
En 2000, les prix intérieurs se stabilisent en moyenne annuelle à 2,5%, reflétant davantage l'effet prix
du pétrole sur les prix des autres biens et services (en particulier sur les transports). Les prix de la
composante Alimentation qui étaient légèrement à la baisse sur les neuf premiers mois de l'année
(-0,8%), grâce aux bonnes conditions climatiques observées, et à un meilleur approvisionnement
des marchés en produits vivriers, sont légèrement à la hausse (+0,5%) en liaison avec les fêtes de fin
d'année.
I.2. LES FINANCES PUBLIQUES
Le déséquilibre des finances publiques observé depuis 1980, s'est nettement amélioré sur la période
1994-1998. Cette évolution résulte des effets conjugués des efforts de recouvrement fiscaux et de
maîtrise des dépenses, quoique le doublement de l'encours de la dette suite à la dévaluation, a
constitué une contrainte majeure dans la résorption des déficits budgétaires.
La dégradation des finances publiques à partir de 1999, s'est poursuivie en 2000 dans un contexte
socio-politique perturbé. L’évolution des finances publiques sur l’année 2000 fait apparaître
d’importantes moins-values de recettes fiscales estimées à 153,8 milliards, une baisse de 192
milliards des dépenses primaires, et un taux d'exécution des dépenses d'investissement estimé à
49,7%.
I.2.1 les Recettes
Les recettes budgétaires totales hors dons ont diminué de 117,1 milliards en 1999, en passant de
1388,7 milliards en 1998 à 1271,6 milliards, soit respectivement 20,3% et 19,2% du PIB. Cette
évolution est essentiellement imputable à la très faible progression des recettes fiscales et à une
importante réduction des recettes non fiscales. En effet, les recettes fiscales ont connu une
augmentation très faible de l'ordre de 7 milliards en 1999, liée principalement au ralentissement de
l'activité économique, pour se situer à 1149,1 milliards, soit 16,8% du PIB nominal contre 17% en
1998 et un pic de 21,7% en 1995. Les moins-values de recettes fiscales ont été de 119,6 milliards,
dont 33,9 milliards pour les impôts sur les revenus et les bénéfices, 35,6 milliards pour les taxes sur
biens et services et 50,1 milliards pour les droits et taxes sur le commerce extérieur. Quant aux
recettes non fiscales, elles sont passées de 246,5 milliards en 1998 à 122,5 milliards en 1999, soit un
repli de 124 milliards. Les moins-values de recettes non fiscales, estimées à 13,6 milliards, sont
imputables à la baisse des excédents de stabilisation suite à la libéralisation de la filière cacao, et à la
moindre performance des revenus du pétrole liée à la baisse de la production.
En ce qui concerne les dons, ils se sont situés à 64,9 milliards en 1999 contre 50,5 milliards en 1998,
soit une progression de 28,5% correspondant à 14,4 milliards. D'une moyenne d'environ 0,7% du
PIB au cours des cinq dernières années, ils ont représenté 0,9% du PIB en 1999 et sont constitués
en totalité de dons-projets, étant donné la faiblesse des appuis budgétaires liés aux difficultés
rencontrées dans la conclusion d'un accord avec les institutions de Bretton Woods.
En 2000, les recouvrements de recettes se sont fortement ressentis de la chute de l'activité
économique. La baisse des recettes totales hors dons amorcée en 1999, s'est prolongée en 2000
Par rapport aux prévisions budgétaires, elles ont baissé de 146,2 milliards, et de 57,1 milliards par
rapport à 1999. La baisse des recettes fiscales explique cette tendance. Pour 1217,1 milliards
prévus, les recettes fiscales sont estimées à 1063,3 milliards, soit un taux de réalisation de 87,4%.