aun anneau commutatif et Iun id´eal de A. Alors
le groupe quotient A/I muni de la multiplication ¯a¯
b:= ab est un anneau,
appel´e anneau quotient de Apar I. La surjection canonique p:A→A/I est
un morphisme d’anneaux, et l’´el´ement unit´e de A/I est ¯
1.
D´emonstration : Le seul point non trivial est que l’´el´ement ab de A/I
ne d´epend pas du choix des repr´esentants a, b. Or si ¯a= ¯a0et ¯
b=¯
b0, alors
il existe i, j dans Iavec a0=a+i,b0=b+jd’o`u a0b0=ab + (aj +ib +ij)
avec (aj +ib +ij)∈I.
On a alors imm´ediatement le th´eor`eme de factorisation habituel :
Theor`eme 1.7 Soit f:A→Bun morphisme d’anneaux. Alors il existe
un unique morphisme d’anneaux ˜
f:A/ ker f→Btel que f=˜
f◦p, o`u
p:A→A/ ker fest la surjection canonique. De plus ˜
fest injectif d’image
Im f, i.e. on a un isomorphisme d’anneaux A/ ker f'Im f.
Exemples :
1. Z/nZest le quotient de Zpar l’id´eal nZ.
2. L’application P7→ P(i) est un morphisme d’anneaux surjectif de R[X]
dans Cdont le noyau est l’id´eal (X2+ 1) engendr´e par le polynˆome
X2+ 1 (pour le voir effectuer la division euclidienne par X2+ 1). On a
donc un isomorphisme d’anneaux R[X]/(X2+1) 'Cet R[X]/(X2+1)
est un corps (on peut prendre cela pour d´efinition de C!).
3. Si Kest un corps l’anneau K[X]/(X2) poss`ede un ´el´ement εnon nul
(la classe de X) tel que ε2= 0.
[Exercice : les id´eaux de A/I sont les π(J), o`u πest la surjection canon-
ique A→A/I et Jun id´eal de Acontenant J. Le quotient de A/I par l’id´eal
π(J) est isomorphe `a l’anneau A/J.]
D´efinition 1.8 Un anneau commutatif Aest dit int`egre s’il est non nul, et
si pour tous a, b de A, la condition ab = 0 implique a= 0 ou b= 0.
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