
COMPETITIVITE ET ATTRACTIVITE
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INTRODUCTION
Les partenaires de l’Agence ont souhaité que soit inscrite
au programme partenarial une réflexion sur l’attractivité et
la compétitivité du territoire qui viendrait compléter, avec
une visée plus prospective ou plus en prise avec l’action, le
diagnostic territorial dont la dernière version date de 2015.
Ce champ de réflexion demande à être borné car il ouvre un
grand nombre de questions.
L’attractivité pour qui ?
Pour les ménages ?
S’il s’agit de la population, les attentes sont très diérentes
selon les catégories de population. Un couple de personnes
âgées sera sans doute plus enclin à rechercher un lieu
calme et sécurisé, là où un jeune couple avec deux enfants
cherchera plutôt la proximité des écoles et des lieux de
garde et d’activités périscolaires.
C’est dire qu’il est sans doute illusoire pour un même
territoire de prétendre être attractif pour toutes les
populations ; d’être gagnant sur tous les critères. On peut
néanmoins penser qu’une ville peut présenter une diversité
de quartiers, qu’une agglomération peut présenter une
diversité de communes, de telle sorte qu’elles orent une
gamme de lieux de résidence susceptibles de satisfaire une
grande partie des aspirations.
Pour les entreprises ?
S’il s’agit maintenant des entreprises, les choses se sont pas
plus simples. L’entreprise industrielle de moyenne haute ou
de haute technologie sera par exemple très regardante sur
le niveau de qualification de la population. Une entreprise
de la distribution portera plus son attention sur la taille du
marché et les supports logistiques que lui ore le territoire.
Dans tous les cas, le nombre possible « d’indicateurs »
d’attractivité est élevé. Ils peuvent aussi bien être
« objectifs », de nature quantitative et produits par des
instituts reconnus, que subjectifs, liés à la façon dont,
par exemple, les habitants déjà en place ressentent leur
ville, son ambiance, sa dynamique. Ils sont, après tout,
les premiers ambassadeurs de leur territoire ! Par ailleurs,
l’attractivité du territoire est souvent liée à une politique de
communication entretenant des rapports lointains avec la
réalité du territoire ou de type performative.
Ces précisions permettent d’aner l’objet de l’étude. Il ne
s’agit pas d’aligner un grand nombre d’indicateurs plus
ou moins pertinents, dans l’optique d’un classement des
villes par exemple, mais de présenter quelques indicateurs
fondamentaux et d’apprécier la situation locale au prisme
de ces indicateurs.
L’analyse débutera par les facteurs d’attractivité pour
l’entreprise et, dans un second temps s’attachera à
présenter des données concernant l’attractivité pour la
population et les touristes.
A quel niveau appréhender la question de
l’attractivité du territoire ?
Pour simplifier les choses, les journaux, magazines et
périodiques qui éditent des classements choisissent le
plus souvent de travailler au niveau de la ville. Pourtant,
ce niveau d’observation n’est pas le meilleur qui soit. Lors
de la Vè rencontre des pôles métropolitains, l’économiste
Laurent Davezies avait rappelé que ce sont souvent les
aménités oertes par les communes périphériques qui font
l’attractivité des villes. Les actifs occupés, quand ils font
le choix de la mobilité, accordent une grande importance
à la qualité de vie sur le territoire d’arrivée. C’est ainsi
qu’il est possible de trouver des villes peu dynamiques
apparemment, avec une population stable, mais dont la «
couronne » est très dynamique, avec une forte croissance
de la population.
Ce constat incite donc à élargir la focale et à mener
la réflexion au niveau des agglomérations. Mais les
agglomérations sont des construits politiques, issus
d’accord entre des communes. Les habitants, les migrants,
ne sont pas prisonniers des « frontières » administratives
ainsi dressées. Selon les moyens de communication, ils
peuvent choisir de s’installer relativement loin de leur lieu
de travail, hors de l’agglomération où ils se rendent chaque
jour pour travailler.
C’est pourquoi l’INSEE propose d’élargir encore la focale
et de prendre en considération les unités ou les aires
urbaines. Ce qui pose d’autres problèmes. Une ville ou une
agglomération peut être « hyper-centrale», rayonner sur
un large territoire ou, au contraire, avoir une aire d’influence
plus réduite.
Ville Population
municipale Population unité
urbaine Nombre de
communes UU Population aire
urbaine Nonbre de
communes AI
Caen 114 007 196 688 21 403 633 268
Orléans 113 089 270 470 19 423 123 138
Mulhouse 110 141 243 894 21 284 739 65
Nancy 105 067 284 974 28 434 479 285
Rouen 106 560 464 237 51 658 285 293
Des villes de taille similaire peuvent rayonner sur des territoires très diérents selon le degré de polarisation de l’espace
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