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Les facteurs économiques et politiques ci-après ont été jugés pertinents sur le plan statistique pour
expliquer le palmarès de médailles obtenues par chaque pays lors des précédents Jeux Olympiques :
• Poids de l'économie (mesurée par le PIB, au taux de change réel de parité de pouvoir d'achat)
• Performance lors des deux précédents Jeux Olympiques
• Désignation ou non du pays comme organisateur
D'une matière générale, le nombre de médailles obtenues augmente avec la taille de la population et la
richesse économique du pays. Il existe néanmoins un certain nombre d'exceptions comme la Jamaïque
ou le Kenya. Ainsi, selon les projections de PwC, la Jamaïque devrait remporter à Rio 0,4 médaille par
milliard de PIB, tandis que ce taux se situe seulement aux alentours de 0,02 pour le Royaume-Uni et la
Russie, et de 0,005 à 0,006 pour les États-Unis et la Chine.
« Même si certaines superpuissances comme les États-Unis et la Chine continuent d'affirmer leur
suprématie sur le podium, il arrive que David puisse vaincre Goliath dans l'arène olympique. On
l’explique par le fait que certains athlètes concourant pour de petites économies effectuent leurs
entrainements la plupart du temps dans des pays aux économies développées, bénéficiant ainsi des
meilleures infrastructures. On remarque également que certains pays ont adopté des stratégies de
spécialisation dans quelques disciplines olympiques, développant ainsi des écosystèmes – ou ‘clusters’
– performants dans ces disciplines », explique Olivier Salesse, économiste chez PwC.
La performance obtenue aux précédents Jeux Olympiques est un paramètre important, qui reflète la
culture sportive plus ou moins prononcée de chaque pays et le niveau de financement des sports
olympiques par les pouvoirs publics. Olivier Salesse ajoute : « La Chine constitue à cet égard un bon
exemple, car le soutien de l'État dans ce pays a fortement contribué aux excellents résultats obtenus à
Pékin et à Londres. »
La modèle prédictif établi par PwC permet de révéler les conclusions suivantes :
• Les États-Unis devraient, une fois encore, se hisser en tête du classement, avec quelques
médailles de plus qu'aux JO de Londres (108 en 2016 vs 103 en 2012). De même, la Chine
devrait conserver sa 2ème place avec 98 médailles.
• La Grande-Bretagne, qui bénéficiait du statut de pays organisateur en 2012, devrait avoir
quelques difficultés à égaler la performance affichée aux JO de Londres. Elle devrait tout de
même conserver sa 4ème place avec 52 médailles.
• Les pays organisateurs se surpassent généralement pendant les Jeux Olympiques, ce qui est
de bon augure pour l'équipe du Brésil cette année, en dépit des récentes difficultés
économiques du pays. Selon le modèle de PwC, le Brésil devrait remporter environ
25 médailles à Rio, contre 17 à Londres.
• L'Inde, en revanche, devrait rester en tête des nations qui affichent les moins bonnes
performances au regard de leur population et de leur PIB. Cela étant, si ses résultats sont
conformes aux projections du modèle (12 médailles), elle obtiendra deux fois plus de
médailles aux JO de Rio qu'à ceux de Londres.
Remarques :
1. Toutes les estimations de PwC sont assorties d'une marge d'erreur et ne peuvent jamais parfaitement
intégrer le facteur humain indissociable des excellentes performances individuelles.
2. Ces estimations supposent que les athlètes russes, soupçonnés de dopage, soient autorisés à participer
aux JO de Rio. La décision de l'IAAF est attendue pour le 17 juin. La non-participation des athlètes russes
aurait un impact significatif sur le nombre total de médailles des autres pays, et pourrait nous amener à
publier de nouvelles projections mises à jour.