La chrétienté médiévale - Tutorat-hg

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Chap 4 : La Chrétienté médiévale XI-XIIIème siècles
Le terme de chrétienté
= l’ensemble des sociétés européennes qui, depuis
l’Antiquité, ont fait du christianisme la religion qui guide
leur société.
L’Église :
- la communauté des fidèles du Christ
- une institution hiérarchique composée de clercs au service
de la communauté
En quoi le « Moyen Âge central » (XIème-XIIIème siècle)
caractérise par un renouveau de l’institution ecclésiale ?
se
I. L'Eglise : une institution puissante dans la société
médiévale
A. L’Église latine, une institution hiérarchisée.
Doc 1 p 86
Les clercs ont des droits et des
devoirs, dont le célibat, qui les
distinguent du reste de la
société, les laïcs.
Le clergé est divisé en deux
groupes :
- ceux qui vivent au milieu du
monde, les clercs séculiers
(parmi lesquels les prêtres)
- ceux, retirés du monde, qui
vivent selon une règle, les
clercs réguliers.
1° le clergé séculier Doc 1 p 84
- les grands dignitaires de l’Église (archevêques, évêques )
= L’évêque, (à la tête du diocèse) :
« celui qui surveille » (du grec episcopos)
Il délègue dans les paroisses une partie de son autorité sacerdotale
aux prêtres aidés par des diacres
= l’encadrement effectif des fidèles appartient aux prêtres,
diacres, sous- diacres
- Les ordres mineurs assistent les prêtres et les évêques dans la
célébration du culte.
- le portier veille sur les bâtiments
- le lecteur prend soin des manuscrits et lit durant l’office
- l’exorciste impose les mains et récite les formules de
délivrance du mal
- l’acolyte enfin s’occupe plus précisément de l’entretien du
luminaire de l’église.
2° le clergé régulier
Sous la direction d’un abbé, les moines vivent enfermés dans un
monastère.
= « moine » en latin « solitaire » (monachus).
La plupart des moines vivent selon la règle rédigée par saint Benoît
de Nursie (Italie) = on les appelle de ce fait des moines bénédictins.
B. L’essor du monachisme au XI- XIIème siècle.
La vitalité du monachisme est à son apogée autour de 1100,
- Les clunisiens (Cluny est une abbaye en Bourgogne fondé en
910 par le duc d’Aquitaine).
= Au début du XIIème siècle : près de 1400 monastères
clunisiens
On leur reproche leur enrichissement.
- Les chartreux fondés par saint Bruno en 1084.
- Les cisterciens fondés par Robert de Molesme en 1098. Ils
deviennent un ordre puissant avec Bernard de Clairvaux
→ voir p. 98-99 : l’abbaye de Fontenay Question 1 à 6
- Les ordres mendiants apparaissent au XIII s. Ils
parcoururent les villes pour propager la parole de Dieu et
l’enseigner.
L’ordre des franciscains (1210) fondé par St François
d’Assise (1182-1226)
L’ordre des dominicains (1215) fondé par St Dominique
(de Guzman) (1170-1221)
C. L’Eglise, une institution qui se réforme et qui cherche à
s'imposer.
Question 6 p 85
Grégoire VII (élu pape en 1073, ancien moine de Cluny) est à
l'origine de la Réforme dite grégorienne.
= vise à lutter contre le relâchement moral des clercs
le nicolaïsme (mariage ou concubinage des prêtres)
la simonie (achat de charges ecclésiastiques).
il impose une théocratie pontificale : régime politique dans
lequel le pouvoir spirituel (celui du pape) domine et contrôle le
pouvoir temporel des rois et des princes.
Ex 1177 : Frédéric Ier Barberousse s'agenouille à Venise
devant le pape Alexandre III
Concile de Latran de 1215 (à l'initiative d'Innocent III)
= réforme des mœurs et des dogmes de l'Eglise
- redéfinition des sacrements (mariage, confession...)
- redéfinition de certains principe de la foi (transsubstantiation)
- condamnation du nicolaïsme et de la simonie
- la lutte contre les hérésies
II. L'Eglise : une institution au coeur de la vie quotidienne
des chrétiens
A. La paroisse, centre de la communauté villageoise.
Au XIe siècle, le réseau paroissial se densifie (causes :
l’essor démographique, les grands défrichements et
l’apparition de villages neufs.)
Ex : Angleterre - 2 000 paroisses au début du XIè - 10 000 fin du XIIIè
La paroisse est le centre de ralliement
- la messe
- lieu pour payer la dîme au prêtre (+ les
baptême et de sépulture).
- lieu d'enseignement
- lieu d'aide aux plus pauvres.
frais de
Il est interdit de fréquenter une autre paroisse que celle à laquelle on est rattaché.
- lieu de réunion et d'information (lors du sermon dominical
sont lues les proclamations de l’évêque, du seigneur ou du pouvoir royal.)
- lieu de fête
B. Le christianisme, une religion du Salut.
1. Le chrétien doit croire à un ensemble de principes.
L’Église a établi en 325, au concile de Nicée, les dogmes
essentiels du christianisme
- La Trinité est au cœur de ce dogme
- l’âme est immortelle, distincte du corps périssable, qu’elle doit
sauver.
= Le christianisme est une religion du Salut.
2. La crainte du jugement dernier
Voir tympan de Conques p 97 + évolution avec Reims p101
Le péché engendre la mort éternelle tandis que la grâce
sauve.
= La grâce est un don gratuit de Dieu que l’homme pécheur ne
mérite pas mais l’Église valorise les bonnes actions, les œuvres
À partir du XIe siècle, le Christ sauveur et la Vierge sont au
centre de la piété
= L’art religieux exprime cette transformation de la croyance (Christ
justicier à un Christ rédempteur)
3. Une vie scandée par la religion
a. Une année organisée autour des grands moments de la vie
chrétienne
Pendant l'année : doc 1 p 88 les moments importants chrétiens
Pâques = commémore la Passion et la résurrection du Christ
(le carême )
l’Ascension
la Pentecôte
L’Assomption
la Toussaint
fête de Noël (précédé par le temps de l’Avent)
b. les sacrements, qui accompagnent la vie du chrétien
= le font échapper à l’Enfer, tout en ayant des vertus
d’enseignement.
Sacrements (déf° p 88)
- Parmi eux, le baptême est le plus important Question 2 p 89
la pratique du pédobaptême (baptême des enfants) s’est
généralisée en Occident.
( il efface le péché originel d’Adam et Eve, et marque l’entrée dans la communauté
chrétienne.)
- Le mariage doc 2 p 88 : dernier sacrement
christianisé progressivement
- l’extrême onction :
dernier.
prépare le mourant
qui s'est
au jugement
c. Les cloches rythment la vie quotidienne
Ex : angélus le matin
4. Les obligations pour obtenir le Salut
a. la messe doc 3 p 85 du dimanche
question 2
elle permet :
- de rassembler les fidèles de la paroisse
- de commémorer le sacrifice consenti par le Christ
(sacrement de l’eucharistie)
Excommunication
b. faire acte de pénitence, c’est-à-dire se repentir de ses
péchés. Doc 5 p 89 question 4
la pratique de la confession devient obligatoire une fois par an.
c. Le pèlerinage auprès du tombeau d’un saint célèbre
représente une forme privilégiée de pénitence.
Doc 6 p 89 question 6
Exple : Carte p 81 : St-Jacques de Compostelle, Vézelay, Ste Foy,
le Mont St- Michel, Jérusalem …
III. L'Eglise : Une institution qui façonne l'Occident médiéval
A. Peurs de l’an mil et paix de Dieu.
Vers l'an 1000 : affaiblissement de l’autorité des rois et des
princes
= un regain de violence, voire le retour du paganisme dans
certaines régions.
En 989, une assemblée ecclésiastique à Charroux (près de
Poitiers) lance le mouvement de la paix de Dieu.
Doc 4 p 85 questions 3 et 4
= Ce mouvement vise à excommunier
La paix de Dieu doit se contenter de limiter la violence.
Elle évolue vers la « trêve de Dieu »
La « Trêve de Dieu »
Que ni homme, ni femme n’en attaque, en quelque lieu que ce soit,
un autre, ni n’attaque un château, un village, du mercredi au
coucher du soleil au lundi à l’aurore. Que si quelqu’un venait à
enfreindre cette trêve, qu’il soit excommunié par Dieu et exclu de
la chrétienté toute entière.
En accord avec le comte de Flandre, l’évêque du diocèse de
Thérouanne, pas de Calais, 1063
L’Église distingue alors la guerre injuste (la guerre entre les
chrétiens) et la guerre juste, qui débouche sur la guerre sainte.
B. L’expansion de la chrétienté latine.
Du Xe au XIIe siècle, la chrétienté latine s’élargit
- aux régions du nord et de l’est de l’Europe encore
païennes
- au sud aux dépens de l’Islam.
1. Les croisades
1. Les croisades
Foucher de Chartres : (Vers 1058-1128), clerc originaire de Chartres. Il était présent à
Clermont. Homme intelligent et observateur, il participa à la croisade en tant que chapelain
d'Étienne de Blois, puis de Baudouin de Boulogne. Il accompagna ce dernier à Édesse et ne
participa pas au siège de Jérusalem. Son histoire de Jérusalem est une chronique très
vivante de la croisade et des premiers temps du royaume latin de Jérusalem (jusqu'en 1124).
Il est urgent, en effet, que vous vous hâtiez de marcher au secours de vos frères qui habitent en
Orient, et ont grand besoin de l'aide que vous leur avez, tant de fois déjà, promise hautement. Les
Turcs et les Arabes se sont précipités sur eux, ainsi que plusieurs d'entre vous l'ont certainement
entendu raconter, et ont envahi les frontières de la Romanie, jusqu'à cet endroit de la mer
Méditerranée, qu'on appelle le bras de Saint-Georges, étendant de plus en plus leurs conquêtes
sur les terres des Chrétiens, sept fois déjà ils ont vaincu ceux-ci dans des batailles, en ont pris ou
tué grand nombre, ont renversé de fond en comble les églises, et ravagé tout le pays soumis à la
domination chrétienne. Que si vous souffrez qu'ils commettent quelque temps encore et
impunément de pareils excès, ils porteront leurs ravages plus loin, et écraseront une foule de
fidèles serviteurs de Dieu. C'est pourquoi je vous avertis et vous conjure, non en mon nom, mais au nom du Seigneur, vous
les hérauts du Christ, d'engager par de fréquentes proclamations les Francs de tout rang, gens de
pied et chevaliers, pauvres et riches, à s'empresser de secourir les adorateurs Christ, pendant qu'il
en est encore temps, et de chasser loin des régions soumises à notre foi la race impie des
dévastateurs. Cela, je le dis à ceux de vous qui sont présents ici, je vais le mander aux absents;
mais c'est le Christ qui l'ordonne. Quant à ceux qui partiront pour cette guerre sainte, s'ils perdent
la vie, soit pendant la route sur terre, soit en traversant les mers, soit en combattant les idolâtres,
tous leurs péchés leur seront remis à l'heure même; cette faveur si précieuse, je la leur accorde en
vertu de l'autorité dont je suis investi par Dieu même. Quelle honte ne serait-ce pas pour nous si
cette race infidèle si justement méprisée, dégénérée de la dignité d'homme, et vile esclave du
démon, l'emportait sur le peuple élu du Dieu tout-puissant, ce peuple qui a reçu la lumière de la vrai
foi, et sur qui le nom du Christ répand une si grande splendeur!
Foucher de CHARTRES, Histoire du pélerinage des Francs à Jérusalem, XIIe siècle
Méthode : étude d'un document
Travail en binôme :
1. Proposer un sujet
2. Proposer une consigne
3. Proposer une grille de correction recensant les idées importantes
contenues dans le document ainsi que les mots clés
1èrecroisade: Pape : Urbain II en 1095
2 croisades :
1095/1099
→ Les non combattants guidés par P l’Ermite
Libérer les
lieux saints → Grands seigneurs :
- Raymond de St Gilles (Toulouse)
- Godefroy de Bouillon
Par terre.
(pogroms contre les juifs par les non
combattants)
BILAN
- Les non combattants massacrés.
- Les chevaliers se constituent des
fiefs
= les Etats latins d'Orient
+ fondation d’ordre religieux
militaire pour défendre les lieux
saints : les Hospitaliers (1113) et
les Templiers (1129).
+ début de la fortification (le krak)
- Déception de Byzance : ne
récupère pas ses territoires.
2èmecroisade :
1146/49
Défendre les Etats
latins attaqués par les
musulmans (perte
d’Edesse en 1144
Prédicateur : St Bernard
sous les ordres du pape
Eugène III
- Louis VII le Jeune
(Frce)
- Conrad III (St Empire)
= mésentente entre les 2.
Par terre
(mésentente avec les
Normands en Italie)
Pillage et vol des
Grecs pendant le trajet
Par mer
- Aucun renforcement pour les
Etats latins
= Echec devant Damas (siège
de la puissance turque)
- Byzantins en partie
responsable de l’échec (pas de
vivres, pas de soutiens..)
3èmecroisade :
1187/1192
Récupérer
Jérusalem prise par
Saladin en 1187 choc
en Occident
Pape : Clément III
- Empereur Frédéric Ier
Barberousse
- Roi de France : Philippe
II Auguste
- Richard Cœur de Lion.
.
Par terre
(noyade) fin de la
croisade de l’empereur
par mer
par mer.(conquête au
passage de Chypre
appartenant aux
- Prise d’Acre par Ph Auguste.
- Reprise de territoires côtiers par
Richard. Echec devant Jérusalem.
= le royaume d’Acre.
- Trêve avec Saladin.
( Richard emprisonné par l’empereur
du St empire , Philippe en profite
pour récupérer des terr aux Anglais)
4èmecroisade : Pape Innocent III
- Venise assure le transport
1198/1204
moyennant finance
- Grands seigneurs : Ph de
Récupérer
Souabe (fils de Fréd
Jérusalem en
Barberousse.), Comte de
théorie
Flandre…
- déviation de la croisade
Par mer
(détournement par = siège de Constantinople (massacre et
Venise vers Zara) pillage)
- Partage de l’empire byzantin entre les
vainqueurs
( indépendance retrouvé à p de 1261)
- Efforts pour latiniser l’Eglise grecque.
2. La Reconquista
- Dans la Péninsule
ibérique
= la Reconquista : vise
à conquérir les terres
passées sous contrôle
musulman depuis 711
- devient une guerre
sainte au début du XIIe
siècle
Conquête particulière
- Intégre les chrétiens
de langue arabe (les
Mozarabes)
dans
l’Église latine
- tolérance envers les
minorités musulmanes
(les
Mudéjars)
et
juives.
3. L'expansion dans les terres païennes
Dossier p 93
4. Les luttes contre les hérésies.
L’Église, en tant que communauté chrétienne, lutte en son
propre sein contre les chrétiens jugés « déviants ».
p 90/91
la croisade des albigeois (1209-1229).
De 1209 à 1229 entre la vallée du Rhône et le Quercy (Lot).
1ère phase, la croisade des barons :
= de semer l’effroi parmi les populations
- processions où les prisonniers ont les yeux crevés, le nez
coupé.
- de grands bûchers collectifs (400 brûlés à Lavaur en 1211)
- des massacres de masse (à Béziers en 1209) ou à
Marmande en 1229)
+ la mise en place de la dynastie des Montfort
= ECHEC
En 1224, Amaury de Montfort céde tous ses droits au roi de
France (Louis VIII)
= la croisade royale à partir de 1226 ;
en 1229, le jeune Raimond VII de Toulouse se soumet à
Louis IX encore enfant.
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