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Coordination SSR Rhône-Alpes, SSR dans la filière cancer - juin 2015 5
I Résumé
L’étude du SSR dans la filière cancer a été réalisée à partir de 3 sources de données : le PMSI MCO
pour estimer le besoin théorique de SSR pour cancer, le PMSI SSR pour décrire l’activité réelle pour
cancer, ViaTrajectoire pour identifier le besoin non couvert et évaluer la fluidité de la filière. Cette
étude a été complétée par une enquête ad hoc auprès des médecins responsables d’unité SSR sur
les freins à l’admission en SSR.
Le besoin de SSR pour des patients atteints d’un cancer a été estimé, après interrogation des
professionnels de santé impliqués dans la prise en charge du cancer, à partir des séjours PMSI MCO
2013, en distinguant le besoin de SSR post-chirurgie des autres indications. Les séjours cancer pour
adultes domiciliés en région Rhône-Alpes représentent 11% de l’ensemble des séjours MCO.
Les patients avec une chirurgie carcinologique « lourdes » (chirurgies ORL délabrantes
majeures, pneumectomies, colectomies / cystectomies totales, mais aussi les allogreffes de moelle
osseuse), nécessitent un séjour d’aval SSR en raison de la lourdeur des soins et/ou pour rééducation
et réadaptation spécifique. En théorie, tous ont besoin d’aval SSR : leur taux d’accès SSR cible est de
100%. Ce besoin a été estimé à environ 1 800 séjours MCO sur l’année 2013, dont 40% sont
produits par les 3 CHU de la région et le Centre Léon Bérard (CLB). Leur taux d’accès au SSR n’est
que de 30%, et est bien supérieur pour les plus de 75 ans (45%) comparé aux plus jeunes
(25%). Pour les allogreffes de moelle osseuses, les orientations et filières sont très hétérogènes entre
le CHU de Grenoble (91% d’accès au SSR), les HCL (quasiment tous retournent à domicile, avec des
durées MCO allongées) et l’ICLN (22% d’accès HAD). Le constat est similaire pour les suites de
chirurgies ORL délabrantes majeures.
Les patients avec une chirurgie carcinologique « non-lourde » peuvent aussi nécessiter
un aval SSR, de façon non systématique : en fonction de l’environnement du patient et de ses
comorbidités. Ce besoin potentiel de SSR correspond à 26 000 séjours MCO, dont 8 % ont été suivis
de SSR, avec de fortes variations selon les MCO et selon le type de chirurgie (chirurgie digestive,
mammaire, etc…).
En dehors des suites de chirurgies carcinologiques, les patients peuvent aussi nécessiter un aval SSR
pour des soins palliatifs terminaux, ou les complications médicales survenant le plus souvent en
intercure de chimiothérapie / radiothérapie, lors de complications infectieuses, aplasies médullaires,
altérations majeures de l’état général, décompensations cardio-respiratoires, ou des séjours dits « de
répit » correspondant à un besoin de réévaluation du patient. Ce besoin de SSR n’est pas
systématique et est fonction de l’environnement et des comorbidités du patient. Enfin, les autres
indications habituelles au SSR restent identiques pour les patients avec un cancer : c’est le cas par
exemple des fractures du col du fémur ou les compressions médullaires.
Le besoin d’aval au MCO pour soins palliatifs a été évalué environ 2 800 séjours, avec
un aval partagé entre le SSR : 27% et l’HAD : 22%. L’orientation vers le SSR ou l’HAD est