COMMUNICATION DE LA SOCIÉTÉ ÉDITRICE DU MONDE/SAMEDI 5 JUIN 2004/I
FISCALITÉ
LES COMPTES DU GROUPE
2003
L
es pertes que nous avons enre-
gistrées en 2003 sont lourdes,
plus lourdes que prévues pour
une année qui restera comme
l’une des plus mauvaises vécues
par la presse quotidienne nationale
(PQN) en général,par Le Monde en par-
ticulier. Ces pertes sont comparables,
par leur ampleur, à celles de 2002
(18 millions d’euros contre 19 millions
d’euros en 2002), mais elles correspon-
dent à une situation plus défavorable :
elles tiennent pour près de la moitié à
une perte d’exploitation,concentrée sur
Le Monde et son imprimerie.
La tentation est d’oublier cette an-
née noire, de passer très vite à l’année
2004, dont l’objectif est le retour à l’é-
quilibre d’exploitation.Mais il n’est pas
inutile de replacer cette année 2003 et
ses résultats dans le contexte de la crise
de notre secteur d’activité.
Le contexte que nous devons af-
fronter vient d’être rappelé par une
étude du Syndicat de la Presse Pari-
sienne qui souligne les éléments sui-
vants : sur quinze ans, le chiffre d’af-
faires de la PQN a stagné ; celui de la
PQR (presse quotidienne régionale) a
augmenté de 1 milliard d’euros. Celui
de l’ensemble de la presse a augmenté
de 1,5 milliards d’euros. Cette stagna-
tion s’explique par l’état des trois sour-
ces de recettes : les ventes ont reculé ;
la publicité est stagnante ; les annon-
ces d’emploi sont menacées du fait du
chômage de masse.
La baisse des ventes des quotidiens
tient essentiellement à leur érosion chez
les 15-20 ans. Or, le niveau de lecture
régulière est atteint vers 20 ans. Il est
au mieux conservé, jamais augmenté.
La démographie française laisse donc
prévoir un fort déclin de la lecture,chez
les jeunes.
UN CONTEXTE DIFFICILE
La publicité : nous vivons sur une pe-
tite part d’un marché publicitaire lui-
même sous-dimensionné. En effet, la
dépense publicitaire est en France
l’une des plus faibles des grands pays :
171 euros par habitant, contre 263 eu-
ros au Royaume Uni, 190 euros en Al-
lemagne et 453 euros aux Etats-Unis.
Le taux de pénétration est donc faible,
et contribue à entretenir un cercle vi-
cieux : prix de vente élevé, érosion de
la diffusion, stagnation de la publicité,
peu ou pas de rentabilité.
Dans ce contexte particulièrement
difficile nous supportons des coûts
structurels d’impression et de distribu-
tion nettement supérieurs à ceux de
nos voisins ; et nous devons, comme
eux, faire face aux évolutions sociolo-
giques et générationnelles lourdes,
avec le développement rapide, l’explo-
sion même, des « gratuits » ou quasi-
gratuits, et le début de l’essor du net.
Les deux crises les plus récentes vé-
cues par notre entreprise se ressem-
blent par l’ampleur de la baisse de la
recette publicitaire : 40 millions d’eu-
ros de 1990 à 1993, et de 2000 à 2003.
Elles diffèrent sur la diffusion : celle-ci
avait baissé de 7 points entre 1990 et
1993 ; la baisse est inférieure à un point
entre 2000 et 2003. En part de marché,
le recul était de 1 point entre 1990 et
1993 ; mais entre 2000 et 2003, Le
Monde a gagné un point.Les dix an-
nées que nous venons de vivre restent
donc marquées par le formidable re-
dressement de la diffusion du jour-
nal lié bien sûr à la refonte de sa for-
mule en janvier 1995 et à notre
dynamisme éditorial : plus de 12
points de mieux pour Le Monde. Voilà
une bonne raison de ne jamais céder
sur le dogme autour duquel nous
avons reconstruit le journal : celui pré-
cisément du dynamisme éditorial, de
l’adaptation permanente et de la né-
cessaire et tout aussi permanente
réflexion sur la qualité rédactionnelle,
lesquelles devront connaître prochai-
nement d’autres développements. Au
vu des chiffres de la recette publicitaire,
personne ne peut douter que,seul dans
cette crise, Le Monde aurait sans doute
été balayé, c’est-à-dire replongé dans
la problématique des années 1990-
1993. La grande différence, tient à ce
que l’entreprise n’est plus la même.
Notre groupe est en effet différent
par son périmètre, que résume l’évo-
lution de son chiffre d’affaires :
147 millions d’euros en 1990 ; 95 mil-
lions d’euros en 1993 ; 310 millions
d’euros en 2000 ; 680 millions d’euros
en 2003. Il est aussi différent par ses
fonds propres : négatifs en 1994, ils at-
teignent 260 millions d’euros, dix ans
plus tard. Quant au ratio endettement
net/fonds propres, il était de 212 % en
1993, et de 45 % fin 2003.
La leçon est claire : les événements
ont validé la stratégie de développe-
ment que nous avons fermement en-
gagée, et poursuivie sans relâche.Cette
stratégie s’est traduite pas la consti-
tution d’un groupe diversifié, présent
sur trois secteurs de presse – PQN,
PQR et Magazine – et doté de deux
unités « transversales », Le Monde
Interactif et la Grande Régie.
Cette stratégie a été rendue possi-
ble par la mobilisation des action-
naires-partenaires, qui ont été les
premiers au rendez-vous de la reca-
pitalisation – disons plutôt du sauve-
tage –, il y a dix ans, et les premiers
au rendez-vous du développement,et
de la souscription des ORA, ce bel ou-
til de développement, ces 62 millions
d’euros de fonds propres venus com-
penser l’amputation de ces mêmes
fonds propres que constituent deux
années de lourdes pertes,2002 et 2003.
SE RENOUVELER POUR PROGRESSER
Nous traversons donc la crise en nous
renforçant. Grâce à nos actionnaires-
partenaires qui nous ont donné du ca-
pital, donc du temps. Nous l’occupons
à organiser l’an I du Groupe, de cette
nouvelle entreprise qui a été constituée
au plus fort de la crise, qui devrait nous
permettre de rebondir très fortement
dès que celle-ci s’achèvera.
Mais nul ne peut se contenter d’at-
tendre le retour de la prospérité du seul
regain de l’activité économique du pays,
décisif il est vrai par la recette de pu-
blicité. Car cette crise a bel et bien une
dimension structurelle. Nous aurons
donc besoin de renouveler notre ré-
flexion stratégique : nous devons en ef-
fet prendre conscience de la nécessité
de repenser les modèles mêmes sur les-
quels reposait notre activité.
S’agit-il de la presse magazine ? Ou-
tre le fait que, par exemple, dans le sec-
teur jeunesse, ou vis-à-vis d’un public
féminin, il faut être toujours en mou-
vement pour progresser, elle est à son
tour interpellée par les gratuits, ou par
les presque-gratuits que sont les « quin-
zomadaires » de télévision.
S’agit-il de la PQR ? Celle-ci était as-
sise sur un monopole régional, désor-
mais battu en brèche par l’arrivée des
télévisions régionales, concurrencé par
les gratuits qui se multiplient dans les
métropoles régionales. Elle est aussi
confrontée à la montée en puissance
du net.
Pour la PQN, nous le savons, la lutte
est encore plus difficile pour contrarier
le déclin réputé inexorable du lectorat ;
avec la nécessité de moderniser – ce que
nous avons fait - les outils du papier et
celle d’investir – ce que nous avons fait –
dans les outils du futur.
Le futur passe par le net, et à son tour,
il interagit sur le papier. Et en même
temps qu’il se développe,il introduit des
changements culturels lourds. Par
exemple, ce qui caractérise le papier, et
Construire dans la crise
ANALYSE Page II LE GROUPE Page IV PRESSE QUOTIDIENNE NATIONALE Page VI INTERNET Page VIII PRESSE MAGAZINE ET
LIVRES Page IX PRESSE QUOTIDIENNE RÉGIONALE Page X RÉGIES PUBLICITAIRES Page XI LES COMPTES DU GROUPE Page XIII
Jean-Marie Colombani
Lire la suite page
XVI
ANALYSE
D
ébut 2004, le Syndicat de la
Presse Quotidienne Pari-
sienne a demandé au BIPE
de conduire une étude sur
la situation de la presse
quotidienne et sur ses perspectives de
développement. Vincent Létang,
responsable de cette étude, nous en
livre les principales conclusions.
Comment se porte la presse quoti-
dienne nationale ?
Vincent Létang : Il faut être clair :
elle ne va pas bien. Parmi les grandes
familles de presse, la presse quoti-
dienne d’informations générales,c’est-
à-dire Le Monde,Libération,Le Figaro
ou Le Parisien, est celle qui a subi
le plus de difficultés économiques
depuis dix ans. Quelques indications
pour s’en persuader : alors que les
recettes de la presse quotidienne na-
tionale (PQN) ont stagné autour de
900 millions d’euros depuis 1993,
celles de la presse quotidienne régio-
nale (PQR) sont passés de 2 à 3
milliards d’euros, tandis que l’ensem-
ble de la presse,magazines inclus, pas-
sait de 8,5 à 10 milliards d’euros. Par-
don pour cette avalanche de chiffres,
mais ils permettent de bien cerner le
paysage.
Quelles sont les causes de cette si-
tuation ?
V. L. : Certaines de ces causes ren-
voient au produit lui-même, d’autres
à des comportements socioculturels
plus généraux affectant le lien unis-
sant les Français à la presse écrite.
C’est par ces comportements que je
voudrais commencer. Il ne fait pas de
doute que plusieurs phénomènes
nouveaux tendent à fragiliser ce lien.
Certains d’entre eux étaient attendus,
le développement d’Internet, par
exemple ; d’autres, plus étonnants, ont
été moins analysés. Ainsi, le renforce-
ment de l’usage des véhicules privés
pour les trajets domicile-lieu de
travail. Arrêtons-nous sur ces deux
cas. La pénétration d’Internet pèse
évidemment sur le budget-temps des
Français, et notamment sur celui des
jeunes. Les arbitrages opérés se font
le plus souvent au détriment des loi-
sirs ou pratiques culturelles en place.
Il s’agit de transferts ne devant pas
surprendre. Plus grave apparaîtra le
fait que l’usage d’Internet renforce
chez ses utilisateurs le sentiment
d’une apparente gratuité dont vont
mécaniquement pâtir les produits
payants, et parmi eux les titres de la
presse quotidienne. Le phénomène
des quotidiens gratuits accentue ce
mouvement général. Sur ce cas
concret, la presse payante est donc
prise entre deux feux. Emergence d’un
nouveau média, apparition d’un mé-
dia d’apparence identique, mais dis-
tribué gratuitement.
Vous avez évoqué l’usage de
l’automobile comme autre
facteur de fragilisation ?
V. L. : Oui, pour bien montrer que
la presse écrite est soumise à un jeu
de concurrence multi-facettes. Entre
1982 et 1999, la part des Français uti-
lisant un véhicule privé pour effectuer
les déplacements domicile-lieu de
travail est passée de 54 à 65 %. Au
cours de la même période, le recours
aux transports en commun chutait de
18 à 10 %. Or, le trajet matinal cons-
titue une séquence privilégiée pour
s’informer. Et que fait-on dans une
voiture ? On écoute la radio, alors
que l’on lit le journal dans le bus ou
le métro. Là encore, la presse écrite,
et tout particulièrement la presse
quotidienne, est victime d’une évolu-
tion des comportements synonyme de
substitution défavorable.
Cette désaffection s’inscrit-elle dans
des tendances lourdes ?
V. L. : Deux choses sont à considé-
rer pour bien répondre à votre ques-
tion : le rapport des Français à l’écrit
et le comportement des jeunes
générations. Sur ces deux points, on
peut effectivement parler de ten-
dances lourdes. Le rapport des
Français à l’écrit, tout d’abord. Il ne
fait pas de doute que ce lien se dis-
tend. La presse en fournit un exem-
ple, mais pas seulement elle. Le nom-
bre de gros lecteurs de livres, depuis
30 ans, enregistre une baisse conti-
nue. Situation paradoxale, puisque le
niveau d’éducation de ces mêmes
Français, sur une période identique,
n’a cessé d’augmenter. Le comporte-
ment des jeunes générations, ensuite.
L’un des membres du BIPE, le socio-
logue Bernard Préel, a segmenté la
population française en générations
d’appartenance. On s’aperçoit, ana-
lysant ses travaux, que la lecture ré-
gulière des quotidiens, qui était et est
restée très forte chez la génération
de la Libération (15 à 20 ans en 1945),
n’a cessé de se dégrader dans les
nérations suivantes. Ainsi, la gé-
nération « Mai 68 » (15 à 20 ans en
mai 68) lit-elle moins la presse quo-
tidienne que la génération « Guerre
d’Algérie », mais plus que celle qui
la suit, celle des années de crise.
Où en est-on aujourd’hui ?
V. L. : A 20 ans, 20 % des membres
de la génération « Internet » lisent un
quotidien ; ils étaient 30 % pour la gé-
nération « Gorbatchev » ; 35 % pour
la génération « Crise » ; 40 % pour la
génération « Mai 68 ». Mais le plus
important n’est sans doute pas là. Les
pourcentages que je viens de vous
indiquer, ceux des jeunes de 20 ans,
représentent en quelque sorte un ca-
pital de départ. On est frappé, en re-
gardant les courbes, par le fait que
ce capital n’évolue qu’assez peu tout
au long de la vie des gens. En d’aut-
res termes, il n’y a pas à attendre de
changements de comportements au
sein d’une vie donnée. Votre profil de
lecteur est défini assez tôt et vous suit
tout au long de votre existence. Si on
ne lit pas la presse quotidienne dès
l’âge de 20-25 ans, on ne la lira jamais.
Lit-ont plus quand on dispose de
plus de temps ?
V. L. : Non. Et de ce point de vue, la
réduction du temps de travail ou le pas-
sage à la retraite n’ont en rien modifié
la donne disponible. Mais venons-en
maintenant aux conséquences. Si
l’on admet que les jeunes générations
actuelles et à venir vont suivre le mou-
II/COMMUNICATION DE LA SOCIÉTÉ ÉDITRICE DU MONDE/SAMEDI 5 JUIN 2004
Les tendances et les perspectives
Taux de lecture régulière : 5 fois par semaine
TAUX DE LECTURE RÉGULIÈRE DE LA PRESSE QUOTIDIENNE EN EUROPE
Source : BIPE d'après Eurobarometer Eurostat
0
10
20
30
40
50
60
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80
90
100
Finlande
Suède
Allemagne
Luxembourg
Autriche
Royaume-Uni
Danemark
Pays-Bas
Irlande
Union européenne (15)
Italie
France
Belgique
Portugal
Espagne
Grèce
ANALYSE
vement enregistré depuis soixante
ans, on en conclut que le renouvelle-
ment des générations va entraîner un
fort recul de la lecture régulière de la
presse quotidienne. La substitution
jouera négativement, puisque la
disparition de générations fortement
consommatrices de PQN ne sera en au-
cun cas compensée par l’arrivée sur le
marché des nouvelles générations, cel-
les-là faiblement consommatrices.
La presse quotidienne est-elle seule
touchée ?
V. L. : L’exemple de la télévision
permet de répondre à cette question
et d’avancer que tous les médias sont
touchés. L’audience de l’information
télévisée et du journal de 20 heures
est en effet soumise à un même phé-
nomène générationnel défavorable.
En presse,les news sont également pé-
nalisés. Quelles sont les raisons de ce
phénomène global ? Sans doute une
certaine forme de désintérêt pour la
chose publique. Les taux d’abstention
enregistrés à l’occasion des différents
scrutins militeraient dans ce sens,mais
il convient d’être prudent. S’impose
aussi, me semble-t-il,un effet zapping.
Il y a trente ans,on achetait le jour-
nal par réflexe politique ou social,
voire parce que son statut social l’ap-
pelait. On ne se demandait pas si on
aurait le temps de le lire ou pas, pas
plus que l’on ne s’interrogeait sur la
richesse de l’information qu’il conte-
nait. Aujourd’hui, on n’achète un quo-
tidien ou on ne suit le journal télévisé
de 20 heures que quand on a le temps
de le faire, c’est une évidence, mais
aussi quand on sait par avance y trou-
ver une actualité qui vous concernera.
Outre le produit de la vente, qu’en
est-il des autres sources de revenu
de la PQN ?
V. L. : Parlons d’abord de la presse
en général et constatons que l’érosion
des ventes et de l’audience a entraîné
mécaniquement une baisse des recet-
tes publicitaires.Deux indications pour
s’en convaincre : en vingt ans, la part
de la presse sur le marché publicitaire
a baissé de 12 points (de 51 à 39 %)
tandis que celle de la télévision dou-
blait.Venons-en maintenant à la PQN.
Non seulement sa part de marché pu-
blicitaire diminue (environ 2,8 % au-
jourd’hui contre 3,5 en 1983), mais elle
s’affirme comme la plus volatile. Sur
un marché publicitaire fluctuant, car
lui-même soumis aux aléas écono-
miques, la PQN n’apparaît pas tou-
jours comme un média prioritaire. Les
annonceurs et leurs conseils ont donc
tendance à le sacrifier quand ils tra-
versent des périodes difficiles. Dernier
point, qui joue surtout pour certains
titres, la qualité des lectorats renvoie
à des annonceurs relativement spéci-
fiques : banque, assurance,automobile,
etc. Or, ces annonceurs ne sont pas les
plus réguliers. L’avantage qualitatif
peut donc jouer ici négativement.
Et le marché des annonces d’emploi ?
V. L. : C’est un marché difficile, lui
aussi très affecté par la conjoncture.
Avec lui, une autre source de revenus
s’appauvrit. Et cela d’autant plus
que l’on assiste à un transfert des
annonces vers des médias spécialisés
gratuits, la presse ou Internet.
La situation que vous venez de nous
décrire est-elle propre à la France ?
V. L. : Oui et non. Oui, car la diffu-
sion de la presse quotidienne en
France est, traditionnellement, l’une
des plus faibles d’Europe. Notre pays,
à cet égard, s’inscrit dans une culture
plus méditerranéenne que nordique
ou anglo-saxonne. Non, car même si
d’autres pays partent d’une position
de départ plus favorable, ils sont éga-
lement victimes d’une érosion ten-
dancielle de leur presse quotidienne.
En Allemagne, par exemple, le volume
de quotidiens vendus a chuté de 10 %.
En Angleterre, certains titres ont été
obligés de baisser leur prix de vente
pour simplement stabiliser leur diffu-
sion. Je soulignerai que l’érosion de
la diffusion est bien plus difficile à sup-
porter pour ceux qui partent du plus
bas. On passe plus vite sous le point
mort qui permet d’équilibrer les
coûts fixes de production.
Face au constat que vous venez de
dresser, quelles sont les raisons
d’espérer ?
V. L.: Il y en a plusieurs. On obser-
vera que si tous les quotidiens tra-
versent une crise commune, certains
s’en sortent mieux que d’autres. Des
solutions existent donc en interne,
qu’il ne faut pas négliger. Le produit
peut évoluer pour mieux répondre
aux attentes des lecteurs potentiels,
des frais fixes peuvent être compri-
més. N’oublions pas, par ailleurs, que
l’évolution du cadre juridique doit
permettre à la presse quotidienne de
mieux se faire connaître, notamment
par le recours à la publicité télévisée.
Je vous disais tout à l’heure que les
jeunes générations zappaient pour
accéder à l’information. Il faut leur
faire savoir que la presse écrite est
l’un des lieux où ce zapping peut et
doit les conduire. La publicité télévi-
sée peut permettre à la presse tra-
ditionnelle de communiquer sur ce
qui la différencie des journaux gra-
tuits ; elle doit lui permettre aussi de
toucher un public qui lit peu ou pas
la presse ; elle peut permettre, enfin,
d’optimiser de nécessaires opéra-
tions promotionnelles, celles-là
mes qui se multiplient depuis
l’ouverture du média télévisé.
Ces solutions internes sont-elles
suffisantes ?
V. L. : Je n’en suis pas certain. Mais
il faut replacer la crise de la presse quo-
tidienne nationale dans un contexte
concurrentiel et une histoire. Il nous
faut, en fait, dire un mot des menaces
qui pesèrent de toute éternité sur les
médias et moyens d’expression. Rap-
pelons un air connu : apparition de
nouveaux médias ? Disparition des an-
ciens ! Le cinéma n’a pourtant pas fait
disparaître le théâtre, pas plus que la
télévision n’a tué le cinéma. Quant à
Internet,il ne viendra certainement pas
à bout de la télévision. Pourquoi n’en
irait-il pas de même pour la presse
écrite ? Celle-ci traverse certes une
crise, mais elle saura sans doute la sur-
monter et rebondir sur elle. Un exem-
ple, celui d’Internet. Ce concurrent de
la presse doit être également perçu
comme un facteur d’enrichissement.
En effet, si les éditions en ligne confor-
tent certains lecteurs traditionnels
dans leur attachement à un titre, elles
peuvent aussi lui faire gagner un nou-
veau lectorat.Un concurrent peut donc
devenir un allié, une menace se trans-
former en opportunité. Tout est ques-
tion de réactivité. Il reste cependant
que l’on se doit sans doute de donner
à la presse quotidienne les moyens de
traverser la période difficile qu’elle ren-
contre. Le soutien public, qui a joué
un rôle essentiel dans la renaissance
du cinéma français, devrait, à mon
sens, remplir le même rôle vis-à-vis de
la presse quotidienne nationale. Le
maintien d’une presse diversifiée et
payante, c’est-à-dire indépendante,
est un enjeu d’intérêt national.
COMMUNICATION DE LA SOCIÉTÉ ÉDITRICE DU MONDE/SAMEDI 5 JUIN 2004/III
de la presse quotidienne
Taux de lecture régulière de la presse quotidienne selon l'âge des individus, classés par générations
ÉROSION DU TAUX DE LECTURE RÉGULIÈRE CHEZ LES JEUNES GÉNÉRATIONS
Source : BIPE d'après Enquêtes Pratiques Culturelles, ministère de la Culture ( 1973-1997)
20 ans 30 ans 40 ans 50 ans 60 ans 70 ans 80 ans
0
10
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30
40
50
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70
80
"La libération"
"La guerre d’Algérie"
"Mai 68"
"La crise"
"Gorbatchev"
"Internet"
LE GROUPE
Le groupe est le
31 décembre 2003 de la
fusion de la Société éditrice
du Monde (SEM) et des
Publications de La Vie
Catholique (PVC). Il intègre
également les titres de l’ex-
groupe Midi Libre (contrôlé
depuis 2002), devenu Les
Journaux du Midi.
Les publications et sociétés
du nouvel ensemble sont
dorénavant organisées en
cinq structures de métiers :
trois pôles édition (presse
quotidienne nationale,
magazine et livres, presse
quotidienne régionale) ; un
pôle Internet et un pôle
régies publicitaires. Ces cinq
structures représentent les
lieux de décision se
construisent, champ par
champ, les politiques suivies
et représentent
l’organigramme
opérationnel du groupe.
Placées sous l’autorité du
directoire (Jean-Marie
Colombani, Dominique
Alduy, Noël-Jean Bergeroux)
et du directeur général du
groupe, Jean-Paul Louveau,
elles sont co-dirigées par les
responsables suivants :
Edwy Plenel et Fabrice Nora
(presse quotidienne
nationale) ; Jean-Paul
Louveau et Alain Plombat
(presse quotidienne
régionale) ; Gilles de
Courtivron et Bruno Patino
(presse magazine et livres) ;
Bruno Patino et Yann
Chapellon (Internet) ;
Mary-Laure Sauty de Chalon
(régies publicitaires).
Leur histoire, leur situation
actuelle et leurs perspectives
de développement font
l’objet d’une présentation
plus détaillée dans les pages
suivantes.
IV/COMMUNICATION DE LA SOCIÉTÉ ÉDITRICE DU MONDE/SAMEDI 5 JUIN 2004
PRÉSENTATION DES ACTIVITÉS
PRESSE QUOTIDIENNE
NATIONALE
Publications
DOSSIERS & DOCUMENTS
BILAN DU MONDE
SÉLECTION HEBDOMADAIRE
LE MONDE 2
Autres activités
LE MONDE IMPRIMERIE
FRANCE ROUTAGE
• Editpress Luxembourg (4,26 %)
• Timbropresse (34 %)
• L'Écho du Centre (12 %)
• Le Temps (5,24 %)
• La Vie du rail (5 %)
• Le Nouvel Observateur (6 %)
• Temps Présent (42 %)
• Laprel (15,38 %)
• Édition du Témoignage Chrétien (9 %)
• Éditions du Cerf (26 %)
• Éditions de l’Atelier (7 %)
• Ciric (31,42 %)
• GLR Midi France (40 %)
SITES INTERNET
www.lemonde.fr
www.telerama.fr
www.monde-diplomatique.fr
www.courrierinternational.com
www.voilesetvoiliers.com
www.midilibre.com
www.lindependant.com
www.laprocure.fr
www.descleedebrouwer.com
www.lavie.presse.fr
www.terredevins.com
www.mondepub.fr
www.journaldemillau.com
www.topfamille.fr
www.semainedenimes.com
www.immodumidi.com
www.jobdumidi.com
Participations Minoritaires
82 070
94 557
16 296
122 758
389 249
(mensuel jusqu'en décembre 2003)
LE GROUPE
COMMUNICATION DE LA SOCIÉTÉ ÉDITRICE DU MONDE/SAMEDI 5 JUIN 2004/V
diffusion en nombre d'exemplaires :
diffusion totale payée en 2003
Source : OJD Diffusion Contrôle
XX XXX
diffusion en nombre d'exemplaires :
diffusion totale payée en 2003
Source : éditeur
XX XXX
Lancement fin 2003
Publications Publications
PRESSE MAGAZINE ET LIVRES
TÉLÉRAMA
COURRIER INTERNATIONAL
LA VIE
LE MONDE DIPLOMATIQUE
Manière de voir
Autres publications :
Le Monde des Religions*
Prier
Notre Histoire
Le Monde de l’Éducation
La lettre de l’éducation
Le Monde Initiatives
Ulysse
Danser
Les Cahiers du cinéma
PRESSE JEUNES :
L'hebdo le monde des ados
Papoum
Pirouette*
Abricot
Les P’tites Sorcières
Je Lis des histoires vraies
Je Lis déjà
Mille et une histoires
Mon journal arc-en-ciel
Les P’tites Princesses*
MAGAZINES détenus à 50 % :
Top Famille Magazine
Voiles & Voiliers
Alternatives Intern.
Autres activités
ÉDITION :
• Desclée De Brouwer
Editions Zodiaque
LIBRAIRIE :
La Procure
PRESSE QUOTIDIENNE RÉGIONALE
MIDI LIBRE
L'INDÉPENDANT
CENTRE PRESSE
Autres publications :
Terre De Vins
Terres Catalanes
La Semaine de Nîmes
La Semaine du Roussillon
Journal de Millau
L'Aveyronnais
Le Catalan Judiciaire
Autres activités
MIDI MÉDIA (Régie Pub.)
OFFSET LANGUEDOC (Imprimerie de labeur)
PHAESTOS (Production TV. et Internet)
VOYAGES DU MIDI
RÉGIES PUBLICITAIRES
LE MONDE PUBLICITÉ
PUBLICAT
SAFARI
I-RÉGIE.COM
LE MONDE 2 PUBLICITÉ
DU GROUPE AU 1
er
JUIN 2004
657 241
185 692
165 794
69 467
20 939
13 604
11 373
1 955
3 688
6 436
2 318
163 521
240 225
50 913
55 000
24 792
45 855
6 061
22 100
56 010
27 000
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