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Pascale PibotVincentBiourge Denise Elliott
Nutrition
Encyclopédie de la
Clinique Canine
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Ce livre est reproduit sur le site d'IVIS avec l'autorisation de Royal Canin. IVIS remercie Royal Canin pour son soutien.
Statut nutritionnel
du chien cancéreux:
évaluation et
recommandations
diététiques
Joseph J.
WAKSHLAG
BS, MS, DVM, PhD
Francis A.
KALLFELZ
BS, DVM, PhD,
Dipl ACVN
1 - Évaluation du statut nutritionnel du chien cancéreux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 435
2 - Le rôle de la nutrition dans le cancer et la cachexie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 436
3 - Recommandations nutritionnelles pour les affections tumorales et la cachexie . . . . . . . . 439
4- Supplémentation nutritionnelle pendant un traitement anticancéreux . . . . . . . . . . . . . . . 444
Questions fréquemment posées à propos de l’alimentation des chiens cancéreux . . . . . . . . 445
Références . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 446
Exemples de rations ménagères adaptées au traitement de la cachexie cancéreuse . . . . . . . 448
Informations nutritionnelles Royal Canin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 450
Cancer/Cachexie
433
Lanutrition n’est pas souvent mise en avant comme
un élément majeur de la thérapeutique lors d’affection
cancéreuse; pourtant, elle peut influencer fortement le bien-être
et l’espérance de vie de l’animal. En cas de cancer, en particulier
lorsqu’il s’agit d’une maladie métastatique, le problème réside
souvent plus dans la façon d’améliorer la qualité de vie du chien,
que d’obtenir une guérison. Au cours des 20 dernières années,
de nombreuses publications ont approfondi le rôle de certains
macronutriments (lipides, protéines et glucides) et micronutriments
(vitamines, minéraux, acides gras et acides aminés),
et leur intérêt particulier en cas d’affection tumorale. Bien que
ce domaine d’investigation soit encore balbutiant, de plus en plus
d’éléments plaident en faveur du fait que la prise en charge
nutritionnelle d’une affection tumorale peut avoir un effet
important sur l’espérance de vie des animaux et par conséquent
de leurs propriétaires.
Cancer/Cachexie
408
Statut nutritionnel du chien cancéreux :
évaluation et recommandations
diététiques
Joseph J. Wakshlag
BS, MS, DVM, PhD
Joseph Wakshlag est titulaire d’un diplôme BS et MS de l’Université de Montclair et d’un Doctorat de Médecine vétérinaire du Collège de
Médecine vétérinaire de l’Université de Cornell. Il vient d’obtenir un Ph D en pharmacologie, et s’occupe également de la formation des
Résidents en Nutrition vétérinaire. Ses recherches portent notamment sur les mécanismes de la fonte musculaire chez le chien et le chat,
et sur le métabolisme des acides aminés et des acides gras lors de processus néoplasique. En plus de son cursus universitaire, il étudie
quotidiennement le métabolisme du chien de sport dans son chenil de chiens de traîneau qu’il entraîne pour des courses de vitesse.
Francis A. Kallfelz
BS, DVM, PhD, Dip ACVN
Francis Kallfez est diplômé du Collège de Médecine vétérinaire de l’Université de Cornell depuis 1962. Il poursuit des études sur le
métabolisme du calcium et obtient un Ph D de Physiologie en 1966. Il est ensuite nommé Membre de la Faculté des Sciences cliniques du
Collège de Médecine vétérinaire de Cornell. De 1986 à 1997, il exerce les fonctions de Directeur des cliniques. En parallèle, il s’implique
intensément dans l’élaboration de la Charte du Collège américain de Nutrition vétérinaire, créé en 1988. Il occupe actuellement la chaire
James Lawde Nutrition au département des Sciences cliniques. Il a consacré une grande partie de sa carrière à la recherche sur le
métabolisme et l’absorption du calcium, du phosphore, du magnésium et de la vitamine D. Plus récemment, il s’est également intéressé
aux besoins en protéines et aux mécanismes moléculaires liés à la perte de masse maigre.
1 - Évaluation du statut
nutritionnel du chien cancéreux
Bien que cela ne soit pas l’objet de ce chapitre, le chien souffrant d’une affection tumorale
associée à une anorexie nécessite la mise en place immédiate d’une alimentation entérale
ou éventuellement parentérale totale ou partielle (voir chapitre 14).Il est souvent difficile
de savoir si la perte de poids est due à l’anorexie ou à une cachexie cancéreuse. En cas de
processus néoplasique avancé, une anorexie intermittente est souvent associée à la chi-
miothérapie.
Cliniquement, la cachexie peut se définir comme un amaigrissement progressif malgré un
approvisionnement en énergie apparemment adéquat. Parmi les causes de cachexie com-
munément envisagées, il faut citer les perturbations du métabolisme de base, se traduisant
par une augmentation des besoins énergétiques au repos. Mais d’autres facteurs pourraient
induire une perte de masse maigre, facteurs qui ne seraient pas liés à l’augmentation de l’ac-
tivité du métabolisme.
Des commémoratifs complets, un examen clinique approfondi, une évaluation personnelle
et le suivi du chien sont d’une très grande importance pour apprécier l’activité métabo-
lique. C’est au clinicien qu’il incombe de savoir si un chien cancéreux est hypermétabo-
lique ou si d’autres mécanismes sont responsables de la dégradation anormale de la condi-
tion corporelle. Pour faire la distinction, le vétérinaire doit non seulement suivre l’évolu-
tion du poids, mais aussi celle de l’indice corporel général, en s’efforçant d’apprécier sub-
jectivement si le chien présente une perte anormale de masse maigre.
Une étude vétérinaire a montré qu’une fraction significative (27 %) de la population des
chats cancéreux souffre de cachexie (Baez & coll, 2002).Il n’existe pas de données équi-
valentes chez le chien pour l’instant, mais comme les traitements se généralisent et allon-
gent l’espérance de vie des chiens cancéreux, la prévalence de la cachexie pourrait aug-
menter.
Il existe de nombreux outils sophistiqués pour évaluer la masse maigre, par exemple l’absorptiométrie
biphotonique à rayons X (Dual Energy X-ray Absorptiometry ou DEXA) et les techniques d’impédance
isoélectrique, mais la plupart des praticiens ne disposent pas de ces appareils. Dès lors, l’évaluation régu-
lière du poids et de l’indice corporel est essentielle pour surveiller une néoplasie.
Face à une perte excessive de poids et de masse maigre, il faut d’abord s’interroger sur la présence éven-
tuelle d’autres maladies concomitantes; diabète sucré, cardiopathies, insuffisance rénale chronique,
hyperthyroïdie, sont d’autres affections responsables d’une stimulation biochimique et hormonale anor-
males pouvant être responsables de cachexie.
Pour tenter de définir à partir de quand une perte de poids anormale entre dans le cadre de la cachexie
en l’absence d’anorexie, il existe des références dans la littérature humaine (Inui, 2002);(Tableaux 1
et 2).
1 - Évaluation du statut nutritionnel du chien cancéreux
Cancer/Cachexie
L
ORSQU
UN CANCER EST DIAGNOSTIQUÉ
CHEZ UN CHIEN
,
LE VÉTÉRINAIRE EST
GÉNÉRALEMENT CONFRONTÉ À TROIS
TYPES DE SITUATIONS DIFFÉRENTES
:
1) Néoplasie sans complication nutritionnelle
2) Néoplasie avec anorexie
3) Néoplasie avec cachexie.
En général, une anorexie se traduit par une perte
de poids surtout due à une fonte du tissu adipeux,
alors que les chiens cachectiques perdent des
quantités pratiquement égales de masse maigre
et de masse grasse.
© JY Deschamps
T
ABLEAU
1 - C
ARACTÉRISTIQUES RESPECTIVES
DE L
ANOREXIE ET DE LA CACHEXIE
Anorexie Cachexie
Consommation d’énergie
/
Dépenses énergétiques
/
Masse grasse
Masse maigre
T
ABLEAU
2 - C
RITÈRES INDICATIFS POUR SAVOIR QUAND SUSPECTER UNE
CACHEXIE D
ÊTRE RESPONSABLE D
UNE PERTE DE POIDS CHEZ LE CHIEN
État nutritionnel %poids perdu/poids total Durée d’évolution
Chien adulte sain 2% 1mois
Chien adulte sain 3,5 %3mois
Suspicion de cachexie 5% 6mois
Cachexie avérée >10 % < 6mois
409
Il est conseillé d’observer quotidiennement la musculature de l’épaule, des membres postérieurs et des
mâchoires (Baez & coll, 2002).Lors de cachexie, certains reliefs osseux deviennent rapidement plus
visibles: c’est le cas de la tubérosité glénoïdale, de l’arête de l’omoplate, de la tubérosité ischiale, du
grand trochanter fémoral et de la crête sagittale du crâne.
Quand l’examen de la musculature glutéale et des muscles lombaires mettent en évidence que la crête
iliale et les apophyses vertébrales font saillie et sont palpables, cela objective la perte de masse maigre
(Figure 1).Comme il existe un index de condition corporelle pour évaluer le degré d’obésité, un index
de condition musculaire est actuellement en développement qui aidera le clinicien à apprécier une
cachexie et une perte de masse maigre excessive chez le chien.
2 - Le rôle de la nutrition
dans le cancer et la cachexie
Dans certains cas, le décès du chien n’est pas dû au cancer lui-même, mais bien à la dégradation impor-
tante de sa condition physique. Il est essentiel de bien comprendre ces processus pour anticiper l’in-
tervention nutritionnelle.
Épidémiologie nutritionnelle
du cancer en médecine vétérinaire
La prévention nutritionnelle du cancer est devenue un sujet auquel de plus en plus de recherches sont
consacrées en médecine humaine, en raison de la variabilité des régimes alimentaires chez l’homme,
et de la prise de conscience croissante du fait que certaines modifications diététiques peuvent diminuer
le risque relatif de cancer.Les mêmes principes peuvent sans doute s’appliquer en médecine vétérinaire,
mais la plupart des chiens ont une alimentation plus équilibrée que celle de l’homme. Dans cette pers-
pective, trois études épidémiologiques ont été réalisées à propos de la tumeur mammaire chez la
chienne, visant à évaluer les facteurs de risque liés à l’alimentation et à la composition corporelle. Il
est apparu clairement que si la teneur en matières grasses du régime avait très peu d’influence sur
l’incidence des tumeurs, l’obésité globale augmentait le risque relatif (Sonnenshein & coll, 1991).
Il est intéressant de signaler qu’une étude a montré que, lorsque la concentration en protéines aug-
mente dans le régime, le risque relatif de tumeur mammaire diminue, tandis qu’une seconde étude fait
état d’un risque accru si la viande crue représente la source principale d’énergie du régime (Shofer &
2 - Le rôle de la nutrition dans le cancer et la cachexie
Cancer/Cachexie
410
© Cornell Comparative Oncology Program
© Cornell Comparative Oncology Program
L
ORS D
AFFECTION
CANCÉREUSE
,
LES DEUX PRINCIPALES
PRÉOCCUPATIONS
DU VÉTÉRINAIRE SONT
:
1) la limitation de l’extension
du processus tumoral et,
tout aussi important
2) la prévention ou le traitement
de la cachexie.
F
IGURE
1 - C
ACHEXIE CANCÉREUSE
Émaciation extrême due à une perte de masse maigre très importante. Noter les saillies osseuses visibles
au niveau des côtes, des hanches, des vertèbres et de la crête sagittale, ainsi que la fonte musculaire
au niveau des membres postérieurs et dans la région pectorale.
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