le fit pourtant Saint Augustin (IVè s.), reprendre les thèses de Galien et de
l’école d’Alexandrie. Avec Némésius néanmoins, il avait le premier établi
un modèle de localisation cérébrale, assignant à des régions du cerveau
des fonctions spécialisées. Némésius réaffirme que l’activité intellectuelle
se situe, non dans les ventricules, mais bien dans la substance grise.
Descartes, pour qui l’organisme réagit comme une machine, comprend en
1637 le rôle des nerfs crâniens. Il attribue à l’épiphyse (glande pinéale,
petite formation glandulaire du toit du diencéphale) un rôle essentiel
comme « siège de l’âme ». Faisant partie des formations inter-
hémisphériques, non symétriques, elle devient garante de l’unicité de
l’organisme et, partant, de l’âme et du corps : il fonde ainsi une approche
dualiste qui s’oppose au tripartisme de Platon (la psyché immortelle siège
dans le cerveau, l’énergie circule dans les nerfs et les vaisseaux, les
organes dans les parties molles : les trois dimensions de l’inconscient
freudien ?). Ce rôle incongru de l’hypophyse comme siège de l’union de
l’âme et du corps sera contesté par Spinoza en 1670.
Avec la Renaissance s’effectue le retour à l’observation anatomique
abandonnée depuis Galien et l’Ecole d’Alexandrie. En 1543 Vésale dessine
le cerveau avec un réalisme précis.
En 1670, l’anglais Thomas Willis met un point final à la doctrine
ventriculaire comme « siège de l’âme » et attribue résolument au cortex
cérébral la primauté sur l’activité de pensée. Au même moment, le
sacrilège prêtre-philosophe provençal Gassendi affirme, contre la doctrine
officielle de l’Eglise, que les animaux, qui font preuve de mémoire et d’un
certain raisonnement, pourraient eux aussi avoir une âme. La polémique
fait rage autour de « l’âme des bêtes » et des « esprits animaux » (la
pulsion ?).
Un siècle plus tard, le dualisme cartésien est dépassé par un proto-
positivisme naissant : pour Cabanis (1802, Rapport du physique et du
moral), « le cerveau sécrète la pensée comme le foie la bile ».C’est le début
de la laïcisation du cerveau qui ouvrira la voie à un bouillonnement
d’idées dont la phrénologie de Gall.
La phrénologie
Inventée par Gall, la phrénologie est une discipline qui prétendait étudier
le caractère et les fonctions intellectuelles des individus d’après la forme
de leur crâne. Il réfute toute méthode introspective et dresse une liste des
fonctions cérébrales essentielles dont il va rechercher la localisation
cérébrale. A chaque fonction sa localisation : la cartographie du cerveau