
belmihoub, forum tunis : cas Algérie
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INTRODUCTION
Certes les réformes, en Algérie comme ailleurs, n’y sont pas
aisées, les crispations sont fortes, les comportements sont calculés et la
perception de la réalité socioéconomique encore bien incertaine. L’Algérie
est confrontée, comme beaucoup d’autres pays, à deux chocs
exceptionnellement forts : l’insertion dans l’économie mondiale devenue
incontournable et son corollaire la compétitivité de son économie y
compris le secteur des hydrocarbures malgré les surplus dégagés
annuellement, qui ne sont en rien le résultat d’une quelconque efficacité du
système productif ou de la qualité d’un management, mais plutôt les
avantages d’une conjoncture internationale favorable.
Aujourd’hui l’Algérie manifeste, à travers les déclarations des
autorités politiques, une grande volonté de transformation du système
économique, cependant ni la vision n’y est définie, ni les institutions et
ceux qui les font fonctionner ne sont prêts pour conduire ces
transformations. Les comportements sont sclérosés et les stratégies de statu
quo sont prisées.
Pourtant, depuis maintenant plus d’une décennie les programmes
des différents gouvernements qui se sont succédés ont accordé une grande
place d’une part aux instruments et mécanismes pour conduire une
transition maîtrisée vers l’économie de marché et d’autre part aux
dispositifs de rationalisation de l’action publique si l’on en juge par le
nombre d’institutions spécialisées créées, la législation adoptée et les
ressources allouées. Cependant cet effort réel n’a pas toujours été suivi de
véritables succès en termes d’amélioration des services publics ou du
climat d’investissement et encore moins en matière d’attractivité des
investissements directs étrangers. La raison principale à cette situation
semble être d’une part l’écart entre le cadre institutionnel formellement
défini et sa mise en œuvre au profit du développement économique et
social et d’autre part l’insuffisante coordination (voire même l’incohérence)
entre les différentes segments des réformes : réformes économiques,
réformes administratives, réformes de la justice, réformes du système
éducatif etc.… Le pilotage des réformes ou plus précisément la gestion du
changement (passage d’une économie publique, administrative et rentière à
une économie avec un secteur privé dominant, ouverte et productive) pose
de sérieux problèmes de vision commune sur les enjeux et les défis de
l’ouverture et de la globalisation, de résistances aux changements et de
défenses des positions acquises. Sinon comment expliquer le retard pris
dans le processus de privatisation ; ce n’est certainement pas un problème