Lʼhomme neuronal
Sommaire
L’homme neuronal .................................................................................... 1
I « L’organe de l’âme », de l’Egypte ancienne à la Belle Epoque. ............. 3
L’homme pense avec son cerveau .......................................................... 3
L’âme et le corps. ................................................................................... 4
La phrénologie ....................................................................................... 5
Le neurone ............................................................................................. 6
Courant électrique et « substances médicamenteuses » .......................... 7
II Le cerveau en pièces détachées ............................................................ 8
Macroscopie du cerveau : le rapport poids du cerveau/surface corporelle
.............................................................................................................. 8
L’expansion du néocortex ...................................................................... 8
Microcircuits .......................................................................................... 9
Câblage ................................................................................................. 9
Les inputs ......................................................................................... 10
Les outputs ....................................................................................... 10
Modules ou cristaux ? .......................................................................... 10
De la souris à l’homme ........................................................................ 10
III Les esprits animaux ........................................................................... 11
L’électricité cérébrale : chaque neurone est une source d’excitation .... 11
Le signal nerveux : ouverture brutale du canal à sodium ...................... 12
Les oscillateurs : chaque neurone fonctionne comme un radio-phare .. 12
D’un neurone à l’autre : les neuro-transmetteurs .................................. 13
Les molécules-serrures : le récepteur post-synaptique .......................... 13
Les « atomes psychiques » réexaminés. ................................................ 14
IV Passage à l’acte ................................................................................. 14
Chanter et fuir ...................................................................................... 14
Boire et souffrir .................................................................................... 15
Jouir et s’irriter ..................................................................................... 16
Atteindre l’orgasme .............................................................................. 16
Analyser ............................................................................................... 16
Parler et faire ....................................................................................... 17
Du stimulus à la réponse (p. 157) ......................................................... 17
V Les objets mentaux (p. 160) ................................................................ 17
Matérialité des images mentales ........................................................... 18
Percept, concept, pensée ..................................................................... 18
Vers une théorie biologique des objets mentaux. ................................. 19
Assembler les neurones ........................................................................ 20
Problèmes de conscience ..................................................................... 21
Attention ! ............................................................................................ 22
Le calcul des émotions ......................................................................... 22
Voir les objets mentaux ........................................................................ 23
La « substance » de l’esprit .................................................................. 24
VI Le pouvoir des gènes ......................................................................... 24
Mutation de l’anatomie ........................................................................ 25
Hérédité et comportement. .................................................................. 25
Simplicité du génome et complexité cérébrale ..................................... 26
La cellule automate .............................................................................. 27
L’embryon-système .............................................................................. 27
Corticogenèse ...................................................................................... 28
La prédestination du cerveau ............................................................... 29
VII Epigénèse .......................................................................................... 30
Les différences entre vrais jumeaux. ..................................................... 30
Le comportement du cône de croissance ............................................. 31
Régression et redondance .................................................................... 31
Les rêves de l’embryon ........................................................................ 32
L’assemblage de la synapse .................................................................. 32
Théorie de l’épigenèse par stabilisation sélective ................................. 32
L’épigenèse à l’épreuve de l’expérience ............................................... 33
La spécialisation hémisphérique : pouvoir des gènes ou épigenèse ? .... 34
L’empreinte culturelle .......................................................................... 35
« Apprendre, c’est éliminer » ............................................................... 36
VIII Anthropogénie ................................................................................ 37
Des chromosomes du singe. ................................................................ 38
Casse-tête fossiles. ............................................................................... 38
Les clins d’œil du jeune chimpanzé. .................................................... 39
Gènes de communication et stabilisation sélective .............................. 40
La génétique de l’australopithèque ....................................................... 42
Le « phénomène humain » reconsidéré ................................................ 43
IX Le cerveau représentation du monde ................................................. 44
Préface
L’Homme neuronal est en 1979 d’un entretien avec Jacques-Alain
Miller et ses collègues de la revue Ornicar
On oublie souvent que Freud était neurologue de métier mais, depuis son
Esquisse d’une Psychologie scientifique de 1895, les multiples avatars de la
psychanalyse ont coupé celle-ci de ses bases proprement biologiques
Peut-être le moment est-il venu de réécrire lEsquisse, de jeter les bases
d’une biologie moderne de l’esprit ?
Les progrès récents des sciences du système nerveux ont été importants ces
vingt dernières années.
Les sciences de l’homme sont à la mode, psychologie, linguistique,
sociologie. L’impasse sur le cerveau est totale. Le développement des
recherches sur le système nerveux s’est toujours heurté, au cours de
l’histoire, à de farouches obstacles idéologiques.
Qu’a-t-il donc dans la tête, cet Homo qui s’attribue sans vergogne
l’épithète de sapiens ?
I « Lʼorgane de lʼâme », de lʼEgypte ancienne à la Belle
Epoque.
Lʼhomme pense avec son cerveau
Le papyrus de Louxor, copie d’un texte daté de 3000 av JC, expose une
liste de 48 cas de blessures à la tête, avec diagnostic et traitement. C’est le
premier document connu le rôle du cerveau dans la commande du
mouvement des membres ou d’organes est établi.
Pourtant, chez les Mésopotamiens, chez les Hébreux, chez les Grecs
anciens (Homère, VIIIè s. av. JC), c’est le cœur qui recèle l’intelligence et
les sentiments. L’esprit et la matière ne sont pas distincts : « La pensée et
l’être sont une seule et même chose » (Parménide).
Pour Démocrite (Vè s. av. JC) pourtant toute sensation ou image résulte
d’une changement de position des « atomes », particules élémentaires de
l’espace. Il abandonne le cœur au profit du cerveau « gardien de la
pensée ».
Hippocrate (IVè s. av. JC) enrichit la thèse de Démocrite par l’observation
clinique : « Si l’encéphale est irrité, l’intelligence se dérange ». Il découvre
l’épilepsie (apoplexie).
Platon (IVè s. av. JC) et les pré-socratiques formulent clairement la thèse
« céphalocentriste » : la pensée siège dans le cerveau. Une partie du corps
est perçue comme intellectuelle, pure, tandis que le reste est « irascible » ;
la moelle épinière réunit les deux parties séparées.
Aristote (IVè s. av. JC), contre Platon, reprend la thèse « cardiocentriste »
d’Homère et des Hébreux : c’est le ur qui est le siège des émotions et
de l’intelligence.
La querelle entre platoniciens et aristotelliciens va durer et dure encore
dans le langage courant : « Rodrigue, as-tu du cœur ? » (Le Cid, Corneille).
Au IVè siècle avant JC, les nerfs étaient inconnus tandis que les vaisseaux
sanguins s’imposaient à l’observation.
C’est pourtant Aristote qui affirme le premier l’importance de la
représentation mentale : « L’âme ne pense jamais sans image ».
La médecine grecque reste fidèle à la thèse hippocratique et réfute de
cardiocentrisme.
Au IIIè s. av. JC, Hérophile inaugure la dissection thodique du corps
humain et différencie le cerveau (dont il couvre les cavités cérébrales),
le cervelet, la moelle épinière. Il distingue aussi les nerfs qu’il partit en
deux sortes : « nerf du mouvement » et « nerfs des sentiments ».
Galien (Ier s. av. JC) mène le premier des expériences de lobectomie et
montre que le cerveau joue le rôle central dans la commande du corps et
de l’activité mentale. Il affirme que c’est la substance cérébrale elle-même
qui est le siège de cette activité.
Il faudra attendre le XVIIè siècle en Europe pour dépasser ce niveau de
connaissance anatomique.
Galien porte ainsi le coup fatal aux thèses cardiocentristes. Pourtant, la
scholastique médiévale, les philosophes naturalistes, feront survivre
l’opinion erronée d’Aristote.
« Dis-moi ou siège l’amour, dans le cœur ou dans la tête ? », Shakespeare,
Le Marchand de Venise.
Lʼâme et le corps.
De Galien au XVIIIè siècle, les discussions porteront sur l’âme entendue
comme activide pensée. Les premières corrélations entre l’organisation
du cerveau et certaines de ses fonctions s’établissent. L’Eglise médiévale
impose la doctrine de l’immortalité de l’âme et il ne fait pas bon, comme
le fit pourtant Saint Augustin (IVè s.), reprendre les thèses de Galien et de
l’école d’Alexandrie. Avec Némésius néanmoins, il avait le premier établi
un modèle de localisation cérébrale, assignant à des régions du cerveau
des fonctions spécialisées. Némésius réaffirme que l’activité intellectuelle
se situe, non dans les ventricules, mais bien dans la substance grise.
Descartes, pour qui l’organisme agit comme une machine, comprend en
1637 le rôle des nerfs crâniens. Il attribue à l’épiphyse (glande pinéale,
petite formation glandulaire du toit du diencéphale) un le essentiel
comme « siège de l’âme ». Faisant partie des formations inter-
hémisphériques, non symétriques, elle devient garante de l’unicité de
l’organisme et, partant, de l’âme et du corps : il fonde ainsi une approche
dualiste qui s’oppose au tripartisme de Platon (la psyché immortelle siège
dans le cerveau, l’énergie circule dans les nerfs et les vaisseaux, les
organes dans les parties molles : les trois dimensions de l’inconscient
freudien ?). Ce rôle incongru de l’hypophyse comme siège de l’union de
l’âme et du corps sera contesté par Spinoza en 1670.
Avec la Renaissance s’effectue le retour à l’observation anatomique
abandonnée depuis Galien et l’Ecole d’Alexandrie. En 1543 Vésale dessine
le cerveau avec un réalisme précis.
En 1670, l’anglais Thomas Willis met un point final à la doctrine
ventriculaire comme « siège de l’âme » et attribue résolument au cortex
cérébral la primauté sur l’activité de pensée. Au même moment, le
sacrilège prêtre-philosophe provençal Gassendi affirme, contre la doctrine
officielle de l’Eglise, que les animaux, qui font preuve de mémoire et d’un
certain raisonnement, pourraient eux aussi avoir une âme. La polémique
fait rage autour de « l’âme des bêtes » et des « esprits animaux » (la
pulsion ?).
Un siècle plus tard, le dualisme cartésien est dépassé par un proto-
positivisme naissant : pour Cabanis (1802, Rapport du physique et du
moral), « le cerveau sécrète la pensée comme le foie la bile ».C’est le début
de la laïcisation du cerveau qui ouvrira la voie à un bouillonnement
d’idées dont la phrénologie de Gall.
La phrénologie
Inventée par Gall, la phrénologie est une discipline qui prétendait étudier
le caractère et les fonctions intellectuelles des individus d’après la forme
de leur crâne. Il réfute toute méthode introspective et dresse une liste des
fonctions cérébrales essentielles dont il va rechercher la localisation
cérébrale. A chaque fonction sa localisation : la cartographie du cerveau
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