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D e nombreuses associations évaluent en premier
lieu leur santé  nancière à l’aune de leur trésorerie.
Avoir une trésorerie négative et dépendre de sa banque pour les
paiements courants est certes plus inconfortable que de disposer de
placements. Néanmoins, s’il est un indicateur important, le niveau
de trésorerie ne dit pas tout de la situation économique: une tréso-
rerie positive peut masquer une fragilité de la structure  nancière
et, inversement, un pic de trésorerie négatif peut être le re et d’une
croissance rapide, sans remise en cause du modèle économique.
TENSIONS DE TRÉSORERIE
Un grand nombre d’associations consultent leurs interlocuteurs
nanciers en situation de trésorerie tendue, voire négative, pour
tenter de trouver une solution. France Active, réseau de  nance-
ment de l’économie solidaire, est bien placé pour le savoir: il est
rare que ses antennes régionales soient sollicitées par les associations
quand tout va bien... alors que c’est à ce moment-là qu’il aurait été
le plus facile d’apporter un  nancement et de prévenir les dif cultés
de trésorerie. Au moment où la trésorerie plonge, il devient dif cile
d’intervenir car une trésorerie négative ou tendue peut être le re et
de situations  nancières radicalement différentes: du simple déca-
lage de paiement d’une subvention aux signes avant-coureurs d’une
cessation des paiements, en passant par une crise de croissance, le
symptôme sera identique mais le mal ne sera pas de même nature et
il faudra le traiter de manière adaptée à la situation.
On distinguera notamment les
interventions agissant simple-
ment sur la trésorerie, telles que
la facilité de caisse ou l’avance
de trésorerie, des interventions
plus lourdes qui s’attachent au
renforcement de la structure
nancière globale de l’associa-
tion. En complément, il sera
parfois nécessaire d’intervenir de
manière à redresser un déséqui-
libre du modèle économique,
c’est-à-dire quand les produits ne
couvrent pas les charges. Pour
éviter une solution inadaptée,
un diagnostic pertinent doit
être fait: il devra bien évidem-
ment s’intéresser aux mouvements de trésorerie,encaissements et
décaissements, mais on ne fera pas l’économie d’un examen de la
«structure  nancière». C’est cet examen qui permettra de savoir si,
au-delà des événements conjoncturels, la trésorerie de l’association
est «structurellement négative» ou «structurellement positive».
BIEN DIAGNOSTIQUER POUR TROUVER LE BON
REMÈDE : COMPRENDRE LA « STRUCTURE FINANCIÈRE »
On appelle «structure  nancière» l’ensemble des grandeurs qui
permettent d’apprécier la solidité  nancière de l’association. Ainsi,
une association qui perd de l’argent sur un exercice pourra s’en
sortir si elle dispose d’une bonne structure  nancière. À l’inverse,
une structure  nancière trop légère ou déséquilibrée soumettra
une association à des risques de rupture de trésorerie même
TRÉSORERIE
PRÉVENIR LES
DIFFICULTÉS... ET
JOUER LA SOLIDARITÉ ?
La gestion de la trésorerie demande au dirigeant
associatif de mobiliser à bon escient les services que peuvent
lui proposer les banques tels que la couverture des besoins quand
la trésorerie est mise à mal ou des placements lorsqu’elle est
excédentaire. Tout cela suppose un minimum d’analyse.
ARTICLE
GESTION
AUTEUR Denis Dementhon
TITRE Responsable du CNAR Financement
à France Active
Article extrait de jurisassociations n° 428 du 15 novembre 2010. Reproduction interdite sans l’autorisation de Juris Éditions © Éditions Dalloz www.juriseditions.fr
ARTICLE
GESTION
1. Voir le guide « Associations et fonds
propres » du CNAR Financement.
2. On en trouve un exemple
dans la rubrique « Outils » du
portail www.solfi a.org.
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quand elle équilibre ses comptes. Pour apprécier la structure
nancière, les dirigeants d’une association doivent se référer au
bilan. Le bilan est le document  nancier établi à la  n de chaque
exercice comptable, qui rend compte du patrimoine de l’association
et de la manière dont il est  nancé. Sans devenir un expert  nan-
cier, il est important pour un trésorier d’association d’en maîtriser les
principales clés de lecture: ce sont ces mêmes clés que son banquier
regardera pour répondre à une demande de crédit de trésorerie!
Le bilan permet notamment de calculer deux notions
incontournables:
le fonds de roulement (FR), qui est la différence entre les capi-
taux permanents et les immobilisations. Il caractérise la marge
de manœuvre restant à l’association après qu’elle a  nancé ses
investissements;
le besoin en fonds de roulement (BFR), qui est la différence
entre les créances d’exploitation et les dettes d’exploitation. Plus
les encaissements sont tardifs, plus le besoin en fonds de roulement
sera important: une association  nancée par un programme euro-
péen devra s’attendre à avoir un besoin en fonds de roulement très
important.
Schématiquement, quand le fonds de roulement est supérieur au
besoin en fonds de roulement, la trésorerie est structurellement
positive (voir schéma de droite): d’éventuels besoins de trésorerie surve-
nant dans l’année seront des pics de trésorerie ponctuels relative-
ment faciles à traiter avec les  nancements court terme bancaires
existants. D’autre part, si l’excédent de trésorerie est permanent,
l’association peut commencer à s’intéresser aux produits d’épargne.
Inversement, si le fonds de roulement ne couvre pas le besoin en
fonds de roulement, la trésorerie est structurellement négative
(voir schéma de gauche). La solution devra plutôt être recherchée du
côté d’un renforcement des capitaux permanents : rechercher
de nouveaux apports en fonds propres1, réaliser des excédents
d’exploitation réguliers, recourir à des emprunts pour  nancer ses
investissements.
DES OUTILS POUR ANTICIPER :
LE « KIT DU TRÉSORIER PRÉVOYANT »
Le trésorier d’association doit se doter d’un plan de trésorerie
prévisionnel2, qui lui permettra de déterminer et de quanti er les
périodes d’excédent et d’insuf sance de trésorerie. Mais il devra
compléter cette vision dynamique, si besoin avec l’appui de son
expert-comptable, par une analyse de l’évolution de la structure
nancière d’une année sur l’autre:
une augmentation du besoin en fonds de roulement peut traduire
une modi cation dans le rythme des encaissements: les partenaires
paient avec plus de retard... Cela peut aussi traduire un développe-
ment normal de l’activité. Dans un cas comme dans l’autre, il faudra
chercher à augmenter le fonds de roulement pour adapter la struc-
ture  nancière à la nouvelle donne;
une diminution du fonds de roulement d’une année sur l’autre
pourra traduire une mauvaise stratégie de  nancement: on aurait,
par exemple, réalisé un investissement sans avoir recours à un
emprunt bancaire. Elle pourra aussi être la conséquence d’une
perte d’exploitation: l’association aurait fait un dé cit sur un ou
plusieurs exercices. Dans ce dernier cas, il est clair qu’aucune solu-
tion  nancière ne pourra être recherchée indépendamment d’une
ré exion sur le retour à l’équilibre d’exploitation.
Dans les cas de trésorerie structurellement positive, le plan de tréso-
rerie permet d’évaluer le potentiel d’épargne à moyen ou long terme
que l’association pourra se permettre de souscrire.
DES SOLUTIONS POUR AMÉLIORER LE PROFIL
DE TRÉSORERIE OU POUR PASSER UN CAP
On distinguera schématiquement trois types de solutions.
Les solutions « court terme »
Principalement distribuées par les banques, ces lignes de  nan-
cement permettent, sur une durée de quelques mois maximum,
d’attendre le retour à une situation de trésorerie positive. Découvert,
avance de trésorerie, cession de créances, elles sont utiles mais ne
résoudront pas durablement les dif cultés liées à une structure
nancière déséquilibrée.
L’ESSENTIEL Les excédents de trésorerie
d’une partie du monde associatif
peuvent être mobilisés, dans des
conditions de sécurité avérées,
au bénéfi ce d’initiatives bâties
sur des valeurs qu’il partage.
Fonds de
roulement
Besoin
en fonds de
roulement
Trésorerie
négative
Fonds de
roulement
Besoin
en fonds de
roulement
Trésorerie
positive
BILAN FINANCIER
Article extrait de jurisassociations n° 428 du 15 novembre 2010. Reproduction interdite sans l’autorisation de Juris Éditions © Éditions Dalloz www.juriseditions.fr
Les solutions « moyen terme »
Elles peuvent être mobilisées auprès des banques, notamment
quand il s’agit de  nancer des investissements par emprunt. Mais
on peut aussi les trouver auprès des organismes de  nance soli-
daire. France Active a ainsi développé une gamme d’outils de
nancement qui vont du prêt participatif à l’apport remboursable.
L’ensemble des solutions moyen terme agissent sur la structure
nancière, rendent l’association moins vulnérable face aux inci-
dents de trésorerie et lui permettent de porter son projet de dévelop-
pement plus sereinement.
Les solutions non fi nancières
Rappelons en n que les solutions ne sont pas uniquement  nan-
cières. Un bon système de relance des créanciers ou la négocia-
tion en amont de délais auprès des fournisseurs suf sent parfois à
résoudre les dif cultés.
ET QUAND LA TRÉSORERIE EST STRUCTURELLEMENT
POSITIVE ?
On estime que les associations, qui représentent un chiffre d’affaires
global en France évalué à 65 milliards d’euros annuels, génèrent
des dépôts stables auprès de leurs banques de l’ordre de 1 milliard
d’euros... ce qui justi e pleinement l’intérêt des banques pour
cette clientèle! À partir d’un certain volume de trésorerie excéden-
taire stable, la question de l’optimisation des placements se pose.
Comme pour tout épargnant, le choix d’un placement s’appuiera
sur une analyse de trois critères:
la sécurité, critère généralement privilégié par les associations, qui
se tournent alors vers des placements monétaires, au rendement
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Une perspective qui
justifi e que les trésoriers
s’intéressent à la question.
limité mais très sécurisé. Jusqu’à 75000 euros de placement, le
traditionnel livret A est aussi une solution souvent privilégiée;
le rendement, généralement inversement proportionnel au
critère précédent, doit néanmoins être pris en compte;
la liquidité, point important, car seules des réserves stables pour-
ront être investies sur des durées dépassant un an. Pour des excédents
ponctuels, des placements liquides seront proposés par les banques.
Mais l’association étant un acteur naturellement porté vers l’utilité
sociale et l’impact sociétal, nous nous autorisons à penser qu’une
orientation de son épargne peut être guidée par un autre critère,
celui de la solidarité. Depuis 20 ans, plusieurs banques ont mis en
place, en partenariat avec des acteurs de l’économie solidaire, des
produits de placement spéci ques. Ce mouvement de l’épargne
solidaire prend de l’ampleur année après année. Selon le baro-
mètre 2009 de Finansol, orga-
nisme qui labellise les acteurs
nanciers solidaires, l’encours
de placement sur ce type de
produit représente près de
2,5milliards d’euros. Ces place-
ments peuvent donner lieu:
à des dons effectués grâce
au partage des intérêts du
placement que le souscripteur
oriente vers une association de
son choix;
à des investissements directs
dans des initiatives d’économie solidaire aussi diverses que la produc-
tion de logements adaptés, l’insertion professionnelle de personnes
éloignées de l’emploi ou la solidarité internationale.
Les fonds communs de placement (FCP), créés par le réseau
France Active en partenariat avec le groupe BPCE, ont par exemple
permis d’investir plus de 30 millions d’euros dans des entreprises et
associations de l’économie solidaire.
Cet article a été rédigé avec le concours de France Active
et du CNAR Financement.
L’association étant un acteur naturellement
porté vers l’utilité sociale et l’impact sociétal, nous
nous autorisons à penser qu’une orientation de son
épargne peut également être guidée par le critère de
la solidarité
OUTILS ET GUIDES
LES RÉFÉRENCES
Sur les guides et outils cités dans l’article : www.solfi a.org.
Sur les solutions de fi nancement moyen terme et les placements
solidaires : www.franceactive.org.
Sur les placements solidaires : www.fi nansol.org.
Article extrait de jurisassociations n° 428 du 15 novembre 2010. Reproduction interdite sans l’autorisation de Juris Éditions © Éditions Dalloz www.juriseditions.fr
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