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voie de conséquence, chuter la durée moyenne des réserves estimée à seulement une trentaine
d’années. Soit, une durée inférieure de 10 ans à la moyenne mondiale estimée à 40 ans8.
En Algérie, ces proportions sont encore plus graves. En effet, sa part de la production
de pétrole représente 2% de la production mondiale alors que les réserves prouvées ne
représentent que 0,9 % des réserves totales mondiales prouvées9.
La théorie du « syndrome hollandais » montre les effets macroéconomiques négatifs d’un
boom du secteur pétrolier : « substitution des importations à la production de biens de
consommation, volatilité des recettes fiscales, faible intégration de cette industrie dans le reste
de l’économie et impacts négatifs des revenus tirés de l’exploitation pétrolière sur la qualité
de la gouvernance et des institutions »10
Beaucoup d’études empiriques montrent que les pays dotés d’importantes ressources
naturelles affichent un certain retard en termes du rythme de croissance économique réelle à
long terme. Une des analyses menée sur une quinzaine de pays exportateurs des
hydrocarbures pour la période allant de 1960 à 200011, montre que ces pays avaient enregistré
un taux de croissance moyen bas comparativement aux pays en développement et aux pays
non exportateurs d’hydrocarbures (Phénomène attribué au « Deutch disease » ou au
« Paradoxe de l’abondance »). Toutefois, l’auteur montre que pour la décennie 1970 (marquée
par une augmentation marquée des prix de pétrole suite aux deux « chocs pétroliers »), les
taux de croissance enregistrés par ces pays exportateurs de pétrole, sont en moyenne plus
élevés que ceux des économies en développement.
Les mêmes conclusions sanctionnent une analyse portant sur une période- plus récente- allant
de 1981 à 2007. Cette dernière montre que le taux moyen de croissance économique des pays
exportateurs d’hydrocarbures est de 2,6 % par an alors que ce taux est de 4,2% pour les
économies émergentes12.
Une des explications les plus solides de « la malédiction des ressources » est celle qui
repose sur des approches d’économie politique qui recherche comment la richesse en
ressources naturelles peut influencer de manière négative les politiques économiques et être à
l’origine d’échecs politiques et institutionnels13.
8
Gacem B. (2007), « La rente pétrolière en Afrique : Bénédiction ou malédiction ? », Finance & bien commun,
De Boeck Université, 2007/3, N° 28-29, P. 115.
9
BP statistical review of world energy, Juin 2011, P. 6-8
10
Massayeau B. et Dorbeau-Falchier D. (2005), « Gouvernance pétrolière au Tchad : La loi de gestion des
revenus pétroliers », Afrique contemporaine, De Boeck Université, N° 216, 2005/4, P.140.
11
El Anshasy A., « Oil prices and economic growth in Oil exporting countries », Collage of business and
economics, United Arab Emirates University, P.1
12
Strum M. et al. (2009), « Fiscal policy challenges in oil-exporting countries: A review of key issues », European
central Bank, Occasional paper series, N° 104, June, P.9.
13
Tompson W. (2007), « Un Venezuela du froid ? La « malédiction des ressources » et la politique russe »,
Politique étrangère, 2007/5, Hors série, P. 114.