Qu`est-ce que le profit charlotte - prepa-bl

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Qu’est ce que le profit ?
Introduction
Entreprise : institution qui combine des facteurs de production (rationalisation de son organisation) en vue de produire des biens et
services qui, vendus sur le marché, lui permettent de poursuivre son objectif : la réalisation d’un profit maximum.
Profit : revenu du capital et/ou de l’entrepreneur. En compta nat ou privée : mesuré par l’EBE. 𝜋 = p x q – CT (𝜋 = profit ; p = prix ; q
= qté ; CT = coût total).
A priori pas de problème MAIS impasse théorique en microéconomie.
Quand la micro accepte l’existence du profit, elle ne sait pas l’expliquer. Si le profit est considéré comme un résidu, il équivaut à la
rémunération d’un « facteur caché ». Pourquoi alors ne pas l’ajouter à la liste des différents facteurs ? Dans ce cas, le profit devient nul.
Quel intérêt l’entreprise aurait-elle à produire (cf. définition Ent)?
Pour résoudre ce dilemme, on accepte l’idée suivante : le profit n’est pas nul, il est un phénomène passager qui disparaît sous la
pression de la concurrence (si celle-ci n’est pas entravée).
MAIS cela suffit-il à résoudre tous les problèmes (théoriques) liés au profit ?
I.
Le profit comme phénomène passager
1)
Le rôle des rendements d’échelle
L’existence et la nature du profit dépendent du type de rendement d’échelle (RE) que l’on considère.
RE croissants : incompatible avec le modèle de la CPP (l’entreprise aurait intérêt à proposer une offre infinie : impossible).
RE constants :
- Prix < coût moyen de production : l’offre est nulle.
- Prix > coût moyen de production : l’offre est infinie.
- Prix = coût moyen de production : profit nul. Pb. D’autant que, les prix étant donnés au hasard (CPP), aucune raison
d’avoir l’égalité.
RE décroissants (hypothèse privilégiée par les microéconomistes): seul cas où l’offre est déterminée en situation de CPP. Le pb du
profit se pose encore. Le micro économiste le présente alors comme une anomalie passagère (i.e. il disparaît à long terme).
2) Un profit qui disparaît à long terme ?
A priori, postulat le plus valable. MAIS l’argument dit de la « libre entrée » pose problème : il serait, ds ce cas, plus efficace de répartir la
production entre un maximum d’entreprises de taille minimale (coût unitaire plus faible). Pb : les entreprises sont alors si petites
qu’elles disparaissent (absurde).
Pour éviter cette absurdité : existence de « coûts fixes » acceptée (ils ne peuvent être amortis que si prix & quantité produite
dépassent certains seuils). Pb : dans ce cas, le système est hautement instable (bonds de l’offre, qui se traduisent par des variations
brusques et conséquentes du prix, et donc du profit), avec entrées et sorties permanentes [≠ d’un profit qui disparaîtrait
progressivement].
3) La coupure entre micro et macroéconomie
Micro : accent mis sur le cas des rendements décroissants (avec ou sans coûts fixes).
Macro : accent mis sur la répartition du revenu. Chacun serait payé selon sa contribution à la production (pas de lutte des gpes
sociaux). [J.B. CLARK : existence d’un profit non nul qui ne rémunère aucune contribution = système « injuste »]
SAMUELSON (solution retenue ds la plupart des cas) : la libre entrée pousse le profit vers le bas, jsq’à ce qu’il atteigne le coût moyen
minimum (disparition du profit).
Rôle déterminant de l’idéologie selon laquelle le prix d’un produit est égal à la somme des rémunérations des facteurs qui ont
contribué à sa fabrication (si concurrence) ds le choix des hypothèses retenues.
II.
Le profit comme rémunération du risque
1)
Le marché comme processus de découverte
Système walrasien : dans la concurrence pure, « l’entrepreneur est un intermédiaire dont on peut faire abstraction », car équilibre
général, intemporel, sans incertitude. Pertes et profits disparaissent.
Hypothèse différente chez les Autrichiens : la situation de marché est caractérisée par l’imperfection et le déséquilibre. Existence de
« poches d’ignorances » (KIRZNER), que l’entrepreneur doit découvrir. Via l’échange dont il est à l’initiative, l’entrepreneur transfère sa
connaissance exclusive sur le marché, il la socialise et en fait un instrument de bien-être collectif. Il est pour cela récompensé
[intégration des notions de rationalité limitée des agents, apprentissage, profit, dynamisme des ajustements, figure de l’entrepreneur
actif].
2) Profit entrepreneurial et progrès économique
Principe d’identification d’un profit : un entrepreneur est avant tout celui qui perçoit une opportunité de profit, i.e. un échange
mutuellement avantageux non encore exploité par les agents sur le marché (KIRZNER).
L’entrepreneur soutient la croissance de la production parce qu’il révèle de nouveaux usages et/ou informe des mauvais usages de
ressources existantes.
ATTENTION : croissance économique ≠ progrès économique. La théorie de l’entrepreneur est construite davantage pour expliquer le
progrès éco que la croissance quantitative de la production. L’entrepreneur n’est pas une condition nécessaire à la croissance de la
production. En revanche, il est nécessaire, au progrès éco (bien de meilleure qualité, d’une plus gde variété, techniques de production
plus performantes, etc.).
KIRZNER : l’amélioration du bien-être économique de la population des pays riches est atteinte grâce à la posture de vigilance au profit
des entrepreneurs.
3) Origine des profits ?
Les profits sont la récompense pour avoir perçu et exploité correctement des opportunités disponibles (= prime offerte à celui qui
bouge le premier). L’origine de la découverte de la possibilité de modifier les calculs éco des agents qualifie, ensuite, les qualités de
l’entrepreneur : arbitragiste (profit d’arbitrage = différentiel de prix), spéculateur, imitateur, innovateur.
Origine des opportunités de profit :
- Déséquilibres de prix (principale source de profit selon KIRZNER)
- Existence d’inefficiences organisationnelles
- Phénomène d’entraînement (HOLCOMBE, 1998) [l’identification d’une opportunité par un entrepreneur crée des
opportunités pour les autres]
- Existence ou non d’externalités et de réseaux entrepreneuriaux.
L’entrepreneur n’a un rôle à jouer ds la coordination que parce que prix imparfaits, connaissance dispersée, coordination pas
instantanée, rationalité limitée.
III.
Innovation, croissance et entreprises
1)
Le rôle majeur de la connaissance
Modèles néo-schumpétériens de croissance : principale cause de croissance = innovation. Rôle majeur de la connaissance.
SCHUMPETER : l’exploitation d’un profit d’innovation détruit les opportunités des autres entrepreneurs. L’origine des profits est
endogène, il s’agit d’un acte créatif de la part de l’entrepreneur [≠ profit exogène de la vision kirznérienne]. Eco de marché perçue
comme un système dynamique en perpétuelle adaptation qui crée de nouvelles opportunités à travers un cycle de destruction
créatrice. L’entrepreneur crée un choc par son travail de recherche et développement.
Ultime objectif de l’entreprise : détruire les vieilles sources d’avantages concurrentiels et en créer de nouvelles.
La connaissance affecte le niveau d’investissement en innovation (la croissance est générée par l’investissement).
2) Qui est porteur d’innovation ?
L’importance de l’innovation ds la croissance éco des pays riches est un résultat acquis.
Les conditions de la concurrence sont un puissant aiguillon en faveur de l’innovation. Il y a des atmosphères spirituelles et culturelles
plus favorables que d’autres à l’innovation.
GALBRAITH et CHANDLER : seules les gdes entreprises sont capables de soutenir la production d’innovations majeures et le
développement (innovations de rupture). MAIS : position partiellement fausse, car les petites firmes sont également à l’origine d’un
nb important d’innovation. Les petites firmes tendent à innover ds des champs technologiques encore inexplorés des grandes firmes.
Nb d’innovation augmente ds petites firmes avec la proximité des universités. La taille des firmes n’est pas ici un déterminant de
l’innovation ; elle ne fait que conditionner le type d’innovation.
3) Une création d’entreprises porteuse de croissance ?
Travaux de l’OCDE : alors que la relation entre nombre de brevets et taux de croissance est significative et positive, la création
d’entreprises, mesurée par le selfemployment, est négativement liée à la croissance. MAIS difficulté d’utilisation des données, qui
montrent aussi qu’il existe une relation positive entre activité des entrepreneurs et croissance du PIB.
CARREE, VAN STEL, THURIK, WENNEKERS, 2002) : définissent un niveau entrepreneurial d’équilibre. Un trop petit ou un trop grand nb
d’entreprises a des conséquences néfastes sur le potentiel de croissance éco d’une nation. La question ne serait plus d’avoir un fort
taux de création d’entreprise, mais un taux d’équilibre, i.e. un taux en phase avec son niveau de développement.
Conclusion
La baisse continue de la part des entrepreneurs ds la population active en France depuis 1972 nuit à la croissance.
Il est important de ne pas sous-estimer la capacité de l’entrepreneur à résoudre les défaillances du marché.
La question essentielle n’est pas de réaffecter les ressources vers l’éducation, la recherche et développement ou la construction
d’infrastructures, mais de créer des institutions qui incitent les individus à entreprendre.
Il est également possible de tenter de définir le profit au sein de la firme. Dans le cas d’une firme entrepreneuriale, on le définit par sa
destination (part qui revient à l’agent central), et non par son origine. En revanche, dans le cas d’une firme managériale, la notion de
profit se brouille (elle ne désigne plus la rémunération d’un agent particulier). Ainsi, le principe de maximisation du profit n’est en
lui-même porteur d’aucun critère de répartition entre les différents agents (actionnaires, salariés, entreprise).
Sources
Bernard GUERRIEN, « Le problème du profit », Alternatives Economiques n°240 – octobre 2005
Mathieu MUCHERIE, « L’entrepreneur dans la théorie autrichienne. Un homme sans qualité ? », Revue internationale de
Psychosociologie 2008/32, Vol. XIV
François FACCHINI, « Entrepreneur et croissance économique : développements récents », Revue d’économie industrielle, n°119, 2007
Antoine REBERIOUX, « Les fondements microéconomiques de la valeur actionnariale. Une revue critique de la littérature », Revue
économique, 2005/1
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