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Thème 3 : Dynamique des grandes aires continentales : L’Amérique, puissance du Nord,
affirmation du Sud
Etats-Unis – Bresil : role mondial, dynamiques
territoriales
Deux compositions à dimension comparative sur les Etats-Unis et le Brésil sont possibles :
 Le rôle mondial des Etats-Unis et du Brésil
 Les dynamiques territoriales des Etats-Unis et du Brésil
Deux croquis peuvent donner lieu à sujets d’examen :
 Les dynamiques territoriales des Etats-Unis
 Les dynamiques territoriales du Brésil
Plan du cours :
I.
Le rôle mondial des deux géants des Amériques
II.
Les dynamiques territoriales des Etats-Unis et du Brésil
Problématiques :
 Quel rôle jouent ces puissances dans la mondialisation ?
 Quelles sont les caractéristiques des dynamiques territoriales qui se traduisent
par une croissance ou un déclin aux E-U et au Brésil ? Ont-elles une influence
comparable dans le rôle que jouent ces pays à l’échelle globale ?
Puissance : capacité d’influence sur un autre état/acteur par la force (hard power), l’influence
culturelle (soft power) ou l’économie.
Dynamiques territoriales : évolution des espaces, qui ont deux origines principales : d’une
part, les territoires eux-mêmes (leurs acteurs, en premier lieu : les entreprises, les populations,
les élus, etc.) et, d’autre part, les autres territoires, proches ou lointains.
I.


Le rôle mondial des deux géants des Amériques
Actuellement, on parle de plus en plus d’un déclin américain (guerres extérieures
au bilan incertain, endettement colossal, modèle questionné un peu partout). A
l’inverse, après deux mandats d’un président charismatique, Lula, et une
croissance économique spectaculaire depuis 20 ans, le Brésil est de plus en plus
compétitif. Est-ce la fin de l’empire américain ? Le temps du Brésil est-il venu ?
Il semble que ces deux pays suivent des trajectoires opposées (l’un progresse,
l’autre décline). Toutefois, ces deux pays appartiennent à des catégories
géographiques très différentes : les Etats-Unis sont l’unique superpuissance
mondiale, parfois même qualifiés d’hyperpuissance, tandis que le Brésil est un
pays émergent. La comparaison est-elle donc pertinente ? Les déséquilibres sont
en fait majeurs et le Brésil est loin de concurrencer les Etats-Unis : sur tous les
plans (économique, politique, culturel), on observe une domination américaine
incontestable d’un coté, et un Brésil simplement émergent.
a. Puissance économique globale, puissance émergente

Les fondamentaux de la puissance américaine sont manifestes :
o 3e superficie mondiale (9,6 millions de km2), mais aussi 3e population
mondiale avec 314 millions d’habitants.
o Les Etats-Unis sont la première puissance économique mondiale avec
un PIB de 15'000 Md$. Ils sont le 1e importateur mondial et le 3e
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exportateur. Ils ont créé l’ALENA, une aire de libre-échange qui les entoure
et qu’ils dominent largement. Les Etats-Unis disposent des plus puissantes
bourses de valeur (New York) et de commerce (Chicago), de la première
monnaie du monde.
o Les Etats-Unis sont le premier pays émetteur et récepteur d’IDE, tandis
que leurs firmes transnationales américaines (voir PPT, en retenir au
moins 2) sont au cœur des processus de mondialisation : 132 des 500 plus
grandes firmes mondiales sont américaines.
o L’industrie américaine est très puissante et orientée vers les secteurs de
pointe (donnez des exemples : aérospatiale avec la NASA, informatique et
nouvelles technologies avec Apple et Windows, agroalimentaire avec
Monsanto etc.), mais les Etats-Unis sont surtout une économie tertiaire :
recherche, conception, finance, grande distribution… Les Etats-Unis sont
un géant agricole mondial : leur agriculture est la première du monde
grâce à un complexe agro-industriel (agrobusiness) subventionné à la
production et intégré dans de nombreux flux mondiaux.
o Mais les Etats-Unis ont une balance commerciale déficitaire (ils
importent plus qu’ils n’exportent) : ils sont donc fortement dépendant
des autres puissances, notamment de l’Asie (importation des produits
fabriqués en Asie, même de marque Américaine comme l’Iphone). Même
s’ils exportent leur agriculture, ils sont les 2nd importateur de produits
agricoles. Ils sont également le pays le plus endetté de la planète. Les
crises économiques touchent particulièrement les Etats-Unis, comme tout
pays du nord (chômage, poches de pauvreté)
La puissance brésilienne est manifeste au niveau économique :
o 5e pays du monde par sa superficie (8,5 millions de km2) mais aussi par sa
population (près de 200 millions d’habitants) le Brésil représente 53% du
PIB d’Amérique du Sud. La croissance économiques du pays tourne
autour des 5% par an depuis 15 ans, mais est devenue plus modeste
(+1,3% en 2012). Le Brésil est devenu la 7e puissance économique
mondiale (PIB : 2'362 Md$). Le Brésil a remboursé sa dette et est devenu
créditeur au FMI : il est ainsi devenu un acteur majeur au sein de l’OMC.
o Le Brésil est aussi un géant agricole en pleine croissance car il dispose
aussi des vastes espaces propres aux pays neufs. L’excédent commercial
agricole y est plus important qu’aux Etats-Unis (47 Md$ contre 35 Md$
aux E-U). C’est le premier producteur de café, 2e de bœuf et de soja… On
surnomme le Brésil la « ferme du monde » : le front pionnier (frontière
mobile vers l’espace inexploité, dans le cas présent vers la forêt
amazonienne) pourrait fournir 90 millions d’hectares supplémentaires !
L’agriculture brésilienne bénéficie d’immenses exploitations mécanisées et
d’excellentes ressources en eau qui justifient son surnom de « ferme du
monde ». Les minerais et le pétrole y sont aussi des secteurs importants.
o Mais son stock d’IDE ne compte que pour 3% du total mondial, même si les
firmes brésiliennes progressent dans les classements mondiaux (8 sur les
500 premières en 2012, dont Vale (fer) et Petrobras (pétrole) qui
investissent massivement en Afrique). L’agriculture a conduit au
développement d’une forte industrie agro-alimentaire, avec par exemple
JBS, un leader mondial dans le domaine. Par contre, le pays est très
attractif et attire de nombreux IDE, notamment des E-U et de la Chine.
o Le Brésil domine par ailleurs le MERCOSUR et sont à l’origine de l’UNASUR,
tandis que la bourse de São Paulo est la première d’Amérique Latine, ce qui
leur assure une place de première puissance économique régionale.
Les deux sociétés sont profondément inégalitaires. Au Brésil, les fazendas
(grandes propriétés terriennes) contrastent avec les minifundios (toute petite
2

parcelle) ou encore le mouvement des paysans sans terre. 1 % des propriétaires
terriens possèdent 54 % des terres cultivables au Brésil. Aux Etats-Unis, 45
millions de personnes vivent sans la moindre protection sociale !
Au niveau économique, malgré quelques faiblesses, les Etats-Unis dominent
encore clairement le continent américain comme l’ensemble de la planète malgré
une affirmation croissante du rôle mondial du Brésil. La concurrence est toutefois
réelle dans le domaine agricole et le Brésil dénonce régulièrement les subventions
que le gouvernement américain offre à ses paysans.
b. Hard power
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Le hard power représente la capacité de contrainte d’un État, sa capacité à imposer
sa volonté aux autres par la force, voire par le conflit. Les États-Unis occupent
dans les grandes institutions internationales une place prépondérante. Le
siège de l’ONU est à New York, celui du FMI et de la Banque mondiale à
Washington. Ils disposent au FMI d’un droit de blocage de fait ; au Conseil de
sécurité de l’ONU du droit de veto.
Avec 740 milliards de dollars pour 2011, le budget militaire américain représente
45 % des dépenses militaires mondiales (budget de défense = 600 Md$ soit le
PIB de la Suisse)! On les appelle les gendarmes du monde : capacité nucléaire,
technologies militaires les plus avancées, réseau planétaire de bases militaires…
Les interventions américaines dans le monde sont multiples et diverses (guerre
en Irak, lutte contre la piraterie et le trafic de drogues). Leur puissance s’illustre
particulièrement à travers le scandale des écoutes de la NSA (National Security
Agency)1 : les services de renseignements américains sont dotés d’une puissance
ahurissante.
Le Brésil n’est pas une puissance militaire : les dépenses militaires brésiliennes
représentent moins de 2 % de son PIB ! Le pays a une tradition noninterventionniste (neutre jusqu’en 1942, cherche à être un pays non-aligné
jusque 1964…) Le Brésil s’implique sous mandat de l’ONU (mission humanitaire à
Haïti) mais son rôle mondial militaire apparaît nettement en retrait.
Le pays tente de compenser par une diplomatie active qui pousse ses
revendications à une meilleure représentation mondiale : avec les autres BRICS et
membres du G20, il revendique que de nouvelles puissances soient admises au
Conseil de Sécurité de l’ONU. Par ailleurs, par sa politique d’intégration régionale
(Mercosur, Unasur), il cherche à contrecarrer l’influence américaine en
Amérique Latine. L’ex-président Lula a beaucoup cherché à placer le Brésil au rang
de porte parole des pays d’Amérique Latine, mais aussi du Sud en général (critique
protectionnisme du Nord à l’OMC, discours sur la solidarité Sud-Sud etc.).
c. Soft power : entre contestation et émergence
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Le soft power est la capacité d’influence et de persuasion. Pour les Etats-Unis,
persuadés de leur « Destinée Manifeste » (répandre la liberté et la démocratie),
l’anglais, langue internationale, est un outil de soft power, comme les industries
culturelles : musique, fast-foods, mais surtout le cinéma américain (Hollywood,
Disney, les séries), qui promeut l’American way of life, accapare 40 % des recettes
mondiales ! Le contrôle, des technologies du web, des réseaux sociaux, des
compagnies Internet, est un outil de soft power très puissant. Leurs universités et
pôles technologiques attirent l’élite du monde entier (brain-drain). 40% des
dépenses mondiales de recherche scientifique sont faites aux E-U !!
Le modèle américain est très contesté par d’autres modèles (altermondialiste,
chinois, islamiste, etc.). Puissance sans égale, les États-Unis, en dépit de l’offensive
Les écoutes de dirigeants comme Angela Merkel, par exemple, ou l’accès à l’ensemble des données de
Facebook, Yahoo !, Skype etc.
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de charme du président Obama après l’époque Bush, bénéficient d’une image assez
négative (impérialistes, pollueurs, programmes sociaux désastreux).
De son coté, le Brésil bénéficie d’une image plutôt positive dans le monde. Le
président Lula da Silva, en poste de 2003 à 2011, a bénéficié d’une période de
croissance pendant laquelle il a instauré des programmes sociaux efficaces, telle la
bolsa familia, qui participent d’une lulamania sensible dans le monde entier. Sa
successeuse, Dilma Rousseff, réélue en 2014, poursuit l’affirmation internationale
du Brésil, notamment par le sport : organisation du mondial de football 2014,
projet de Jeux Olympique en 2016 à Rio de Janeiro. Le Brésil accroît également son
aide publique au développement (il est passé de pays receveur à pays émetteur),
ce qui renforce son image positive.
Si certains éléments de la culture brésilienne sont connus dans le monde entier
(samba, bossa nova, capoeira, carnaval) le soft power brésilien s’affirme surtout à
l’échelle régionale (Amérique Latine) ou à celle des pays lusophones (ses revues
circulent du Portugal au Cap Vert en passant par le Mozambique ou Angola). La
Rede Globo, principal groupe de médias brésiliens, possède le second plus
important réseau de télévision privé du monde et exporte de nombreuses séries
télévisées (telenovelas) tournées en portugais et en espagnol pour le public
hispanophone (acheteurs aussi russes, roumains, Moyen-Orient, Maghreb, Afrique
subsaharienne, latinos des E-U).
Cette image idéalisée d’un Brésil de plus en plus riche qui redistribue ses richesses
a toutefois été fortement entachée par de nombreux scandales de corruption de
l’élite politique, mais également par les très médiatisées et très réprimées
manifestations anti-coupe du monde de juin 2013, ainsi que par les images des
interventions armées dans les favelas destinées à « nettoyer » les zones urbaines
pauvres pour présenter une image positive du pays aux touristes venus pour le
mondial, qui ont contribué à renforcer la réputation de pays très violent.
Les deux pays sont en outre critiqués car ils doivent le succès de leur économie en
partie au mépris des considérations écologiques. Les deux agricultures
recourent massivement aux OGM. Le Brésil est confronté à la déforestation,
notamment pour produire des agro-carburants (canne à sucre) et du soja pour
nourrir le bétail et fabriquer du bio diesel (au détriment des cultures vivrières)
Cette agriculture intensive provoque l’érosion des sols. La construction de
barrages sur l’Amazone fait également énormément polémique à cause des
dégâts sur les écosystèmes (barrage de Jirau : inondation de la forêt = perte
biodiversité mais aussi rejet de dioxyde de carbone avec la putréfaction du bois
dans l’eau). Les Etats-Unis sont champions du monde des émissions de CO2
par habitant à cause de l’omniprésence de la voiture et de l’avion.
Conclusion : à tous les niveaux, la puissance américaine domine l’émergence brésilienne,
malgré un déclin certain et les nombreuses critiques qui la touche. L’affirmation du Brésil
sur la scène internationale est certaine mais l’avance américaine est telle que la
comparaison, encore aujourd’hui, n’est pas porteuse de sens.
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II.
Les dynamiques territoriales des États-Unis et du Brésil
Si en terme de puissance, la comparaison entre les deux pays est obsolète, en terme de
dynamiques territoriales, qui sont à la fois les causes et les conséquences de leurs statuts
de puissances (mondiale ou régionale) présentent de nombreux points communs :
« pays neufs », métropolisation, littoralisation, inégale intégration dans la mondialisation…
a. Des territoires géants mis en valeur par la conquête
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Les États-Unis et le Brésil sont des pays vastes… (9,6 millions de km 2 pour les
États-Unis, 8,5 millions de km2 pour le Brésil) …Ce qui leur assure l’accès à de
nombreuses ressources naturelles :
o Les Etats Unis : pétrole (Golfe du Mexique, Alaska), charbon (Appalaches
(montagne à l’est des E-U), sol pour l’agriculture (premier exportateur
mondial !)
o Brésil : plus grande forêt tropicale du monde, sol agricole (hors forêt)
équivalent à la Chine, découverte en 2007 d’un gigantesque gisement de
pétrole en mer, énormes réserves de fer, bauxite et chrome.
Deux pays de migrants peuplés par des vagues de migrations depuis le 16e
siècle, au détriment des populations autochtones (Amérindiens). Pour mettre en
valeur l’agriculture, par exemple, les deux pays ont connu l’afflux massif
d’esclaves pour les champs de coton. Du coup, les deux nations se veulent
multiculturelles (les migrants peuvent conserver leur identité d’origine et sont
moins incités à se soumettre à l’identité du pays d’arrivée). Les E-U ont accueillit
les Anglo-Saxons ainsi que des populations persécutés en Europe, puis de
nombreux Européens cherchant une nouvelle vie (le rêve américain), avant de
s’ouvrir au reste du monde (Asie, Amérique du Sud). Aujourd’hui : 0.5 millions
d’entrées légales et 1 millions illégales par an. Les E-U sont un pays très
multiculturel. L’idéal américain a toujours mis en avant l’idée de « melting pot »,
mais ce n’est pas vraiment un melting pot, car il n’y a pas forcément d’intégration
totale (to melt : fondre, fusionner) : on parle même plutôt de Salad Bowl : rien ne
se mélange : le communautarisme et les ghettos sont très présents. Le Brésil aussi
se présente comme un pays issu de la fusion des trois races (européens, africains,
indigènes) mais en réalité les inégalités raciales sont trop criantes pour que cette
affirmation dépasse le simple mythe. Par ailleurs, le pays attire de plus en plus
d’asiatiques et São Paulo accueille la plus grande communauté de japonais hors
du Japon.
Les deux pays ont été peuplés à partir de fronts pionniers (limite mobile entre
espace exploité et espace non exploité : c’est au Brésil, en Amazonie que l’on
rencontre les plus grands fronts pionniers au monde). Aux E-U avec la Conquête de
l’Ouest (terminée), au Brésil, le front pionnier est très actif, notamment avec la
déforestation pour implanter l’agriculture.
Aux Etats-Unis comme au Brésil, l’ensemble du territoire n’est pas exploité
mais il est maîtrisé par les réseaux de transports aux Etats-Unis, alors que ce
n’est pas le cas du Brésil :
o Etats-Unis : grands ensembles portuaires sur trois principales façades
maritimes (côte pacifique, Golfe du Mexique, Megalopolis), 40% du trafic
aérien mondial, liaisons transcontinentales et intérieures (voies navigables
aménagées et canaux artificiels, chemin de fer qui a servi à la Conquête de
l’Ouest, grands axes routiers) 80% des oléoducs et gazoducs mondiaux,
canal de Panama…
o Brésil : une seule façade maritime, intérieur partiellement inaccessible et
cul-de-sac amazonien, réseau ferré inexistant (avion, autocar), projets
d’axes routiers pour désenclaver l’intérieur et favoriser les échanges avec
5


les autres pays du Mercosur, ce qui a provoqué un phénomène de
métropolisation de Belo Horizonte à Buenos Aires : on parle aujourd’hui
d’une « mégalopole du Mercosur en formation ». Le Sud-Est est bien
desservi mais des les zones peu peuplées, les réseaux routiers sont assez
mauvais, la Transamazonienne (Atlantique  Pérou) symbole de
l’intégration de l’Amazonie et de sa mise en valeur se limite à une vaste
route inachevée et souvent non asphaltée.
La difficulté à maitriser le territoire vient aussi des densités de population
faibles, avec peu de personnes, on a peu de moyens. Mais la population des deux
pays est très mobile, les migrations internes sont nombreuses, ce qui
encourage leur dynamisme économique. La population se déplace pour trouver
un emploi ou améliorer ses conditions de vie :
o La Sun Belt accueille la plupart des flux de migrants au sein des Etats-Unis
(métropoles, hautes technologies, Hollywood).
o Au Brésil, de nombreuses personnes quittent le Nordeste au profit du
Sudeste en pleine croissance.
A ces mouvements vers les zones de croissance économique, il faut ajouter ceux de
conquête territoriale. Les fronts pionniers n’existent plus aux E-U où la totalité
du territoire est maîtrisé mais ils constituent encore un important facteur de
peuplement et de développement au Brésil, du sud-est vers le nord-ouest. Ils se
traduisent souvent par un défrichement de la forêt, l’appropriation des terres (aux
dépens des populations traditionnelles) et leur mise en culture. Cependant, les
principales dynamiques territoriales sont principalement articulées par les
métropoles.
b. Des régions inégalement intégrées

Aux Etats-Unis :
o Le Nord-Est concentre les pouvoirs de décision avec la mégalopolis. C’est
le cœur historique de l’économie. C’est le « centre du pays » : forte
concentration de population, industrialisation ancienne, urbanisation et
réseaux de communication denses, large ouverture maritime sur le
monde… Sur les rives des grands lacs et les zones industrialo-portuaires de
la Mégalopolis, on trouve un centre industriel qui a subi de profondes
mutations depuis les années 1970 : Baltimore, Pittsburgh et Détroit ont
connu une grave désindustrialisation (c’est de là que partent la plupart des
flux de migrants internes). La ville de Détroit, ancienne capitale de
l’industrie automobile, tombe en ruine dans certains quartiers.
o Plus récemment, la Sun Belt est le devenue attractive et très dynamique :
métropoles (Seattle, Los Angeles, Miami), climat agréable pour le tourisme,
pôle de haute technologie (la Silicon Valley)… La Californie est l’Etat le
plus peuplé des E-U au premier PIB.
o Au centre, les grandes plaines sont moins intégrées dans la
mondialisation mais contribuent à la puissance agricole du pays ou
touristique (les rocheuses, parcs naturels) du pays. L’Alaska est aussi une
périphérie mais elle est un front pionnier en voie d’intégration grâce à ses
ressources pétrolières.
o Les régions frontalières sont particulièrement actives : au sud avec le
Mexique, mais aussi au Nord-Est avec la « Main Street America » (l'espace
transfrontalier mégalopolitain qui s'étend des rives occidentales du lac
Michigan aux États-Unis jusqu'à l'estuaire du Saint-Laurent au Canada) et
au Nord-Ouest avec la « Pugetopolis » (transnationale en formation,
comprenant l'agglomération de Seattle aux États-Unis et celle de
Vancouver au Canada)
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
Au Brésil, on retiendra 5 régions très inégalement intégrées dans la
mondialisation :
o Centre-Ouest : Grande culture et élevage extensif, c’est la partie fortement
agricole, le grenier du Brésil, où a progressé le front pionnier au 20e siècle.
C’est là que se trouve Brasilia, la capitale.
o Nordeste : zone pauvre car l’agriculture vivrière y est en crise. L’économie
repose sur une agriculture commerciale (canne et cacao) et l’exploitation
pétrolière. Le Nordeste souffre de mal développement (analphabétisme à
22% conte 4.7 à Brasilia). 2 métropoles : Recife et Salvador sur le littoral.
o Amazonie : zone grise de la mondialisation
o Sudeste : concentration des activités et services, principale façade
maritime, produit 60% de la richesse du pays et accueille les 3 plus
grandes villes (São Paulo > principal centre financier, commercial et
industriel d’Amérique Latine, Rio de Janeiro, et Belo Horizonte).
o Sud : région dynamique pour l’agriculture et l’industrie, grâce à sa
proximité avec le Sudeste mais aussi avec la frontière uruguayenne.
Ce sont donc les métropoles des régions dynamiques (le Sudeste au Brésil, la Sun
Belt aux États-Unis) qui ont connu la plus forte croissance. Si aux États-Unis, cela
entraîne un certain rééquilibrage entre les métropoles de la Megalopolis et
celles de la Sun Belt, au Brésil, cela se traduit par un accroissement des inégalités
territoriales.
Cette concentration de la population et des activités renforce leurs capacités
d’attraction et de rayonnement et a aussi un effet à l’échelle des métropoles : le
manque d’espace dans les centres se traduit par un étalement urbain et
l’existence de quartiers aux dynamiques très différenciées, qu’il s’agisse de la
richesse ou de l’intégration à l’économie nationale et mondiale.
Les inégalités territoriales tendent à croître non seulement à l’échelle des
métropoles mais aussi dans l’ensemble du pays. L’intérieur des États-Unis et le
nord du Brésil sont marqués par des dynamiques territoriales assez modestes.
Cependant, alors que l’intérieur des États-Unis est maîtrisé mais peu occupé et peu
mis en valeur, au Brésil la pauvreté domine dans les espaces où les dynamiques
territoriales sont négatives. Les inégalités existent dans les deux pays mais le
niveau de misère est plus prononcé au Brésil.
c. La mondialisation se polarise dans les villes et sur les côtes
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
L’essentiel des dynamiques territoriales repose sur les villes, notamment les
métropoles. Le taux d’urbanisation est comparable aux États-Unis et au ­Brésil :
86 % au Brésil, 84 % aux États-Unis. Les grandes métropoles dominent ces
ensembles. Ainsi, au Brésil, l’agglomération de São Paulo compte presque
20 millions d’habitants et produit 25 % de la richesse nationale. Aux États-Unis, le
déséquilibre de la hiérarchie urbaine n’est pas aussi prononcé, mais les métropoles
concentrent plus de 80 % de la population urbaine. New York, l’une des premières
métropoles mondiales, abrite le siège social de 43 des 500 plus grosses entreprises
américaines.
Aux Etats-Unis, le modèle de la ville avec le CBD (central business district) au
centre symbolise la puissance mondialisée du pays. La façade Est concentre un
grand nombre de grande ville : New York (technopôle, grande bourse, centre de
décision mondial), Boston (technopôle, Harvard et centre régional), Washington
(centre de décision mondial), Philadelphie.
Au Brésil, la ville symbolise l’émergence du pays dans la mondialisation et la
modernité : la création de Brasilia ex-nihilo l’illustre bien. Les villes sont le reflet
de l’émergence, mais aussi des inégalités. Sao Paulo est le pôle économique le plus
important : elle n’est pas comparable à New York mais elle concentre, avec
Rio de Janeiro, les acteurs brésiliens de la mondialisation et représente la
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principale porte d’entrée pour les investisseurs étrangers (IDE). Ce rôle se
traduit par un fort brassage de la population, un paysage urbain marqué par la
concentration d’immeubles et de gratte-ciel et une évolution des bases
économiques vers les services et les industries microélectronique
Les côtes sont des lieux majeurs de la mondialisation (flux commerciaux par porteconteneurs) et il n’est pas une surprise que ces lieux concentre des grandes villes,
des grandes entreprises (sièges, industrie…). Les Etats-Unis ont deux façades : une
tournée vers l’Europe et l’Amérique du sud, l’autre tournée vers l’Asie. Le Brésil
dispose d’une interface très active avec les ports de Rio et de Santos (São
Paulo). Dans les deux pays, les régions côtières sont les plus riches et les plus
dynamiques.
Conclusion :
> Deux grandes puissances qui ont maitrisé leur territoire, ont su l’exploiter. L’insertion
dans les échanges mondiaux à également modifié l’organisation territoriale en polarisant
sur les villes et les côtes.
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