N°
298
SÉNAT
SECONDE
SESSION
ORDINAIRE
DE
1969-1970
Annexe
au
procès-verbal
de
la
séance
du
22
juin
1970
.
RAPPORT
FAIT
au
nom
de
la
Commission
des
Affaires
économiques
et
du
Plan
(
1
)
sur
le
projet
de
loi
,
ADOPTÉ
PAR
L'
ASSEMBLÉE
NATIONALE
,
portant
approbation
d'
un
rapport
sur
les
principales
options
qui
commandent
la
préparation
du
VI
"
Plan
,
Par
M.
JEAN
FILIPPI
,
Sénateur
.
(
1
)
Cette
commission
est
composée
de
:
MM
.
Jean
Bertaud
,
président
;
Paul
Mistral
,
Etienne
Restat
,
Joseph
Yvon
,
Marc
Pauzet
,
vice-présidents
;
René
Blondelle
,
Auguste
Pinton
,
Joseph
Beaujannot
,
Jean-Marie
Bouloux
,
secrétaires
;
Louis
André
,
Octave
Bajeux
,
André
Barroux
,
Aimé
Bergeal
,
Auguste
Billiemaz
,
Georges
Bonnet
,
Amédée
Bouquerel
,
Robert
Bouvard
,
Marcel
Bregegere
,
Pierre
Brousse
,
Raymond
Brun
,
Fernand
Chatelain
,
Michel
Chauty
,
Albert
Chavanac
,
Jean
Colin
,
Francisque
Collomb
,
Maurice
Coutrot
,
Georges
Dardel
,
Léon
David
,
Roger
Deblock
,
Roger
Delagnes
,
Henri
Desseigne
,
Hector
Dubois
,
Emile
Durieux
,
François
Duval
,
Jean
Errecart
,
Jean
Filippi
,
Marcel
Gargar
,
Victor
Golvan
,
Léon-Jean
Grégory
,
Paul
Guillaumot
,
Roger
du
Halgouet
,
Yves
Hamon
,
Alfred
Isautier
,
René
Jager
,
Eugène
Jamain
,
Maxime
Javelly
,
Lucien
Junillon
,
Michel
Kauffmann
,
Maurice
Lalloy
,
Robert
Laucournet
,
Robert
Laurens
,
Charles
Laurent-Thouverey
,
Marcel
Legros
,
Jean
Natali
,
Gaston
Pams
,
Guy
Pascaud
,
François
Patenôtre
,
Paul
Pelleray
,
Albert
Pen
,
Lucien
Perdereau
,
André
Picard
,
Jules Pinsard
,
Henri
Prêtre
,
Maurice
Sambron
,
Guy
Schmaus
,
Raoul
Vadepied
,
Amédée
Valeau
,
Jacques
Verneuil
,
Joseph
Voyant
,
Charles
Zwickert
.
Voir
les
numéros
:
Assemblée
Nationale
(
4
*
législ
.)
:
1184
,
1257
,
1203
,
1231
,
1236
et
in-8°
253
.
Sénat
:
297
(
1969-1970
).
Plan
.
—
3
—
SOMMAIRE
Introduction
:
Pages
.
I.
—
De
quelques
évidences
méconnues
5
II
.
—
Une
société
de
frustration
7
PREMIÈRE
PARTIE
.
—
Une
nouvelle
conception
de
la
planification
:
y
a
-
t
-
il
encore
un
;
Plan
?'
1
"
Comment
s'
exécuta
le
V
"
Plan
10
2°
Ce
que
devrait
être
le
VIe
Plan
12
3°
L'
excuse
européenne
13
4°
La
nécessité
d'
une
planification
européenne
14
DEUXIÈME
PARTIE
.
—
La
stratégie
de
la
croissance
.
I.
—
Une
condition
essentielle
:
le
progrès
des
connaissances
18
II
.
—
Les
fonctions
productives
:
A.
—
Agriculture
,
commerce
et
tourisme
19
1°
Les
problèmes
agricoles
19
2°
Le
commerce
22
3°
Le
tourisme
24
B.
—
La
politique
industrielle
24
1°
Les
hommes
26
2°
Les
investissements
27
3°
Le
progrès
technique
30
III
.
—
Le
taux
de
croissance
:
A.
—
La
croissance
à
6;5
%
32
B.
—
Le
respect
des
équilibres
36
IV
.
—
Les
obstacles
à
la
croissance
38
TROISIÈME
PARTIE
.
—
La
répartition
des
fruits
de
la
croissance
.
I.
—
Le
point
de
vue
du
Gouvernement
sur
le
,
partage
des
revenus
44
1°
La
répartition
entre
consommation
et
investissements
...
44
2°
Revenus
directs
et
revenus
indirects
44
3°
Les
équipements
collectifs
45
4°
Le
logement
46
—
4
—
Pages
.
n
.
—
La
constatation
de
certaines
évidences
et
les
«
recommanda
tions
»
de
la
Commission
:
1°
La
pression
fiscale
et
parafiscale
46
2°
Le
logement
49
3°
Les
équipements
collectifs
49
4°
L'
emploi
et la
durée
du
travail
51
5°
Les
transferts
sociaux
52
6°
Les
dépenses
de
solidarité
54
QUATRIÈME
PARTIE
.
—
L'
aménagement
du
territoire
et
la
politique
régionale
.
A.
—
Les
principes
généraux
d'
action
:
1°
Le
développement
urbain
58
2°
L'
industrialisation
des
régions
insuffisamment
dévelop
pées
59
3°
La
rénovation
rurale
60
4°
La
politique
de
l'
environnement
et
de
la
protection
de
la
nature
61
5°
Les
infrastructures
de
transport
62
B.
—
Les
actions
nouvelles
65
Conclusion
69
Amendement
72
ANNEXES
ANNEXE
I.
—
Les
auditions
de
la
commission
77
ANNEXE
II
.
—
Les
travaux
de
la
commission
99
ANNEXE
III
.
—
Analyse
de
l'
avis
du
Conseil
économique
...
101
ANNEXE
IV
.
—
Principales
modifications
apportées
par
le
Gouvernement
. .
.
107
ANNEXE
V.
—
Le
débat
à
l'
Assemblée
Nationale
111
ANNEXE
VI
.
—
La
lettre
rectificative
du
Gouvernement
121
ANNEXE
VII
.
—
Documents
chiffrés
125
ANNEXE
VIII
.
—
L'
exécution
du
Ve
Plan
135
ANNEXE
IX
.
—
La
politique
industrielle
,
thème
majeur
du
VI
E
Plan
141
ANNEXE
X.
—
Le
marché
financier
145
ANNEXE
XI
.
—
Le
mémorandum
de
la
Communauté
économique
européenne
.
149
—
5
—
INTRODUCTION
(
1
)
Un
plan
ne
peut
être
isolé
ni
dans
sa
conception
,
ni
dans
son
exécution
,
du
contexte
économique
et
social
de
son
époque
.
Or
,
depuis
la
fin
de
la
seconde
guerre
mondiale
,
la
France
,
le
monde
occidental
et
l'
ensemble
des
pays
industrialisés
ont
connu
une
croissance
rapide
et
continue
;
le
niveau
de
vie
a
doublé
et
,
en
ces
vingt-cinq
ans
,
on
a
construit
autant
de
logements
que
pendant
les
soixante-dix
années
précédentes
.
Ce
phénomène
,
nouveau
dans
l'
histoire
économique
du
monde
,
n'
a
pas
toujours
été
compris
ni
maîtrisé
.
Il
paraît
donc
nécessaire
à
votre
rapporteur
de
tenter
de
l'
analyser
et
de
décrire
sommaire
ment
le
type
de
société
auquel
ces
progrès
ont
donné
naissance
.
I.
—
DE
QUELQUES
ÉVIDENCES
MÉCONNUES
1
.
Le
rythme
de
la
croissance
économique
n'
est
pas
dû
aux
régimes
politiques
,
et
nous
n'
en
voulons
pour
preuve
que
le
fait
que
l'
Allemagne
de
l'
Est
a
augmenté
son
activité
de
façon
aussi
spectaculaire
que
l'
Allemagne
de
l'
Ouest
;
il
est
fils
du
développe
ment
et
de
la
diffusion
des
connaissances
,
des
progrès
de
production
et
de
productivité
qui
en
découlent
,
d'
améliorations
aussi
dans
l'
organisation
du
travail
et
dans
celle
du
«
management
».
Mais
la
continuité
de
cette
croissance
,
la
disparition
des
crises
cycliques
qui
ont
si
durement
marqué
le
xix
e
siècle
et
le
début
du
nôtre
doivent
être
également
notées
;
celles-ci
sont
dues
au
fait
que
l'
État
dispose
d'
armes
nouvelles
.
L'
importance
des
dépenses
publiques
—
les
charges
fiscales
et
parafiscales
représentent
en
France
,
et
le
chiffre
est
analogue
dans
les
pays
occidentaux
,
40
%
du
produit
intérieur
brut
(
contre
13,5
%
en
1912
)
—
donne
une
grande
efficacité
à
la
politique
budgétaire
conjoncturelle
.
Une
politique
du
crédit
rendue
plus
rigoureuse
par
l'
encadrement
des
encours
bancaires
et
le
système
des
réserves
obligatoires
,
s'
ajoutant
au
maniement
traditionnel
du
taux
d'
escompte
,
vient
étayer
l'
action
des
finances
publiques
.
(
1
)
Par
souci
de
rendre
ce
rapport
aussi
concis
que
possible
,
nous
avons
renvoyé
en
Annexes
un
certain
nombre
d'
éléments
,
qui
en
illustrent
les
principales
parties
.
—
8
—
Par
d
autres
méthodes
,
certains
pays
de
l'
Est
arrivât
<
A
résultats
du
même
ordre
;
voici
donc
un
monde
où
nous
ni
plus
comme
maladie
de
la
croissance
économique
que
des
p
S
de
moindre
développement
ou
,
au
pire
,
de
«
mini-récession
comme
celle
que
connaissent
actuellement
les
Etats
-
Unis
Le
rythme
d'
expansion
est
différent
selon
les
années
et
selon
les
pays
et
le
Japon
est
en
tête
des
nations
industrielles
avec
une
moyenne
de
10
à
12
%
;
il
est
différent
aussi
selon
les
secteurs
économiques
,
mais
si
l'
agriculture
s'
essouffle
,
c'
est
en
vertu
d'
un
*
vente
arithmétique
qui
s'
impose
en
raison
de
la
faible
élasticité
de
la
consommation
de
ses
produits
.
Sur
le
plan
national
,
seule
la
démographie
lui
permet
de
se
développer
et
ses
débouchés
exté
rieurs
eux-mêmes
manquent
d'
élasticité
.
Elle
ne
peut
donc
avoir
le
même
potentiel
de
croissance
que
l'
industrie
ou
les
services
.
Le
progrès
et
le
développement
économiques
impliquent
donc
sans
ambiguïté
que
la
part
de
l'
industrie
et
celle
des
services
dans
la
P.
I.
B.
grandissent
,
tandis
que
celle de
l'
agriculture
décroît
.
2
.
L'
expansion
continue
a
pour
corollaire
,
il
est
juste
de
le
constater
,
une
hausse
généralement
modérée
mais
permanente
des
prix
.
Ce
phénomène
d'
inflation
rampante
est
mondial
(
1
),
et
l'
objectif
d'
un
Gouvernement
est
de
limiter
la
cadence
de
la
hausse
des
prix
,
tout
en
accélérant
celle
du
développement
de
la
produc
tion
.
Si
nous
retenons
,
à
titre
d'
exemple
,
la
période
1948-1966
,
qui
nous
fournit
les
statistiques
les
plus
utilisables
,
«
la
lanterne
rouge
»
revient
à
l'
Angleterre
,
dont
les
prix
ont
augmenté
de
94
%
et
la
production
industrielle
de
82
%
seulement
,
suivie
par
la
France
,
avec
une
hausse
des
prix
de
177
%
contre
190
%
pour
la
production
industrielle
;
mais
le
prix
d'
excellence
revient
au
Japon
,
pays
où
les
prix
ont
augmenté
de
144
%
et
où
la
production
industrielle
s'
est
accrue
de
814
%
.
Certes
,
dans
cette
comparaison
,
il
faut
tenir
compte
de
la
période
de
reconstruction
,
au
lendemain
de
la
guerre
,
et
nous
ne
voulons
pas
tirer
de
ces
chiffres
la
conclusion
qu'
il
faut
favoriser
l'
inflation
inflation
pour
assurer
le
développement
économique
;
contentons
-
nous
de
dire
que
la
formule
utilisée
par
la
V
e
République
,
après
la
IV
*,
de
«
l'
expansion
dans
la
stabilité
»
nous
paraît
mythe
.
,
u
cf
Annexe
VII
>
c
p
.
130
)
:
observation
relative
à
la
dépréciation
monétaire
dans
les
grands
pays
industriels
.
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