06/04/2016 SAUTY Paul L2 CR : DODIER Orianne AIH Pr

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AIH - Bactéries intracellulaires et pathogènes spécifiques
06/04/2016
SAUTY Paul L2
CR : DODIER Orianne
AIH
Pr. P.E. Fournier
6 pages
Bactéries intracellulaires et pathogènes spécifiques
A.Généralités
B. Bactéries intracellulaires strictes
I. Rickettsia spp.
II. Coxiella burnetii
III. Chlamydia spp.
IV. Tropheryma whipplei
C. Bactéries intracellulaires facultatives
I. Bartonella sp
II. Brucella melitensis
III. Legionella pneumophila
IV. Francisella tularensis
V. Helicobacter pylori
VI. Bacillus anthracis
VII. Yersinia pestis
A. Généralités
Le cours est organisé sous forme de fiches avec pour chaque bactérie la taxonomie, l’épidémiologie, la
physiopathologie, le pouvoir pathogène et la thérapeutique.
Du fait de leur association (obligatoire ou non) à une cellule eucaryote, les bactéries intracellulaires ont une
évolution convergente. Elles perdent donc un certain nombre de gènes car elles n’en n’ont plus besoin, en effet
la cellule eucaryote leur apporte les métabolites nécessaires.
On distingue en 2 catégories de bactérie intracellulaire :
Intracellulaires strictes : Dans la nature elles sont incapables de réplication autonome, elles ont besoin des
cellules eucaryotes pour se nourrir et se répliquer (ex : Chlamydia, Rickettsia, Coxiella burnetii, Tropheryma
whipplei). Remarque : on peut quand même les cultiver en extracellulaire en leur apportant les métabolites
nécessaires dans un milieu synthétique adapté.
Intracellulaires facultatives : Elles sont en train de suivre la même évolution que les intracellulaires strictes
mais à un degré moindre donc elles sont encore capables de survivre à l’extérieur des cellules eucaryotes mais
aussi de se répliquer dedans. (ex : Bartonella, Brucella melitensis, Legionella pneumophila, Francisella
tularensis).
Toutes ces bactéries sont des pathogènes spécifiques c'est à dire qu’elles causent des pathologies avec une
épidémiologie, une symptomatologie et un réservoir particulier.
Il existe aussi d’autres pathogènes spécifiques non intracellulaires mais qui sont eux aussi capables de donner
une pathologie très spécifique et en général ils appartiennent à une grande catégorie de pathogènes. Il s'agit par
exemple des clostridiums.
Exemple des clostridiums : 210 espèces dont 3 donnent des pathologies très particulières : Clostridium tetani,
(tétanos), Clostridium botulinum (botulisme), Clostridium difficile (pseudo-colite ulcéro-membraneuse).
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Cette pathogénicité spécifique est souvent liée à l’acquisition par quelques espèces de gènes qui codent pour
une virulence spécifique (toxine, plasmide qui porte un gène de virulence).
On retrouve dans ce groupe de bactéries non intracellulaires mais pathogènes spécifiques : Bacillus anthracis,
Clostridium tetani, Clostridium botulinum, Clostridium difficile, Corynebacterium diphteria, Erysipelothrix
rhusiopathiae, Helicobacter pylori, Streptobacillus monoliformis, Yersinia pestis.
B. Bactéries intracellulaire strictes
I. Rickettsia spp.
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a-protéobactéries (Gram négatif).
2 groupes :
◦ groupe boutonneux (R. conorii, R. slovaca, R. africae) ;
◦ groupe typhus (R. typhi, R. prowazekii).
Transmises par des arthropodes : tiques +++ (groupe boutonneux), puces, poux (groupe typhus),
acariens.
Maladies d’inoculation (c'est à dire transmise par rupture de la barrière cutanée à piqûre) et zoonose.
Transmises par piqûre, il y a d’abord une prolifération importante sur le lieu de la piqûre puis infection
des cellules endothéliales dans lesquelles les bactéries se multiplient puis les font éclater, donc cela
entraîne le passage des globules rouges à l’extérieur des vaisseaux et l'apparition d’une éruption
cutanée.
On note une triade diagnostique des rickettsiae : fièvre très élevée (40°) + éruption cutanée maculopapuleuse particulaire qui touche l’ensemble du revêtement cutanée même la plantes des mains et des
pieds (peu commun) mais qui épargne le cuir chevelu et le visage + escarre d’inoculation (nécrose sur
le lieu de la piqûre avec tâche noir et halo inflammatoire).
Incubation 6-7 jours.
Guérison le plus souvent spontanée.
Rares formes graves (sauf le typhus épidémique, dont la mortalité spontané sans traitement s'élève à
30%) .
Diagnostic: sérologie par immunofluorescence, PCR (écouvillon sur escarre).
Traitement: doxycycline per os durant 10 jours.
II. Coxiella burnetii
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γ-protéobactérie (Gram négatif).
Agent de la fièvre Q, grande infectiosité.
Réservoir: animaux domestiques, chèvre, mouton, bœuf, chien et chat, pigeon => zoonose.
Transmise par aérosol +++ ou ingestion (produit laitier non pasteurisé rare), cellule-cible =>
macrophages, endothélium, survit à pH acide à l’intérieur du macrophage.
Incubation 20j, puis :
◦ Forme aigüe : fièvre isolée, hépatite, pneumonie interstitielle. En général le patient guéri de cette
forme aigue.
◦ Forme chronique : (en cas de facteurs de risques tel qu’une valvulopathie) qui cause une
endocardite, une infection d’anévrysme aortique ou prothèse aortique, avortement, accouchement
prématuré.
Maladie professionnelle des professions en contact avec les animaux.
Diagnostic: sérologie par IF, PCR (quasiment aucun symptôme spécifique).
Traitement :
◦ Forme aigüe ou primo infection à doxycycline per os 2 – 3 semaines.
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◦ Forme chronique à doxycycline + hydroxychloroquine (ce n’est pas un antibiotique mais elle est
utilisée car elle permet de rendre basique le pH des phagosomes donc de créer un environnement
moins favorable à la bactérie) pendant18 mois. Femme enceinte: cotrimoxazole jusqu’à 2 semaines
avant l’accouchement.
III. Chlamydia spp.
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Chlamydiales. Il existe de nombreuses espèces dans cette catégorie.
Agents de pneumonies (C. pneumoniae, C. psittaci [ornithose]), MST ou infections oculaires (C.
trachomatis).
Réservoir : homme (C. pneumoniae, C. trachomatis), oiseaux (C. psittaci).
Transmises par aérosol à partir du réservoir ou par rapport sexuel.
Incubation durant 7-14 jours puis pneumonie interstitielle, trachome (causé par le C. trachomatis, c’est
la première cause de cécité dans le monde), maladie de Nicolas-Favre (inflammation des ganglions
périnéaux qui cause une stérilité par sclérose des trompes, urétrite, salpingite).
Principale cause MST dans les pays industrialisés.
Diagnostic : sérologie par immunofluorescence ou ELISA, PCR.
Traitement : doxycycline, fluoroquinolone ou macrolide per os 2 – 3 semaines.
IV. Tropheryma whipplei
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Actinobacteria (Gram positif).
Agent de la maladie de Whipple, de bactériémies, d’endocardites, de méningites chroniques.
Réservoir : inconnu (eau?). En Afrique c’est l’homme qui constitue l'unique réservoir, avec un risque de
contamination orofécale, en Europe on ne sait pas.
Transmise par ingestion, les cellules cibles sont les macrophages, la bactérie survit à pH acide.
Durée d'incubation inconnue. Maladie de Whipple = malabsorption digestive, diarrhée chronique,
douleurs abdominales, amaigrissement, arthralgies.
Diagnostic : PCR, histologie, immuno-histologie.
Traitement : doxycycline + hydroxychloroquine pendant 1 an.
C. Bactéries intracellulaires facultatives
I. Bartonella sp. (Forte probabilité de tomber un jour à l’ECN selon le prof, notamment en ce qui
concerne la maladie des griffes du chat)
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a-protéobactérie (Gram négatif).
Agents de la maladie des griffes du chat, de la fièvre des tranchées (B. henselae), de bactériémies
chroniques, d’endocardites, de la maladie de Carrion, des verrugas peruanas.
Maladies d’inoculation.
Réservoir: homme (B. quintana, B. bacilliformis), chat (B. henselae).
Transmises par griffure de chat (B. henselae), piqûre du pou de corps (B. quintana), piqûre de mouche
(B. bacilliformis), les cellules cibles sont les endothéliums et érythrocytes.
Incubation durant 20 jours puis :
◦ Forme aigüe : maladie des griffes du chat, fièvre des tranchées (B. henselae), maladie de Carrion (B.
bacilliformis).
◦ Forme chronique : endocardite chez les patient porteurs de valvulopathies, (les bactéries ne peuvent
pas causer une telle maladie seules mais peuvent se greffer sur une infection pré-existante),
angiomatose bacillaire avec une prolifération de tumeurs vasculaires extrêmement
hémorragiques (B. henselae, B. quintana), péliose hépatique (B. henselae), verruga peruana (B.
bacilliformis).
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Diagnostic : sérologie par immunofluorescence, PCR.
Traitement : les bartonnella sont sensible à tous les antibiotiques en laboratoire
mais aucun ne fonctionne vraiment chez les patient. Traitement de la maladie
des griffes du chat : azithromycine per os pendant 5 jours. Traitement de
l'endocardite: amoxicilline + aminoside pendant 1,5 mois.
II. Brucella melitensis
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a-protéobactérie (Gram négatif).
Agents de la brucellose (ou fièvre de Malte), maladie systémique polymorphe.
Réservoir: animaux domestiques, caprins, ovins, bovins, porcs (c'est une zoonose).
Transmise par contact avec des animaux malades ou par ingestion de produits laitiers non pasteurisés.
Cellule cible : macrophages, la bactérie survit à pH acide.
Incubation pendant 1 à 4 semaines. La primo-infection est dans la majorité des cas asymptomatique
mais il y parfois survenue d’une fièvre sudoroalgique ondulante avec des myalgies et une asthénie. La
maladie guérie spontanément mais 6 mois plus tard, si le patient n’est pas traité, il y a apparition de
foyers infectieux isolés, multiples, le plus souvent ostéoarticulaires et pouvant aller jusqu’à la
spondylodiscite. L’évolution est très progressive ce qui fait que ces lésions sont diagnostiquées à un
stade souvent très évolué. On appelle cela le mal de
Pott. Les lésions sont avant tout ostéoarticulaires (75
%) mais aussi neurologiques, hépatiques, génitales ou
cardiaques (CR : les lésions cardiaques sont rares mais
ont une mortalité à 80 %).
Diagnostic: sérologie par immunofluorescence, ELISA,
agglutination (test de Wright), fixation du complément,
hémocultures, myélocultures, PCR.
C'est une maladie professionnelle à déclaration obligatoire.
Traitement : doxycycline + rifampicine per os pendant 6 semaines (primo-invasion) à 4 mois (forme
localisée).
III. Legionella pneumophila
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g-protéobactérie (Gram négatif).
Agent de la légionellose et notamment du sérotype 1.
Réservoir : eau stagnantes (à l’intérieur des amibes)dans les climatisations et les réseaux d’eau.
Transmise par aérosol, la cible est l'épithélium respiratoire.
Terrain favorisant: immunodépression (personnes âgées).
Incubation pendant 2 à 10 jours, tableau extrêmement bruyant avec une
maladie systémique, une pneumonie systématisée uni ou bilatérale, une
pleurésie, des diarrhées, des nausées, des vomissements, un syndrome
confusionnel. CR : C'est une maladie mortelle en l'absence de traitement.
Diagnostic par hémocultures, ECBC (CR : examen cytobactériologique des
crachats), sérologie par immunofluresence, dosage de l'antigène urinaire,
PCR (on peut plus ou moins la mettre pour le diagnostic de n’importe quelle maladie infectieuse).
Maladie à déclaration obligatoire.
Traitement par érythrocine ou fluoroquinolone per os durant 2-3 semaines.
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IV. Francisella tularensis
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g-protéobactérie (Gram négatif).
Agent de la tularémie, maladie d’inoculation touchant l'hémisphère nord uniquement.
Réservoir : rongeurs, surtout les lièvres (zoonose).
Transmise par contact avec un animal infecté (retrouvée chez les chasseurs, vétérinaires, bouchers…)
ou par piqûre de tique.
Incubation pendant 4 jours puis fièvre aiguë très élevée, présence d'une lésion d’inoculation (ulcération
cutanée, avec parfois en plus une conjonctivite ou une pharyngite), avec des adénopathies satellites. Il
existe des formes septicémiques plus rares (atteinte pulmonaire).
Diagnostic : culture, sérologie par immunofluoresence indirecte ou PCR.
Maladie à déclaration obligatoire ( en raison du risque de bioterrorisme).
Traitement : doxycycline ou ciprofloxacine per os pendant 14 jours.
V. Helicobacter pylori
Elle a été découverte par des gastro-entérologues australiens qui ont biopsié de façon systématique les patients
atteints de cancer de l’estomac et ont qui ont retrouvé à chaque fois cette bactérie spiralée. Ils ont obtenu un
prix Nobel car cette découverte a eu un impact considérable sur la santé humaine. Aujourd’hui on peut traiter
les infections à Helicobacter et donc prévenir le cancer de l’estomac.
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e-protéobactérie (Gram négatif flagellé).
Agent de 80% des ulcères gastro-duodénaux.
Réservoir : homme (50% sont porteurs).
Transmise par ingestion (aliments contaminés, salive), elle survit à pH acide.
Durée d'incubation inconnue. Elle provoque une gastrite, suivie d'un ulcère gastro-duodénal puis d'un
cancer de l’estomac.
Diagnostic : culture, sérologie, PCR, test au carbone 13 (ingestion d’urée marquée au carbone 13 puis
mesure du CO2 marqué expiré).
Traitement : amoxicilline + inhibiteur de la pompe à protons pendant 5 jours puis clarithromycine
+ métronidazole + inhibiteur de la pompe à protons pendant 5 jours.
VI. Bacillus anthracis
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Firmicutes (Gram positif, toxinogène).
Agent du charbon (anthrax), maladie d’inoculation.
Réservoir : environnement et bovins.
Transmise par contact.
Incubation pendant 2-3 jours, clinique bruyante avec un escarre noirâtre sur une induration
inflammatoire fébricule, lymphangite, adénopathies satellites, évolution spontanée vers le décès par
choc toxi-infectieux (elle est toxinogène) en l’absence de traitement. Il existe des formes digestives et
respiratoires.
Diagnostic: culture, PCR sur sang et peau.
Maladie à déclaration obligatoire (agent de bioterrorisme).
Traitement : doxycycline ou ciprofloxacine per os durant 8 semaines.
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VII. Yersinia pestis
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g-protéobactérie (Gram négatif).
Agent de la peste.
Réservoir: rongeurs (CR : les vecteurs sont notamment les puces des rats).
Transmise par piqûre de puce ou par aérosol (transmission inter-humaine).
Incubation durant 3 à 6 jours, symptomatologie variable :
◦ Adénopathie (bubon, très souvent inguinal) qui débouche sur une forme septicémique.
◦ Forme pulmonaire avec une pneumonie, soit au cours de la forme septicémique soit après une
contamination aérienne.
L’évolution sans traitement conduit souvent à la mort, mais avec traitement ça se soigne bien.
Diagnostic : culture à 28-30°C (CR : la plupart des bactéries pathogènes humaines doivent être
cultivées à 37°C, Yersinia pestis est une exception), PCR.
Maladie à déclaration obligatoire.
Traitement en isolement par gentamicine, streptomycine ou CR : chloramphénicol en intraveineuse.
Remarque : La difficulté de la peste et de l’anthrax c’est qu’il s’agit de maladies rares, il n’est donc par évident
de penser aux diagnostics immédiatement.
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