
Académie de Guyane Lycée Balata 97351 Matoury
Projet éducation-santé 2015-2016
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1 CONSTATS :
Les discussions que nous avons avec les élèves, les observations que nous
faisons, témoignent d’une consommation importante de boissons alcoolisées. Les
nombreux incidents qui émaillent l’année scolaire incitent à se demander si la loi sur
l’interdiction de vente aux mineurs est vraiment appliquée.
Le quartier Balata proche du lycée est régulièrement cité dans les colonnes du
quotidien régional, et nous restons fixés sur le meurtre de Jonathan, élève du lycée,
dans une soirée privée en avril 2014. A l’époque nous étions nombreux à nous
demander ce qu’on pouvait faire. Ce projet est un début de réponse.
Le rapport de l'OFDT (Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies)
de septembre 2013, fait état d'une augmentation, ces dernières années, de 45 à 53 %
des API (alcoolisation ponctuelle importante) chez les jeunes de 17 ans.
L’INPES (Institut National de Prévention et d'Education pour la Santé) constatent
que : « les jeunes restent une cible privilégiée des vendeurs d’alcool : Le marché propose
de nouveaux types de boissons dont le goût sucré cache la teneur en alcool ; exemple :
Premix, alcopops, vinipops. »
La pression importante de la publicité dans les médias traditionnels (affichage
urbain, presse) et numériques, pousse à consommer des boissons alcoolisées. En effet,
depuis la modification de la loi Evin, la pression publicitaire a été considérablement
étendue. Nous citerons, pour exemple, la dernière campagne d'affichage d’une grande
surface de Matoury dont une photo est jointe en annexe, ainsi qu’un lien relatif à
l’évaluation de l’ ARPP (autorité de régulation professionnelle de publicité).
Il est communément admis qu’il y a beaucoup de violence dans le département,
or le lien entre consommation d'alcool et comportement violent est avéré. On entend
régulièrement à la suite des accidents : « je ne me suis pas rendu compte … ». L'étude
évaluative du Professeur Laurent Begue, jointe en annexe, en décrivant la notion de
myopie alcoolique, ne laisse pas de doute à ce sujet. Il faut informer sur ce phénomène.
Le rapport de MM. Anderson et Baumberg, au parlement européen, fait état
d'un ratio de 1 à 16, entre les rentrées fiscales et le coût du traitement social, par les
services publics, imputable aux méfaits de l'alcoolisme (voir documents annexes et
résumé à l’adresse : http://ec.europa.eu/health-eu/doc/alcoholineu_sum_fr_en.pdf).
Le lien entre les accidents de la route et la consommation d'alcool n'est plus à
démontrer. Aujourd'hui encore, la réglementation nationale n’est pas appliquée dans
les stations d'essence de Guyane. Nous pensons que sur ce plan-là, les mentalités
doivent évoluer, et la sensibilisation des élèves à travers ce projet nous paraît constituer
un levier efficace.
En tant qu’enseignants, notre mission est de transmettre le meilleur de notre
culture aux jeunes, et il nous est difficile d’accepter les méfaits de ce qu’il faut bien
appeler une drogue, car même si sa consommation s’inscrit dans un cadre légal, ses
propriétés addictives ont largement été démontrées. Il est avéré que la consommation
systématique de boissons alcoolisées favorise le passage vers d’autres produits qui eux
sont illégaux.