
nécrose par coagulation avec formation d’une escarre, ce
qui limite l’extension en profondeur [4] ;
–en cas d’inhalation : toux et détresse respiratoire,
crise d’asthme, œdème pulmonaire lésionnel (parfois à
distance), brûlures ;
–en cas de projection cutanée : brûlure de degré
variable ;
–en cas de projection oculaire : conjonctivite ou
kératite.
Bases fortes (pH > 12,5)
Ce sont les décapants pour four, les déboucheurs de
canalisation…
Les symptômes possibles sont :
–en cas d’ingestion : troubles digestifs (nausées,
vomissements, douleurs digestives, pneumomédiastin,
dysphagie, hypersialorrhée, hématémèse, signes fibrosco-
piques œsogastriques de stade variable pouvant aller
jusqu’à la perforation) ; brûlures de la bouche ou de la
gorge. Elles sont responsables d’une nécrose liquéfiante
avec saponification des lipoprotéines de surface, avec
une inflammation intense, des thromboses vasculaires et
une extension en profondeur (risque de perforation dans
les cinq jours qui suivent [5]). Il y a également un risque
de cancérisation à long terme [6] ;
–en cas d’inhalation : toux et détresse respiratoire,
crise d’asthme, œdème pulmonaire lésionnel, brûlures ;
–en cas de projection cutanée : brûlure de degré
variable ;
–en cas de projection oculaire : conjonctivite ou
kératite, pouvant être retardée.
Oxydants
Ce sont les produits à base de peroxyde d’hydrogène
(corrosifs dès 30 %), les ammoniums quaternaires (corro-
sifs dès 15 %) et l’eau de javel, qui ont souvent un pH
proches de la neutralité.
Les symptômes possibles sont :
–en cas d’ingestion : troubles digestifs (nausées,
vomissements, douleurs digestives, pneumomédiastin,
dysphagie, hypersialorrhée, hématémèse, signes fibrosco-
piques œsogastriques de stade variable pouvant aller
jusqu’à la perforation) ; brûlures de la bouche ou de la
gorge ;
–en cas d’inhalation : toux et détresse respiratoire,
crise d’asthme, œdème pulmonaire, brûlures ;
–en cas de projection cutanée : brûlure de degré
variable ;
–en cas de projection oculaire : conjonctivite ou
kératite, pouvant être retardée.
Conduite à tenir
En cas d’ingestion : ne pas faire vomir, laisser à jeun
pendant 6 heures, et faire une fibroscopie en cas de
symptômes [7].
En cas d’inhalation : traitement symptomatique et
prise en charge selon la gravité initiale (transport médica-
lisé par exemple si détresse respiratoire), éventuellement
fibroscopie bronchique.
En cas de projection oculaire : rinçage sous l’eau tiède
(sous le robinet ou la douche), pendant quinze minutes et
consulter immédiatement un ophtalmologue, surtout s’il
s’agit d’une base.
En cas d’exposition cutanée : rinçage abondant immé-
diat à l’eau (sous le robinet ou la douche pendant quinze
minutes) et consulter si signes de brûlures pour mise en
route d’un traitement symptomatique. En cas de brûlure
grave, il est nécessaire d’instaurer un suivi chirurgical ou
un suivi par un centre des brûlés.
Cas particuliers parmi les caustiques :
les eaux de Javel
Le risque est proportionnel à leur concentration en
chlore actif mais dépend aussi de la quantité de stabilisant
(soude). Le pH est basique, voisin de 11-12. L’eau de Javel
dite concentrée contient 9,6 grammes de chlore actif par
litre (36° chlorométriques) mais il faut se méfier des pro-
duits importés du Maghreb notamment qui titrent parfois
jusqu’à 58° chlorométriques, avec une forte concentra-
tion de stabilisants, d’où un pH pouvant être supérieur à
13 avec par conséquent un risque caustique majeur [8].
La forme diluée contient 2,6 grammes de chlore par litre
(forme prête à l’emploi). Le conditionnement en bidon ou
en berlingot ne préjuge pas de la concentration.
L’eau de Javel est particulièrement émétisante, notam-
ment en cas d’administration de lait après l’ingestion qui
est donc à proscrire.
Une autre particularité des produits javellisants est le
dégagement de vapeurs de chlore lorsqu’ils sont mélangés
à un produit acide (détartrant par exemple) avec irritation
des voies respiratoires, crise d’asthme, voire œdème
pulmonaire lésionnel. Ce type d’exposition est fréquent.
Antirouilles
Ils sont à base d’acide fluorhydrique, de bifluorure
d’ammonium ou d’acide oxalique. Ils possèdent une
toxicité double, systémique précoce et caustique locale
retardée.
Les symptômes systémiques sont neurologiques
(paresthésies, agitation, convulsions) et cardiaques (trou-
bles de l’excitabilité). Le bilan biologique peut retrouver
une hypocalcémie, une hypomagnésémie –dues au pro-
duit (effet chélateur) –ainsi qu’une hyperkaliémie et une
acidose métabolique consécutives à la nécrose tissulaire.
La prise en charge est particulière : rinçage abondant et
prolongé, apport de calcium, en local si exposition cutanée
(Carbopol
®
gel ou compresses imbibées de gluconate ou
chlorure de calcium) et en oral si ingestion, associé à la
correction des troubles ioniques (sulfate de magnésium en
intraveineux, perfusion de gluconate de calcium, sous
contrôles répétés de la calcémie).
En cas de projection oculaire, rinçage abondant et
prolongé, vérifier l’intégrité oculaire par un examen
mt pédiatrie, vol. 12, n° 4, juillet-août 2009
Les intoxications par produits ménagers chez l’enfant
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