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Le nouvel Economiste - n°1698 - Du 24 au 30 janvier 2014 - Journal d’analyse & d’opinion paraissant le vendredi
12
Le nouve
Econom
st
- n°1698 - Du 24 au 30 janvier 2014 - Journal d’analyse & d’opinion paraissant le vendredi
u
’en
au
eorges-Henri Bousquet, directeur g
n
ral de l’agence Business
“Quel que soit le média,
les
randes lois de la publicité sont universelles”
La méthode du père, la vision du fils, dans l’une des agences les plus anciennes du marché publicitaire
a slo
an touch. “
uand c’est trop, c’est
Tropico”, “Car
lass répare, Car
lass
emplace”, “Sader,
a adh
re”. Fond
e il y
plus de 30 ans, l’a
ence Business marque
de son em
reinte les tunnels
ublicitaires
des grandes chaînes de t
l
vision. Invent
e
ar Eric Bous
uet, le
ère, la méthode - du
ourt et du lourd – a fait ses
reuves. Nichée
dans un superbe hôtel particulier au cœur
du sixi
me arrondissement, l’agence est
u
ourd’hui
ilotée
ar le fils. Même
as
ua
ra, Georges-Henr
a
c
e
e so
es
sultats dans un univers en grande
utation. Sa mar
e opérationnelle à deux
hiffres -
lus de 20 % - a de
uoi faire des
nvieux. Le monde est vaste. L’a
ence ne
s’interdit pas d’exporter ses campagnes
“effet coup de poin
”. Le développement
asse d’abord
ar la France avec un en
eu
fort de renouvellement des
quipes. Le
revers de la médaille de l’ex
érience sans
doute.
“Inventée par Eric Bousquet,
l
m
h
-
r
l
r
-
fait ses preuves”
Nous sommes une agence de publicité indépen-
ante, Business n’est rattachée à aucun grand
roupe du marché depuis sa création en 1978 par
ric Bousquet mon père, et Thierry Ardisson. Nous
sommes connus pour nos publicités courtes avec
es messages mémorables forts. Exemples :
Quan
c’est trop, c’est Trop
co”, “Lapeyre,
n’y
en a
as
eux” ou “S
Juva
en, c’est Juvam
ne”.
Notre p
osop
e : expr
mer une promesse en
que
ques secon
es
ans
es spots au
ov
sue
s.
oil
notre identit
sur le march
La m
thodolo
i
Notre méthodologie est toujours la même : prise
e
r
e
our
ent
er
’o
ect
, trava
e
ra
ns-
torming avec les créatifs pour trouver des concepts
e commun
cat
on
mpactant avec une s
gnature,
ne clé de verrouillage dans la mémoire, et enfin
élaboration d’un dispositif publicitaire global avec
la mise en place dans les médias et la diffusion.
ien sûr chaque marque doit résoudre ses problé-
ati
ues
ro
res : recherche de notoriété, accélé-
ation de la notoriété ou alors reconstruction de
l’image, c’est extrêmement variable. Point
commun : nous privilégions les formats courts. Ces
ublicités s’accompagnent de slogans forts qui
fonctionnent comme une aspérité pour accrocher
le téléspectateur. En publicité, l’enjeu ultime pour
ne marque est d’être proche du consommateur.
uand elle réussit à être dans son intimité, tout
evient plus simple. Exemple : “Car
lass répare,
Car
lass remplace.” Une bonne campa
ne
erdure au-del
de la pression m
dia. Le t
l
spec-
tateur s’en empare, joue avec et, pourquoi pas, la
forme. Dernier point : pour être efficace, une
iffusion doit être soutenue de mani
re massive.
Nos campagnes durent trois semaines minimum
our v
ritablement installer le message, monter
en couverture et avoir un certain niveau de r
p
-
tition.
Le m
rch
et ses tend
nce
Ces derni
res ann
es, notre march
s’est particu-
li
rement tendu. Les n
gociations sont plus diffi-
ciles, l’annonceur plus exigeant. Les prises de
cision se font dans des cycles extrêmement
courts. Une campagne peut etre d
clench
e en
quelques semaines
peine. Ce raccourcissement
u temps suscite des erreurs : pr
cipitation, chan-
gements
ncessants, perte
e vue
es o
ect
s.
Toutes les industries sont concernées. La publicité
omme
es autres. Je mets tou
ours en gar
e mes
lients : il est impératif de garder un cap.
Plus généralement, les agences de publicité vivent
une période de changements profonds. Avec le Web
In
rn
i
n
r m
i
i l
m
i
n
médias. C’est au tour de la télévision de changer.
Ces ruptures sont des opportunités. La segmenta
t
on
es au
ences
ermet
e constru
re
es
approches m
dia beaucoup plus pointues et
r
cises. Quel que soit le m
dia, t
l
ou Web, les
grandes lois de la publicit
sont assez universelles.
Pour s’imposer, le message doit d’abord
tre diver
t
ssant. Une marque a
’o
gat
on
’
nterpe
er
e
onsommateur dès les premières secondes sinon
’est
erdu. En termes de création, le marché
lébis
ite les formats courts voire très courts. En témoigne
le succès de l’application Vine. Un certain nombre
de marques y développent des formats vidéos extrê
mement courts et en
ouc
e. I
s s’
nsp
rent
e nos
fondamentaux sur les médias digitaux.
es
nnonceurs
ême s’il y a des à-coups économiques et de
nouvelles clés de répartition en fonction des
supports,
es
nvest
ssements pu
c
ta
res g
o
aux
augmentent. Cette nouvelle donne nous oblige à
retravailler les approches de média planning. Le
r
i
m
n
l’In
rn
l
l
i
i
n n
ermet d’identifier des supports à forte audience.
Nous visons davanta
e d’affinités sur les médias de
masse. Nous travaillons la ré
étition dans un
ontexte plus réduit. La concentration du messa
e
sur une audience consolid
e avec une assiduit
forte, cr
e une r
p
tition artificielle. La rentabilit
de ce type d’op
ration est tr
s forte. Elle correspond
bien aux attentes des consommateurs cherchant
toujours plus d’efficacit
. Ces strat
gies “Roiste”
s’expliquent aussi par les difficult
s
conomiques.
R
duire ou reporter les investissements publici
taires est assez tentant. Le compte de r
sultat s’am
liore instantan
ment. Pourtant l’entreprise ne doit
as ignorer que la construction de marque se fait
dans le temps par la r
p
tition du contact.
L
communic
tion m
di
Nous assistons
une d
multiplication des dispo
sitifs de communication. Avec des modes.
Actuellement, les m
dias parlent beaucoup du
“brand content”. L’id
e ? Enrichir la marque en
ortant
es contenus. Pour
uo
as ? Ma
s ce
a
eman
e
es
u
gets
mportants car
es
ra
s
e
roduction le sont généralement aussi. Le “brand
ontent” ne permet pas d’ancrer véritablement
ne marque dans le temps. On est dans le complé
ent au même titre que la communication événe
entielle ou le marketing viral sur les réseaux
oc
aux.
e buzz c’est bien. Mais il faut pouvoir le gérer. Une
ar
ue
eut facilement en
erdre le contr
le.
nternet est un m
dia de performance. Il permet
’affiner les campagnes. Le Web est tr
s efficace
our
e
’acqu
s
t
on c
ent par exemp
e. Internet
st un enrichissement du m
tier “traditionnel” de
ublicitaire, un élément de plus pour améliorer la
onstruct
on
’une pr
se
e paro
e. Pour
es
ar
ues, le cœur du réacteur de la communica
ion reste la télévision.
’est résolument le média
le plus efficace pour améliorer l’activité et déve
opper
es ventes. I
touc
e
es c
es
arges :
es
aux et n
veaux
e couverture avo
s
nent
es 80 %
ur certa
nes c
es comme
es 25-59 ans ou
es
ct
s.
e
h
nom
ne YouTub
our
es consommateurs, YouTu
e est
evenu un
oyen extrêmement simple d’aller chercher des
ontenus au
ov
sue
s. Les usages sont mass
s. I
s
ont aussi très différents de la télévision.
ur les
lateformes vidéos, les gens picorent des contenus
ourts. Ils sont seuls face à l’écran, et parta
ent leur
onsommation sur les réseaux sociaux. Pour les
ublicitaires, ce média est intéressant mais nous
’en sommes qu’au début. Les investissements
estent modestes. C’est normal, les audiences des
rogrammes sur Youtube demeurent faibles
ompar
es
la t
l
vision
agence
Nous sommes
la fronti
re entre les grandes
gences des groupes comme Publicis ou Havas et
les tout petits acteurs du march
. Du fait de notre
nciennet
nous sommes class
es parmi les
gences de tailles interm
diaires. Nous sommes
ctifs sur tous les grands secteurs
l’exception du
luxe qui ne nous correspond pas. Notre m
canique
ublicitaire va chercher de l’impact tr
s rapide
ent. Nous ne r
alisons pas des films de
5 secondes ultra sophistiqu
s. Nous g
rons des
udgets resserr
s. L’enjeu cr
atif doit rester
aisonn
.
Notre structure compte 35 personnes et fonc
ionne un peu comme un cabinet d’avocats. Nos
quipes travaillent en mode projet et traitent
eaucoup de cas-clients, la dimension senior est
r
s forte. C’est un atout en termes d’expertise et
e diagnostic des probl
matiques. La technologie
a tellement vite qu’il est impossible de disposer
es comp
tences op
rationnelles sur tous les
sujets en interne. Sur certaines problématiques
digitales, je pense par exemple au r
f
rencement
sur
es moteurs
e rec
erc
e, nous nous a
ressons
des partenaires
Les en
eu
Nous devons conserver notre philosophie d’indé
pendance. Sans la volonté de la famille, l’agence
aurait été vendue il
a
uel
ues années. J’ai envie
e conso
er nos atouts : nous sommes une pet
te
maison où chaque étage correspond à une fonc
tion. Au rez-de-chaussée, le commercial, au
e
e, la création. Cette proxi-
mité nous permet de répondre très vite aux problé
matiques de création et de média planning.
L’
n
ormat
on c
rcu
e ra
ement.
La moyenne d’âge étant assez élevée, je dois faire
face à des enjeux forts de renouvellement des
équipes. Il n’est pas évident de trouver des profils
correspondant à la philosophie de l’agence.
Côté business, je souhaite continuer le développe
m
n
n
r
fl
hi
n
n
l
n
r
l’
r
n
er afin d’y décliner notre modèle. Ma seule
exi
ence : la philosophie du pays doit être proche
de la nôtre. Les marchés allemand et italien
our
raient correspondre. C’est aussi une question de
timing. A 39 ans, je dispose d’un peu de temps
Pour s’
mposer,
e message
o
t
d’abord
tre divertissant.
Une marque est
ans
’o
gat
on
’
nterpe
er
e consommateur
d
s les premi
res secondes
non, c’est per
u
PR
P
RE
EILLI
PAR
D
ARD LA
IE
ils de, certes, mais pas que. Ing
nieur - Centrale
aris -, Geor
es-Henri Bousquet
ans, n
a
mbrass
la publicit
que sur le tard. Le direc-
teur g
n
ral de Business a successivement
t
ng
nieur consultant chez Altran Technologies,
ntrepreneur dans le logiciel informatique puis
ilote de Boeing 737 ! Admis
Air France, il fut
’un des rares
refuser le poste pour rejoindre
a “compagnie” familiale en 2006. Georges-
enri Bousquet, mari
, a deux enfants.
io expres
F
s
e pu
HAUVEAU
SIP
Pour les marques, le cœur du r
acteur de la communication reste la t
l
vision.
Internet est
n enrichissement du m
tier
traditionnel” de
ublicitaire,
un élément de
lus
our améliorer
a construct
on
’une
r
se
de
arole
hiffre
’affaires
100
Marge
rute
2
Nombre de salariés : 3
lus de
0
clients
ctionnariat : Famille Bousquet, cinq associés,
une banque (CIC
CHIFFRES CLÉS (M