
manière la plus efficace possible à cause de la concurrence (choisir la manière de production
qui utilise le moins de ressources possibles). Ces trois solutions devraient, selon Smith, établir
un certain équilibre entre offre et demande et mettre en place un mécanisme de coordination
grâce aux prix de marché.
Dans ce système, on notera que l’Etat n’intervient qu’en tant que gendarme. Il veille
au bon fonctionnement du marché et assure la propriété privée des biens, car il ne peut en
aucun cas améliorer le bien être de la collectivité, étant donné que l’intervention n’aurait lieu
que dans le but d’affliger des contraintes. Or le marché doit rester un mécanisme libre, c’est
pourquoi l’état s’en tient au rôle de gendarme.
Nous sommes à la fin du siècle des lumières, et ce système d’économie du marché
commence à s’appliquer convenablement. Cependant, même si tous les individus poursuivent
alors un intérêt personnel, on remarque que l’intérêt collectif est atteint : c’est la main
invisible.
Karl Marx (1867, 1885, 1894 : Le capital)
Karl Marx expose sa théorie alors que la révolution industrielle est en plein essor.
C’est l’époque de l’apparition de la classe ouvrière et de ses conditions de vie misérables qui
profite alors énormément aux entreprises (main d’œuvre bon marché).
Apparaît ainsi la notion de valeur/travail : ce qui détermine la valeur d’un bien est la
quantité de travail nécessaire pour le produire. Or la valeur/travail reste bien en dessous du
prix de marché, ce qui permet aux entreprises de réaliser un maximum de profit. Ce profit
revient ainsi directement aux propriétaires des entreprises, les capitalistes. Les capitalistes
réalisent alors une exploitation des travailleurs.
D’après Karl Marx, la solution à ce problème serait de donner la propriété des
entreprises aux travailleurs, ce qui couperait court à toute exploitation possible. Le capital de
l’économie doit donc appartenir à la collectivité. De même, il n’y aurait ainsi plus de
distinctions travailleurs/propriétaires et producteurs/acheteurs, ce qui mettrait un terme à tous
les manques de coordination, coordination qui ne serait alors plus nécessaire.
Ce système implique que la collectivité soit représentée par l’Etat, qui deviendrait
alors décideur des réponses les plus appropriées aux trois problèmes fondamentaux de
l’économie sociétaire. Tout ceci nous mène dans un système d’économie simplifié, où l’Etat
poursuit donc un but d’intérêt général.
John Maynard Keynes (1936 : La théorie générale)
Durant la crise des années 1930, nous sommes dans une situation de développement
d’un chômage de masse qui ne fait que s’accroître et durer. Le chômage naît ici d’une
imperfection des marchés : l’Etat doit donc intervenir pour palier les défaillances de ce
marché imparfait. Les prix étant rigides, le jeu de la loi de l’offre et de la demande ne
fonctionne pas, il n’y a pas d’égalité possible et l’échange ne peut donc pas se produire. Pour
palier à ce problème, il faut alors ajuster les biens et les services par quantités. Les salaires
deviennent eux aussi rigides, ce qui rend le marché du travail inflexible (les offreurs sont ici
les travailleurs et les demandeurs sont représentés par les entreprises) et tend une nouvelle
fois à faire augmenter le taux de chômage, ici caractérisé par un surplus d’offres (trop de
travailleurs) qui peut se résorber par une baisse des salaires (principes des marchés, mais
l’échange devient alors inéquitable car il conduit à une exploitation du travailleur).
La crise de surproduction fait alors surface et emmène les entreprises dans un cercle
vicieux (hausse du chômage, baisse des salaires pour palier à cette hausse, inéquitabilité