
Introduction
La mondialisation a modifié les modalités de la politique économique, tant dans ses objectifs que dans ses
conditions d’application. Le développement des marchés financiers – la globalisation financière – a accentué
l’interdépendance des économies. Cette nouvelle forme de contrainte extérieure réduit d’autant plus le
degré de liberté des politiques économiques que celles-ci demeurent nationales et non coordonnées.
L’intégration européenne est une tentative pour surmonter cette contrainte et se redonner des marges de
manœuvre. Mais y est-elle parvenue ? Comment expliquer les difficultés persistantes des Etats à vaincre le
chômage en Europe ? Le processus d’intégration européenne a-t-il été favorable à la croissance ?
La crise des dettes souveraines ne résulte-t-elle pas des insuffisances de cette construction européenne ?
Comment expliquer les politiques d’austérité qui se généralisent en Europe ? Quels sont leurs effets ?
1. L’UE, une expérience originale d’intégration régionale
1.1. Les étapes de la construction européenne
Document polycopié n°1 Les étapes de l’intégration européenne
Dans la colonne de droite, indiquez ce qui relève
de la libéralisation de la circulation des biens (B) ;
de la libéralisation de la circulation des capitaux (C) et des personnes (P) ;
de l’intégration par la monnaie (M) ;
de l’intégration budgétaire (Bu) ;
de la mise en place d’institutions politiques communes (supranationales) (Po).
Traité de Paris : CECA (communauté européenne du charbon et de l’acier)
Traité de Rome : Création de la CEE (Union douanière cad droits de douanes uniformisés à la baisse, tarifs
extérieurs communs). 6 pays fondateurs : Allemagne, Belgique, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas
Début de la PAC (politique agricole commune) Niveau commun des prix des produits agricoles + contrôle des prix,
subventions agricoles pour moderniser et développer l’agriculture en Europe.
Création du serpent monétaire européen pour limiter les fluctuations des monnaies européennes entre elles à
+/- 2,25%)
Création du Système Monétaire européen (SME) E.C.U.
Signature de l’Acte unique européen qui crée le Marché unique (unification circulation des biens et des capitaux)
Convention de Schengen : libre circulation des personnes entre la France, l’Allemagne et le Benelux
Signature du traité de Maastricht (qui crée l’UEM/€ + définition des critères de convergence pour entrer dans
l’UEM). Critères de convergence : Inflation faible et contenue, déficit public (administrations publiques) < 3% du PIB, dette
publique < 60% du PIB.
Création de la citoyenneté européenne et du principe de subsidiarité.
Entrée en vigueur du Marché unique
Traité d’Amsterdam (PSC Pacte de Stabilité et de Croissance : les critères de convergence de Maastricht
deviennent des objectifs contraignants de politiques budgétaires des Etats membres pour éviter les
comportements de passager clandestin et tendre vers la coordination)
Création de l’€ et de la BCE
Mise en circulation des pièces et billets d’€
Assouplissement du Pacte de stabilité et de croissance (« non » français au référendum du TCE) : possibilité de
dépasser les limites fixées de déficits publics en cas de grave crise ou de récession économique
Traité de Lisbonne : réforme institutionnelle visant à renforcer les politiques communes. Nomination d’un
président du Conseil européen et d’un haut représentant pour les affaires étrangères.
Création du FESF (fond de secours aux pays en difficultés financières) et du MES (mécanisme européen de
stabilité) entré en vigueur en 2012.
Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) ou Pacte budgétaire européen. Ne s’applique
qu’aux pays de la zone euro. Instauration de contraintes budgétaires fortes (équilibre ou excédent budgétaire =
règle d’or = déficit public structurel inférieur à 0,5% du PIB). Nécessaire pour pouvoir bénéficier de la solidarité
éventuelle du MES.