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UE2 Biopathologie
Pr Le Bail
Date : 13/10/2014 Plage horaire : 16h15-18h15
Promo : P2 2015/2016 Enseignant : Pr Le Bail
Ronéistes : CHANE-CHAN Amélie
NATIVEL Mathilde
Pathologie tumorale
I. Généralités tumeurs
1. Définitions
2. Exemples de néoplasmes (tumeurs « vraie »)
3. Pseudo-tumeurs
II. La cellule cancéreuse et son environnement
1. Caractéristiques biologiques dune tumeur
2. Modifications morphologiques
3. Modifications fonctionnelles
4. Stroma tumoral
III. Nomenclature anatomo-pathologique des tumeurs
1. Les grandes familles de tumeurs
2. Quelques tumeurs à évolution particulière
3. Selon les 2 critères ???
IV. Grading, différenciation des tumeurs
1. Notion de différenciation et danaplasie
2. Différenciation épithéliale
3. Différenciation musculaire lisse
V. Méthodes de diagnostic anapathologique et classification
histogénétique des tumeurs
1. Diagnostic anapath
2. Techniques complémentaires
3. Critères microscopiques de classement (entre malin et bénin)
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Les pathologistes ont un rôle très important en ce qui concerne le diagnostic et la prise en charge des
tumeurs. Mon exposé représente le début dune série de cours sur les tumeurs, dautres personnes
interviendront. Je me limiterai aux définitions générales sur les tumeurs et les cancers, nous reverrons un
petit peu de biologie cellulaire vue sous langle de lanapathologie, notamment comment est la cellule
cancéreuse, quel est son environnement, important pour comprendre les traitements anti-cancéreux.
Jinsisterai sur les différents types de tumeurs, savoir si une tumeur est bénigne ou maligne, son histogenèse
(origine cellulaire) qui détermineront son classement, son nom.
Pour cela on dispose de différentes techniques : la macroscopie, la microscopie, lIHC, la biologie
moléculaire (de plus en plus utilisée pour certaines tumeurs).
I. Généralités sur les tumeurs
1. Définitions
Au sens strict, une tumeur est une formation tissulaire créant un effet de masse et dont lorigine est le plus
souvent néoplasique. Mais attention, il existe des tumeurs qui ne sont pas néoplasiques. Par abus de
langage, une « tumeur » est associée au terme « néoplasie » mais ce nest pas toujours le cas.
Le terme que lon devrait employer est néoplasie ou néoplasme : il sagit dune masse tissulaire ou
cellulaire anormale néo-formée, dont la croissance est excessive et anarchique et qui persiste après larrêt
des stimuli qui ont favorisé son développement. Autrement dit, des tumeurs peuvent apparaitre sous
linfluence de facteurs vasculaires, hormonaux, inflammatoires, mais qui ne sont pas des néoplasies si on en
traite les causes. Ces masses vont alors sarrêter de saccroître et vont régresser.
A lintérieur de ces néoplasies, on distingue des néoplasies bénignes et des néoplasies malignes.
Le terme de cancer est associé au terme de tumeur maligne : il sagit dune néoplasie maligne par son
évolution locale et générale agressive et potentiellement mortelle.
La tumeur bénigne soppose au cancer dans la mesure où même si sa croissance persiste après larrêt des
stimuli, son évolution reste purement locale, limitée et elle nengage généralement pas le pronostic vital.
Lors de mon exposé, jemploierai les termes de « tumeurs », malignes ou bénignes, mais jentendrai bien
par là des « néoplasies ».
2. Exemples de « tumeurs vraies » ou néoplasies
Cancer du sein très évolué : tumeur qui se développe de façon anarchique
à partir de la glande mammaire, du tissu épithélial du sein.
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Enorme masse tumorale qui était dans labdomen dune personne
âgée : il sagit dun sarcome = tumeur maligne dérivant des cellules
conjonctives. Ici il s
agit dun liposarcome, dérivant donc des
adipocytes. Malgré leur taille, ce sont des tumeurs qui ont
essentiellement un potentiel local et qui donnent très tardivement des
métastases. Le but ici est de montrer que ce nest pas parce que cest
« gros » que cest forcément très « méchant ».
Tumeur dun larynx réséqué : on y aperçoit les cordes vocales, l’épiglotte. Il
sagit dune tumeur maligne dérivée de l’épithélium malpighien des voies
aériennes. Tumeur des voies aéro-digestives supérieures très fréquente chez
les fumeurs et les alcoolo-tabagiques. Tumeur très agressive.
Il sagit dun grain de beauté en train de se transformer en
mélanome, tumeur dérivée des mélanocytes (cellules pigmentées
qui fabriquent de la mélanine au niveau de la peau et de certaines
muqueuses). Si cette tumeur est à un stade avancé, elle est très
agressive. Dès que la tumeur dépasse 2mm d’épaisseur, on a un
risque de métastases très important. Les traitements sont peu
nombreux, mais depuis quelques années, révolution avec les
thérapies ciblées, plus efficaces.
3. Pseudo-tumeurs
Je vous en parle juste ici pour les oublier après car il sagit dun piège pour les cliniciens, les radiologues.
De temps en temps, on a une bonne surprise, ce nest pas une tumeur.
Les « pseudo-tumeurs » ne sont ni des néoplasies ni des cancers, ce sont des masses ou lésions
« tumorales » qui peuvent être dorigine :
- inflammatoire
- dystrophique
- dysgénétique (malformation)
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Pseudo-tumeur inflammatoire oculaire : acquis/inflammatoire.
Sur cette paupière, il y a un gonflement, un nodule. On a réséqué cette lésion et
à lhistologie, on sest rendu compte quil sagissait en fait dun tissu
inflammatoire localisé. On ne connait pas la cause de cette réaction
inflammatoire mais ce type de lésion existe, quon appelle dailleurs une PTI =
Pseudo-Tumeurs Inflammatoires, dans différentes organes. Cest une lésion non
néoplasique, qui peut guérir si on prend des corticoïdes, des antibiotiques.
Hamartome splénique : malformatif
Autre type de masse qui peut ressembler à une néoplasie mais qui nen est
pas une : une masse dorigine malformative. Lors de lembryogenèse, des
mélanges de tissus anormaux peuvent se faire dans les organes.
Ici cest une coupe de rate, dans laquelle est apparu ce gros nodule, fait de
tissus normaux, quon retrouve dans la rate. Cest ce quon appelle un
hamartome de la rate, splénique.
Attention : tout ce qui est masse nest pas néoplasique !
II. La cellule cancéreuse et son environnement
1. Caractéristiques biologiques dune néoplasie
Les caractères biologiques qui définissent une néoplasie sont :
Une prolifération cellulaire excessive
Multiplication à partir dune ou plusieurs cellules anormales : notion de clonalité.
Dans une lésion tumorale, certaines cellules vont donner des cellules filles et chacune de ces cellules filles
est appelée « clone tumorale ». Il est classique dans une tumeur bénigne quil y ait plusieurs clones ayant
des avantages de croissance : elle sera polyclonale. Par contre dans une tumeur maligne, va se dégager à
la suite danomalies génétiques 1 clone préférentiel qui va « écraser » tous les autres et va prendre un
avantage de croissance. Un cancer est une lésion monoclonale.
Masse tissulaire ressemblant +/- à un tissu normal homologue (adulte ou embryonnaire)
Ces cellules qui vont proliférer vont avoir tendance à reproduire laspect des cellules initiales (architecture,
cytologie) et leur fonctionnalité : cest la notion de différenciation.
On parle de néoplasie différenciée lorsque la tumeur ressemble sur les plans cytologique, histologique et
fonctionnel à la cellule et au tissu dont elle dérive.
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Notion importante car la différenciation est associée au pronostic : plus une tumeur est indifférenciée, plus
elle est agressive et difficile à classer en anapath.
Accumulation danomalies génétiques : initiation
La carcinogenèse est un processus séquentiel. Au fur et à mesure, les anomalies génétiques vont saccumuler
et elles vont entrainer des signaux mitogènes permettant à la tumeur de se développer, de devenir de plus en
plus invasive et dadapter son environnement tissulaire : notamment la formation de néo-vaisseaux
(néoangiogenèse) pour nourrir cette tumeur. Elles vont favoriser laugmentation des mitoses et lacquisition
dune résistance à linhibition de contact (pas de rétro-contrôle).
Tendance à persister et à croître localement : progression, et si cest une lésion maligne, progression à
distance du site initial : généralisation. On parle alors de cancer généralisé : le cancer se développe dans
plusieurs territoires de lorganisme.
Clinique :
Pathologie fréquente
Prévalence des tumeurs bénignes > malignes.
Conséquences dominées par les tumeurs malignes (cancérologie) : morbidité, mortalité, des coûts de santé
importants.
Certaines tumeurs passent par un stade de tumeur bénigne pour ensuite devenir maligne mais ce nest pas
un cas général. Il existe des tumeurs bénignes qui le restent pendant toute leur évolution. Cela dépend du
type histologique. Il existe des cancers qui apparaissent de novo, sans étape de tumeur bénigne.
Rôle majeur de lanatomie pathologique pour le diagnostic, mais aussi à tous les niveaux de la prise en
charge des patients : pronostic, thérapeutique.
Que ça soit des tumeurs bénignes ou malignes, lanalyse des tissus et des cellules reste le seul outil
diagnostic formel pour le diagnostic de tumeurs. Certes limagerie et les marqueurs tumoraux donnent des
signes dorientation, mais le prélèvement anapath est absolument indispensable avant denvisager un
traitement (chirurgie ou chimiothérapie). En effet il peut y avoir des discordances.
Quest-ce qui se passe dans la séquence qui amène à la formation dun cancer ?
Cellule en MO.
CARCINOGENESE
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