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NOTE D’INTENTION
J’ai eu la chance de rencontrer Léo et Emile en 2007, à l’occasion d’une première lecture du
texte au festival des francophonies en Limousin. Je les ai rencontrés comme j’aurai rencon-
tré un petit frère et une petite soeur jusqu’alors inconnus. J’ai eu l’envie de tout savoir
d’eux, rattraper le temps perdu de leur absence. !
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Du temps a passé, sept ans, entre ce premier instant ensemble et le début des répétitions.
Volontairement, je n’ai pas tout de suite monté le texte. Je voulais être certain qu’Emile, Léo
et Eléonore résisteraient à mon souvenir, qu’ils me laisseraient des traces.
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Le choix des acteurs a été déterminant : je les souhaitais jeunes, mais ils ne pourraient
pas avoir l’âge des rôles, quoiqu’il arrive. Ce seront des adultes, à qui il resterait ce je-ne-
sais-quoi de suffisamment juvénile pour qu’ils n’aient pas à «composer» des personnages
d’enfant. Ca ne se situerai ni dans le corps, ni dans la voix, mais bien dans la posture et la
personnalité. Et surtout, je les souhaitais lumineux. Aussi pour la première fois j’ai organi-
sé des auditions, rencontré des dizaines de jeunes acteurs jusqu’à découvrir Aurélien et
Rebecca. Il n’y avait aucun doute : il sera «mon» Emile, elle sera «ma» Léo.
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Lors de nos toutes premières séances de travail, j’ai tout de suite confié à Rebecca et Au-
rélien mes craintes sur le fait que des adultes jouent des d’enfants. Aussi je leur ai de-
mandé de ne pas composer en ce sens, et de faire confiance à leur personnalité et aux
fulgurances d’enfance que nous offre le texte. Il ne s’agit pas de «faire croire» aux specta-
teurs qu’ils sont des enfants, mais bien de leur «faire accepter», avec le moins d’artifices
possible, qu’ils sont des enfants.
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La Constellation du Chien, c’est l’histoire d’une rencontre, aussi furtive soit-elle, entre
Émile et Léo, pas tout à fait des grands, encore... mais pas des petits non plus, quelque
chose entre les deux, une rencontre qui navigue sur les frontières de la détestation, de la
rancoeur, de l’amitié et de l’amour. Des montagnes russes de sentiments à explorer avec
les comédiens. Une histoire qui laissera à jamais des traces dans la vie de Léo : Il y a
quinze ans, jour pour jour, une de ces roches est tombée par ici. Ce jour-là, je me suis fait
un ami. Un vrai. Peut-être le premier que j'avais jamais eu. Et ce jour-là - il y a quinze ans,
jour pour jour - je l'ai aussi perdu.!
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A priori, Emile et Léo n’ont aucun point commun, rien qui pourrait les faire devenir amis. Lui
ne vit que dans sa croyance en Laïka, la chienne envoyée dans l’espace par les russes en
1957 ; un petit gars avec son air de rien, ses livres d'astronomie, puis ses grands yeux qui
sont toujours en train de chercher, sans jamais savoir où s'accrocher . !
Elle, elle traîne avec des bandes de petits voyous après l’école et revendique de ne pas être
une princesse. Et pourtant, quelque chose va les réunir : ils sont tous les deux en fuite, et il y
a un contentieux entre eux. Ce qui m'intéresse dans cette histoire, c’est comment du haut
de leur adolescence, ils vont, ensemble, négocier ce contentieux.
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