A/ LA PSYCHOLOGIE DU SPORT

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Cours de Psychologie
A/ LA PSYCHOLOGIE DU SPORT
1/ Pourquoi aller voir un Psychologue du sport ?
Le psychologue du sport: véritable maillon de la chaîne de l’encadrement sportif.
C’est une personne à la fois différente de l’équipe sportive et qui malgré tout en fait partie.
Aller voir un psychologue du sport c’est entrer dans un lieu d’écouter et de parole libre que le sportif ne
peut pas trouver ailleurs;
 Parce que le psychologue est tenu au secret professionnel sur ce qui est dit et vécu en entretien
individuel ou en groupe,
 Parce que le psychologue permet à l’athlète de prendre le temps de s’exprimer, d’être écouté sans
jugement, il a un positionnement différent de celui de l’entraîneur, il se préoccupe de la personne
dans sa globalité et l’aide à affirmer sa personnalité et ses points de vue.
 Il est au service du sujet sportif pour l’aider à optimiser ses potentialités, ses performances, en
harmonie avec son équilibre psychologique et moteur ;
 Parce qu’il permet à tous les acteurs d’être accueillis selon leurs doutes, leurs joies, leurs difficultés
…
2/ Quand s’adresser à un Psychologue du sport ?
Lorsqu’un athlète ou une équipe veut être au maximum de ses performances,
en se préparant
psychologiquement et mentalement aux compétitions sportives.
Une bonne connaissance de soi ou de l’équipe est nécessaire, des tests peuvent y aider ( 16 PF, Thill,
Sociogramme)
Une préparation sera ensuite assurée par le psychologue, en fonction des points forts et faibles de l’athlète
ou de l’équipe. La préparation servira à maintenir les atouts et à développer les potentiels existants mais mal
ou non exploités.
Cette préparation portera, par exemples, sur:
 Les objectifs et la planification,
 la visualisation mentale pour l’apprentissage, la concentration…
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 la motivation, la confiance en soi,
 la prise de conscience des dialogues internes,
 les croyances limitantes, la gestion des émotions…
 le maintien de la cohésion d’équipe…
L’intervention du psychologue peut revêtir un axe plus thérapeutique. Il est nécessaire de s’adresser à un
psychologue du sport lorsqu’il existe des troubles tels que :
 trouble de l’endormissement ou fatigue anormale sans cause organique;
 sentiment de colère et de confusion, changements rapides d’humeur;
 Manque d’justement à une blessure: obsession de l’individu de savoir quand il pourra rejouer,
culpabilité de laisser tomber l’équipe, déni « cette blessure n’a aucune importance », isolation « j’ai
mal mais je ne veux pas le savoir », ou au contraire insistance sur des plaintes physiques dérisoires
ou encore douleur incompréhensible
 Perception que la blessure est en rapport avec un conflit psychique, cela peut se révéler par une
tension musculaire due à un stress éventuel, des blessures apparemment inexplicables, des blessures
de répétition, une perte de sensations, une image du corps perturbée;
 isolement, problèmes relationnels évidents avec l’équipe, l’entraîneur, la famille…;
 Désadaptation à l’entraînement: difficulté à poursuivre le rythme, stagnation, non suivi des
consignes, incompréhension des modifications souhaitées, absentéisme, difficulté d’intégration dans
l’équipe, discours incohérent, sur le sport;
 contre-performances d’un (e) sportif (ve) ou d’une équipe: résultats très bons à l’entraînement qui ne
se répètent pas en compétitions;
 baisse de motivation, perte de confiance en soi, manque d’objectifs;
 Etc…
Enfin, il est possible de s’adresser à un psychologue pour toutes recherches d’informations concernant la
personnalité des athlètes, les troubles (anorexie, boulimie…), le dopage ou autres thèmes concernant la
psychologie du sport…
3/Quelles sont les méthodes utilisées ?
Des groupes de paroles qui permettent d’exprimer les difficultés rencontrées inhérentes à l’évolution
sportive. Ces groupes de parole servent par exemples à exprimer peurs, craintes, manque de cohésion au
sein d’une équipe et rendent
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possible l’évacuation
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des tensions existantes entre sportifs,
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entraînés/entraîneurs… La mise en mots évitant ainsi la cristallisation des conflits et leur expression sous
forme de maux tels que des contre-performances…
Des entretiens individuels: de type clinique afin de régler des problématiques personnelles (fréquentes à
l’adolescence: prise d’indépendance vis-à-vis des parents qui oblige à un réinvestissement sportif souvent
plus personnel par exemple…) Les entretiens individuels permettent aussi d’adapter une préparation
psychologique aux compétitions selon la personnalité du sportif et du sport pratiqué. Ces entretiens sont
également une aide pour les sportifs en « fin de carrière » (période souvent difficile à vivre entraînant des
symptômes dépressifs…), qui doivent trouver un nouvel investissement, de nouveaux intérêts.
De la visualisation mentale et autres techniques cognitives, de la PNL (Programmation Neuro-Linguistique),
de la Sophrologie, des Jeux de rôle, des tests… dans le respect des individus entrent dans ces groupes de
paroles ou ces entretiens individuels afin de mieux comprendre les difficultés et aider à les résoudre ou
préparer aux épreuves sportives.
4/ Les actions du Psychologue du Sport
Intervient en tant que psychologue au niveau des protagonistes du milieu sportif, c’est-à-dire les athlètes, les
équipes, les entraîneurs, les éducateurs, les parents …
a- Les athlètes: ils sont tous physiquement et techniquement très performants. C’est la condition
psychique qui fait la différence aujourd’hui. Pour qu’ils puissent se démarquer de leurs adversaires
ou tout simplement donner le meilleur dans leurs performances en étant bien avec eux-mêmes, le
psychologue du sport les aide à:
 Apprendre à mieux se connaître par des entretiens, des tests …
 Se préparer psychologiquement à une compétition: gestion des émotions, travaille sur la confiance en
soi, questions d’objectifs, planification, travail sur les croyances limitantes, prise de conscience des
dialogues internes, motivation, visualisation mentale pour l’apprentissage, la concentration …
 Dépasser la peur de gagner, comprendre les contre-performances, les pertes de sensations, les
blessures à répétition, gérer la motivation…
b- Les équipes: Pour entretenir ou restaurer la cohésion, régler les conflits, apprendre aux joueurs à
comprendre et assumer collectivement les exigences de la performances d’équipe, les aider à gérer la
motivation …
c- Les entraîneurs: en cas de doute sur une décision à prendre (sélection à faire en début d’année par
exemple …). Le psychologue peut également donner un éclairage psychologique des
comportements, des conduites, des informations sur les difficultés ou la motivation des joueurs… il
donne un autre aspect des sportifs (test de personnalité), des groupes (sociogramme…)
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Des discussions de groupes sur des thèmes choisis peuvent également être mis en place sur demande afin de
pouvoir prendre du recul quant à leur pratique, leurs positions affectives réactionnelles avec les sportifs, les
équipes…
d- Les éducateurs: les aider psychologiquement (réassurance, discussion de groupes sur des thèmes
choisis par ces derniers) et les informer sur la contribution du sport au développement psychologique
des enfants, des personnes handicapées mentales, à la réinsertion…
e- Les parents: Pour les écouter en cas d’inquiétude vis-à-vis de leur enfant qui pratique un sport de
haut niveau…
f- Les kinésithérapeutes ou médecins du sport: Formation sur la psychologie des sportifs
Conséquences: un mieux être des sportifs qui entraîne une meilleure gestion des compétions, un plus grand
plaisir pris dans la pratique, une diminution des blessures à répétition, des contre-performances, des pertes
de sensations, des conflits…
B/ L’ENTRAINEMENT MENTAL
1- Le développement et l’entretien d’un climat motivationnel
Une personne poursuivant des buts exclusivement orientés vers l’ego aura tendance à mettre en œuvre des
stratégies destinées à recueillir des jugements favorables ou à échapper aux jugements défavorables des
autres. Un sportif sûr de sa compétence n’est pas affecté par une telle orientation.
En revanche, chez un sportif qui doute de son habileté, cela peut traduire par des engagements dans des
compétitions de moindre niveau où il est facile de briller, ou bien encore par des abandons face à la
difficulté. Le rôle des orientations d’accomplissement (tâche ou ego) des sportifs apparaît donc déterminant
dans l’adoption des comportements d’assiduité ou d’abandon.
Ces orientations subissent l’influence de la compétition, laquelle contribue à développer chez les individus
des buts orientés vers l’ego. Par la comparaison sociale qu’elle instaure, elle constitue une arme à double
tranchant jouant le rôle d’un outil motivationnel au service des seuls gagnants.
Le contexte compétitif améliore la performance humaine, le sportif le mieux préparé et le moins perturbé par
la comparaison sociale sera probablement celui qui, parallèlement à des buts de compétions ambitieux,
poursuivra des buts de maîtrise également élevé. Rappelons, en effet, que ces deux types de buts ne sont pas
incompatibles et que l’adoption de buts de compétition en sport n’hypothèque pas forcément la poursuite de
but de maîtrise.
Le contexte dans lequel un individu était amené à exercer son activité influençait les orientations
motivationnelles de celui-ci.
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Epstein (1988) met en avant le rôle de plusieurs facteurs, les variables TARGET ( type de tâches, nature de
l’autorité, récompenses, organisation des groupes, modalités d’évaluation, temps accordé pour atteindre les
objectifs), comme éléments constitutifs de la structure du contexte d’accomplissement.
Si des auteurs se sont intéressés au domaine scolaire, Ames (1992) considère applicable au domaine de
l’entraînement sportif l’intervention pédagogique sur ces facteurs, dans le but d’instaurer un climat de
maîtrise. Aussi, propose-t-elle d’agir sur les facteurs identifiés par Epstein:
 Type de tâche: Proposer au sportif des tâches variées qui sollicitent des enjeux personnelles (tâches
individualisées) ainsi que son implication active. L’aider à se fixer des objectifs réalistes et
accessibles à court terme.
 Autorité: Faire participer le sportif à certaines décisions, lui confier des responsabilités vis-à-vis des
autres. L’aider à développer des compétences pour s’auto-organiser et s’auto-évaluer.
 Reconnaissance: Valoriser les qualités personnelles de chacun, les progrès individuels. Veiller à
l’équité dans l’intérêt et les gratifications accordées à chaque membre de l’équipe.
 Groupements: Adopter des formes de groupement variées et flexibles. Ne pas craindre d’utiliser
l’hétérogénéité et notamment la diversité des compétences des individus.
 Evaluation: Adopter une évaluation individualisée et signifiante pour chacun en prenant en compte
des critères de progrès personnel et des critères de maîtrise en complément des critères de
performance en compétition. Impliquer l’athlète dans les procédures d’évaluation de ses propres
acquisitions (auto-évaluation).
 Temps: Laisser aux sportifs le temps nécessaire pour qu’ils puissent s’améliorer. Les aider à
organiser eux-mêmes leur travail et leur plan de progression.
2- Préserver l’estime de soi
Les perceptions des compétences participent à la construction de l’estime des soi (Harter)
Le problème réside alors dans la difficulté qu’il y a à préserver ce sentiment de compétence et l’estime de
soi, après une défaite ou une contre-performance. En fait, le résultat n’aurait pas de valeur incitatrice ou
inhibitrice en lui-même, si ce n’est dans l’information de compétence ou d’incompétence qu’il fournit au
sujet.
La construction du sentiment de compétence ne pouvant se faire à partir de succès trop aisés à obtenir, on
mesure facilement les effets dévastateurs d’une défaite enregistrée face à un adversaire de plus faible niveau.
C’est pourquoi, il importe de ne jamais dévaloriser la tâche ou l’adversaire, ceci quelque soit le résultat. Le
contraire présenterait, en cas d’échec, le risque d’affecter gravement l’estime de soi par l’attribution du
résultat à une faible compétence.
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Le souci de préserver le sentiment de compétence nécessite une organisation temporelle (positif-négatifpositif). Il est préférable d’aborder en premier lieu les points positifs même si ceux-ci sont peu nombreux,
notamment en cas de contre-performance. Il est bien rare, en effet, qu’aucun élément de satisfaction ne
puisse être enregistré dans un des registres impliqués dans la performance (technique, tactique, énergétique,
mentale, émotionnel ou relationnel)
Dans un second temps (l’analyse causale des aspects négatifs), il s’agira davantage de mettre en évidence les
facteurs circonstanciels de ses propres faiblesses et de ses points forts, ainsi que ceux de l’adversaire avec le
maximum d’objectivité et de sérénité.
3- La détermination des objectifs
L’effet des techniques de fixation de buts sur la performance a d’abord été étudié dans le contexte de la
psychologie industrielle et organisationnelle.
Pour Locke et Lathame (1985), les hypothèses habituellement validées dans ce domaine doivent se vérifier
dans celui de la performance sportive.
Ainsi, la situation de compétition est censée augmenter les performances. Des buts spécifiques et difficiles
doivent s’avérer plus efficaces que des buts vagues et faciles.
Des buts à court terme doivent faciliter l’atteinte de buts à plus long terme. L’efficacité des buts s’accroît
lorsque ceux-ci sont partagés par l’athlète et lorsque des informations relatives à ses progrès lui sont
fournies.
Ces caractéristiques des buts influenceraient certains déterminants motivationnels de la performance en
jouant sur la quantité d’effort consentie, la persévérance, la volonté de rechercher des stratégies efficaces
ainsi que sur l’orientation de l’attention.
Fixer des buts spécifiques en des termes précis, si possible chiffrés, ce qui autorisera une évaluation
mesurée de leur état d’achèvement
Fixer des buts difficiles mais réalistes: La plus grande satisfaction s’obtient à partir de succès obtenus dans
des tâches suffisamment difficiles. La tâche la plus plaisante et la plus motivante pour un individu est celle
qui représente à ses yeux un niveau optimale de défis. Il appartient donc à l’entraîneur de trouver avec
l’athlète, le juste équilibre entre la difficulté d’un projet et la faisabilité de celui-ci.
Fixer des buts à long terme et à cours terme: il importe, en effet, de baliser les étapes qui mènent aux
objectifs les plus distants en temps et en difficulté par des buts plus rapidement accessibles, donc plus
motivants. L’atteinte de chaque nouveau sous-but de la hiérarchie qui mène à l’objectif ultime peut être
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matérialisée sur un graphique. Ceci permet notamment au sportif de visualiser le lien qui unit les différentes
étapes, mais aussi de prendre conscience de sa progression vers le but le plus éloigné.
Fixer des buts de maîtrise: si les buts de compétitions sont bien évidemment inévitables en sport, une
focalisation trop grande, voir exclusive sur ceux-ci, génèrent une anxiété préjudiciable à la performance. En
fait, à chaque but de résultat devraient correspondre plusieurs buts de maîtrise (ou de performance autoréférencés) censés conduire à ce résultat.
Ecrire ses propres buts: Ceci offre l’avantage de présenter les objectifs sous la forme de contrats que le
sportif peut consulter régulièrement, soit sur fiches, soit dans un cahier ou bien encore sur un poster
Mettre en place des stratégies d’atteinte des buts: il s’agit de choisir les moyens en termes de procédures à
utiliser lors des entraînements pour atteindre les objectifs. Les stratégies adoptées déterminent les tâches à
accomplir dans leurs aspects qualitatifs et quantitatifs. Une certaines flexibilités des stratégies est
souhaitable afin de proposer des manières différentes de parvenir aux même but.
Prendre en considération la personnalité des sportifs: Si les chalenges sont bien acceptés par les personnes
orientées vers la maîtrise des tâches, il n’en va pas de même pour les sujets trop orientés vers la comparaison
sociale. Ces derniers chercheront plutôt à fuir les défis au profit des buts très faciles à atteindre ou au
contraire présentant une difficulté extrême. Pour ces sportifs, il convient donc, avant toute chose, de
souligner l’intérêt des buts auto-référencés et de mettre en valeur l’atteinte de ce type de buts ainsi que les
progrès personnels, ceci d’autant plus que le sujet est jeune et plus facilement éducable.
Favoriser l’engagement personnel du sportif vers les buts visés: encourager les progrès, fournir à l’athlète
des repères relatifs à ses réalisations et lui laisser une part de décision dans la détermination de ses propres
buts.
Soutenir le sportif dans ses efforts pour atteindre ses buts: Communiquer avec l’entourage du sportif pour
lui signifier l’importance des performances de maîtrise à coté de celle habituellement accordée aux résultats.
Evaluer les progrès dans la réalisation des buts: Ceci nécessite que les stratégies d’évaluation soient
initialement prévues avec le programme de fixation de buts.
4- L’analyse de la prestation passée
L’épreuve sportive, en tant qu’instant de vérité, possède une valeur informationnelle entraînant les
conséquences sur la motivation et les émotions. L’analyse des résultats, et la manière dont ceux-ci sont
obtenus, apparaît alors déterminante pour le maintien d’un haut niveau d’engagement du sportif.
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C’est pourquoi, la logique qui anime l’analyse de la prestation passée s’inscrit dans une double
dimensionnalité temporelle de récupération et de préparation mentale. Le résultat passé y apparaît seulement
comme l’un des facteurs pouvant influencer les processus cognitifs impliqués dans les comportements futurs
d’abandon ou de persévérance. Ces processus ou médiateurs cognitifs sont des représentations relatives au
contrôle de la situation par l’athlète et à sa propre compétence.
5- Préserver le sentiment de contrôle des évènements
Le sportif n’échappe pas à une tendance générale qui conduit l’être humain à s’interroger sur le pourquoi de
ses résultats. Toutefois, l’impact émotionnel consécutif d’une prestation sportive dégrade l’objectivité de
l’analyse causale. Aussi, est-il préférable d’éviter toute analyse technique ou tactique « à chaud » d’une
prestation sportive.

De l’analyse causale des résultats dépendent des représentations sur la contrôlabilité de
l’environnement et des évènements. Ces représentations sont à l’origines de conséquences
déterminantes pour le sportif.

La perception d’indépendance entre les comportements et les résultats obtenus est génératrice de
résiliation. Les déficits qui en découlent affectent directement la performance, la motivation ainsi
que la sphère émotionnelle. Les caractéristiques des causes perçues comme responsables des
résultats obtenus jouent sur la gravité des déficits ainsi observés.
6- Les étapes de la préparation mentale
1/ Prise de conscience
Cette étape est indispensable pour que l’athlète évalue ses niveaux d’habiletés physiques et mentales. C’est
un des moyens qui permet d’accéder à l’autodétermination par la mise en œuvre de stratégies personnelles.
Cette première étape permet d’acquérir des habiletés mentales qui concernent principalement la
connaissance personnelle, physique et mentale. L’athlète travaille suer la qualité de son discours interne,
c’est-à-dire sur le fond et la forme de ce qu’il se dit, sur l’amélioration de la prise de conscience de ses
sensations physiques, sur sa lucidité à analyser pendant les épreuves, sur les émotions ressenties pendant les
meilleures et pires performances.
La prise de conscience doit être travaillée au début de tout entraînement mental, parce qu’elle permet de
spécifier les points forts et les points à améliorer. Cependant, nous insistons sur les efforts à porter sur cette
phase parce que les bénéfices permettent de développer des habiletés d’auto-évaluation au cours de la
carrière sportive et dans d’autres domaines de la vie
2/ Etablissement d’objectifs
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L’atteinte des buts de maîtrise, sur le plan technique par exemple, renforce à la fois des habiletés motrices de
l’athlète, et la confiance dans l’entraînement. De plus, l’athlète qui se perçoit comme étant à l’origine du
choix de ses buts d’entraînement, maintien généralement sa motivation intrinsèque et accroit son niveau
d’autodétermination.
3/ Apprentissage des habiletés mentales à améliorer
On peut considérer que l’évaluation continue permet de réajuster les objectifs physiques, physiologiques,
diététiques ou mentaux. Les deux habiletés de prise de conscience et d’établissement des objectifs sont donc
toujours à perfectionner à toutes les étapes. Lorsque cela est nécessaire, l’athlète peut travailler la gestion de
son niveau d’activation optimal personnel, son dialogue interne ou la qualité de son imagerie.
4/ Planification: l’entraînement et la compétition
On peut distinguer les plans d’entraînements, au mois ou à l’année, des plans de compétitions. Les premiers
sont rédigés à l’aide d’un calendrier afin de coordonner les composantes de l’entraînement. Au départ, ou
pour de jeunes athlètes, les objectifs sont formulés en étroite collaboration avec les spécialistes. Avec
l’expérience, l’athlète organise son entraînement en demandant les conseils nécessaires pour définir les buts
d’entraînement et pour en évaluer l’atteinte.
L’élaboration de plans de compétition sollicite surtout des habiletés d’organisation. L’athlète apprend à
gérer son temps, à anticiper ses actions en préparant les conditions matérielles et mentales de sa vie.
Un plan peut se matérialiser sous la forme de trois colonnes sur le papier
-
La première contient une liste des évènements qui sont importants pour l’athlète, dans l’ordre
chronologique.
-
La deuxième rappelle les actions que l’athlète désire entreprendre au regard de chaque évènement.
-
Dans la troisième colonne, l’athlète écrit le mot-force, l’image, le son ou l’émotion qui lui permettra
de rester concentré sur le processus ou, au mieux, « absorbé » dans sa pratique.
7- Les repères pour la mise en place d’un suivi psychologique des sportifs
1- L’adaptation du sportif aux contraintes compétitives
Le point de départ est une conception du sportif de haut niveau vu comme un individu sain sur le plan
psychologique, mais confronté à de nombreux facteurs de stress auxquels il a à faire face. Parfois, on
observe, en effet, des effets négatifs du stress chez le sportif, comme le syndrome du sportif de pointe
(Rivolier 1992). Ce syndrome regroupe des difficultés dans les relations interindividuelles et sociales
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(opposition, agressivité, passivité), des manifestations cyclothymiques, des troubles fonctionnels ou
psychosomatiques, parfois de l’hypochondrie, et des variations anormales des performances. Ces
phénomènes ne sont pas le signe d’une pathologie déjà existante chez le sportif dans la mesure où, comme
dans de nombreuses situations de stress, ils cessent dès que le sportif n’est plus soumis aux conditions
stressantes.
2- Les facteurs de stress du sportif
Il est habituel de dire que les conditions de vie du sportif comprennent de nombreux facteurs de stress.
Chaque sportif est soumis, de façon plus ou moins intense ou plus ou moins fréquente, à l’ensemble des ces
facteurs.
Les principaux facteurs de stress sont des facteurs sociaux. Parmi ceux-ci, on trouve d’abord l’obligation de
réussite : la victoire étant ce qui légitime l’existence du sportif et ce qui l’engage vis-à-vis de lui-même et
de la société. En effet, le sportif en compétition ne représente pas uniquement lui-même, mais participe d’un
environnement plus large qui le dépasse, sur lequel il n’a pas ou peu de prise et où les considérations
financières et politiques peuvent devenir prépondérantes. Il est l’objet d’enjeux importants pour son pays,
surtout lorsque celui-ci est petite nation sur le plan sportif (il y a peu d’athlètes médaillables et ceux-ci sont
« irremplaçables »), ainsi que pour les sponsors qui le financent et dont il est souvent dépendant sur le plan
économique. Il doit donc gagner pour bénéficier des avantages liés au statut de sportif de haut niveau et
pour continuer à avoir des revenus ou des conditions qui lui permettent de s’entraîner de façon optimale.
Ensuite, le sportif est en situation de dépendance et d’obligations vis-à-vis d’un grand nombre de personne
qui l’observent en permanence :

L’entraîneur, qui souhaite connaître les aspects sportifs et extra-sportifs de la vie de
l’athlète pour mieux le préparer,

Les dirigeants, qui considèrent parfois les sportifs plus comme des objets que comme
des sujets,

Les médecins et l’entourage paramédical, à l’affût des relations de l’individu et pour
lesquels les sportifs peuvent être des objets d’études, de mesures,

La famille, le public et les médias attendent aussi souvent avec impatience les
victoires.
Puis, on trouve des facteurs liés au mode de vie : le mode de vie set fatigant par les déplacements et les
voyages fréquents (nécessité de s’adapter chaque fois à un environnement différents, vie en dehors du
contexte familier, récupération du décalage horaire). Ce mode de vie entraîne des frustrations sur le plan
affectif, familial, sexuel, alimentaire et humain et peut provoquer des problèmes relationnels. Inclus dans le
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mode de vie, l’entraînement demande une grande concentration pour apprendre et répéter les gestes ou pour
mettre au point de nouveaux schémas tactiques. La maîtrise d’un geste technique dont le moindre détail est
indispensable à la réussite s’ajoute aux exigences. Les aspects répétitifs et la nécessité d’un entraînement
quotidien ou biquotidien peuvent amener une saturation sur le plan psychologique.
En effet, les facteurs liés à la compétition sont eux aussi importants, en particulier la mise en question de
l’image de soi qui se produit au début de chaque compétition, quand le sportif se demande s’il va être
capable de rééditer les performances réalisées antérieurement où à l’entraînement. Ce facteur peut être
renforcé par l’aspect incertain de la victoire. Parfois s’ajoute la peur de la souffrance, la crainte de l’accident
ou de la blessure grave, la dépendance par rapport au matériel…
3- Les perspectives de conseil
Les phénomènes de stress sont par essence des phénomènes individuels, ce qui peut être résumé par la
formule « à chacun son stress ». Les phénomènes de réaction au stress sont, par définition, propres à chaque
individu, à la perception de chacun des situations auxquelles il est confronté et de la manière dont il peut y
faire face. Donc, il ne peut y avoir de travail sur les modalités de faire face qu’en prenant en compte la
spécificité des réactions individuelles.
Prenons l’exemple d’un sportif chez qui une augmentation importante de l’anxiété avant la compétition
provoque une crispation et des blocages, empêchant l’exécution optimale du geste. Pour certains sujets,
l’utilisation d’une méthode de relaxation suffira à diminuer les effets de l’anxiété. Toutefois le choix de la
technique utilisée dépendra lui aussi de l’individu. Chez un individu, il sera sans doute préférable d’utiliser
une technique agissant sur le tonus musculaire, inspiré de Jacobson, alors qu’une technique agissant sur le
tonus viscéral, inspirée du training autogène de Schültz sera plus efficace avec d’autres. Enfin, avec des
sujets très peu réceptifs aux techniques de relaxation, agissant au niveau physiologique, il vaudra mieux
travailler sur les cognitions qui, chez ce sujet, sont à la bas de l’augmentation de l’anxiété liée à la
compétition. Là aussi, le choix de la méthode sera lié aux caractéristiques individuellesµ.
C/ EMOTIONS ET COGNITIONS : leur régulation en vue de la performance
1- Tension psychologique et stress en sport
 Stress et anxiété :
L’athlète perçoit la situation de compétition comme une menace et répond par l’anxiété, à la perception de
cette situation compétitive. Ce modèle distingue :

L’état d’anxiété qui est une traduction comportementale de l’émotion résultant des
évaluations cognitives de la situation environnementale,
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
Le trait d’anxiété qui est une caractéristique plus durable et stabilisée de la
personnalité du sujet.
Martens conçoit l’anxiété comme un processus influencé par différents facteurs en distinguant notamment
les aspects cognitifs, de l’activation physiologique. Cette distinction est importante car dans le
déclenchement de l’anxiété, les aspects cognitifs et somatiques semblent être en relation avec des causes
différentes : l’anxiété somatique est une réaction psychophysiologique plus automatique que l’anxiété
cognitive qui elle, est plus dépendante des processus d’évaluation cognitive de la situation vécue. Les
différentes anxiétés montrent ainsi des relations différentes avec la performance. En effet, l’anxiété
somatique suit une courbe en U inversée alors que l’anxiété cognitive est corrélée négativement avec la
performance.
Dans cette théorie de l’anxiété compétitive, Martens, Vealey et Burton (1990) considèrent que celle-ci
résulte de la perception d’une menace ressentie comme dangereuse psychologiquement et physiquement. La
perception de la menace dépend alors de deux représentations cognitives nettement distinctes :

La perception de l’incertitude de résultat,

La perception de l’importance du résultat.
La perception de l’incertitude du résultat est liée à la probabilité subjective de succès, c'est-à-dire aux
chances que donne le sujet d’atteindre le résultat escompté. Cette évaluation cognitive prend en compte les
exigences de la tâche et la compétence perçue par le sujet.
Par ailleurs, il a été montré que la perception de l’importance du résultat renvoie à différentes causes liées :

à l’estime de soi

à la confiance en soi

à l’attente personnelle de performance

à l’orientation et au climat motivationnel

à la signification du résultat pour l’athlète

aux croyances qu’il développe vis-à-vis des conséquences objectives ou subjectives
de l’échec ou de la réussite

à la perception es attentes des entraîneurs

à la motivation des parents quant à la participation de leurs enfants à la compétition
Cette modélisation du stress, à partir de l’anxiété compétitive, à évolué ; au lieu de considérer les
dimensions cognitives et somatiques comme indépendantes, les travaux plus récents montrent des
interactions entre ces deux aspects de l’anxiété. Par exemple, une interaction simple suggère que, si l’anxiété
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cognitive est positive (confiance en soi, absence d’inquiétude), l’anxiété somatique (l’activation
physiologique montre une relation positive, facilitatrice, avec la performance. Mais, si l’anxiété cognitive est
négative (haute inquiétude, baisse de confiance), l’anxiété somatique est négativement reliée à la
performance.
 Qu’est ce que le stress ?
o Le stress : une source de nuisance ?
Les définitions basées sur les variables indépendantes (évènements externes) présentent le stress comme un
évènement issu de l’environnement, soit physique, soit social. Le stress est définit alors comme une
stimulation de forte intensité ou très fréquente. En première approche, il semble raisonnable de classer les
évènements déclenchant une réaction de perturbation de la performance (le bruit, une compétition
importante, une forte charge de travail). Cependant, il n’existe pas de moyen simple pour préciser quelle est
la limite de tolérance ou à quel moment on devient stressé. Le point de rupture peut varier suivant les
individus et peut changer avec ses expériences et/ou avec l’acquisition d’habiletés spécifiques. De plus,
l’effet de stress peut être cumulatif : un individu peut au préalable ne pas changer mais « craquer » plus tard,
alors même qu’il est confronté à la même intensité de stimulation. Il est à signaler alors que la mesure
objective du stress est presque non-sens.
o Les principes d’intervention sur le processus de stress dans le cadre de la préparation à la
compétition sportive :
-
L’une est centrée sur le niveau organisationnel, c'est-à-dire sur l’univers des relations, dans le
contexte de vie et d’entraînement de l’athlète (club, famille, coéquipier). Cette approche s’intéresse
plutôt à des groupes d’individus organisés, comme c’est le cas dans un club ou dans une équipe de
sport collectif. Il arrive, par exemple, que des athlètes ou des entraîneurs décrivent des ambiances
comme étant stressantes et pénalisantes pour leurs objectifs. Dans ce cas, la stratégie consiste à
demander aux partenaires d’identifier et de transformer les relations qui sont problématiques et
génératrices de stress et de renforcer le soutien social autour des athlètes.
-
L’autre perspective est centrée sur le développement des stratégies individuelles d’ajustement à la
situation compétitive. De nombreux outils et méthodes de management du stress sont proposés.
Certains restent relativement sophistiqués et relèvent d’une technicité particulière. En revanche,
l’athlète et l’entraîneur pourront porter leur attention sur :

Les méthodes environnementales qui consistent à réduire l’importance et la fréquence des
évènements potentiellement stressant, à en réduire l’incertitude en essayant de contrôler tout
ce qui est contrôlable et à augmenter le soutien social autour de l’athlète ;
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
Les techniques physiques et comportementales qui concernent la relaxation musculaire, le
contrôle respiratoire, la musique relaxante, l’exercice aérobie ;

Les techniques mentales comme l’imagerie, la fixation de buts, la conscience de ses pensées,
l’arrêt des pensées, l’arrêt des pensées automatiques et le développement des pensées
positives et/ou rationnelles, la remémoration des états psychologiques associés aux
performances, l’auto-suggestion et le dialogue interne positif.
De manière plus large, l’athlète et l’entraîneur devront veiller à l’hygiène et au style de vie, afin de réduire
l’excitation somatique : activités adéquates pour la récupération, rythmes de travail et de sommeil adaptés,
alimentation équilibrée.
Il faut retenir que le stress n’est bon ou mauvais en soi, mais qu’il existe de plus ou moins bonne manières
de s’adapter et qu’il s’agit d’un phénomène très individuel. Certains évènements étant plus centraux pour
certains athlètes que d’autres, le diagnostic individuel est très important. Cependant en règle générale, les
troubles du comportement, les modifications de l’humeur et l’anxiété compétitive, résultant du « trac »
sportif, restent des manifestations psychologiques réversibles qui ne relèvent pas, a priori, de la pathologie
mais des conséquences de la situation compétitive. Conséquences qui, si elles peuvent être anticipées,
doivent faire l’objet d’une préparation spécifique.
2- Emotion et performance sportive
La notion d’activation a été introduite pour rendre compte de constat selon lequel l’organisme ne fonctionne
pas, à tout instant, selon la même intensité. D’un moment de la journée à l’autre, se succèdent des phases de
sommeil total, de veille diffuse, de passivité, d’intérêt intense, d’excitation…l’activation est contrôlée par
une structure nerveuse du tronc cérébral, à la base de l’encéphale, appelée formation réticulée. La situation
particulière de la formation réticulée explique que l’activation soit sensible à de multiples facteurs ayant, en
retour, des manifestations diverses.
Le niveau d’activation est donc affecté par de nombreux facteurs : on peut citer pour mémoire certains
« stresseurs » tels que l’effort physique, la température de l’air, ou des drogues telles que la caféine, mais
également des émotions comme la peur, l’anxiété, l’amour, la surprise, ou tout simplement l’intérêt. L’étude
des relations entre activation et performance a constitué un des thèmes majeurs de la psychologie au cours
du 20ème siècle. L’hypothèse la plus fréquemment retenue est la loi de Yerkes et Dodson (1908), dite loi du
U inversé, selon laquelle activation et performance seraient reliées par une courbe à optimum. Dans un
premier temps, l’activation permet une amélioration du niveau de performance, mais au-delà d’un optimum,
cette dernière tend à se détériorer.
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Yerkes et Dodson supposent que la position de l’optimum, sur le continuum d’activation, dépend de la
difficulté de la tâche à réaliser : plus la tâche est difficile, plus l’optimum d’activation est situé bas.
Oxendine (1970), adopte ce cadre théorique afin de réfléchir sur les relations entre activation et performance
dans les activités sportives. Sa démarche est basée sur trois propositions :

Un niveau d’activation légèrement supérieur à la moyenne est préférable à un niveau normal ou
subnormal (ceci découle de la loi du U inversé) ;

Un haut niveau d’activation est essentiel pour les activités globales, sollicitant rapidité, endurance et
force ;

Un haut niveau d’activation est néfaste pour les habiletés complexes, nécessitant des mouvements
musculaires fins, de la coordination, de la concentration, de l’équilibre.
Il est à signaler aussi, que les relations entre activation et performance sont très variables d’un individu à
l’autre, et susceptibles de variations, d’un moment à l’autre, pour un même sujet. Kerr (1987) estime que les
sportifs peuvent apprendre à maîtriser leurs états métamotivatioonels, voire à déclencher les « revirements »
nécessaires à l’installation de l’état motivationnel requis par la situation.
3- Motivation et préparation à la performance sportive
Il est bien admis que pour atteindre un haut niveau de performance, quel que soit le domaine concerné, une
très forte motivation est requise. L’accès et le maintien d’un athlète parmi l’élite se libèrent difficilement
d’un engagement total de celui-ci dans la pratique de son sport. Pouvons-nous imaginer un instant, qu’un
champion puisse ne pas être motivé par son activité. Pourtant, ce serait oublier un peu vite d’accepter la
pénibilité et la répétitivité de certains entraînement, sacrifier une partie de sa vie familiale, professionnelle
ou ses loisir, subir les conséquences des blessures et des échecs, constituent autant de facteurs de
découragement qui peuvent compromettre gravement la réussite d’une saison, voir d’une carrière sportive.
1- Qu’est ce que la motivation chez le sportif ?
D’une manière générale, la motivation peut être définie comme l’aspect dynamique et directionnel-sélectif
ou préférentiel-du comportement (Nuttin 1985). En effet, une personne motivée (donc qui s’attache
intensément, avec persévérance et librement à tenter de réussir une tâche choisie) augmente ses chances
d’obtenir de bons résultats. Mais il ne s’agit là que d’une probabilité, tant il est vrai, notamment en sport,
que des comportements motivés peuvent malheureusement être suivis d’un échec.
Plusieurs registres motivationnels peuvent être impliqués dans la pratique sportive. Si l’engagement d’un
sportif peut répondre à une recherche directe de la sensation hédonique (à la recherche du plaisir) que
procure son activité ou bien encore à un besoin d’affiliation, son accession et son maintien au plus haut
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niveau de la compétition relèvent davantage d’une motivation d’accomplissement (les comportements que
les personnes manifestent, lorsqu’elles s’appliquent à bien réaliser une tâche, à rechercher des normes
d’exigence ou de performance, à se fixer des but élevés)
2- Les indicateurs de la motivation des entraîneurs
La motivation est probablement le processus le plus utilisé dans les milieux du sport, pour rendre compte de
la réussite sportive.
A partir de quels indicateurs peut-on affirmer qu’un entraîneur est motivé ?

le degré d’engagement pour atteindre le résultat désiré (mobilisation des ressources adéquates)

la persévérance (effort maintenu dans le temps, sur plusieurs années, jusqu’à la dernière seconde
d’une rencontre)

la direction ou les choix entrepris (implication total pour leur tâche, leur fonction)
Par conséquent, le sportif motivé est celui qui s’investit fortement en fonction des exigences de la tâche (de
son programme), qui ne renonce pas, qui reste concentré sur les aspects pertinents de la tâche, et qui continu
son investissement en dehors même des entraînements officiels.
3- Les déterminants de la motivation des entraîneurs
La confiance en soi et la valeur de la tâche sont les deux éléments constitutifs de leur motivation.

La confiance en soi (pas évident dans un contexte de critique, de pressions, d’enjeux…)
L’entraineur : « si je veux gagner cette rencontre, je pense que mon groupe est capable. Je dois l’en
persuader » malgré les critiques de la presse et les pressions de mon président de club

La valeur accordée à sa tâche (de la mission à accomplir : objectif sportif, difficulté de la rencontre,
du championnat…)

rencontre à enjeu, rencontre qualificative, quelle importance a pour moi cette compétition
faire
des choix par rapport à une programmation…
la réputation d’un entraîneur se fait avec le temps
être régulier dans ses prestations.
La prestation des sportifs peut être ramenée à une formule simple : plus on a confiance en soi, plus l’activité
déployée est valorisée
plus le degré d’implication est grand
4- Les entraîneurs ont la faculté d’adopter des stratégies pour développer un sentiment de
confiance en soi pour eux et autour d’eux.
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4.1/ L’appropriation d’une confiance en soi passe par différentes stratégies
a/ Une capacité à passer d’une centration sur le résultat (réussite, échec) à une centration sur
l’interprétation de la réalité pour répondre à un besoin de comprendre
On peut citer comme exemples de réflexions : j’ai réussi parce que je suis habile : je ne suis pas doué pour
ce sport ; j’ai eu de la chance ; l’arbitre était mauvais ; j’étais fatigué, j’avais des problèmes de santé ; je ne
me suis pas assez investi, préparé, entraîné ; la tâche était trop facile ; j’ai bien été aidé par mon
environnement familial ; mon collègue n’était pas bon aujourd’hui.
Les attributions pour des mauvaises performances sont souvent présentées comme des excuses. Elles
peuvent être ou ne pas être les causes réelles. Cependant, l’entraîneur ne peut prétexter qu’un échec est du à
un manque d’aptitude pour ce sport. Cette conduite le vouerait à l’échec (perte de confiance en soi) et
entraînerait une baisse de l’investissement et par conséquent des résultats. En effet, selon Seligman (1991) il
y aurait deux styles d’individus : tendance à l’optimisme et tendance au pessimisme
b/ Développer une croyance d’efficacité personnelle
Elle repose sur une croyance en ses capacités et une explication positive des causes qui ont conduit à la
réussite.
-
J’ai réussi car je me suis fortement investi (l’effort est important pour obtenir un succès)
-
J’ai réussi car je suis perfectionniste et exigent par rapport à moi-même
-
J’ai réussi car j’ai un contexte familial, professionnel favorable à la réussite de mon activité
c/ Les croyances vis-à-vis de la performance sportive
Il n’est pas suffisant de vouloir obtenir un résultat, de POSSEDER les habiletés et des ressources réelles, et
d’AVOIR les circonstances objectives favorables pour pouvoir l’atteindre. Les entraîneurs doivent CROIRE
qu’ils ont les ressources et les opportunités pour y parvenir.
L’idée fondamentale concernant l’entraînement psychologique des sportifs consiste à penser que les
entraîneurs doivent essayer d’agir sur ces croyances.
Développer chez leurs athlètes le sentiment de
confiance en soi.
Par exemple après la défaite d’un athlète, un entraîneur ne doit pas évoquer un manque d’habileté de leur
part car une telle attitude aurait des effets négatifs sur la confiance en soi. Il doit invoquer le manque
d’effort, le non respect des consignes.
Exemple en FB : message de l’avant match « l’équipe que nous rencontrons aujourd’hui est beaucoup plus
mal classée que nous, mais cela ne veut pas dire qu’elle est moins forte. Elle est extrêmement dangereuse,
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surtout en contre attaque (croyance sur la difficulté de la tâche). Il faut être extrêmement vigilant (notion
d’effort). Mais si vous jouez votre jeux, il n’y a aucune raison d’avoir peur, vous devez gagnez facilement
(croyance d’efficacité personnelle)
d/ Les croyances sur la valeur de la tâche, de l’activité
Chaque athlète garde en mémoire des expériences positives et négatives qui organisent ses stratégies de
préparation. Ces mémoires affectives sont stockées dans les conceptions de soi et les conceptions de
l’activité et ainsi elles permettent de s’engager dans des activités similaires dans le présent et le futur.
L’importance qu’un entraîneur accorde à une tâche (compétition) lui permet de confirmer ou de valoriser
son image de marque vis-à-vis des autres (public, média, collègue…). L’atteinte d’un résultat positif
confirme ou infirme cette compétence perçue recherchée.
A cet effet, une compétition sportive peut être importante pour un entraîneur (championnat du monde, JO)
parce qu’elle est l’occasion pour lui de pouvoir démontrer, à ses propres yeux et aux yeux de tous, qu’il
possède une haute habileté dans ce domaine.
5- Les stratégies motivationnelles
Les sportifs comme tous les autres individus, cherchent à maximiser les effets positifs et minimiser les
aspects négatifs. Les principales stratégies pour protéger son estime de soi sont :
a/ Stratégie d’auto-handicap ou comment se préparer à l’échec face aux autres tout en gardant la
face…Lorsque les pratiquants n’ont pas tout à fait confiance en eux (fragilité)
-
Montrer que l’on fait peu d’effort au cas où il y aurait échec
échec attribué à un manque d’effort
et non à une incompétence
-
La stratégie de multi projet qui permet de préparer à l’avance des excuses en cas d’échec. Cependant
s’ils réussissent, une image de compétence leur sera attribuée.
-
Le refus de l’aide : il préfère renoncer au progrès plutôt que de révéler une faiblesse.
b/ Le pessimisme défensif est une stratégie de nature anticipé qui se traduit par un effort élevé (ces
entraîneurs ont souvent de meilleurs résultats car il travaillent plus du fait de leurs doutes)
En diminuant la confiance en soi, en émettant des doutes sur son propre niveau de préparation ou sur celui
de son équipe, l’entraîneur cherche à se motiver lui-même. En élevant son niveau d’anxiété il est amené à
s’investir davantage afin d’éviter l’échec. En effet, l’accroissement dans l’effort rend l’échec moins
probable.
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Pour conclure, la motivation des sportifs est un processus très complexe qui repose sur un ensemble de
croyances.
Celles-ci concernent aussi bien les causes des résultats antérieurs, les ressources possédées, l’idée supposée
de l’environnement, la difficulté de la tâche que les différentes valeurs que les différentes valeurs perçues de
la tâche.
Elles agissent ensemble pour déterminer simultanément la confiance en soi et l’importance de réussir la
tâche. Les croyances sur la valeur d’atteinte de la tâche sont très importantes. Lorsque le sportif se sent
menacé dans son estime de soi personnelle, et afin de maintenir un schéma de soi positif, il optera, parmi un
ensemble de stratégies motivationnelles, celles qui lui permettront le mieux de garder une estime de soi.
L’entraîneur peut intervenir pour influencer toutes ou certaines de ces croyances qui leur est accordée.
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