
BUREAU INTERNATIONAL DES EXPOSITIONS | BIE INFO | N°13 2
EDlTORlAL BlE : Le
développement durable est
la couleur de l’économie
L’économie verte et l’économie bleue,
dont les seuls noms renferment les
objectifs, affirment explicitement que
la feuille de route vers la prospérité
économique doit inclure un chemin
vers la santé environnementale.
Le BIE et les Expos ont été des pionniers dans
cette vision pour l’avenir. Déjà en 1994, le BIE fit
approuver une résolution stipulant que toutes
les Expos doivent poursuivre activement des
objectifs environnementaux dans le cadre de
leur mission d’éducation et de contribution au
progrès de l’humanité. Depuis lors, chaque Expo
a fait faire à cette résolution un pas en avant,
en faisant de l’éducation pour l’environnement
durable un but de plus en plus influent, concret
et pratique.
Le thème de Lisbonne 1998,
Les Océans –
un Patrimoine pour l’avenir
, était une avant-
première précoce de ce qui, en 2012, va devenir,
avec Expo Yeosu, une mûre initiative éducative
et innovatrice de soutien à l’« Économie
Bleue ». Hanover 2000 représente un jalon
vers cet effort avec son thème qui soutient
l’idée d’équilibre entre l’homme, la nature et
la technologie. Cet effort a été déployé par
Aïchi 2005 dont le simple et puissant slogan
« La Sagesse de la Nature » est devenu un
exemple sur la façon dont on peut changer
les perspectives et les comportements dans
l’Expo et par l’intermédiaire de l’Expo. Dès lors,
les objectifs et les principes « verts » se mettent
à couvrir chaque aspect de l’Expo, tant au
niveau des opérations sur le site qu’en ce qui
concerne la communication publique. Zaragoza
2008 les a transformés en normes pour toutes
les Expos à venir.
Shanghai 2010 sera décisif pour renforcer le rôle
des Expos en tant que plates-formes mondiales
soutenant ces nouvelles perspectives
économiques à travers l’éducation, la
communication publique et la coopération
internationale. Shanghai 2010 va devenir un
laboratoire pour l’innovation, ouvrant ainsi la voie
à Milan 2015 qui rassemblera le monde autour
des questions de nutrition, d’environnement et
de disponibilités des ressources.
Par l’intermédiaire de ses Expos, le BIE
continuera à encourager et à contribuer à
l’éducation pour le développement durable,
comme principe pour les actions des citoyens
et des gouvernements et comme contribution
à l’établissement de cadres plus formels de
l’économie verte et bleue d’aujourd’hui.
Vicente González Loscertales
Secrétaire Général du BIE
“Croissance Bleue”
Le Conseil de l’OCDE au niveau des ministres a adopté, au cours de sa
réunion de Juin 2009, la Déclaration sur la Croissance Verte. L’objectif de
cette Déclaration est de contribuer au redressement économique mondial
en construisant des économies durables qui prennent en considération les
impératifs tant environnementaux que sociaux.
Il est clair que cela ne peut aboutir de
façon efficace qu’en incorporant aussi
l’environnement marin qui représente une
partie importante de la vie sur la terre. En
fait, les océans couvrent 71 pour cent de la
surface du globe, sont un régulateur important
du climat (certains appellent les océans les
« poumons » de la terre) et peuvent apporter
des avantages économiques substantiels
ainsi qu’une croissance supplémentaire
s’ils sont gérés de façon responsable et
durable.
Les océans contiennent des ressources
énormes, à tel point que nous nous trouvons
encore juste au début d’une Révolution
Bleue au cours de laquelle nous découvrons
progressivement la richesse énorme de
l’environnement marin et les utilisations
que l’on peut en faire. Une vaste gamme
de ressources biologiques attendent d’être
découvertes pour leur utilisation dans
les produits pharmaceutiques et autres
applications. Les océans sont aussi une
source importante d’activités de loisirs
et pour le tourisme. Ils sont des réserves
importantes de poissons et servent à la
pisciculture qui fournit aux humains la
protéine. L’environnement marin est en
même temps une voie importante pour
transporter des marchandises autour du
globe. Et les océans peuvent aussi fournir
l’énergie renouvelable de la marée, des
vagues et des hydrates de gaz.
Cependant, la pression humaine sur les
océans est énorme. Non seulement nous
pêchons souvent au-delà de la capacité de
transport des ressources, mais les pressions
montent aussi en raison de la demande
croissante d’autres services et ressources
de l’environnement marin. Le réchauffement
climatique influence aussi les océans et cela
affectera, à son tour, l’activité humaine,
en particulier la pêche et l’aquaculture.
L’augmentation des températures de la
mer peut avoir des effets dévastateurs
sur la pêche, tels que le déplacement de
ce précieux poisson vers d’autres parties
de l’océan. Il y a un besoin urgent d’une
approche plus cohérente à la gestion des
zones marines et côtières à travers une vaste
gamme de domaines politiques incluant
les politiques terrestres qui influencent
la structure océanique et les services
écosystémiques. Parmi ces domaines, les
plus importants sont le développement des
côtes, les politiques de l’environnement et la
politique agricole.
Les océans sont le patrimoine commun et,
même si une Révolution Bleue est en train
de s’amorcer, il n’en reste pas moins que
l’environnement marin a besoin d’un solide
effort coopératif de gestion à travers une
vaste gamme de pays et d’associés qui
veulent exploiter les possibilités économiques
offertes. La mort de la pêche, suite à notre
surexploitation collective, et la disparition
définitive de nombreuses réserves de
poissons, est un cas que nous ne voulons
pas voir se répéter pour d’autres ressources
marines. Personne ne retire aucun bénéfice
de telles actions; il devient impératif de
passer un accord international fort sur la
façon de mieux gérer les ressources marines
de façon durable.
Carl-Christian Schmidt
Chef de la Division des Pêches, Direction du
Commerce et de l’Agriculture, OCDE, Paris
Estonie, Ile Saaremaa, Golfe de Riga - Kuressare
Estonie, Ile Saaremaa, Golfe de Riga -
Extrême sud de Saaremaa