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Cancer environnement > Expositions environnementales > Polluants de l'air > Particules dans l'air
Particules dans l'air et risque de cancer
Messages clés
En milieu urbain, le trafic constitue un émetteur majeur de particules (environ 50%). Au niveau
national, elles sont principalement émises par les secteurs de l’agriculture/sylviculture (52%) et
de l’industrie manufacturière (29%).
Il existe une association entre l’exposition à long terme aux particules atmosphériques
urbaines et un risque accru de cancer du poumon : une augmentation de 10µg/m3 de
PM2,5 est associée à une augmentation de 8% de risque de décès par cancer du poumon.
Les particules diesel, principales composantes des particules issues du trafic, sont classées
cancérogènes avérés (groupe 1) par le CIRC depuis juin 2012
C’est dans le cas des effets à long terme que l’impact des particules en suspension sur la santé
est le plus important.
Les mesures du « Plan particules », établi en 2010, visent à améliorer la qualité de l’air, avec un
objectif de réduction de 30% des particules fines (PM2,5) dans l’air d’ici 2015.
Définition, caractérisation et composition des particules
Sources de production des particules
Particules et cancer
Valeurs réglementaires et recommandations
Surveillance
Evolutions récentes
Définition, caractérisation et composition des
particules
Les particules correspondent à un mélange complexe de substances organiques et minérales en suspension
dans l’air, sous forme solide et/ou liquide (Afsset, 2006).
Elles peuvent être soit des polluants primaires (lorsqu’elles sont directement émises par des sources naturelles
ou anthropiques), soit des polluants secondaires lorsqu’elles se forment à partir de gaz et de composés
organiques présents dans l’air.
Elles sont caractérisées en premier lieu par leur taille. Celle­ci détermine leur temps de séjour dans l’air, et leur
capacité à pénétrer et demeurer plus ou moins profondément dans l’organisme : plus elles sont petites, plus
les particules pénètrent facilement et profondément dans le système respiratoire. Trois grands types de
particules sont désignés, selon leur taille :
Les PM10 : particules dont le diamètre est inférieur à 10 µm
Les PM2,5, ou particules fines : particules dont le diamètre est inférieur à 2,5 µm
Les PM0.1, ou particules ultrafines : particules dont le diamètre est inférieur à 100 nm
Les particules sont formées de mélanges complexes de molécules, fonction de leur source de production et
de réactions chimiques dans l’atmosphère. Leur composition est donc très variable dans l’espace et dans le
temps (en fonction des zones géographiques, des activités émettrices, de la saison), et selon la taille des
particules. Les principales composantes habituellement retrouvées dans les particules sont les suivantes
(Afsset, 2009) :
sulfate d’ammonium et nitrate d’ammonium
carbone élémentaire ou carbone suie
carbone organique
composés minéraux et sels (silicates d’aluminium, carbonate de Ca, …)
métaux
composés d’origine biogène (pollens, spores,…) ­ Sources de production des particules
On trouve des particules en suspension aussi bien dans l’air extérieur que dans l’air intérieur.
Dans l’air extérieur, les particules en suspension dans leur ensemble sont, au niveau national, principalement
émises par les secteurs de l’agriculture/sylviculture (52%) et de l’industrie manufacturière (29%), notamment
du fait de la construction. Les particules fines et ultrafines sont principalement issues des processus de
combustion (CITEPA, 2011).
En milieu urbain, le trafic constitue un émetteur majeur de particules (environ 50%) : elles sont issues
notamment de la combustion incomplète du gazole des moteurs diesel, qui rejettent 87% des PM10 issues
du trafic (INCa, 2009).
Dans l’air intérieur, leur présence dépend du transfert de la pollution extérieure, et des activités pratiquées
dans les locaux : elles proviennent alors principalement des processus de combustion (tabagisme, chauffage
domestique, cuisson des aliments, utilisation d’encens et de bougies, etc). Le tabagisme, lorsqu’il est présent,
représente la contribution la plus importante à la pollution particulaire de l’air intérieur (Afsset, 2009).
Type de
particules
Sources d’émission principales dans l’air extérieur
Toutes particules
Agriculture/sylviculture : 52%
Industrie manufacturière : 29% (construction, notamment)
PM10
Agriculture/sylviculture (36%)
Industrie manufacturière (28%)
Résidentiel/tertiaire (22%) par la combustion du bois, du charbon et
du fioul
Trafic routier (10%)
Résidentiel/tertiaire (35%)
Industrie manufacturière (29%)
PM2,5
Agriculture sylviculture (22%)
Trafic routier (11%)
Source : CITEPA, 2011 (mesures réalisées en 2009)
Particules et cancer
Air extérieur
Plusieurs publications ont montré, depuis les années 90, dans plusieurs pays et de manière convergente, une
association entre un risque accru de cancer du poumon et l’exposition à long terme aux particules
atmosphériques urbaines (Pope, 2002. Beeson, 1998. Nafstad, 2003). L’étude américaine de Pope sur les
PM2,5 montre notamment qu’une augmentation de 10µg/m3 de PM2,5 est associée à une augmentation de
8% de risque de décès par cancer du poumon. Cette exposition était aussi responsable d’une augmentation
du risque de maladies cardio­vasculaires.
L’Afsset a effectué en 2002 une évaluation de l’impact sanitaire de la pollution atmosphérique urbaine en
France, en estimant l’impact de l’exposition chronique aux particules fines sur la mortalité par cancer du
poumon et par maladies cardio­respiratoires : chez les plus de 30 ans, la part attribuable aux particules fines
(PM2,5) était de 6% pour les décès par cancer du poumon, et de 3% pour la mortalité globale.
En 2006, le programme européen Apheis (Pollution Atmosphérique et Santé) mené dans 23 villes
européennes a montré qu’une réduction du niveau de PM2,5 de 15 µg/m3 dans chacune des villes éviterait
au total 1900 décès par cancer du poumon (Boldo, 2006). Sur les bases de ce projet, l’Institut de veille
sanitaire a coordonné entre 2008 et 2012 le programme de recherche européen Aphekom (Improving
Knowledge and Communication for Decision Making on Air Pollution and Health in Europe). Ce programme
avait pour but de fournir de nouvelles informations sur l’impact sanitaire et économique de la pollution de l’air
dans les villes européennes. Vingt cinq d’entre elles étaient représentées, dont 9 en France.
Les résultats ont montré que si les niveaux moyens de particules fines PM2,5 étaient ramenés au seuil de 10
µg/m3, l’espérance de vie pourrait augmenter jusqu’à 22 mois pour les plus de 30 ans. Aucune donnée n’est
pour l’instant disponible concernant l’impact sur le cancer du poumon.
A l’issue de l’ensemble de ces études, deux constats ont été faits quant à l’impact des
particules en suspension sur la santé :
aucun seuil n’a été constaté en deçà duquel aucun effet sanitaire ne serait attendu
c’est dans le cas des effets à long terme que l’impact des particules en suspension
sur la santé est le plus important. C’est donc l’exposition chronique aux particules qui
doit être prise en compte en priorité dans les politiques de santé publique afin de
réduire leur impact sur la santé, et non uniquement les pics de pollution.
Les particules diesel, principales composantes des particules issues du trafic, sont classées cancérogènes
avérés (groupe 1) par le CIRC depuis juin 2012. Cette évaluation a été faite sur la base d’indications
suffisantes montrant que l’exposition aux particules diesel est associée à un risque accru de cancer du
poumon, et d’indications limitées quant à leur association avecun risque de cancer de la vessie. Le Groupe de
Travail a conclu également que les gaz d’échappement issus des moteurs à essence étaient classés
cancérogènes possibles (groupe 2B), résultat inchangé par rapport à la précédente évaluation de 1989.
Air intérieur
L'impact sur la santé des particules présentes dans l’air intérieur a très peu été étudié, comparé à celui des
particules atmosphériques ; les études disponibles à ce jour ont été réalisées à partir de faibles populations et
présentent des résultats contradictoires (Afsset, 2009). Il n’y a donc à ce jour aucun résultat clair concernant
l’effet de la pollution particulaire de l’air intérieur sur le risque de cancer. On peut toutefois penser que les
impacts de la pollution particulaire aujourd’hui démontrés dans les études épidémiologiques sur la pollution
atmosphérique urbaine sont en partie liés à l’exposition dans les bâtiments.
Valeurs réglementaires et recommandations
Air extérieur
Le tableau ci­dessous présente les valeurs limites réglementaires pour les PM10 et PM2,5 selon la directive
européenne 2008/50/CE, les valeurs recommandées en 2005 par l’OMS, et en 2012 par le Haut Conseil de la
Santé Publique (HCSP). Compte tenu du fait qu’il n’existe pas de seuil en dessous duquel il n’existe aucun
effet indésirable pour la santé, l’objectif de santé publique est de réduire tant que possible les expositions de la
population.
PM10
Valeur limite (directive
européenne 2008/50/CE)
Journalière : 50 µg/m3 (moyenne
journalière à ne pas dépasser plus de
35 jours par an)
Moyenne Annuelle : 40 µg/m3
Objectif de qualité : 30 µg/m3
PM2,5 Moyenne annuelle : 30 µg/m3
Valeurs
Valeurs
recommandées recommandées par
par l’OMS (2005)
le HCSP (2012)
Objectif de qualité : 25
µg/m3
Moyenne journalière Seuil d’information et
: 50 µg/m3
de recommandation :
Moyenne annuelle : 50 µg/m3
20 µg/m3
Seuil d’alerte (moyenne
journalière) : 80 µg/m3
Objectif de qualité : 15
µg/m3
Moyenne journalière
Seuil d’information et
: 25 µg/m3
de recommandation :
Moyenne annuelle :
30 µg/m3
3
10 µg/m
Seuil d’alerte (moyenne
journalière) : 50 µg/m3
Air intérieur
En 2009, l’Afsset a travaillé sur l’élaboration de valeurs guides de qualité de l’air intérieur (VGAI) pour les
particules : il a été décidé de ne pas proposer spécifiquement de VGAI pour ces substances, compte tenu de
l’absence de données nécessaires à l’élaboration de celles­ci (peu d’études, absence de valeurs toxicologiques
de référence, etc) (Afsset, 2009). L’Afsset recommande d’utiliser à défaut les valeurs guides de l’OMS, cette
dernière considérant que les valeurs qu’elle propose sont utilisables également dans les bâtiments.
Surveillance
En France, les niveaux de particules PM10 et PM2,5 sont mesurés quotidiennement par les Associations Agrées
de Surveillance de la Qualité de l’Air (AASQA), à l’aide de stations de mesure. Elles ont aussi été mesurées dans
l’air des logements lors de la campagne logements 2003­2005 (OQAI, 2006).
Les réflexions menées dans le cadre du grenelle de l’environnement ont abouti à l’établissement, en 2010,
d’un « Plan particules ». Il s’agit de mesures nationales et locales à appliquer dans les secteurs domestiques,
industriel et résidentiel tertiaire, des transports, et agricole. Elles sont destinées à améliorer la qualité de l’air,
avec un objectif de réduction de 30% des particules fines (PM2,5) dans l’air d’ici 2015.
Au niveau régional, le Plan Régional Santé Environnement 2 Rhône­Alpes prévoit de suivre les actions
d’incitation à la réduction des émissions de particules menées dans le cadre du Schéma Climat Air Energie
(SRCAE).
Le programme de surveillance air et santé (Psas), coordonné par l’Institut de veille sanitaire (InVS), intègre la
surveillance des effets des particules atmosphériques sur la santé. Evolutions récentes
L'application mobile Air To Go , lancée par l'observatoire Atmo Auvergne­Rhône­Alpes en 2017, permet à
chacun de vérifier l'état de la qualité de l’air ambiant à l’endroit où il se trouve et en tous points du territoire
régional.
Ce service dispose de nombreuses commandes au service de l'utilisateur. Par exemple, l'application repère les
lieux à proximité de l'usager les zones les moins exposés à la pollution et l'alerte lorsqu'il pénètre dans une
zone à risque ou concernée par un épisode de pollution.
Sources rédactionnelles: CITEPA, InVS, Afsset, OQAI
Auteur: Département Cancer Environnement
Relecteurs: Guillaume Boulanger (Anses), Corinne Mandin et Séverine Kirchner (Observatoire de la qualité de
l'air intérieur, Centre Scientifique et Technique du Bâtiment)
Nos fiches sur ce thème
Classification des substances cancérogènes par le CIRC
La pollution de l'air
Synthèse de la monographie du CIRC sur les gaz d'échappement diesel et essence
Pour aller plus loin
Rapports et textes officiels
AFSSET, 2009 : Proposition de valeurs guides pour la qualité de l'air intérieur ­ Particules
EEA, 2015 Air quality in Europe ­ 2015 report
Ministère de l'Ecologie, du Développement Durable et de l'Energie, 2010 : plan particules
Etudes et publications scientifiques
Afsset, 2004 : Impact sanitaire de la pollution atmosphérique urbaine
Aphekom, 2011 : Summary report
Beeson, 1998 : Long­term Concentrations of Ambient Air Pollutants and Incident Lung Cancer in Califo
BEH, 2009 : Mortalité et admissions à l’hôpital et niveaux de pollution atmosphérique dans 9 villes
Boldo, 2006 : Apheis: Health impact assessment of long­term exposure to PM(2.5) in 23 European citie
Nafstad, 2003 : Lung cancer and air pollution: a 27 year follow up of 16209 Norwegian men
OQAI, 2006 : Campagne nationale Logements: état de la qualité de l'air dans les logements français
Pope, 2009 : Fine­particulate air pollution and life expectancy in the United States
Silverman, 2011 : The diesel exhausts in miners study: a nested case­control study of lung cancer an
Informations des publics
ANSES, 2015 : Qualité de l’air intérieur : appui de l’Anses pour la mise en place d’un étiquetage po
INCa, 2009 : Risques de cancer et particules fines (fiche repère)
INCa, 2013 : Particules fines, dont diesel et risque de cancer
MCE, 2013 : Santé­Environnement des liens de chaque instant
Direction Générale de la santé, Septembre 2016 : Questions réponses Air extérieur et santé
Dossiers et autres ressources
Centre Interprofessionnel d'Etude de la Pollution Atmosphérique (CITEPA)
InVS. Programme national de surveillance des effets de la pollution de l'air sur la santé (Psas)
Projet de recherche européen Aphekom sur pollution de l'air et santé
Mise à jour le 15 mars 2017
Copyright 2016 ­ Centre Léon­Bérard
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