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Je me rappelle lorsque j’avais dit, pour la
première fois, à mon cousin (séminariste de
l’église anglicane et élève du p. Saintfariste
Dérino, sj à cette époque) que je voulais me
faire prêtre, avant même de lui expliquer mon
inquiétude vocationnelle, il m’a répondu en
me disant: je te recommande les jésuites. Je
crois que c’est depuis ce jour-là que j’ai
commencé à nourrir des pensées autour du
mot jésuite, car il ne signifiait pas grande
chose pour moi. Et de là j’ai laissé résonner
en moi ce mot qui depuis lors m’habite.
En septembre 2007, le père Godefoy Midy, sj
m’a reçu au Canapé-Vert pour commencer ma
première expérience. J’ai été accompagné par
ma famille et ce cousin qui était et qui
continue à être un bon ami.
J’étais très content de pouvoir commencer
cette grande aventure, mais j’étais timide
comme moi seul. Quelqu’un qui m’aurait vu
pour la première fois aurait dit sans trop
réfléchir, ce garçon est mal à l’aise car il
m’arrivait et il m’arrive encore de transpirer à
certaines occasions : question de timidité.
Mais ce dont j’étais sûr, je me sentais habité
par un désir de dire oui à l’appel que j’avais
reçu de la part du Seigneur. Ma seule et
unique assurance de ne jamais me laisser
vaincre par cette timidité, c’est que le
Seigneur m’accompagnera comme il a fait
pour Isaïe.
J’ai vécu ma première année avec les jésuites
dans la simplicité et dans l’écoute du Seigneur
à travers les jeunes de mon groupe, les pères
jésuites, les activités que nous avons eues
dans la communauté et ailleurs, ce qui me
permettait de découvrir progressivement le
sens d’être jésuite. La prière, le discernement,
la disponibilité et le service étaient les points
centraux que nous devions travailler à partir
de la vie spirituelle, de la vie communautaire,
de la vie intellectuelle et de la vie apostolique.
La proximité et la simplicité des pères, dès la
première année, me fascinaient et affinaient
mon oreille à l’écoute du Seigneur. Ce
premier contact avec les jésuites me
prédisposait à me rendre disponible pour
servir dans la simplicité. Comme je dis
toujours: la manière d’être des pères parle par
elle-même sans utiliser des mots.
En 2008, j’étais admis au noviciat. L’aventure
spirituelle continuait. J’essayais de vivre
chaque moment comme étant unique sans trop
me perdre dans le passé ni m’évader dans le
futur. Au noviciat j’ai appris à me faire jésuite
en me laissant imprégner par la manière d’être
jésuite. Cette dernière m’a conduit à avoir un
regard tourné vers le Christ comme l’unique
modèle à suivre, et aussi à faire de
l’eucharistie, la prière personnelle, l’examen
de conscience mon pain quotidien.
Le noviciat a été une expérience toute
particulière. J’ai découvert que se faire jésuite
est tout un programme de vie. On est
constamment appelé à se faire jésuite, c'est-à-
dire découvrir la vraie volonté de Dieu dans
sa vie. C’est ce qui m’avait permis de me
rapprocher davantage du Christ pour le
connaitre, et cette connaissance du Christ à
son tour m’avait permis de me connaitre
graduellement, c’est-à-dire, me reconnaître
pécheur mais aimé et appelé par Dieu.
J’ai vécu de grands moments tels que : le
mois des Exercices Spirituels, les expériments
dans le Far West du pays, la sortie des deux
compagnons de ma promotion au cours des
Exercices Spirituels, le tremblement de terre
du 12 janvier, l’admission aux vœux…etc.