
à la même vitesse dans chaque région, la région frontale par exemple démarre le plus
tardivement et a la croissance la plus longue, s’étendant jusqu’à la fin de la puberté.
Figure 1 : Evolution de l’arborisation dendritique dans le cortex moteur
2) Comment étudier le cerveau : la démarche des sciences
cognitives
Comment peut-on étudier cet organe si complexe, qui nous intéresse au premier chef. Très
longtemps, la psychologie s’est basée sur l’introspection et la relation entre le cerveau et nos
réactions, nos émotions, notre intelligence, n’a pas toujours été faite. On dit d’ailleurs toujours
« avoir du cœur », « avoir ses humeurs » « être de mauvaise humeur», expressions qui
témoignent du fait que le cœur (Aristote) puis les fluides (« humeurs » dans le vocabulaire du
XVIIième), contenus par exemple dans les ventricules au centre du cerveau, ont été tenus
pour le siège de nos facultés. Le rôle du cerveau s’est peu à peu dégagé avec les grands
anatomistes, comme Willis qui, en 1664, proposa pour la première fois que les fonctions
supérieures de l’être humain ont leur siège dans les circonvolutions cérébrales. En effet,
pionnier de la dissection et de la comparaison des espèces, il remarqua que le cerveau humain
est plus plissé que le cerveau des autres animaux alors que les ventricules, qui étaient tenus à
cette époque pour la source des capacités cognitives humaines, sont identiques. Pour la
première fois également, Willis tente de relier des disfonctionnements psychiques et
neurologiques à des pathologies cérébrales, alors qu’ils étaient reliés jusqu’ici au
dysfonctionnement d’autres organes. Par exemple, l’hystérie, pathologie que l’on pensait
uniquement féminine, était comme son nom l’indique reliée à un problème utérin.
La véritable démonstration du rôle crucial du cerveau attendra la fin du XIXième siècle.
Il est d’ailleurs étonnant de constater que la reconnaissance de l’importance du cortex et la
localisation des fonctions cérébrales à des endroits précis du cerveau s’est développée à partir
d’une erreur scientifique. Joseph Gall lance au début du XIXième siècle un nouveau
mouvement, la phrénologie. Selon lui, il est possible de deviner les talents et défauts d’un être
humain en palpant les bosses et creux de sa tête. En effet, un talent produit une excroissance
cérébrale, comme l’exercice musculaire développe les muscles. Cette excroissance va pousser
sur l’os et déformer le crâne. Il suffit donc de palper adroitement la tête pour reconnaître la
bonne mère de famille, l’écrivain fameux et l’irréductible criminel. Les domaines que
reconnaît Gall sur la tête des humains sont des facultés complexes, comme la prudence,
l’espoir, la bonté, la combativité mais aussi le langage et le calcul (la fameuse bosse des
maths !). Ces hypothèses, âprement discutées, opposent localisateurs et tenants d’un cerveau