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DS 1 H 1 à 2 (correction).
SUJET 1 : Les mutations économiques depuis 1945 (H 1).
Entre 1945 et 1975, la France connaît une forte période de croissance, nommée par Jean Fourastié les « Trente
Glorieuses ». Cependant, après 1975, la France entre dans une période de croissance dépressive.
Quels sont les changements que connaît léconomie française de 1945 à nos jours ?
Dans cet extrait de son livre Les Trente Glorieuses ou la Révolution invisible de 1945 à 1975, Jean Fourastié explique
pourquoi il qualifie les années allant de 1945 à 1975 de « glorieuses ». Le graphique présentant la variation annuelle du
PNB par habitant et le taux de chômage de 1947 à 1999 permet de voir les conséquences économiques et sociales des
« Trente Glorieuses » ainsi que des « Vingt rugueuses ». Ainsi, après avoir défini la période des « Trente Glorieuses »,
nous montrerons ses limites.
En 1979, Jean Fourastié finit les « Trente Glorieuses » en raison dun certain nombre déléments dont le graphique
permet de démontrer la véracité.
Les « Trente Glorieuses » désignent la période au cours de laquelle la croissance est strictement positive mais, selon
Jean Fourastié, il sagit aussi dune période de transformation de bouleversements économiques et sociales : « si jai pu
qualifier de « glorieuses » les trente années séparant les recensements de 1945 à 1975, cest parce que je les considérais
quant à la promotion du niveau de vie […] ». En effet, la France, de 1945 à 1975, entre dans lère de la consommation de
masse. La société française profite des progrès de lEtat-providence et des mesures keynésiennes adoptées après 1945 : la
sécurité sociale, des salaires en hausse et une période de plein emploi, la génération du crédit… Cette période de
croissance est qualifiée par lauteur de « Trente Glorieuses » car celui-ci considère que cette croissance fut régulière
inégalée dans lhistoire du pays, sauf au début de son industrialisation, peu après 1830 les « trois glorieuses ».
En effet, le graphique fait apparaître une période de forte croissance marquée par un taux de croissance supérieur, en
moyenne, 4 % par an. Le taux de chômage, cest-à-dire lensemble des actifs sans emploi ou à la recherche dun emploi,
se situe entre 2% et 4 % de la population active. Il sagit donc bien dune période de croissance économique permise par
la reconstruction de la France et règne le plein-emploi. La croissance bénéficie dun système monétaire stable créé à
Bretton Woods en 1944, le Gold exchange standard et dun élargissement du commerce international favorisé par le
GATT de 1947. Elle bénéficie aussi dune énergie pétrolière et de matières premières bon marché, ainsi que dune main-
d’œuvre nombreuse et peu coûteuse grâce à l’immigration.
Les « Trente Glorieuses » apparaissent, en 1979, comme un véritable âge dor pour la France. Cependant, cette image
est à nuancer.
Pendant et après les « Trente Glorieuses », certaines faiblesses apparaissent dans la vision idyllique de Fourastié.
En effet, entre 1947 et 1959, la croissance est très irrégulière en raison de linstabilité monétaire et de la forte inflation
générée par les politiques keynésiennes. Cest le stop and go : pour relancer léconomie, les Etats subventionnent en
piochant dans les finances publiques, lorsque les caisses sont vides, les subventions sarrêtent, en attendant que la fiscalité
comble les déficits. De plus, les difficultés de la reconstruction dans les années 50, largement financée par le plan
Marshall, conduisent à de fortes baisses de la croissance : de 8% en 1950 à 1% en 1954 ou de 6,5% en 1956 à 1% en
1959. Chacune de ces chutes de la croissance saccompagne dune légère hausse du chômage : de 3% en 1950 à moins de
4% en 1954.
De plus, cette forte période de croissance ne survit pas à la crise des années 70 et conduit à une période de croissance
faible, de 1977 à nos jours. En 1977 et en 1985, la croissance française est même négative. Dans le même temps le
chômage connaît une augmentation quasi régulière, passant de 5% en 1977 à 9% en 1986 pour atteindre 7,5% en 1999.
Léconomie française est confrontée à linstabilité, au ralentissement de la production industrielle et de la
consommation. Pour tenter de rester compétitive, les entreprises occidentales délocalisent dans les autres régions du
monde en instaurant la DIT (division internationale du travail). La persistance du chômage de masse, véritable fléau
social, est donc le trait le plus caractéristique de cette période. De manière récurrente, des crises viennent ébranler le
capitalisme (ainsi celles de 1987, de 1993 ou de 2008) et révèlent son incapacité à réduire les écarts de richesse entre
les régions et entre les individus.
De 1945 à 1975, la France paraît connaître une période stable de forte croissance et plein emploi, ce qui a fait dire à
Fourastié quil sagissait des « Trente Glorieuse ». Cependant, la stabilité de 1945 à 1975 est largement discutable et les
années qui suivent 1975 font largement oublier la période faste des « Trente Glorieuse ».
Après les « Trente Glorieuses » puis les « Vingt Rugueuses », quelle est la situation de léconomie française ?
Respecte-t-elle la logique des cycles de Kondratieff ?
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SUJET 2 : Dune mondialisation à lautre (H 2).
Entre 1850 et aujourdhui, le monde est touché par un phénomène de mondialisation qui a permis la domination
successive de trois économies-monde : léconomie-monde britannique de 1850 à 1918, léconomie-monde américaine de
1918 aux années 1990 puis une économie-monde multipolaire des années 1990 à aujourdhui.
Les mondialisations qui permettent la mise en place de ces économies-monde sont-elles comparables ?
Dans cet extrait de son ouvrage Trois leçons sur la société post-industrielle, paru en 2006 à Paris aux éditions du
Seuil, Daniel Cohen compare « la mondialisation du XIXe siècle et la nôtre » en insistant sur les points communs et les
différences existant entre ces deux époques.
La mondialisation du XIXe siècle et la mondialisation actuelle présentent de fortes ressemblances à la fois dans leur
organisation et dans leurs causes.
Ces deux mondialisations sont dominées par des « puissances mercantiles » qui « cherchent dabord à promouvoir
partout où elles simposent le libre-échange commercial ». En effet, au XIXe siècle, la Grande-Bretagne défend, à limage
de léconomiste David Ricardo, le libéralisme économique à lintérieur et le libre-échange à lextérieur. Elle est la
première à abolir le contrôle de lEtat sur les prix agricoles (1846) et multiplie les accords commerciaux, comme laccord
de libre-échange Cobden-Chevalier signé avec la France (1860). De même, durant la guerre froide (1947-1991), les Etats-
Unis accélèrent la libéralisation des échanges entre pays capitalistes. Ils promeuvent la mise en place du GATT en 1947
(devenu OMC en 1995) et assurent la reconstruction de lEurope occidentale et de lAsie orientale. Malgré une remise en
cause de leur domination, les Etats-Unis restent, encore aujourdhui, une grande puissance économique mondiale (1er PIB
mondial, 20% des biens et des services produits dans le monde, 51% de lindustrie du logiciel, 3e exportateur mondial…).
Ce « parallélisme […] frappant » est aussi visible dans les causes de leur domination.
Ces deux mondialisations sont « portées par une révolution des techniques de transport et de communication ». En
effet, la mondialisation britannique au XIXe siècle bénéficie de « linvention du télégraphe » grâce à laquelle une
« information mettra moins de 24 heures pour relier Londres et Bombay » ainsi que du « développement des moyens de
transport terrestre ou maritime que sont le chemin de fer puis le bateau à vapeur ». Quant à la mondialisation américaine,
elle sappuie sur « la révolution dInternet, qui permet en un clic de relier, sinon les hommes, du moins leurs ordinateurs »
et sur laccès plus large au transport aérien et à la conteneurisation. Ces révolutions technologiques permettent de
raccourcir lespace-temps.
Cependant, malgré ces fortes ressemblances, des différences existent entre les deux mondialisations.
La mondialisation du XIXe siècle et la nôtre se distinguent lune de lautre par « la globalisation financière et les
migrations internationales » ainsi que par un caractère multipolaire.
Tout dabord, la mondialisation britannique se caractérise par une meilleure répartition des richesses à travers le
monde (« Elle [la mondialisation actuelle] sest avérée tout simplement incapable de diffuser la prospérité des plus riches
vers les plus pauvres »). En effet, grâce à la colonisation, la plupart des régions du monde était impliquées dans
léconomie mondiale tandis quaujourdhui de nombreux pays tirent lessentiel de leur revenu de lagriculture ou des
minerais (PMA) voire sont exclus de la mondialisation. Cette différence est aussi visible concernant les flux humains.
En effet, les migrants internationaux constituent moins de 4% de la population mondiale en 2010 contre 8% en 1900.
Cette opposition peut sexpliquer par une situation démographique et économique différente. Au XIXe siècle, les
Européens sont en pleine explosion démographique mais aussi en plein développement économique ce qui leur permet de
coloniser le monde en sinstallant dans des régions plus pauvres. A linverse, au XXe siècle, les flux migratoires
proviennent des régions pauvres de la planète et les régions riches cherchent à freiner cette immigration.
Les régions riches sont plus diversifiées, aujourd’hui, que lors du XIXe siècle. L’effacement relatif des Etats-Unis
s’explique tout d’abord par la concurrence croissante dans autres membres de la Triade (Union européenne et Japon).
L’UE à 27 membres depuis 2007 dispose d’un PIB légèrement supérieur à celui des Etats-Unis. Le Japon, quant à lui,
s’est développé à partir des années 50 grâce au soutien des Etats-Unis et constitue encore aujourd’hui la 3e puissance
économique mondiale. Mais, ce recul américain est aussi le fait de l’essor de puissances économiques émergentes dont les
BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine). Ces pays s’affirment comme les nouvelles puissances du XXIe siècle aux côtés de la
Triade. Ils produisent 23,8% du PIB mondial en 2009. Le développement rapide des pays émergents va renouveler
l’équilibre mondial. Par exemple, vers 2019, la Chine devrait disposer du 1er PIB mondial devant les Etats-Unis.
En sappuyant sur les propos de Daniel Cohen, on constate que les mondialisations des XIXe et XXe siècles sont
extrêmement liées. Les espaces moteurs aujourdhui sont les héritiers de lindustrialisation du XIXe siècle : hier lEurope
(surtout le Royaume-Uni) dominait le monde, talonnée par les pays neufs (Etats-Unis, Japon, …). Aujourd’hui, les Etats-
Unis devancent l’Europe et les pays émergents (Chine, Brésil,…) sont les challengers de la Triade. Le commerce
international sest développé à ces deux époques grâce à des révolutions technologiques mais il est plus difficile
aujourdhui de répartir équitablement les fruits de cette croissance, ce qui a pour conséquence délargir lécart entre les
plus riches (PDEM) et les plus pauvres sur la planète (39 PMA en 2010). Comme lécrivait en 2006 Joseph Stiglitz, prix
Nobel déconomie, « la mondialisation, cela ne marche pas pour les pauvres du monde ».
Comment mettre en œuvre une mondialisation plus équitable ?
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