LES BANQUES ISLAMIQUES

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LES BANQUES ISLAMIQUES
ÉTUDE DE POSITIONNEMENT,
SPÉCIFICITÉS
RÉGLEMENTAIRES ET
PARTICULARITÉS D’AUDIT
Hassen BEN OUHIBA
Chartered Public Accountant, CPA
2 0 1 5
‫مشروع‬
‫)كتاب االقتصاد اإلسالمي االلكتروني المجاني (‬
‫إنَّ مشروعَ )كتاب االقتصاد اإلسالميّ االلكترونيّ اجملَانيّ( يهدِفُ إلى‪:‬‬
‫• ت‪E‬بنيّ نَش‪E‬رَ م‪E‬ؤل‪E‬فاتِ ع‪E‬لومِ االق‪E‬تصادِ اإلس‪E‬الم‪E‬يِّ ف‪E‬ي ال‪E‬سُوقِ ال‪E‬عامل‪E‬يِّ؛ ل‪E‬تِصبحَ مُ‪E‬تاح‪E‬ةً‬
‫للباحثنيَ واملشتغلنيَ في اجملالِ البحثيِّ والتطبيقيِّ‪.‬‬
‫• توفيرُ جميعُ املناهج االقتصادية للطالبِ والباحثنيَ بصِبغةٍ إسالميةٍ متينةٍ‪.‬‬
‫• أنَّ النشرَ االلكترونيّ يُعتبرُ أكثرَ فائدةً من النشرِ الورقيِّ‪.‬‬
‫• أنَّ استخدامَ الورقِ مسيءٌ للبيئةِ‪ ،‬ومُنهِكٌ ملَوارِدِهَا‪.‬‬
‫واهللُ من وراءِ القصدِ‬
‫عن أسرةِ مشروعِ )كتاب االقتصاد اإلسالميّ االلكترونيّ اجملَانيّ(‬
‫الفقير إلى اهلل‪ :‬سامر مظهر قنطقجي‬
‫لدعم املشروع‪ ،‬ميكنكم التواصل من خالل‪www.kantakji.com :‬‬
‫منشورات‬
‫‪www.kantakji.com‬‬
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TABLE DES MATIERES
Titre
Page
INTRODUCTIONGÉNÉRALE
8
PREMIÈREPARTIE:
16
ÉTUDEDEPOSITIONNEMENTDELAFINANCEISLAMIQUE
16
CHAPITRE1:CONTEXTEETPRATIQUESDELAFINANCE
ISLAMIQUE
18
SECTION1:EVOLUTIONETFONDEMENTSDELAFINANCE
ISLAMIQUE
18
1.1.Crisefinancièreoucrised’éthique:L’alternaOve
18
1.2.Lafinanceislamique:Unefinanceéthique
23
1.3.LesPrincipalesInsOtuOonsFinancièresIslamiques
24
1.3.1.Lesétablissementsfinanciers
24
1.3.2.LesprincipalesorganisaOonsdusystèmefinancier
islamique
26
SECTION2:L’ENVIRONNEMENTDESBANQUESISLAMIQUES
27
2.1.LarégulaOondesacOvitésdesbanquesislamiques
27
2.1.1.LanécessitédelarégulaOon
27
2.1.2.LesystèmederégulaOonactueldesacOvitésfinancières
27
2.1.3.LanormalisaOondusystèmecomptableislamique
32
2.2.OrganisaOonetgouvernancedesbanquesislamiques
34
2.2.1.Elémentsdel’organisaOon
35
2.2.2.LesorganesdegesOon
35
CHAPITRE2:MODESDEFONCTIONNEMENTETANALYSE
CRITIQUEDESSYSTEMESDEGESTIONDESPRODUITS
FINANCIERSISLAMIQUES
38
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SECTION1:LESPRINCIPAUXPRODUITSFINANCIERS
ISLAMIQUES:MODESDEFONCTIONNEMENT
38
1.1.ProduitsbaséssurleprincipedePartagedesPerteset
Profits
38
1.1.1.LecontratMoudharaba
38
1.1.2.LecontratMoucharaka
38
1.2.LesopéraOonscommerciales
39
1.2.1.LecontratMourabaha
39
1.2.2.Lecontratijara
39
1.2.3.LecontratIsOsna
40
1.2.4.LecontratSalam
40
1.3.Lescomptesbancaires
41
1.3.1.Lescomptescourants
41
1.3.2.Lescomptesd’épargnes
41
1.3.3.Lescomptesd’invesOssement
42
SECTION2:ANALYSECRITIQUEETLIMITESDELAFINANCE
ISLAMIQUE
44
2.1.CriOqueopéraOonnelleetdegesOon
44
2.1.1.Limitesposéesparl’applicaOondelaréglementaOon
internaOonale
44
2.1.2.Problèmeposéparlepartagedesprofitsetpertes(PPP)
45
2.2.TransparencedesinformaOonsrapportées
48
SECTION3:L’AUDITCONFORMITESHARI’AEXTERNE:BESOIN
SHARI’ATIQUEETNECESSITEECONOMIQUE
50
DEUXIEMEPARTIE:
54
SPÉCIFICITÉSRÉGLEMENTAIRESETDÉMARCHED’AUDIT
54
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INTRODUCTIONDEUXIEMEPARTIE
55
CHAPITRE1:IMPLICATIONSREGLEMENTAIRES:
GOUVERNANCE,CADRECONCEPTUELETTRAITEMENTS
COMPTABLES
55
SECTION1:REGLESDEPRISEENCOMPTEETDE
COMPTABILISATION
55
SECTION2:ANALYSEAPPROFONDIEDELACONVENTIONDELA
PREEMINENCEDUFONDSURLAFORME
59
SECTION3:IMPLICATIONSETRECOMMANDATIONS
GOUVERNEMENTALESETORGANISATIONNELLES
62
3.1Voletgouvernance
62
3.1.1.ProposiOonsrelaOvesauxcontrôlesetauditsexternes,et
auréférenOelAAOIFI
62
3.1.2.ProposiOonsrelaOvesauraOodeliquidité
65
3.1.3.ProposiOonsrelaOvesauxréservesobligatoires
61
3.1.4.ProposiOonsrelaOvesàlalimitedeparOcipaOondansle
capitaldesentrepriseshorsdusecteurfinancier
67
3.1.5.ProposiOonsrelaOvesauxcomptesd’invesOssements
parOcipaOfs
68
3.2VoletOrganisa7on
70
3.2.1.EvoluOondel’organigramme
70
3.2.2.PréparaOondesmanuels
70
3.2.3.FormaOondupersonnel
71
CHAPITRE2:DEMARCHED’AUDITDECONFORMITESHARI’A
(SHARI’ACOMPLIANCE)
73
SECTION1:FONDEMENTSD’AUDITDECONFORMITESHARI’A
73
1.1.Naturedelamissionauvudel’IFACetdel’AAOFI
73
1.1.1.PosiOonnementdelamissionparrapportàl’IFAC
73
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1.1.2.PosiOonnementdelamissionparrapportàl’AAOIFI
73
1.2.Principesd’auditdeconformitéShari’a
74
1.2.1.DéfiniOon,objecOfetétendudelamission
74
1.2.2.Responsabilitédel’auditeurparrapportàlaShari’a
74
SECTION2:DEMARCHED’AUDITDECONFORMITESHARI’A
76
2.1.PlanificaOondestravauxàeffectuer
76
2.2.PrisedeconnaissanceetévaluaOondel’aspectShari’aOque
76
2.3.ExécuOondelarevue
78
2.4.DocumentaOondesconclusionsetrapport
79
TROISIEMEPARTIE:
81
INTRODUCITONTROISIEMEPARTIE
82
CHAPITRE1:LESOPERATIONSCOMMERCIALES
83
SECTION1:CONTRATDEFINANCEMENTMOURABAHA
83
SECTION2:CONTRATDEFINANCEMENTIJARAETIJARA
MUNTAHIABETTAMLIK
95
SECTION3:ContratdefinancementSalametSalamparallèle
102
SECTION4:CONTRATDEFINANCEMENTISTISNA
111
CHAPITRE2:PRODUITSBASESSURLEPRINCIPEDEPARTAGE
DESPERTESETPROFITSETOPERATIONSDIVERSES
116
SECTION1:CONTRATDEFINANCEMENTMOUCHARAKA
116
SECTION2:CONTRATDEFINANCEMENTMOUDHARABA
128
SECTION3:OPERATIONSDIVERSES
137
CONCLUSIONGENERALE
140
ANNEXES
145
ANNEXEI:MODELERAPPORTCONFORMITESHARI’A
145
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ANNEXEII:ModÈled’Étatsfinanciersd’unebanqueislamique
147
AnnexeIII:QUESTIONNAIREADRESSÉAUXPROFESSIONNELS
AYANTAUDITEDESBANQUESISLAMIQUES
162
Bibliographie
175
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INTRODUCTION GÉNÉRALE
Actuellement, le monde est en crise économique et morale. Il est à la
recherchederéponsesdansd’autressystèmesouécolesdepensées.En
effet,plusieursauteursetchercheursjugentqu’onaakeintleslimitesdu
capitalismequiconsidèrequel’intérêtindividuelestsupérieuràl’intérêt
collecOf contribuant ainsi à dilapider les ressources et créer les
déséquilibresenvironnementaux,économiquesetpoliOques.
Certaines idéologies, modes de pensées, échelles de valeurs, modèles,
sont actuellement en cours d’analyse par des chercheurs et poliOciens
afin d’inventer d’autres réponses à l’environnement complexe que
connait l’économie mondiale. Parmi ces concepts, la finance islamique,
danscequ’elleadeglobaletdemoraleaétéretenuepourdéfinirdes
nouveaux modes de relaOons entre les agents économiques. Elle a été
considéré par certains comme étant à-même d’apporter des réponses
adaptées et saOsfaisantes se traduisant par un modèle économique et
financier (différent de celui que nous connaissons et adoptons
aujourd’hui) et qui est fondé essenOellement sur l’applicaOon de
certainesdisposiOonsdusaintCoranvoiredelaShari’a.
Communémentappeléelafinanceislamique,cetteterminologieaapparu
depuislesannées40,dateàlaquellel’IndienAbualAlaaAlMaududi,futle
premieràétablirsesprincipes.En1963,lapremièrebanqueislamique,la
Mit Ghamr Saving Bank, fut créée en Egypte, et a formalisé pour la
première fois les techniques financières (Mourabaha, Salam, Istisna, Ijara)
pour des comptes d’épargne1. En tant que système idéologique basé sur
l’éthique,etmettantencauselesprincipesdel’ultralibéralisme,lafinance
islamique a pu séduire les non musulmans et apporter des éléments de
réflexion pour une « révision morale » d’un système économique et
financier actuel en pleine crise et ayant poussé le monde entier vers la
récession.Lapratiqueàgrandeéchelledelafinanceislamiquemodernea
commencéàsedévelopperaudébutdesannées70etce,aveclamontée
de la religiosité des populations du monde Musulman après la deuxième
guerremondiale(paysdunordAsie)etlaflambéeduprixdupétrole(pays
du golfe). En effet, l’idée de banque islamique a ensuite été lancée par
Olivier Carré, 1992, « Religion et développement dans les pays musulmans:
éléments d’économie islamique », Social Compass, vol. 39, n° l, pp. 55-65.
1
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l’Organisation de la Conférence Islamique2 (OCI) en 1970 et a donné lieu,
cinqansplustard,àlacréationdelaBanqueIslamiquedeDéveloppement
(BID),puisdebanquestellequelaDubaïIslamicBank.
Basée sur les principes de Shari’a qui imposent jusOce, équité et
transparence,lafinanceislamiquesedisOnguedespraOquesfinancières
convenOonnellesparuneconcepOondifférentedelavaleurducapitalet
dutravail.Ainsi,cespraOquestrouventleurfondementdansl'éthiqueet
la morale et puisent leurs sources dans la révélaOon divine et de la
Sunna s’inspirant des praOques économiques et financières à l’époque
duprophète(PBSL).
La finance islamique se différencie de la finance tradiOonnelle par sa
vision alternaOve de la valeur travail et du capital. Dans le cadre d'une
relaOonprêteur-emprunteur,lafinanceislamiqueexigeunpartageplus
justedurisqueentrelesdeuxparOes.Celadécoulede5grandspiliers3:
- L'interdicOondelaRiba:IlestinterditdeOrerunavantaged'unprêt
sicetavantagen'estpasjusOfié;
- L'interdicOonduGhararetduMaysir:Avecl'interdicOonduGharar,
la spéculaOon pure, notamment celle qui porte sur les produits
dérivés et la vente à découvert est interdite. De plus, l'interdicOon
du Maysir correspond à l'interdicOon de l'incerOtude dans les
transacOons,avecpourfinalitédefinancerl'économieréelleaulieu
d'encouragerlaspéculaOon;
- La prohibiOon de certains secteurs: Les secteurs allant à l'encontre
delamoraleislamiquesontinterdits(Alcool,élevageporcin,etc);
- Le partage des profits et des pertes: Lors d'une relaOon
emprunteur/prêteur, le risque et les gains sont partagés
équitablement4. On parle de finance parOcipaOve. Si l'emprunteur
échoue,sansfairedefautemajeure,leprêteursedoitdepartager
lespertesavecsonclient;
2
Organisation intergouvernementale crée le 25 septembre 1969 qui regroupe 57
États membres. Cette organisation dont le siège est située à Djeddah, en Arabie
saoudite, est une organisation au niveau supra-étatique et international à
caractère religieux qui a pour but de renforcer la coopération entre les États
membres dans les domaines économiques, sociaux, culturels, scientifiques ainsi
que dans les autres domaines.
3 http://www. andlil. com/definition-de-finance-islamique-125392. html.
4 Ali Al Qaradaghi, « ‫اﻷﺳس اﻟﺷرﻋﯾﺔ ﻟﺗوزﯾﻊ اﻟﺧﺳﺎﺋر واﻷرﺑﺎح ﻓﻲ اﻟﺑﻧوك اﻹﺳﻼﻣﯾﺔ ﻣﻊ ﺑﯾﺎن‬
2010 ;« ‫اﻟﻧوازل اﻟﺧﺎﺻﺔ ﺑﺎﻷزﻣﺔ اﻟﻣﺎﻟﯾﺔ‬.
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-
Le lien avec l'économie réelle: L’échange ne se fait que si un lien
existeavecunacOfréeletnonavecdesacOfspurementfinanciers.
Lapierreangulaireduraisonnementpréconisé,concernel’applicaOonde
cesprincipes.
Suite aux crises consécuOves par le biais des engagements croisés, des
effets-dominos,puisdesfaillitesenchaîne,lesystèmefinanciermondial
risque un effondrement total, face au système convenOonnel actuel, la
réponsedelafinanceislamiquebienqueséduisanterestetributairede
nombreuses interprétaOons, divergences et confusions dans les
compréhensionsetlespraOques.Ainsi,lecadredelarégulaOonetdela
supervision des insOtuOons financières islamiques en général et
comptable et d’audit en parOculier reste peu développé, l'absence de
posiOoncommunesurlesinstrumentsfinanciersliciteslimitefortement
lesopéraOonsinternaOonales.
En effet, et afin de faciliter le foncOonnement des banques islamiques
côte à côte avec les banques convenOonnelles, il était nécessaire de
mekre en place des lois bancaires islamiques concernant
l’établissement,lefoncOonnementetlasupervisiondusystèmebancaire
islamique, notamment la normalisaOon comptable, de contrôle et
d’auditfinancieretShari’aOque.
A ce Otre, l’AccounOng & AudiOng OrganizaOon of Islamic Financial
InsOtuOon(AAOIFI),aétéfondéeauBahreinen1991,afindedévelopper
etd’harmoniserdesnormescomptables,d’audit(quisontinspirésdans
leursmajoritédesnormesinternaOonalesd’informaOonfinancière(IFRS)
et normes internaOonales d’audit (ISA), avec prise en comptes des
spécificités islamiques), de gouvernance, d’éthique ainsi que de mekre
en place des standards Shari’a communs à l’ensemble des insOtuOons
financières islamiques. En effet, l’informaOon contenue dans les états
financiers et qui intéresse les uOlisateurs et les invesOsseurs n’est pas
purement financière. La - Shari’a compliance - ou la conformité Shari’a
est un facteur indispensable pour assurer la crédibilité des produits et
des insOtuOons vis à vis des uOlisateurs des états financiers
(invesOsseurs,…).
Ainsi,lesbanquesislamiquessontdotéesd’unconseildelaShari’aou«
Shari’a Supervisory Board » composé généralement par des
jurisconsultes non permanents et qui rendent des décisions juridiques
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religieuses(fatawas)surlabasedesrèglesetprincipesdelaShari’a,et
d’undépartementinternedecontrôledelaShari’a,quiexaminelamise
enœuvredesfatwaslorsdel'exécuOonduproduitetinformeleconseil
delaShari’asurlaconformitédelagesOondefatwa5 .
A chaque reporting, le conseil de la Shari’a émet des rapports aux
actionnaires exprimant leurs opinions concernant la conformité des
transactionsauxfatwas.Onremarquequeleprocessusdecontrôledela
Shari’aestdéfaillant.Eneffet,lesmembresdudépartementdecontrôle
internedelaShari’a,salariés,ainsiqueleconseildelaShari’a,mêmes’ils
ne sont pas permanents, ne peuvent être considères comme externe a
l’organisation6.Enconséquence,seposeleproblèmed’indépendance.Ce
concept mal appliqué a un impact direct sur la fiabilité et plus
généralementl’imagedesbanquesislamiquesetleursdéveloppementet
enfin, sur la confiance recherchée en dernier recours d’obtenir des
produits licites quel que soit les terminologies utilisées et les façades
affichées.
Toutefois, la norme ASIFI n°4 de l’AAOIFI exige de l’auditeur (financier)
externe d’obtenir l'assurance raisonnable que les transacOons
financières de la banque prise dans leur ensemble sont conformes à la
loiislamique(Shari’a)7.
D’où,l’intérêtdecemémoirequiseproposed’engageruneréflexionsur
lesfondamentauxéconomiquesetShari’aOquesdelafinanceislamique,
pourlesquelsnousproposonsd’analyserpourlesbanquesislamiques:
- lesconceptsfondamentaux;
- lespraOquesetdéclinaisonsbancairesetfinancièresproposées;
- les praOques comptables et leur adéquaOon avec les principes de
l’imagefidèleetlatransparence;
- le caractère acceptable voir souhaitable d’un programme d’audit
inspirédesprincipesislamiques;etenfin,
- l’analyse structurelle des concepts de l’usure ou de l’intérêt et les
différentesmanipulaOonspourlescontourneraffectantainsil’image
demarquedesopéraOonsfinancières.
5
The control of the Shari’a Supervisory Board in the Islamic financial
institutions, Samy Nathan Garas, International Journal of Islamic and Middle
Eastern Finance and Management Vol. 5 No. 1; 2012.
6 Geneviève Causse Broquet: « La Finance Islamique »; 2009.
7 Accounting, Auditing & Governance Standards (for Islamic Financial
Institutions), AAOIFI English version; 2008.
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Par conséquent, ce travail ne pourra se concevoir sans l’étude de
p o s i O o n n e m e nt et l a p ro p o s i O o n d ’a m é l i o raO o n s o u d e
recommandaOonsàapporteràlafinanceislamique,notammentdanssa
dimension:
- éthique(enmoralisantlessourcesdefinancementetladesOnaOon
dufinancement);
- économique (contrat équilibré) et équitable (entre la banque et les
co-contractants);
- comptable (prééminence du fond sur la forme) et d’audit, et enfin
informaOonnelle(reporOngettransparencefinancière).
Dans le cadre de ce travail de recherche nous proposons de répondre
auxquesOonsetinterrogaOonssuivantes:
- Quelssontlesprincipesfondamentauxdelafinanceislamique?Les
banquesislamiquessont-ellesdesétablissementsfinancierscomme
lesautres?
- Les banques islamiques sont-elles soumises à des parOcularités
juridiques jusOfiant éventuellement des traitements parOculiers, si
non,peuvent-ellesêtretraitéesselonlesméthodesconvenOonnelles
usuelles ? et dans l’affirmaOve, est-on prêt à abandonner les
principesactuelsdelafinance«classique»?
- Est-il possible, en l’absence de normes comptables naOonales
spécifiques, de traiter les produits financiers islamiques à parOr du
cadreconceptuelactueletenparOculierduprincipedeprééminence
dufondssurlaforme?
- Est-on en mesure de concilier un traitement comptable selon les
normes IFRS avec un traitement comptable selon les normes
islamiques?
- N’est-il pas opportun de prendre en compte un cadre conceptuel
financier et une norme d’éthique spécifique à la finance et l’audit
islamique?
- Et comment l’auditeur, peut akeindre son objecOf de la perOnence
de l’informaOon financière et en même temps, de la conformité
Shari’a?
De ces interrogaOons découle la problémaOque de la recherche que
nousproposonsdemener:Quellespar*cularitésetplacedesbanques
islamiquesdanslecontexteéconomiqueactuel?Etquellessugges*ons
et implica*ons de ces spécificités sur le plan réglementaire, dans la
pra*queetsurladémarched’audit?
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C’est dans ce contexte que le mémoire envisagé, a pour principaux
objecOfs d’étudier les parOcularités de la finance islamique, à travers
l’analyse des techniques financières en la maOère et d’exposer les
risquesd’auditspécifiques,ainsiquelesdiligencesd’auditquel’auditeur
devraitintégrerdanssadémarched’auditselonlemodèleShari’a.
CetobjecOfsedéclineenplusieurssous-objecOfscommesuit:
i.
ProcéderàuneétudeobjecOveetdeposiOonnementdesbanques
islamiques;
ii.
Analyser la conformité de ces produits financiers avec les
principesislamiques;
iii. Mekre en exergue les principes fondamentaux de l’éthique des
affairesenIslamainsiquelesfinalitésdelaShari’aenlamaOère;
iv. Mekreenévidencel’existencedecertainescontorsionsauxrègles
islamiquesdanslapraOqueactuelle;
v.
Analyserlestraitementscomptablesdecesproduits;
vi. Proposerdesaxesd’amélioraOonsàlafinanceislamique;
vii. Projeter les bases d’un cadre conceptuel basé sur la finance
islamique;
viii. Présenterunedémarched’auditquigaranOtlaconformitéShari’a
deleursproduits.
Ce mémoire se propose d’apporter des éléments de réponse à la
problémaOqueprécédemmentsoulevée,selonunplanentroisparOes:
UnepremièreparOeserapportantàl’étudedeposiOonnementetce,en
analysantlanoOondefinanceislamique,sesprincipesetspécificitéspar
rapportàunefinanceconvenOonnelle.
CekepremièreparOeestcomposéededeuxchapitres.Lepremiersera
réservé à la présentaOon du contexte et praOques de la finance
islamique. Nous envisageons dans le deuxième chapitre d’expliquer les
modes de foncOonnement et de procéder à l’analyse criOque des
produitsfinanciersislamiques.
La deuxième parOe, sera réservée aux implicaOons qu’auront ces
parOcularitéssurdifférentsplans(règlementaires,référenOelsetnormes
comptables et démarche d’audit) pour conclure par des
recommandaOonsetaxesd’amélioraOondecertainsaspectsayanttrait
aux banques islamiques. La deuxième parOe est composée de deux
chapitres.Lepremierseraréservéàl’étudedesaspectsdegouvernance,
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du cadre conceptuel et des traitements comptables. Nous envisageons
dans le deuxième chapitre présenter une méthodologie d’audit Shari’a
qui sera manifeste dans un manuel ou guide pour les professionnels
d’audit.
Afin d’apporter une réponse empirique à notre problémaOque, nous
envisageons d’adopter l’approche internaOonale comme approche
d’auditdeconformitéShari’a.C’estl’objetdenotretroisièmeetdernière
parOequivisedoncàconcevoirunguidepraOqued’auditdeconformité
Shari’a qui sera manifesté dans un manuel de support pour les
professionnelsd’audit.
Les méthodes de recherche et techniques d’invesOgaOon que nous
adopteronspourmenercekeétude,serontbaséessur:
i. l’analyse basée sur la doctrine et la documentaOon existante
notamment:
- LesouvragesgénérauxetspécialisésetarOclesenlamaOère;
- Mémoires et thèses ayant traité des sujets en relaOon avec le
présentmémoire;
- Textesréglementairesetnormesprofessionnelles.
ii. Mon expérience dans la vie associaOve (membre du Conseil de la
ComptabilitéIslamique);
iii. l’enquête, par quesOonnaire, réalisée auprès d’un panel d’experts
comptables membres de l’Ordre de Experts Comptables de Tunisie
afindeconfirmeretd’enrichirlesconstatsetsuggesOonsquenous
proposeronsàtraverscekeétude.
Notre expérience acquise tout au long du stage professionnel et les
missionseffectuéessurtoutdanslesecteurfinancier(banques,sociétés
deleasing,OPCVM..),sontàl’originedusujetdecemémoire.Eneffet,
l’appariOon des insOtuOons financières islamiques en Tunisie nous a
poussé à explorer ce domaine, faire des comparaisons avec la finance
convenOonnelle déjà traitée, apporter des soluOons et contribuer
finalementaudéveloppementdesditesinsOtuOons.
Nousavonsainsiassistéàl’émergencederéflexionauseindesbanques
tunisiennes sur la créaOon de départements pour introduire la finance
islamique et profiter ainsi des opportunités de refinancement et de
rentabilitéqu’elleassure.
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En outre, dans le cadre de notre expérience, en tant qu’auditeur, dans
unesociétédeproducOond’engraischimique(TunisianIndianFerOlizers
– TIFERT) nous avons assisté au recours par ceke société à un
financement important auprès de la Banque Islamique de
Développement.Cefinancementaétél’occasionpournousd’étudierle
processus de financement et la documentaOon juridique assez riche
requise pour établir un financement islamique de la construcOon de
cekeusineselonlaformule«IsOsna».
Le choix de ce sujet a été aussi, moOvé par les essais depuis bien
longtemps, par la plupart des instances financières à l’échelle
internaOonale, de promouvoir la finance islamique par la préparaOon
des études, lois, normes dédiées à ce thème, afin de se rapprocher
d’avantage aux normes et régulaOons internaOonales et d’y être en
harmonie.
CekeétudenevisepasàétabliruneanalyseexhausOvedesspécificités
etparOcularitésdelafinanceislamique,ouàproposerdessoluOonsou
référenOels uniques et définiOfs des règles comptables et fiscales ou
normaOves des banques islamiques mais de recenser les principales
parOcularités et praOques ou référenOels actuellement mis en place à
travers une étude de posiOonnement se déclinant en suggesOons et
analysesourecommandaOons.Atraverscekeétudeonneprétendpas
non plus, fournir un programme d’audit exhausOf pour les banques
islamiques,maisplutôtcontribueràl’adaptaOondeladémarched’audit
par les risques « approche internaOonale » aux parOcularités imposées
par les spécificités et produits propres à ces insOtuOons. Enfin, ce
mémoiren’abordepaslesujetdesSukuks8.
Hassen Ben Ouhiba
Chartered Public Accountant, CPA
[email protected]
Il s’agit là d’une alternative à l’obligation classique qui est illicite en islam,
c’est un produit financier adossé à un actif tangible et à échéance fixe qui
confère un droit de créance à son propriétaire. Celui-ci reçoit une part du
profit attaché au rendement de l’actif sous-jacent.
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PREMIÈRE PARTIE: ÉTUDE DE POSITIONNEMENT DE LA FINANCE
ISLAMIQUE
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INTRODUCTION DE LA PREMIÈRE PARTIE
Lacriseditedessubprimesatouchél’ensembledusystèmebancaireet
financier et est, en fait, une crise bien plus profonde que celle de
l’immobilier à risque américain, et qui est en train de transformer
profondément la physionomie de la finance mondiale. Elle a soulevé
diverses interrogaOons sur la résistance des acOvités de marché, et en
parOculierdesacOvitésdeOtrisaOonetsurlerôledesrèglescomptables,
d’audit et de gouvernance. Le ralenOssement de la croissance de ces
acOvitésestinévitable,mêmesi,làencore,l’ampleurduphénomèneest
difficileàdéfiniravecprécisionàcejour.
C’est dans ce contexte que les enjeux d’une réflexion sur la finance
islamique prennent toute significaOon. En effet, les seules banques qui
ontrésistéàcekecriseontétélesbanquesislamiques.Mêmesi,comme
nousleverrons,lafinanceislamiquen’estpasuniqueetindivisible(mais,
aucontraire,hétérogènedanssesrèglescommedanssespraOques,elle
n’en consOtue pas moins un univers dont le poids global croit
rapidement et, surtout, va conOnuer à croître dans les années à venir.
Elleestunedisciplinecomplexequinepeutêtreexaminéedirectement
etuniquementdanssesdimensionstechniquessansprendreencompte
sonenvironnementparOculier.
Nous nous proposons donc de commencer, dans un premier chapitre,
par remonter à l’origine de la crise et à ses conséquences; puis par
décrire les facteurs qui ont aggravé ceke crise, nous présenterons,
ensuite, les éléments de l’environnement du secteur des banques
islamiquesainsiquelesprincipauxobstaclesàsonexpansion.
Nous analysons, dans un deuxième chapitre, les caractérisOques des
produitsislamiquesquiontfaitquelesbanquesislamiquesaientmieux
résistéàlacrisequeleurscontreparOesconvenOonnelles.
Finalement, nous procéderons à une idenOficaOon de leurs modes de
contrôle et de gesOon, tout en démontrant l’importance de l’audit
ShariaOque externe, la portée d’un tel raisonnement fera l’objet d’une
analysepurementcriOque.
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CHAPITRE1:CONTEXTEETPRATIQUESDELAFINANCEISLAMIQUE
SECTION1:EVOLUTIONETFONDEMENTSDELAFINANCEISLAMIQUE
1. Crisefinancièreoucrised’éthique:L’alterna7ve
Lacrisefinancières'estdéclenchéeen2007auxÉtats-Unissurlemarché
des prêts hypothécaires aux emprunteurs les plus démunis (les
personnes ayant des revenus faibles et qui risquent de se retrouver au
chômage)etaussiauxclassesmoyennes.
Ce marché s'est largement développé aux États-Unis à parOr de 2001,
passantd'unmontantde
94milliardsUSDen2001à685milliardsUSDen20069 .
Toutefois,lespremièresannéessontcouvertesparuntauxd'intérêtfixe
quidevientensuitevariable.Lestauxd’intérêtsbasetl’encouragement
de l’administraOon américaine à l’accès à la propriété immobilière ont
incité les banques et les intermédiaires financiers à la distribuOon
agressive de prêts immobiliers aux ménages américains, quels que
soient leurs niveaux de revenus. Ces prêts à des clients à la cote de
créditinsuffisanteontparOcipéàlacréaOond'unebulleimmobilièrequi
elle-même nourrissait la bulle de crédits: tant que l'immobilier
augmente, la maison acquise et mise en hypothèque assure que
l'opéraOonnepeutquebienseterminer,puisqu'encasdedéfaillance,la
banque pourra rembourser le crédit en saisissant, puis en vendant la
maison.
Parailleurs,cemouvementd’octroiexcessifdeprêtshypothécairesaété
accéléré par l'uOlisaOon de la OtrisaOon comme ouOl d'évacuaOon du
risque de crédit. Ce mécanisme de OtrisaOon a sans doute incité
certaines insOtuOons prêteuses à accorder d’avantage de prêts à hauts
risques.
En effet, la OtrisaOon est une opéraOon financière qui consiste à
transformer des prêts illiquides en Otres négociables sur des marchés,
par l’intermédiaire des enOtés ad hoc. Le plus souvent, la banque à
l’originedesprêts,lescèdeàunSpecialPurposeVehicule(SPV)ouenOté
àunobjecOfspécial,quifinancecekeacquisiOonenémekantdesOtres
sur les marchés financiers. Les invesOsseurs (fonds d'invesOssements
classiques, etc. ) qui achètent ces Otres perçoivent en contreparOe les
Artus et al, Conseil d’analyse économique, La crise des subprimes, La
Documentation Française; 2008.
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revenus (intérêts et remboursement du principal) issus des prêts. La
transformaOon d’acOfs illiquides en Otres négociables s’accompagne
toujours d’une restructuraOon: les Otres émis par le SPV ont ainsi des
caractérisOquesdifférentesdecellesdesacOfssous-jacentsentermesde
modalitésdepaiement,desensibilitéauxrisques.
Certains établissements financiers avaient fait des subprimes leur
spécialité en se consacrant uniquement à l’octroi de ce type de crédits
aussitôt revendus sur le marché de la OtrisaOon. Ceke revente élimine
instantanément les risques associés au prêt pour l'établissement
financierprêteuretlerisqueesttransmisauxacheteursdeOtresdetype
P C A A ( p a p i e r c o m m e r c i a l a d o s s é à d e s a c O f s ) . C e k e
déresponsabilisa*on des insOtuOons prêteuses a sans doute incité
certaines d'entre elles à accorder davantage de prêts à hauts risques.
Lorsqu’en2005,laBanqueCentraleAméricaine,laFederalReserveBank,
a commencé à rehausser ses taux d’intérêts, plusieurs ménages
américains se sont retrouvés dans l’incapacité de rembourser leurs
emprunts.Eneffet,lahaussedutauxd’intérêt,quiestpasséde1%en
2003 à 5,25% en 200610, a engendré une augmentaOon brutale des
mensualités,cequiaprovoquéledéfautdepaiementdesemprunteurs
lesplusfragiles.
La finance islamique: intérêt et contraintes de mise en place en Tunisie,
mémoire en vue de l’obtention du diplôme national d’expert-comptable; Sonia
Sellami; 2011.
10
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Ainsi,lesétablissementsdecrédit,censéspouvoirrécupérerleursmises
en vendant les habitaOons hypothéquées, se retrouvèrent sans moyen
rapidederedresserleurbilan,puisquevendrecesbiensnesuffisaitplus
àcouvrirleurspertes.L'affluxdemisesenventedesbienssaisisamême
aggravé le déséquilibre du marché immobilier où les prix se sont
effondrés.Bienqu’elleaitparuiniOalementneconcernerquelemarché
des subprimes aux États-Unis, la crise s’est propagée à l’ensemble des
marchésfinanciersetàl’économie«réelle»àtraversuncertainnombre
demécanismes.
Unedescausesdelacriseaétélafragmentationd’actifspotentiellement
«toxiques»endemultipleslignesdecréditremixéesplusieursfoispour
former,parvoiedetitrisation,desfondsdecréances,etsouventdesfonds
de fonds de fonds, dont les détenteurs ne connaissent plus du tout la
composition (ce que l’on appelle les sous-jacents) et ne sont donc plus
capablesd’enmesurerlesrisques.
Ce manque de transparence, a rapidement provoqué une crise de
confiance: ne pouvant discriminer avec cerOtude entre les bons et les
mauvaisacOfs,lesOtresadossésauxprêtsimmobiliers,dontl’évaluaOon
étaitjugéetropincertaine,n’ontplustrouvéd’acheteurs.
Cekecrisedeconfianceafaitquelesbanquesn’ontplusacceptédese
prêterentreelles.L’accèsaucréditestdevenupluscoûteuxetdifficile:
lesprêteurs,confrontésàunrisquededéfautaccru,fontpayerpluscher
lesemprunteurs,voirerefusentdeleurprêter.SelonJurgensen(2008),la
criseestunecrisedeconfianceetdevaleurséthiquesquiaabouOàun
gel presque total des marchés financiers, « Car ceke crise financière
«systémique»peutenréalitéêtreakribuéenonseulementàl’explosion
d’unebulle,phasederéajustementclassiquedescyclesd’uneéconomie
capitaliste,maisencored’avantageaurejetcroissantdetouteunesérie
devaleurséthiques»11 .
Decequiprécède,lesproblèmeséthiquescausantlacrisedessubprimes
peuventêtrerésumésainsi:
11JURGENSEN.
Philippe: «Crise financière ou crise morale?»,
www.canalacademie.com; 2008.
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-
-
Une perte du sens de responsabilité: les banques prêteuses
souhaitaient se décharger totalement du risque via la OtrisaOon en
n’en conservant aucune part. Ceke technique a entraîné une
déresponsabilisaOondesrisquesendiffusantdes«acOfstoxiques»
des banques (de type subprimes) dans l’ensemble du système
financier mondial. Certains produits structurés de OtrisaOon étaient
conçus de manière à mélanger crédits toxiques et crédits sains afin
dedissimulerlaqualitédescrédits.
LemanquederégulaOon:Ilestclairquelacriseatenudavantageà
l’insuffisanceduchampcouvertparlescontrôlesqu’auxdéfaillances
supposées des superviseurs. la réglementaOon souvent incomplète
etinadéquate,n’apaspupoursuivrelesinnovaOonsfinancièrespour
contrôler leur mise en œuvre et protéger le système de la cupidité
des acteurs. En effet, ce sont des secteurs non régulés comme les
hedge funds12, les agences de notaOon, que sont venus les
dérapages,etnondesacOvitésbancairesrégulées.
Absencedestandardsdenotations:l’absencecomplètedelisibilitédes
critèresdesratings(AAA),généreusementaccordésparcesagencesà
des fonds de titrisation, correspondaient en réalité parfois à des
activités risquées dont la valeur s’est brusquement effondrée. Les
critèresutiliséspourobtenircesnotationsonttoujoursétéobscurset
l’on comprend aujourd’hui qu’ils étaient, hélas, souvent biaisés. En
effet, une procédure civile intentée la justice Américaine ayant pour
objet: " les notations [de Standard and Poor's13] en 2007 de certaines
obligations américaines adossées à des dette (CDO)", des titres
financiers complexes qui étaient basés sur des montages liés à des
emprunts immobiliers à risques dits "subprimes". L'exposition très
élevée de nombreuses banques à ce type de produits financiers avait
été l'une des causes principales de la crise financière mondiale qui a
débuté en 2007-2008. Dans un communiqué, S&P "regrette
profondément"quesesnotations"aientéchouéàanticipertotalement
la rapide détérioration des conditions sur le marché
hypothécaireaméricaindurantcettepériodetumultueuse"14.
12
Les hedge funds sont des fonds d’investissement d’un type particulier. Il
n’existe pas de définition légale, précise et formelle du terme. Ce sont des «
fonds de couverture et de gestion alternative », c’est-à-dire se livrant à des
placements de protection contre les fluctuations des marchés considérés.
13 Agence de notation.
14http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/02/04/crise-financiere-les-etatsunis-preparent-une-plainte-contre standard-and-poor-s_1827049_3234. html
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-
Manque d’éthique des banquiers arrangeurs: un certain nombre de
ces opéraOons était tellement opaque et peu transparent, voire
complexe(différentestranches…)qu’ildevenaitparfoisimpossiblede
connaîtrelacomposiOonexactedecequiétaitvendu.
LesystèmefinanciertradiOonnelbasésurl’intérêtfixeetlaspéculaOon,
ouOlléparunsystèmecapitalisteopportunisteàlarecherchederevenus
à court terme toujours plus grands, a akeint ses limites. Ce système a
permis le développement de comportements contraires à l’intérêt
général,àlongterme.Lesystèmeestconstruitsurlacupiditédesgens,
l’individualisme sans limite aucune et le non-respect des règles de
comportementssocialementresponsables.
Le développement de la finance islamique parait une soluOon possible
après l’échec du système classique à assurer la stabilité du système
financier, et à la suite de la demande des invesOsseurs musulmans
détenant d’énormes surplus de liquidité et refusant de les placer dans
desfondsclassiques.
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2. Lafinanceislamique:Unefinanceéthique
La crise financière actuelle met en lumière des InvesOssements
Socialement Responsable (ISR) et des placements dits « éthiques » qui
résistent bien à la tempête que nous traversons et il parait donc
intéressantdes’yakarderencherchantàcomprendrepourquoiilssont
moinsvulnérablesetcommentilssontstructurés.
L'Investissement Socialement Responsable (ISR) est un terme générique
qui désigne les diverses démarches d'intégration du développement
durableauseindelagestionfinancière.Ilconsistepourlesinvestisseurs
quilepratiquentàprendreencomptedescritèresdits«extra-financiers
»,c'est-à-direEnvironnementaux,SociauxetdeGouvernance(ESG)dans
leurs choix d'investissement. Cela signifie qu'ils ne s'intéressent plus
uniquement aux caractéristiques financières des actifs (actions ou
obligations d'entreprises cotées, emprunts d'états, entreprises non
cotées...)danslesquelsilsplacentleurscapitaux15.
La finance islamique intègre des composantes éthiques et extrafinancières qui peuvent consOtuer des points de convergence avec le
conceptdel’ISR.Elledésigneunsystèmeéconomiqueconçuenaccord
aveclesfinalités(Maqassid)delaShari’a.LesmaqassiddelaShari’asont
les noOons et les sagesses remarquées de la part du Législateur dans
touteslessituaOonsdelaLoiouleurmajorité.
Il y est intégré les points suivants: les caractérisOques de la Loi, ses
finalitésulOmes,lessensetlesnoOonsquetouteLoicomprend 16.
Appliqués aux transacOons financières (maqassid spécifiques ou
élémentaires de la Shari’a), ces noOons visent plus spécifiquement:
l’enrichissement de l’individu, la redistribuOon équitable des richesses,
honnêteté dans les relaOons commerciales, la transparence dans la
négociaOon et dans l’exécuOon des contrats, la prévisibilité des
conséquences et l’équité dans les rapports contractuels, notamment
quantauxmodalitésderémunéraOonparlepartagedesrisques.
Leprinciped’équitéestdoncàlabasedelaconcepOonéconomiquedu
droit musulman. Basés sur la parOcipaOon, pas sur l’endekement, les
transacOons et produits financiers islamiques respectent en effet un
15
16
http://www.novethic.fr/isr-et-rse/comprendre-lisr/definitions-et-objectifs. html
Mohamed Tahar Ibn Achour, « 2001 ;« ‫ﻣﻘﺎﺻﺪ اﻟﺸﺮﯾﻌﺔ اﻻﺳﻼﻣﯿﺔ‬.
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certain nombre de principes éthiques, dont la prohibiOon de l’intérêt
(Riba)quiexigequeleprofitrésultedel’achatpuisdelaventedebiens
et prévoit que la réparOOon du retour sur invesOssement soit
déterminée à l’avance. La thésaurisaOon et de la spéculaOon ou
l’incerOtude (Gharar, Maysir) sont également interdites, il est donc
impossible de vendre un bien que l’on ne déOent pas ou qui ne nous
apparOent pas et les flux financiers doivent être corrélés à des acOfs
tangibles.
Dans ce système, la banque s’en Oent au rôle d’intermédiaire
commercial et ne peut exercer des acOvités de nature spéculaOves.
L’invesOssement se doit également d’être socialement responsable
puisqu’ilestinterditd’invesOrdanslesacOvitéscontrairesauxprincipes
del’Islamcommel’alcool,letabac,lesarmes,lesassurancesoulesjeux
d’argent. A ce filtre sectoriel s’ajoutent des critères portant sur la
gouvernance,quidoitêtretransparente,éthiqueetrégulée.
Enfin, le principe de partage des pertes et profits sOpule que
l’invesOsseuretl’entrepreneurs’associentsurunprojetetenpartagent
les pertes et les profits selon une quote-part définie à l’avance. Ce
système suppose des risques plus importants pour l’invesOsseur tandis
qu’il protège l’entrepreneur. En conséquence, l’existence des banques
islamiquesreprésenteunealternaOveéthique:àlafoisconcurrenteset
complémentaires des banques convenOonnelles, elles permekent de
mobiliserlescapitauxenproposantunealternaOveauprêtàintérêtet
fondent d’une raOonalité économique conciliant raOonalité sociétale et
raOonalitéenfinalité.
LesPrincipalesIns7tu7onsFinancièresIslamiques
LesprincipalesinsOtuOonsfinancièresislamiquessont:d’unepart,les
établissementsfinanciers,d’autrepartlesorganismeschargésdela
régulaOonetdudéveloppementdelafinanceislamique.
2.1. Lesétablissementsfinanciers
Ils peuvent être classés selon leur acOvité, selon leur implantaOon ou
selonqueleursacOvitésfinancièresetounonenOèrementislamique.
▪ Selon leur acOvité, on disOngue: les banques islamiques, les
compagnies d’assurances, les compagnies Moudharaba. On
s’intéresse aux banques. Les banques islamiques sont soit des
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banques de détail, soit des banques et des fonds d’invesOssement
islamique:
LesbanquesdedétailsontcellesquiassurentlafoncOontradiOonnelle
d’intermédiaOon. Elles reçoivent l’argent des déposants et placent cet
argentdansdesprojetspourlecomptedesdéposants.LesopéraOonsen
amont (la collecte des fonds) et en aval (l’invesOssement) sont, en
principe,baséessurlesmêmesprincipesdepartagedespertesetprofit
et de l’interdicOon du Riba. Les banques d’invesOssement islamiques
sontdesbanques«degros».Ellescollectentlesurplusdeliquiditésdes
banques de détail et invesOssent dans des projets. L’acOvité financière
degrosestalimentéeparlesfondssouverainsquisontàlarecherchede
placements intéressants, essenOellement les banques centrales et les
invesOsseursinsOtuOonnelsdespayspétroliers.
▪
▪
Selon leur lieu d’implantaOon, on disOngue les banques qui se
trouvent dans un pays enOèrement « islamisé » et les autres. Les
banquesquisetrouventdansunpaysenOèrementislamisécomme
l’Iran, le Soudan ou le Pakistan, ne sont régies que par une seule
réglementaOon. Les banques qui se trouvent dans les autres pays
sont dans un système financier dual. Elles sont donc soumises à
deuxsystèmesderéglementaOonetderégulaOonquisontplusou
moinscompaObles.Lesplusnombreusessontsituéesdanslespays
du Golf, surtout à Bahreïn qui est reconnu comme étant la place
financièreislamiquelaplusdynamique.
Selonl’importancedeleuracOvitéfinancièreislamique,ondisOngue
les banques dont l’acOvité financière est enOèrement islamique et
celles qui n’ont que des guichets ou « fenêtres islamiques ». Le
caractèrelicitedeces«fenêtres»n’estpasunanimementreconnu
carlerisquedemixitédefluxlicitesetdefluxillicitesestréel.
Le système financier tunisien compte actuellement (en 2014) trois
banquesislamiquesàsavoir«NourIslamicBank»,«AlBaraka-Bank»
et«LaBanqueZitouna»ainsiquedeuxsociétésd’assuranceislamiqueà
savoir « Best Ré » et « La Zitouna Takaful », outre d’autres insOtuOons
financières convenOonnelles qui ont commencé à offrir quelques
produits financiers islamiques. A la faveur du changement du contexte
poliOque suite à la RévoluOon, il est akendu que la Tunisie enregistre
une croissance progressive au niveau du nombre des insOtuOons
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financières offrant uniquement ou en parOe des produits financiers
islamiques.
Une telle croissance s’inscrit parfaitement dans le sens de l’évoluOon
actuelleetprévisibledelafinanceislamiquequiestappeléeàjouerdans
les années à venir un rôle de plus en plus grandissant sur la scène
financièretunisienneainsiqu’internaOonale.
2.2. Lesprincipalesorganisa*onsdusystèmefinancier
islamique
➢ LaBanqueIslamiquedeDéveloppement(BID)
Aétécrééen1974,elleregroupedesmembresdeplusde40pays.Son
objecOfestdepromouvoirledéveloppementéconomiqueetleprogrès
social au sein des pays membres conformément aux principes de la
Shari’a. On peut la considérer comme l’équivalent de la banque
mondialepourlemondemusulman.ElleaparOcipéaufinancementde
nombreuxprojetd’infrastructuredanslespaysendéveloppement.
➢ TheAccoun*ngandAudi*ngOrganiza*onforIslamicFinancial
Ins*tu*ons(AAIOFI)
A été fondée en 1990. Située à Bahrein, elle est chargée d’élaborer les
standardsetprincipesenmaOèredelacomptabilité,d’audit,d’éthique,
degouvernanceetdeconformitéShari’a.UneprésentaOondétailléede
cetorganismeseraexposéeauniveaudelasecOonsuivante
➢ IslamicFiqhAcademy(IFA)
Cree en 1981 à Djeddah, est une assemblée de jurisconsultes qui
émekentdesavisreligieuxsurdifférentssujets.
➢ IslamicFinancialServicesBoard(IFSB)
A été créé en 2002 en Malaisie. Il est composé de représentants des
banques centrales de divers pays, des organismes internaOonaux
notammentlabanquemondiale,leFMI(fondmonétaireinternaOonal),
laBID.Cetorganismeinter-gouvernementalapourmissionl’intégraOon
delafinanceislamiquedanslesystèmefinanciermondial.
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SECTION2:L’ENVIRONNEMENTDESBANQUESISLAMIQUES
1.
Larégula7ondesac7vitésdesbanquesislamiques
1.
Lanécessitédelarégula*on
La finance islamique s’est beaucoup développée au cours de deux
décennies.Cequicompteactuellementestdepoursuivresacroissance
mais surtout d’assurer sa respectabilité, de prouver que le système est
viable.Enconséquence,larégulaOondelaprofessions’impose.
La régulaOon dans la doctrine islamique doit être fondée sur des
conceptsdesurveillanceetdecontrôlequifaitparOcipertouslesagents
économiques (Hesba 17) qui, selon Ibn Taymia auront pour but de
délimiter les contours d’un développement économique convenable
aveclesfinalités(Maqassid)delaShari’a18.
CekerégulaOonestd’autantplusnécessairequedurantcekepériodede
forte expansion, pour concurrencer les banques convenOonnelles, elles
ontdûcréerdenouveauxproduitsenimaginantdesprocédésdenature
àrendrecesproduitsconformesàlaShari’a.
2.
Lesystèmederégula*onactueldesac*vitésfinancières
Actuellement, la réglementaOon prudenOelle dans le monde est un
système global, c’est –à- dire que le cadre est le même quelles que
s o i e n t l e s i n sO t u O o n s : b a n q u e s c o m m e rc i a l e s , s o c i é té s
d’invesOssements,etc...L’autoritédecontrôleestlabanquecentralede
chaque pays. Ceke dernière est conforme à la réglementaOon
internaOonaledanslamesureoùlegouvernementdupaysaadoptéles
règlesinternaOonales.
LaréglementaOoninternaOonaleémaneduComitédeBâle 19.Lestextes
réglementaireslesplusconnussontle«raOoCook»etlerécent«raOo
MacDough»,tousdeuxdesnomsdesprésidentsducomitéaumoment
deleurélaboraOon.
17
L’audit, le contrôle.
Ibn Taymia, « 1995 ;« ‫ﻣﺠﻤﻮع ﻓﺘﺎوى اﺑﻦ ﺗﯿﻤﯿﺔ‬.
19 Institution créée en 1974 par les gouverneurs des banques centrales des pays
du G10, elle se réunit 4 fois par an. Ses missions ont pour but de renforcer la
sécurité et la fiabilité du système financier, d’établir des standards minimaux en
matière de contrôle prudentiel, de diffuser et de pouvoir les meilleures pratiques
bancaires et de surveillance, de promouvoir la coopération internationale en
matière de contrôle prudentiel. Même si un pays n’a pas adopté les accords du
Comité, ils lui servent néanmoins de référence.
18Ahmad
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LesprincipauxdomainesderèglementduComitédeBâleauniveaudu
secteurbancairepourassurerlasantéetlastabilitédusystèmefinancier
sont: - Lasuffisanceducapital,
- L’idenOficaOon des principaux types de risques et les techniques
uOliséespourlesgérerefficacement,
- Lesméthodesd’évaluaOondelaqualitédesacOfsdelabanque,
- LacréaOonderéservespourcouvrirlespertessurlesprêts,
- Lesdifférentstypesdecontrôleinterne,
- Lesauditsexternesnécessaires,unaccentestmiségalementsurla
formaOon des contrôleurs, parOculièrement la capacité à idenOfier
lesrisquesetàmekreenœuvrelesmoyensdelesanOciper,deles
géreretdelescontrôler.
Le calcul de la suffisance de capital est un élément essenOel de la
réglementaOon.
Lasuffisanceducapital
Le raOo de solvabilité, dit < raOo Cook>, a été mis en applicaOon en
juillet1998.IlestrelaOfàlamesureprudenOelledesrisquesdemarché
(risques relaOfs aux instruments financiers détenus, risques de
change…).
Ra*oCook=Fondspropres/Risquespondérés
Lesfondspropressontévaluésàdesniveauxsuccessifs: - Le niveau 1 est le capital de base, composé grosso modo de la
situaOonnekediminuéedesacOfsimmatériels;
- Le niveau 2 est le capital complémentaire, c’est le montant
précédentauquelonajoutedesélémentsdequasifondspropres20.
De ces éléments, on, retranche les fonds propres ou assimilés
correspondant à des placements dans d’autres établissements, par
exempledesOtresdeparOcipaOondansdesfiliales.
Risquepondéréd’unengagement=Montantdel’engagement*
Quo*téderisque
20
Par exemple les titres participatifs
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LecomitédeBâleclasselesengagementsenquatregroupes,enfoncOon
desrisquesencourus: 0%,20%,50%et100%.
Lesengagementspondérésà0%doncnenécessitantpasdecouverture.
Lesengagementspondérésà20%sontparexemple:lescréancessurles
collecOvitésterritoriales,ougaranOesparcescollecOvités.
Les engagements pondérés à 50% sont par exemple: les prêts
hypothécaires.
Les engagements pondérés à 100% sont ceux qui ne sont pas dans les
groupesprécédents,ainsilecrédit-bailmobilier,lesprêtsparOcipaOfsen
faveurdelaclientèle.
LesexigencesduComitédeBâlesontlessuivantes:
- Lerapportminimalàrespecterentrelesfondspropresetlesrisques
pondérésestde8%.
- Le capital de base (niveau 1) doit représenter au minimum 50% du
total des fonds propres exigés au Otre des risques de crédit, le
complément éventuel ne pouvant être consOtué que par le capital
complémentaire21.
Le Comité de Bâle a procédé à la révision du système de régulaOon. Il
reposedésormaissurtroispiliers:
❖ LepremierpilierestrelaOfàl’exigenceminimaledesfondspropres,
c’estle«raOoMacDough».Lesgrandeslignesdu«raOoCooke»
sontmaintenuesmais:
✓ Audénominateur,cen’estplusseulementlerisquedecréditqui
estprisenconsidéraOon,c’estunmontantcomprenant:lerisque
decrédit(75%)pluslerisqueopéraOonnel(20%)etlerisquede
marché(5%);
✓ Lesméthodesdecalculdesrisquessontplusélaborées:labase
est toujours consOtuée d’une grille standard mais de méthodes
de management internes plus sophisOquées, basées sur la
gesOondesrisquespeuventêtreenvisagéesparlesbanques.
La différence entre ces approches, c’est à dire entre le recours à une
grille standard ou l’uOlisaOon de méthodes internes, est que le rôle
Pour plus de détails sur ces points, voir; Rouach et Naulleau (2009). Le
contrôle de gestion bancaire et direction financière, Revue Banque Edition.
21
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primordial est accordé au contrôleur dans le premier cas, à la banque
elle-mêmedansledeuxième.
❖ LedeuxièmepilierestunprocessusdesurveillancedelagesOondes
fondspropresparlesautoritésdecontrôle,cesdernièrespourront
évaluerlesystèmeparlecontrôleinternedesbanques.
❖ Le troisième pilier vise à instaurer une discipline de marché en
améliorantlacommunicaOonfinancièredesbanques,notammentla
diffusion d’informaOons sur les méthodes d’évaluaOon des risques,
leniveaudesfondspropres,etc.
Les accords de Bâle sont appliqués dans la plupart des pays. C’est une
nécessité pour se faire une place dans le système financier désormais
globalisé. L’applicaOon de ceke réglementaOon est du ressort des
régulateurs naOonaux mais également des établissements eux-mêmes
quisouhaitentuneimplantaOonouunereconnaissanceinternaOonale.
Laspécificitédesbanquesislamiques
Si pour certaines acOvités les banques islamiques et les banques
convenOonnelles fournissent des prestaOons similaires (dépôts à vue,
servicesbancaires,etc.),surdenombreuxpointslesacOvitésdivergent.
Toutefois,auniveaudesbanquesislamiques:
- LesopéraOonsparOcipaOvessontdesopéraOonsrisquées;
- LesproduitsbaséssurlesopéraOonsd’achat/ventesontengénéral
peurisqués;
- Les dépôts d’invesOssements (mobilisés sur la base du PPP) ne
présentent pas les mêmes risques que les comptes courants, en
l’occurrencecesontlesdéposantsquisupportentunrisqueélevé.
Deplus,lesbanquesislamiques:
- Nepeuventpasfaireappelàlabanquecentraleendernierressort(à
causedel’interdicOonduribapraOquéparlabanquecentrale);
- NepeuventpasuOliserlesinstrumentsclassiquesdecouverturedes
risquesdufaitdel’interdicOonduribaetdugharar;
- Nepeuventpasinfligerdespénalitésderetardpourpaiementtardif.
L’examen des différences entre banques convenOonnelles et banques
islamiquesfaitdoncapparaîtrequelesacOvitésdesbanquesislamiques
sontsurcertainspointsplusrisquéesmaisquesurd’autreselleslesont
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moins. La quesOon se pose alors de savoir si la réglementaOon prévue
pourlesystèmeconvenOonnelestnécessaire,etsielleestsuffisante.
Selon l’IIRF (InsOtut Islamique de recherches et de formaOon)22, la
réglementaOon prévue pour le système convenOonnel doit être
appliquéepourplusieursraisons:
- Lastabilitédusystèmefinancier;
- L’acceptaOon des banques islamiques sur le marché interbancaire
internaOonal;
- La sauvegarde des intérêts des Otulaires de dépôts à vue, et une
protecOonrenforcéedesOtulairesdecomptesbancairesspécifiques.
On mesure l’importance que revêtent la réglementaOon et le contrôle
dans un système financier islamique qui est toujours à l’état
embryonnaire.
Cependant il faut éviter de soumekre les banques islamiques à une
doubleréglementaOonquilespénaliseraitetconduiraitàunebaissede
leurcompéOOvité.
LaréglementaHonetlecontrôleenvigueur
A Otre d’exemple, considérons le cadre de la réglementaOon et du
contrôleexistantdansquelquespaysmembresdelaBID.Laplupartsont
des pays a système dual, c’est-à-dire où coexistent banques
convenOonnellesetbanquesislamiques23.LasituaOonestgénéralement
lasuivante:
- LesnormesinternaOonalessontadoptées(ycomprislesprincipesdu
ComitédeBâle),malgrélesdifficultésrelaOvesaucalculdesrisques
desacOfs,créesparlesmodesdefinancementspécifiques;
- Lesbanquesislamiquessontsuperviséesparlesbanquescentrales;
- Les banques islamiques sont, pour la plupart des pays, contrôlées
danslecadredessystèmesinternaOonauxdecontrôledesbanques
commercialesenvigueur;
- Laconformitéaveclesnormesétabliesparl’AAOIFIn’est,engénéral,
pasréalisée.
INSTITUT ISLAMIQUE DE RECHERCHES ET DE FORMATION
BANQUE ISLAMIQUE DE DEVELOPPEMENT: « réglementation et contrôle
des banques islamiques », 2000.
23 Seuls l’Iran, le Pakistan et le Soudan sont des pays où le système financier est
entièrement islamisé.
22
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3.
Lanormalisa*ondusystèmecomptableislamique
La comptabilité doit satisfaire les besoins d’information des différentes
parties prenantes sur les activités des institutions en général: leur
situation financière, leur performance, les risques encourus. En ce qui
concernelesinstitutionsfinancièresislamiques,lespartiesprenantssont
nombreuses: les actionnaires actuels et potentiels, les dirigeants, les
clients(déposantsouemprunteurs),lesemployés,lesanalystesfinanciers,
lesorganismesdecontrôleetderégulation,etc.
Le système comptable des insOtuOons financières islamiques a pu et
peutconOnueràapparaîtrecommepeutransparent,d’abordàcausede
lajeunessedesinsOtuOonsquiontétécréésetsesontdéveloppéestrès
rapidement dans différents pays soumis à des réglementaOons
naOonales différentes, puis parce que les produits nouveaux et les
nouveaux modes de foncOonnement exigent des règles spécifiques à
imaginer24.
LamondialisaOonaconduitàdesbesoinsaccrusd’homogénéisaOonet
de transparence. Les informaOons produites doivent être claires,
explicitesetcomparables.
Se pose alors le problème de l’adéquaOon entre des standards
comptablesetfinanciersspécifiquesetlesnormesinternaOonales.
L’organismedenormalisaHon:l’AAOIFI
❖ Historiqueetmission
C’est une insOtuOon implantée à Bahreïn en 199125, à l’iniOaOve de
plusieurs groupes bancaires26. Financée au départ par ses fondateurs,
24
L’ensemble des produits offerts par les banques islamiques en Tunisie sont
actuellement traités conformément au système comptable des entreprises
tunisiennes sans aucun traitement particulier qui prend en compte leurs
spécificités contractuelles et Shari’atiques. Ainsi, ils sont considérés en tant que
crédits ordinaires à la clientèle sans aucune distinction des autres types de
crédits conventionnels et sont présentés au niveau des états financiers des
banques islamiques en Tunisie parmi les crédits et créances sur la clientèle et
sont comptabilisés en tant que tels dès la mise à la disposition des fonds objet du
contrat de financement au client concerné.
25 Créé en Algérie en 1990.
26 Al Baraka (Bahreïn), Al Rajhi (Arabie Saoudite), la BIB (Bahreïn Islamic
Bank), la BID (Banque Islamique de Développement), Bukhari capital
(Malaisie), la KFH (Koweït Finance House).
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ses ressources proviennent actuellement de la coOsaOon de ses
membres.
Sonobjectifestdepromulguerdesstandardsbaséssurlesprincipesdela
Shari’a pour les institutions financières islamiques et de contribuer à
l’expansiondel’industriefinancièreislamique.Acetitre,elledispensedes
programmesdeformationàlacomptabilitéetàl’auditdontlecontenuest
conformeauxrèglesetprincipesdelaShari’a.Sesmembressontissusde
différents horizons. On y trouve, outre les membres fondateurs, des
membres associés (représentants des institutions financières islamiques,
membres de l’Académie du Fiqh), des représentants des institutions de
régulation(banquescentrales),desobservateurs(membresd’organisations
et d’associations professionnelles, comme les cabinets d’audit
internationaux, des savants de la Shari’a). Cette diversité lui assure une
indépendancecertaine.
L’AAOIFIeffectueungrostravaild’adaptaOondesnormesinternaOonales
aux parOcularités des insOtuOons financières islamiques. Comme
l’indiquel’étuderelaOveàlaréglementaOonetaucontrôledesbanques
islamiques déjà citée27, une telle adaptaOon est nécessaire pour les
raisonssuivantes:
1. Les produits islamiques sont spécifiques, ils exigent chacun des
disposiOonscomptablesparOculières;
2. Lesnormesdoiventêtreuniformiséesdansletempsetdansl’espace
(différentesrégionsetdifférentesinsOtuOons);
3. LesnormesontàfairefaceàdesdomainesparOculiers,ainsilazakat;
4. LesnormesdoiventfaciliterletravaildescontrôleursdelaShari’a;
5. La transparence est nécessaire en ce qui concerne la responsabilité
desbanquesislamiques.
❖ Modedefonc*onnement
C’estuneorganisaOonnonpermanente,structuréeainsi:
- L’assembléegénérale,organedécisionnel;
- Un conseil d’administraOon, dont les membres se réunissent, en
principe,unefoisparan;
- Unsecrétairegénéral;
Etude Chapra et Khan; Règlementation et contrôle des banques islamiques;
IRTI; 2000.
27
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-
Deux organes: l’AccounOng AudiOng Board et le Shari’a Board dont
lesmembresseréunissentplusieursfoisparan.
Les normes sont élaborées et révisées en concertaOon avec les
organismes représentaOfs de la profession. Les premières ont été
introduitesen1993.
❖ Lesnormesislamiques
La liste des thèmes couverts par les normes donne une idée de
l’importance des travaux de l’AAOIFI. Les normes publiées comportent
cinqparOes:
Lacompa7bilité:comporte - LesobjecOfsetlesconcepts;
- LesFinancialAccounOngStandards(FAS),aunombrede23,portent
sur:
✓ Les états financiers des banques et insOtuOons financières
islamiques;
✓ Les produits financiers: Mourabaha, moudharaba, moucharaka,
Salam,ijaraetIsOsna;
✓ Lescomptesd’invesOssement;
✓ Lesprovisionsetréserves;
✓ Les états financiers, les provisions et réserves dans les
compagniesd’assurances;
✓ Lesfondsd’invesOssement;
✓ LesopéraOonsendevise.
L’audit: comporte 5 standards « AudiOng Standards for Islamique
FinancialinsOtuOons»(ASIFI).
La gouvernance: comporte 6 standards « Governance Standards for
IslamiqueFinancialinsOtuOons»(GSIFI).
L’éthique(ESIFI):comporte2standards.
LaShari’a(SSIFI):comporte30standards.
2.
Organisa7onetgouvernancedesbanquesislamiques
Les banques islamiques sont généralement des sociétés par acOons
relevantdudroitclassique.
Etant donné leur mission, à côté des organes habituels détenant le
pouvoir juridique, comme le conseil d’administraOon, des organes
spécifiquesdéOennentlepouvoirmoral,ainsilecomitédelaShari’a.En
conséquence, on se trouve face à une double gouvernance qui fait la
parOcularitédecesétablissements.
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La structure des banques islamiques sera examinée par comparaison
aveccelledesbanquesconvenOonnelles:
2.2. Elémentsdel’organisa*on
DansuneenOtéorganisaOonnelle,ondifférenciegénéralementainsiles
centres de responsabilité: Les centres opéraOonnels, les centres de
supportetlescentresdestructure.LescentresopéraOonnelssontceux
chargédel’acOvitédeproducOon.
DansunebanqueconvenOonnelle,onclasselesacOvitésendifférentes
catégories:
▪ LesacOvitéscourantesdebanque(gesOondesdépôtsetmoyensde
paiement…)ouacOvitédeguichet;
▪ LesacOvitésfinancières,dontlesacOvitésdemarché(achat/ventede
Otres, placements…), les acOvités de gesOon administraOve
(conservaOon des Otres, gesOon des valeurs mobilières…) et les
acOvitésdeconseil(gesOondepatrimoine,ingénieriefinancière…).
L’organigramme des banques comporte donc une structure ou l’on
retrouvedesenOtésspécialiséesselonlestypesd’acOvité.
Dans la plupart des banques islamiques les acOvités de marché et de
conseil sont jusqu’à présent peu présentes et l’on trouve plutôt des
enOtés chargées des acOvités courantes spécialisées par type de
clientèle (parOculiers, entreprises) et par type de produit (Mourabaha,
ijara…).
2.2. Lesorganesdeges*on
L’assemblée générale des acOonnaires désigne les membres du conseil
d’administraOonquidélèguesesfoncOonsàundirecteurgénéral.
❖ LeConseild’Administra*on
Pour être membre du conseil d’administraOon, il faut remplir certaines
condiOons:enprincipe,êtremusulman,disposerd’unnombred’acOons
indiquédanslesstatutsetnepasexercerdefoncOonsdanslabanque.
La durée du mandat est de 3 ans. Le nombre d’administrateurs est
indiqué dans les statuts, ainsi que les pouvoirs et les modalités de
foncOonnementduconseil.
Les dirigeants managers exercent leur foncOon sous le contrôle du
conseil d’administraOon. Leur rôle est difficile car ils doivent tenter de
concilier la raOonalité économique et les contraintes de la
réglementaOon islamique. (Il [le dirigeant] doit gérer deux systèmes de
logique potenOellement contradictoires à savoir un logique d’efficience
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et une logique de mainOen et de protecOon des valeurs éthique et
religieuses. Ces logiques s’expriment à travers le système de double
gouvernancequicaractériselesbanquesislamiques),(Siagh,2003).
❖ LeShari’aSupervisoryBoard(SSB)
LescomitésdesupervisionShari’a,enanglaisShari’aSupervisoryBords,
est un organe obligatoire qui peut être définis comme des « comités
consultaHfs composés de spécialistes en loi islamique (Shari’a scholars)
qui se prononcent sur la conformité à la Shari’a des produits financiers
proposés» 28.IlsexercentleurcontrôleauregardduFiqhAl-Muamalat
etréalisentcequel’onpourraitappelerun«auditShari’aHque».
Les jurisconsultes connus sont ainsi très sollicités, certains
apparOendraientàplusdetrenteconseils,d’autresferaientparOed’une
cinquantaine de conseils. Il est vrai, comme il a été indiqué ci-dessus,
que le profil exigé est rare puisque la foncOon suppose des
connaissances tant dans le domaine religieux que dans le domaine
bancaireetéconomique.
➢MissionsduShari’aSupervisoryBord
LesinterventionsdesShari’aSupervisoryBordsontétéontdéterminépar
l’AAOIFI,ainsiquel’IFSB:
- Assister les insOtuOons dans l’élaboraOon des contrats et des
produits qui soient en conformité avec les principes du droit
musulman;
- CerOfier l’acceptabilité des instruments financiers à travers des
fatwas;
- VérifierquelestransacOonssontconformesauxfatwasémises,
- VérifierlecalculetlaliquidaOondelazakat;
- Distribuer les revenus non conformes à la Shari’a à des œuvres
caritaOves.
➢Délibéra*onsduShari’aSupervisoryBord
Afin de veiller à la cohérence de l’ensemble de la finance islamique,
l’IFSBrecommandequelesdécisionssoientprisesparconsensus 29.
Jusqu’à présent, aucun système de supervision des comités Shari’a n’a
été élaboré en Tunisie. Il a pu être proposé dans ceke hypothèse de «
recourir à une organisaHon non-gouvernementale qui regrouperait des
Élyes JOUINI et Olivier PASTRÉ, « La finance islamique - Une solution à la
crise ? », 2009.
29 IFSB, Principes Directeurs IFSB-10 (2009).
28
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spécialistes en fiqh et des spécialistes du domaine bancaire et financier
»30. Ce concept quant à lui seul reste inefficace comme on va le
démontrerdanslasecOonsuivante.
Fadi ACHI et Élisabeth FORGET, « La gouvernance des comités Shari’a »,
2011.
30
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CHAPITRE2:MODESDEFONCTIONNEMENTETANALYSECRITIQUEDES
SYSTEMESDEGESTIONDESPRODUITSFINANCIERSISLAMIQUES
SECTION1:LESPRINCIPAUXPRODUITSFINANCIERSISLAMIQUES:
MODESDEFONCTIONNEMENT
1.
ProduitsbaséssurleprincipedePartagedesPertesetProfits
1.1.LecontratMoudharaba
Ils’agitd’uneformed’associaOonentrelecapitalfinancierd’unepartet
letravaildel’autre.LagesOondel’affaireesttotalemententrelesmains
dutravailleur«Mourdhareb»alorsquelesacOfsacquisgrâceaucapital
avancédemeurentlapropriétédu«Rabalmal».Lesprofitsnetssont
partagés entre les deux parOes suivant des proporOons déterminées
d’avancealorsquelapertesurlecapitalestàlachargeduseul«Rabal
mal».Danscecas,labanquejouelerôlede«Mourdhareb»etaffiche
son accord pour le principe de partager les profits avec les détenteurs
descomptes.
1.2. LecontratMoucharaka
LaMoucharakaestuneassociaOonentredeuxparOes(ouplus)dansle
capitald’uneentreprise,projetouopéraOonmoyennantuneréparOOon
desrésultats(pertesouprofits)dansdesproporOonsconvenues.Elleest
baséesurlamoralitéduclient,larelaOondeconfianceetlarentabilité
duprojetoudel’opéraOonainsiquesurlaréparOOondesrisquesentre
les associés. Par ailleurs, la Moucharaka, telle que praOquée par les
banques islamiques nouvelles, se présente le plus souvent sous forme
d’une contribuOon au financement de projets ou d’opéraOons
ponctuelles proposées par la clientèle. Ceke contribuOon se réalise
suivantdeuxformules:
-
LaMoucharakapermanente:Labanqueparticipeaufinancementdu
projetdefaçondurableetperçoitrégulièrementsapartdesbénéfices
ensaqualitéd’associécopropriétaire.Ils’agitenl’occurrencepourla
banqued’unemploiàlongoumoyentermedecesressourcesstables
(fonds propres, dépôts participatifs... ). L’apport de la banque peut
revêtir la forme d’une prise de participation dans des sociétés déjà
existantes,d’unconcoursàl’augmentationdeleurcapitalsocialoula
contributiondanslaformationducapitaldesociétésnouvelles(achat
ou souscription d’actions ou de parts sociales). Ce type de
Moucharaka correspond dans les pratiques bancaires classiques aux
placements stables que les banques effectuent soit pour aider à la
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-
2.
formationd’entreprisesoutoutsimplementpours’assurerlecontrôle
d’entreprisesexistantes.
LaMoucharakadégressive(Moutanaqissa):LabanqueparOcipeau
financement d’un projet ou d’une opéraOon avec l’intenOon de se
reOrer progressivement du projet ou de l’opéraOon après son
désintéressement total par le promoteur. Ce dernier versera, à
intervalle régulier à la banque, la parOe de bénéfices lui revenant
comme il peut réserver une parOe ou la totalité de sa propre part
pour rembourser l’apport en capital de la banque. Après la
récupéraOon de la totalité de son capital et des bénéfices qui
échoient,labanquesereOreduprojetoudel’opéraOon.
Lesopéra7onscommerciales
2.1. LecontratMourabaha
LaMourabahaestuncontratdeventeauprixderevientmajoréd’une
margebénéficiaireconnueetconvenueentrel’acheteuretlevendeur.La
MourabahapeutrevêOrdeuxaspects:
- TransacOondirecteentreunacheteuretunvendeurquiexposeàla
vente sa marchandise sans préalable ordre ou promesse d’achat du
premier.
- TransacOon triparOte entre un acheteur final (ou donneur d’ordre
d’achat), un premier vendeur (le fournisseur) et un vendeur
intermédiaire(exécutantdel’ordred’achat).
Ceke dernière formule a été retenue dans les praOques bancaires
islamiques.Labanqueintervientenqualitédepremieracheteurvis-à-vis
du fournisseur et de revendeur à l’égard de l’acheteur donneur d’ordre
(leclient).Labanqueachètelamarchandiseaucomptantouàcréditet
la revend au comptant ou à crédit à son client moyennant une marge
bénéficiaireconvenueentrelesdeuxparOes.
L’innovaOon du système de financement islamique relaOvement à la
Mourabaha fut d’en faire une technique de finance indirecte et ce, en
apportant certains ajustements aux ventes à crédit classiques. Ces
ajustements sont dictés par la volonté de ne pas trop s’écarter de la
nature classique des banques en tant qu’intermédiaires financiers
manipulantdesdocumentsplutôtquedesmarchandises.
2.2. Lecontratijara
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C’est un contrat de locaOon de biens, assorO d’une promesse de vente
au profit du locataire. Il s’agit d’une technique de financement qui fait
intervenirtroisacteursprincipaux:lefournisseur(fabricantouvendeur)
dubien,lebailleur(enl’occurrencelabanquequiachètelebienpourle
loueràsonclient)etlelocatairequilouelebienenseréservantl’opOon
de l’acquérir définiOvement au terme du contrat de locaOon. Dans ce
genredefinancement,lesbanquesislamiquesontvuunetechniquequi
s’accommodeavecleurorientaOonaussibiendansl’effortdeconcourir
audéveloppementdumondemusulmanquedansunstrictrespectdela
Shari’a puisque ceke opéraOon est considérée comme étant licite et
conforme aux préceptes du droit musulman31 . De la définiOon
précédente, il découle que le droit de propriété du bien revient à la
banque durant toute la période du contrat, tandis que le droit de
jouissancerevientaulocataire.
2.3.
LecontratIs*sna
L’Istisnaestuncontratd’entrepriseenvertuduquelunepartie(Moustasni)
demande à une autre (Sani) de lui fabriquer ou construire un ouvrage
moyennantunerémunérationpayabled’avance,demanièrefractionnéeou
à terme. Il s’agit d’une variante qui s’apparente au contrat Salam à la
différence que l’objet de la transaction porte sur la livraison, non pas de
marchandises achetées en l’état, mais de produits finis ayant subi un
processusdetransformation.Laformuledel’Istisna,miseenpratiquepar
une banque islamique peut revêtir l’aspect d’une opération triangulaire
faisant intervenir aux côtés de la Banque, le maître de l’ouvrage et
l’entrepreneurdanslecadred’undoubleIstisna.
2.4.
LecontratSalam
Le Salam peut être défini comme étant un contrat de vente avec
livraison différée de la marchandise. Ainsi, contrairement à la
Mourabaha,ils’agitd’uneventeàcréditàl’enversoùleprixestpayéau
comptant alors que la marchandise n’est délivrée que plus tard. En
praOque la banque (acheteur) passe une commande à son client pour
une quanOté donnée de marchandises, d’une valeur correspondant à
son besoin de financement. Le client (vendeur) lui adresse une facture
Séminaire de l’IIRF de la Banque Islamique de Développement à Djeddah: Le
leasing « Ijara» par Abdessatar Khouildi.
31
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proformaindiquantlanature,lesquanOtésetleprixdesmarchandises
commandées.LesdeuxparOes,unefoisd’accordsurlescondiOonsdela
transacOon, signent un contrat de Salam reprenant les clauses
convenues. Parallèlement, les deux parOes signent un contrat de vente
par procuraOon par lequel la banque autorise le vendeur à livrer ou à
vendre(selonlecas)lesmarchandisesàuneOercepersonne.Levendeur
s’engage, sous sa pleine responsabilité à recouvrer et à verser le
montant de la vente à la banque. A l’échéance, au cas où la banque
aurait choisi de mandater le vendeur pour écouler les marchandises
poursoncompte,cedernierlesfacturerapourlecomptedelabanque
et livrera les quanOtés vendues en prenant soin, si la banque le juge
nécessaire, d’exiger des acheteurs de faire viser les bons d’enlèvement
auxguichetsdecekedernière(mesuredesOnéeàpermekrelesuiviet
lecontrôledel’opéraOon).
3.
Lescomptesbancaires
3.1.Lescomptescourants
Ces comptes sont quasiment idenOques à ceux des banques
convenOonnelles.LesdroitetobligaOonsrespecOvesdudéposantdela
banquesontlessuivants:
Labanque,gardiennedesfonds:
- neverseaucunerémunéraOon;
- uOliselesfondsselonsongré;
- exigeunsoldetoujoursposiOf;
- jouit des fonds reOrés du placement des fonds déposés, en
contreparOeassumelesperteséventuelles.
Leclient:
- peutreOrersonargentàtoutmoment;
- estassurédepouvoirrécupérerlemontantdéposé;
- ne perçoit aucune rémunéraOon mais la banque ne prélève pas
defraisdegesOon.
Peutbénéficierdesservicesclassiquesdesbanques:carnetdechèques,
opéraOonsdevirement,etc.
3.2.Lescomptesd’épargnes
Ce sont des comptes de dépôts à terme, basés sur le principe de la
parOcipaOon.L’objecOfdecescomptesestd’inciterlesgensàépargner.
Cescomptessontpeurépandus.LesmodalitésdefoncOonnementsont
généralementlessuivantes:
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Leclient:
- nereçoitpasl’intérêt,labanqueneluigaranOtniunrendement
déterminé,nileremboursementducapitaldéposé;
- n’aaucundroitderegardsurlamanièredontlabanquegèreles
fonds;
- doit prévoir la banque s’il désir reOrer des fonds, le délai de
préavisétantpréalablementprécisé.
Labanque:
- gèrelesfondscontrelesfraisdegesOon;
- verse une parOe de son résultat selon le taux de réparOOon
convenuetlesoldemoyenducompte;
- estresponsableencasdenégligencedesapartdanslamanière
degérerlesfonds.
3.3.Lescomptesd’inves*ssement
Ils consOtuent la principale source de fonds des banques islamiques.
LeurmodedefoncOonnementesttoutàfaitconformeauxprincipesde
la Shari’a puisqu’ils sont basés sur le principe de PPP et associent le
facteurcapitaletlefacteurtravail.
CaractérisHques
Ils s’apparentent plus à un achat d’acOons qu’à un dépôt de type
convenOonnel.Eneffet,iln’yapasdegaranOederemboursementàla
valeur nominale, les déposants n’ont pas de rémunéraOon fixe, leur
rémunéraOonestbaséesurleprincipedupartagedeprofitsetdepertes
delabanques.
Paruncontrat,leclientautoriselabanqueàinvesOrlesfondsdansdes
projets. Le contrat doit contenir toutes les modalités relaOves aux
opéraOons envisagées: objet, échéance, règle de partage, etc…. La
périodededépôtestgénéralementcompriseentre6moiset3ans,voire
plus. Elle peut être renouvelée; la banque touche une commission de
gesOon, « les dividendes » sont donc calculés après déducOon de la
commission.
Différentscomptesd’invesHssement
OnpeutdisOnguerdeuxgrandescatégoriesdecomptes:lescomptes
standards(nonaffectés)etlescomptes«affectés».
- Les comptes standards s’appellent encore dépôts d’invesOssements
illimités (ou non restricOfs). Les fonds sont alors intégrés dans ceux
de la banque pour consOtuer un pool d’invesOssements. La
rémunéraOon a lieu en fin d’année. La banque intervient
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-
successivement comme moudhareb, puis comme rab-el-mal. Ces
comptes sont, en principe, moins risqués pour le client puisque
l’invesOssementportesurplusieursopéraOons;
Les comptes « affectés » s’appellent encore des dépôts
d’invesOssements limités (ou restricOfs). La banque dispose des
fonds selon les indicaOons du dépositaire. Les fonds déposés ne
peuvent alors être mélangés avec ceux de la banque. La
rémunéraOonalieuenfind’opéraOon.
ModalitésdefoncHonnementdescomptes
Alabasedecestypesdedépôt,ilyauncontratdetypemoudharaba.
EnpraOquec’estlabanquequifixedesvariablesessenOelles:
- Lecapitalminimum;
- Letempsminimum;
- Le%deréparOOon.
Le problème important pour la banque est celui de la maitrise des
risques, d’où les précauOons au départ: la nécessité d’effectuer une
étude sérieuse de faisabilité, le recours à la diversificaOon (secteurs et
zones) et la consOtuOon de réserves pour compenser les pertes
éventuelles.
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SECTION2:ANALYSECRITIQUEETLIMITESDELAFINANCEISLAMIQUE
1.
Cri7queopéra7onnelleetdeges7on
1.1.
Limites posées par l’applica*on de la réglementa*on
interna*onale
L’applicaOon de la réglementaOon internaOonale n’est pas sans poser
quelques problèmes: D’abord, elle favorise l’expansion des modes de
financement les moins risqués, ceux basés sur les opéraOons
commerciales achat/vente au détriment des opéraOons parOcipaOves.
Ensuite,ellemetsurunmêmeplan,quantàl’évaluaOondesrisques,les
dépôts à vue et les dépôts d’invesOssement. Or ces derniers partagent
les risques de la banque. Enfin, la parOcularité de la finance islamique
estdeseconformeràlaShari’a.
➢Letraitementdescomptesd’inves*ssements
La réglementaOon bancaire internaOonale met sur le même plan les
comptesdedépôtsetlescomptesd’invesOssements,orcesderniersne
peuventêtreconsidéréscommedesdépôts.Ilsnepeuventnonplusêtre
considérés comme des parOcipaOons au capital de la banque, les
déposantn’ayantpaslesdroitsakachésauxacOons.Ainsi,ilsnepeuvent
parOciper aux réunions des acOonnaires et être représentés au conseil
d’administraOon. D’où des interrogaOons à propos du « statut » de ces
fonds: faut-il les intégrer dans le capital de la banque ? Faut-il les
considérer comme des quasi-fonds propres ? Faut-il les considérer
commedesacOfshors-bilan?
Selon l’étude de Charpa et Khan (2000), « en prenant en compte la
naturespécialedesdépôtsd’invesOssementsetlesrisquesencouruspar
les acOfs des banques islamiques, l’applicaOon des normes
internaOonalesdesuffisanceducapitalestdevenuunetâchedifficile».
Ces auteurs font remarquer que la nature spécifique des dépôts
d’invesOssements a conduit certaines banques islamiques à les placer
hors-bilan,cequiestcontraireauxnormespréconiséesparl’AAOIFI.
Dans la gesOon des comptes d’invesOssements, les banques islamiques
assument un risque spécifique non couvert par les accords de Bâle: le
risquecommercialdéplacé.
Ce risque fait référence aux pertes que la banque islamique absorbe
pour s’assurer que les Otulaires des comptes d’invesOssement
parOcipaOfs sont rémunérés à un taux de rendement équivalent à un
taux compéOOf et ce, par pression commerciale. La banque islamique
peut décider de réduire sa marge afin d’assurer une rémunéraOon
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compéOOveàsesclients.Onassistealorsàuntransfertd’unepartdes
profitsdesacOonnairesverslesOtulairesdescomptesd’invesOssement.
Il y a donc un transfert de risque, théoriquement supporté par la
Otulaires des comptes d’invesOssement, vers les acOonnaires, d’où le
nomakribuéàcerisquespécifique:lerisquecommercialdéplacé.
1.2. Problèmeposéparlepartagedesprofitsetpertes(PPP)
Dans un souci commercial, les banques islamiques se réfèrent
généralement pour le calcul du taux de rendement des CIP à des
benchmarks basés sur des taux d’intérêt couramment uOlisés par
l’industriebancaireconvenOonnellecommeleLIBOR.
Toutefois,lecalculdelarentabilitédesCIPseferadifféremmentselonla
catégoriedecomptes:
➢Lesdépôtssontlimitésouaffectés
Lesprincipessuivantssontgénéralementappliqués:
- LesopéraOonsrelaOvesàchaqueopéraOon,ouprojet,sontretracées
dans un document prévu à cet effet, sorte de compte spécial
d’invesOssement;
- LarémunéraOonrevenantaudéposantestcalculéeàl’échéancede
l’opéraOon,ouenfindeprojet;
- Seules les charges directes affectables au projet sont prises en
compte dans le calcul de la rentabilité, les charges générales
d’exploita*on de la banque – difficilement répar*ssables entre les
projets – sont couvertes par la par*cipa*on de la banque aux
profits;
- La banque remet au déposant un document comptable explicaOf,
unenotedecrédit,quireprendlacomptabilitérelaOveàl’opéraOon.
Le profit qui en résulte, diminué de la rémunéraOon de la banque, est
ensuitepartagéentrelesdifférentsinvesOsseurs/déposants.Lesystème
d’informaOon relaOf à ces comptes est déconnecté de celui de la
comptabilité financière dans les banques ou les comptes
d’invesOssements limités sont présentés hors-bilan et traites
conformément à la convenOon comptable de prééminence du fond sur
laforme32,c’est-à-diredanslaplupartdesbanques.
➢Lesdépôtssontillimités
LesdéposantsparOcipentalorsaurésultatdelabanque.L’esOmaOondes
profits est, dans ce cas, effectuée par période, la liquidaOon a lieu
chaquefind’annéeàparOrdelacomptabilitéfinancière.Lesproblèmes
32
Voir Partie II
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quiseposentsontdedeuxordres:lerésultatàconsidérer,laréparOOon
durésultat.
La déterminaOon du résultat à prendre en considéraOon est parfois
délicate, ainsi en cas d’acOvités mulOples de la banque et lorsque la
banqueréalisedesopéraOonspoursonproprecompte.Unsystèmede
réparOOondeschargesindirectesdevraêtremisenplaceafindecerner
lerésultatengendréparchaquecatégoried’acOvités.
EncequiconcernelaréparOOondurésultat,labanquerecourtalorsàla
méthodeuOliséeparlesbanquesconvenOonnelles,lorsqu’ellescalculent
les intérêts débiteurs: la méthode des nombres, dite méthode des
numars 33danslesbanquesislamiques.Unebanquenepeutpasmekre
sur le même plan et rémunérer de la même manière des soldes de
montantsdifférentsplacéspendantdesduréesdifférentes.Laméthode
des nombres consiste à rendre les soldes homogènes, en ramenant
chaqueunitémonétaireàl’unitémonétaireparjour.Lenombreestégal
aumontantdusoldemulOpliéparlenombredejoursdurantlesquelsle
soldeaétéidenOque.Ainsiunmontantde1000,placédurant10jours,
estéquivalentàunmontantde10000placédurantunejournée.
Illustra7ondelaméthodedesNumars:Supposonsunebanqueadeux
déposantsdontlescomptessontlessuivantsdurantl’annéeN:
Désigna7o
ns
Déposant
1
33
Date
Dépôts
Retraits
Soldes
Nombres
Explica7on
01/02/20
14
10000
10000
300000
10000*30
jours
01/03/20
14
20000
30000
1800
000
30000*60
jours
01/05/20
14
30000
60000
5400
000
60000*90
jours
01/08/20
14
-
60000
-
-
01/10/20
14
30000
30000
600000
30000*30
jours
Recommandée par l AAOIFI, en l’absence de substitut.
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Total1
Déposant
2
65000*60
jours
50000
7500
000
50000*150
jours
100000
9000
000
100000*90
jours
- 100000
-
1500
000
35000
125000
60000
01/01/20
14
50000
01/06/20
14
50000
01/09/20
14
01/12/20
14
Total2
3900
000
01/11/20
14
150000
65000
12000
000
65000
50000
50000
100
000
50000
18000
000
50000*30
jours
Supposons que le résultat à reparOr est de 18 000 au cours de la
période,50%pourlabanqueet
50%pourlesdéposants.
▪ Ledéposant1recevra:
18000*50%*12000000/(12000000+18000000)=3600
▪ Ledéposant2recevra:
18000*50%*18000000/(12000000+18000000)=5400
La réparOOon du résultat devra ensuite tenir compte du montant de la
date des dépôts et des dates des retraits car les fonds peuvent être
déposéspourdesmontantsetdesduréesdifférentes.
Ceke technique est contraire au principe de partage de pertes et de
profits(PPP),Eneffet,ledéposantencaissesesprofitsàladateduretrait
enfoncOondumontantetdeladuréedudépôt(mêmeencasdeperte
réelle). Ceci implique que rendement des comptes d’invesOssement
parOcipaOfsnedépenddoncdelarentabilitéréelledel’acOfsous-jacent.
Toutefois, Abdoullâh Ibn 'Amr (que Dieu l'agréé) rapporte que le
Prophète(PBSL)adit:"Iln'estpaslicitedecombinerunempruntetune
vente,nidespécifierdeuxcondiOonsdansunevente,nide*rerprofit
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de ce dont il n’est pas encore garan*t 34, ni de vendre ce qui ne
t'apparOentpas."(TradiOonauthenOfiéeparA•rmidhietAlAlbâni).35
En conséquence, les banques islamiques doivent abandonner ceke
technique des Numars et avoir des techniques et systèmes de
gesOonalternaOfsquiserontconformesàlaShari’a.
2.
Transparencedesinforma7onsrapportées
Consciente de l’ampleur du risque de non-conformité à la Shari’a,
l’AAOIFIaadoptédesmesuresrelaOvesauxobligaOonsdetransparence,
danscesens,elleaémis9Normestraitantlagouvernance,l’auditetla
conformitéShari’a:
- GSIFI n°1 Les comités de supervision de la Shari’a: DésignaOon,
composiOonetrapport;
- GSIFIn°2L’auditShari’a;
- GSIFIn°3L’auditShari’aInterne;
- GSIFIn°4Lescomitésd’auditetdegouvernancepourlesinsOtuOons
financièresislamiques;
- ASIFIn°1LesobjecOfsetprincipesd’audit;
- ASIFIn°2Lerapportd’audit;
- ASIFIn°3lestermesd’engagementd’audit;
- ASIFIn°4lestravauxd’auditdeconformitéauxprincipesdelaShari’a
parunauditeurexterne;
- ASIFI n°5 la responsabilité de l’auditeur dans la détecOon de la
fraude.
Toutefois, il existe au moins deux types de contrôles Shari’aOques: un
contrôleinterneetuncontrôleexterne,parfoiscomplétéparuncontrôle
centralauniveauétaOque36 .Lecontrôleoul’auditinterneestdévoluà
ungroupedevérificaOoninterneàlabanqueislamique;sesmissionsse
limitentauxopéraOonsquoOdiennes.Sesmembressontdessalariésde
l’insOtuOon financière, qui répondront de leurs éventuelles fautes
professionnelles selon les règles du droit du travail. Le rôle de ce
contrôleur est limité aux opéraOons quoOdiennes; il n’a pas le rôle
d’iZaa 37, mais simplement de vérificaOon de la bonne applicaOon des
fatawasetdesstandardsdéclarés.
‫ﷲ ﺻﻠّﻰ ﱠ‬
‫ أﺧﺮج اﻟﺘﺮﻣﺬي ﻋﻦ اﺑﻦ ﻋﻤﺮ رﺿﻲ ﷲ ﻋﻨﮭﻤﺎ أَن رﺳﻮل ﱠ‬34
‫ﻒ‬
ٍ َ‫ﷲ ﻋﻠﯿﮫ وﺳﻠﱠﻢ " ﻧَﮭَﻰ ﻋ َْﻦ َﺳﻠ‬
" .‫ْﺢ َﻣﺎ ﻟَ ْﻢ ﯾُﻀْ َﻤ ْﻦ‬
َ ‫ْﺲ ِﻋ ْﻨ َﺪ‬
َ ‫ َوﺑَﯿ ِْﻊ َﻣﺎ ﻟَﯿ‬، ‫ َوﺷَﺮْ طَﯿ ِْﻦ ﻓِﻲ ﺑَﯿ ٍْﻊ‬، ‫َوﺑَﯿ ٍْﻊ‬
ِ ‫ َوﻋ َْﻦ ِرﺑ‬، ‫ك‬
35
Mohamed Salah Al Othaymeen, « ;« ‫ اﻟﻤﺠﻠﺪ اﻟﻌﺎﺷﺮ‬- ‫اﻟﺸﺮح اﻟﻤﻤﺘﻊ ﻋﻠﻰ زاد اﻟﻤﺴﺘﻘﻨﻊ‬
1999.
36 F. ACHI et É. FORGET, « La gouvernance des comités Shari’a ».
37 L’iftaa est l’art de déclarer une fatwa.
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Lecontrôleexterneest,quantàlui,lefaitdelaShari’aSupervisoryBord
et de l’auditeur financier externe qui ne sont pas des employés de la
banque.
L’audit interne vérifie que l’insOtuOon est conforme à la Shari’a et que
chaque incident de non-conformité a été enregistré, remonté aux
instancesconcernéesetrecOfié,tandisquel’auditexterneeffectueune
revue annuelle pour donner plus de crédibilité à l’insOtuOon et vérifier
que les disposiOfs internes de conformité et d’audit Shari’a ont été
correctementassurés.
Les textes normaOfs sont le principal élément et support de
transparence Shari’a, étant donné que leur structure et leur contenu
fournissentlescritèresd’auditetindiquentdonccommentl’auditdoitse
déroulerdanslecadred’undisposiOfspécifique.
Dèslors,leursexamensuscitedenotrepartlesremarquessuivantes:
❖ Le référentiel Shari’atique de l’AAOIFI comporte une faille majeure au
niveaudelapartieintroductionindiquantquelesnormesShari’atiquesne
peuventsesubstituerauxavisdesjurisconsultesdesSSB.Cettefailleestà
l'origine de divergences dans les avis, fatawas et interprétations.
Cependant l’un des obstacles majeurs au développement de la finance
islamiqueestladivergenced’opinionsentrelesdifférentsComitésdela
Shari’a.Lesopinionspeuventnonseulementêtredifférentesd’unpaysà
un autre mais peuvent aussi être distinctes d’un courant religieux à un
autre.
❖ Selon le § 18 de la ASIFI n°2, l’auditeur externe (financier) doit
clairement menOonner dans son rapport que les états financiers
donnent une image fidèle, et ont été établis conformément aux
disposi*ons de la Shari’a tel que déterminée par le Shari’a
SupervisoryBoard.OnremarqueicilerenvoiauxdisposiOonsdela
Shari’a tel que déterminée par le SSB; ce qui implique la référence
auxfatawasduSSBadoptésdanslapréparaOondesétatsfinanciers,
quivariaientfortementetpouvaientprovoquerdesconfusionsvisà-visdumarchéetdesuOlisateursdesétatsfinanciers.
❖ Le concept du SSB, tel que définit et appliqué par les banques
islamiquesfavoriselecumuldetachesincompaOblesauxniveauxde
la concepOon (l’i‘aa, concepOon des contrats…), l’autorisaOon
(autorisaOon des produits financiers et des transacOons) et le
contrôle (audit conformité Shari’a). Ceci risque d’engendrer des
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dysfoncOonnementsetd'irrégularitésaffectantaussibienlaqualité
desfatawasémisquel’efficacitédel’audit.
❖ Acesujet,Dr.AbdulBariMUSHALnousdécritlesconséquencesde
cekesituaOon:38
" On réaffirme, d’après notre parOcipaOons aux travaux des SSB;
qu’ils praOquent l’i‘âa et instaure les lois, et procèdent par euxmêmes ou par intérim, a l’audit Sharia. Sous prétexte de la non
séparaOon des foncOons le cumul des taches incompaObles, En
conséquence, ils se permekent souvent de changer les fatawas
qu’ils ont imposé préalablement pour que les résultats de
conformitéShari’anesoientpascontradictoires."
‑
❖ Enfinetdanslapratique,laplupartderapportsd’auditShari’anefont
aucuneréférenceàl’AAOIFI.Enrevanche,certainsrapportsrappellent
quel’applicationdesrèglesdelaShari’aestduressortdeladirection
de la banque, d’autres précisent que l’audit est effectué en accord
avec les règles et principes de la Shari’a, tels que déterminés par le
conseil de la Shari’a de la banque39. Il s’agit donc, dans ce cas, d’un
contrôle de conformité aux règles définies par la direction de la
banqueouleSSB.
SECTION 3: L’AUDIT CONFORMITE SHARI’A EXTERNE: BESOIN
SHARI’ATIQUEETNECESSITEECONOMIQUE
Etant donné la dimension religieuse du système bancaire et financier
islamique,lesopéraOonsdoiventêtreenconformitéauxexigencesdela
Shari’a, pour cela ils doivent être impéraOvement audités. Ce souci de
‫ " ﻧﺆﻛﺪ ﻣﻦ ﺧﻼل اﻟﻤﺸﺎرﻛﺔ ﻓﻲ اﻟﮭﯿﺌﺎت اﻟﺸﺮﻋﯿﺔ أﻧﮭﺎ ﺗﻔﺘﻲ وﺗﺼﺪر اﻟﺘﺸﺮﯾﻌﺎت ﺛﻢ ﺗﻘﻮم ﺑﻨﻔﺴﮭﺎ )أو‬o38
‫ ﺗﺤﺖ ﺿﻐﻂ ﻋﺪم اﻟﻔﺼﻞ ﺑﯿﻦ اﻟﺴﻠﻄﺎت‬،‫ﺑﺘﻮﻛﯿﻞ ﻏﯿﺮھﺎ( ﺑﺎﻟﺘﺪﻗﯿﻖ اﻟﻼﺣﻖ وإظﮭﺎر اﻟﻤﻼﺣﻈﺎت ﻋﻠﻰ اﻟﺘﻄﺒﯿﻖ‬
‫ ﺗﻨﺠﺮف ﻓﻲ ﺑﻌﺾ اﻷﺣﯿﺎن ﻟﺘﻐﯿﯿﺮ اﻟﻔﺘﻮى أو اﻟﻤﻌﯿﺎر اﻟﺬي أﺻﺪرﺗﮫ ﻣﻦ‬،‫واﻟﺠﻤﻊ ﺑﯿﻦ اﻟﻮظﺎﺋﻒ اﻟﻤﺘﻌﺎرﺿﺔ‬
‫ إن ﺧﺬا اﻟﻨﻮع ﻣﻦ اﻟﻤﻤﺎرﺳﺔ ﯾﺆدي إﻟﻰ ﻋﺪم‬.‫ﻗﺒﻞ ﺣﺘﻰ ﻻ ﺗﻜﻮن ﻧﺘﺎﺋﺞ اﻟﺘﻄﺒﯿﻖ ﻣﺨﺎﻟﻔﺔ ﻟﻠﻔﺘﻮى أو اﻟﻤﻌﯿﺎر‬
‫ ﻛﻤﺎ ﯾﺆدي إﻟﻰ ﺗﮭﻤﯿﺶ آﻟﯿﺎت اﻟﻤﺴﺎﺋﻠﺔ ﺧﺎﺻﺔ إذا ﻛﺎﻧﺖ اﻟﮭﯿﺌﺔ اﻟﺸﺮﻋﯿﺔ اﻟﺨﺎﺻﺔ ﺗﺠﺪ رأﯾﺎ‬،‫اﺳﺘﻘﺮار اﻟﻤﻌﯿﺎر‬
‫ﺗﻘﻮﯾﻢ إﺳﮭﺎﻣﺎت اﻟﻤﺼﺎرف اﻟﻤﺮﻛﺰﯾﺔ ﻓﻲ اﻟﻤﻮاءﻣﺔ‬/ " .‫ﻓﻘﮭﯿﺎ ﯾﻤﻜﻦ أن ﺗﻤﺮر ﻋﻠﻰ ﻛﻞ ﻣﺨﺎﻟﻔﺔ أو اﻧﻔﻼت‬
‫ اﻟﻤﺆﺗﻤﺮ اﻟﻌﺎﻟﻤﻲ اﻟﺜﺎﻣﻦ ﻟﻌﻠﻤﺎء‬،‫ ﻋﺒﺪ اﻟﺒﺎري ﻣﺸﻌﻞ‬،‫اﻟﺸﺮﻋﯿﺔ واﻟﺮﻗﺎﺑﺔ واﻟﺘﻨﻈﯿﻢ ﻟﻠﺼﻨﺎﻋﺔ اﻟﻤﺎﻟﯿﺔ اﻹﺳﻼﻣﯿﺔ‬
39
.2013‫ أﻛﺘﻮﺑﺮ‬،‫ ﻣﺎﻟﯿﺰﯾﺎ‬،‫اﻟﺸﺮﯾﻌﺔ‬
Geneviève Causse Broquet: « La Finance Islamique », 2009.
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conformitéauxprincipesdelaShari’aadonnénaissanceàunmodede
foncOonnement alternaOf et à des règles de gesOon plus rigoureuses
mais aussi à de nouveaux risques spécifiques à l’industrie financière
islamique. En effet, la non-conformité à la Shari’a demeure l’un des
risques opéraOonnels majeurs auquel sont exposées les insOtuOons
financières islamiques et qui peut avoir un impact négaOf sur leur part
demarché,leurrentabilitéetleurliquidité,voirmêmeleursurvie.
L’auditShari’aestl’examendelaconformitédel’ensembledesacOvités
d’uneinsOtuOonfinancièreislamiqueàlaShari’a.Cetexamenportesur
lescontrats,lesaccords,lespoliOques,lesproduits,lestransacOons,les
statuts,lesétatsfinanciers,lesrapports,etc.
L’objecOf de cet audit est de s’assurer que les acOvités des insOtuOons
financièresislamiquesnesontpasencontradicOonaveclesprincipeset
règlesduFiqhAl-Muamalat.
Toutefois, l’audit Shari’a externe renforce des différents niveaux de
contrôle:
➢Auniveaudesdisposi*fsnorma*fs
L’auditvapermekredereleverlesécartsparrapportauxprincipesdela
Shari’a.
➢Auniveaududisposi*fdeRiskManagement
Sil’unitédeRiskManagementdéfinitlespoliOquesdegesOondurisque
de non-conformité à la Shari’a, l’audit va permekre d’apprécier
l’efficacitéetlaperOnencedesdisposiOfsmisenplace.
➢Auniveauducontrôlepermanent
L’auditvapermekred’évaluerl’efficacitédescontrôlesopérésparl’audit
Shari’a interne et émekre les recommandaOons adéquates pour
renforcercedisposiOf.
Par ailleurs, l’audit Shari’a externe va permekre d’apprécier le système
de gouvernance Shari’a en enOer en jouissant de l’indépendance et de
l’objecOviténécessairespourémekreunavisneutre.
Deplus,L’auditShari’aassisteetaccompagneledisposiOfdegesOondes
risquestoutaulongduprocessusetce,àtraverscequisuit:
➢Lorsdelaphased’iden*fica*ondesrisques
Lecomitédesrisquesdéfinitlesdifférentstypesderisquesetlesseuils
d’exposiOon tolérables. Ces instrucOons sont prises en considéraOon
dans le cadre de l’élaboraOon des poliOques de la banque islamique et
lorsdelaconcepOondesproduitsetdesprocéduresinternes.
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L’audit Shari’a intervient dans chacune des étapes précitées en
présentant les conséquences et les risques de non-conformité à la
Shari’a encourus de chaque configuraOon et de chaque choix
opéraOonnel.Eneffet,ils’agitdes’assurerquelesorientaOonsdéfinies
parlecomitédesrisquessontmisesenœuvreetce,enconformitéavec
lesprincipesdelaShari’a.
➢Lorsdelaphasedemesuredesrisques
L’audit Shari’a contribue à évaluer l’impact des risques auxquels
l’insOtuOonfinancièreestexposée.Eneffet,ils’agitdedisOnguerentre
lesrisquesayantunimpactimportantetceuxayantunimpactmoyenou
faible.L’auditShari’adoitévaluerlesrisquesliésàchaquedisposiOfetà
chaque procédure. Par exemple, un contrat de Mourabaha qui sOpule
quelabanquevendàsonclientunbienavantqu’ellenelepossèdeest
nul et les revenus générés d’une telle transacOon ne vont pas être
intégrés dans le résultat de la banque. A cet effet, l’audit Shari’a peut
évaluerl’impactdechaquedécisionsurlerésultatetlaréputaOondela
banqueislamiqueafindelacorriger.
➢Lors de la phase de défini*on d’une stratégie de ges*on des
risques
Les missions d’audit Shari’a permekant d’idenOfier les anomalies et les
écartsprésentantunrisqueimportantàlabanqueislamique.Al’issuede
ces missions, l’auditeur émet des recommandaOons et des
préconisaOonsafindecorrigerlesanomaliesetdecouvrirlesrisquesy
afférent. Ces recommandaOons doivent être perOnentes, réalisables et
contribueràlaréducOondesrisques.
➢Le rôle de l’audit Shari’a dans la réduc*on des risques
d’inves*ssement
Les banques islamiques mobilisent les fonds en leur possession et les
allouent à des invesOssements en conformité avec les principes de la
Shari’a.Eneffet,ils’agitdefinancerdesacOvitéslicitesetrentablesen
uOlisant des formules légales Si l’invesOssement est entaché d’une
irrégularité par rapport à la Shari’a, le revenu généré est exclu de celui
de la banque islamique, ce qui porte akeinte à sa performance
financière.
Enoutre,l’auditShari’apermetauxbanquesislamiquesdeseprémunir
contrelesrisquesd’invesOssementetce,ens’assurantde:
➢Laconformitédesrevenus
Pour s’assurer de la légalité des revenus, l’auditeur Shari’a doit vérifier,
parexemple,que:
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-
40
Les projets illicites sont rejetés et que dans le cas d’invesOssement
illicites,lesrevenusgénéréssontapurés;
LesélémentsessenOelsdescontratssontsaOsfaits.Parexemple,en
casd’uncontratdevente,labanquedoitposséderlebienavantde
levendre;
LesgaranOesontétéconsOtuéesenconformitéaveclesprincipesde
la Shari’a. Par exemple, une assurance souscrite dans le cadre d’un
financementdoitêtreconformeàlaShari’a;
LesclientsnefontpasappelàdespraOquesillicitespourseprocurer
de la liquidité auprès de l’insOtuOon. Par exemple, la banque à
travers la formule Mourabaha l’acquisiOon, par une entreprise
individuelle, d’un bien donné qui apparOent à l’associé unique. En
fait, ceke transacOon est assimilée à Bai’ Al- Inah40 puisqu’il s’agit
d’acheteretvendreunbiendeetàlamêmepersonne
Cession Bail
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DEUXIEME PARTIE:
SPÉCIFICITÉS RÉGLEMENTAIRES ET DÉMARCHE
D’AUDIT
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INTRODUCTION DE LA DEUXIEME PARTIE
Après avoir présenter au niveau de la première parOe le contexte et
l’environnement dans lequel les banques islamiques opèrent, quant au
systèmedegouvernance,auxrèglesdegesOon,ladeuxièmeparOedece
mémoireseraconsacréeauxrecommandaOonsenréponsesdeslimites
idenOfiés et a l’adaptaOon de la méthodologie d’audit à travers la
déterminaOon, dans le cadre d’un programme de travail détaillé, les
diligences à mekre en œuvre par l’auditeur et ce, dans le cadre d’une
missiond’auditShari’aOque.
Nous proposons dans le cadre de ceke parOe de présenter, dans un
premier temps, les diverses soluOons que nous jugeons adaptées aux
difficultés liées au foncOonnement de ces banques. Dans un deuxième
temps, le deuxième chapitre traitera le posiOonnement envisageable
d’une mission d’audit Shari’aOque dans les deux référenOels d’audit
(AAOIFI et IFAC), nous étudierons ensuite les diligences spécifiques
relaOves à la compréhension de la banque islamique et de son
environnement.NousprésentonsenfinuneconcepOond’unedémarche
d’audit.
CHAPITRE1:IMPLICATIONSREGLEMENTAIRES:GOUVERNANCE,CADRE
CONCEPTUELETTRAITEMENTSCOMPTABLES
SECTION1:REGLESDEPRISEENCOMPTEETDECOMPTABILISATION
Un système comptable est inhérent à tout système économique et
social,voirespirituel.Ilconvientdoncd'adapterlesystèmegénéralement
admis, celui du système européen continental, aux spécificités de la
finance islamique. Pour ce qui est des hypothèses de base et des
principes, on constate donc une similitude certaine avec le
système comptable internaOonal. En revanche, les documents à
élaborerOennentcomptedesspécificitésdesbanquesislamiques.
➢Leshypothèsesdebase
Leshypothèsesservantàl'élaborationdelaréglementationsontles
suivantes:l'unicitédel'entité,lacontinuitéd'exploitationetlastabilitédu
pouvoird'achatetdel'unitémonétaire:
- L'unicité de l'entité (The Accounting Unit Concept) consiste à
considérer l'entité comme une entité indépendante, son patrimoine
estséparédeceluidespropriétaires.
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- Lacontinuitéd'exploitationpeutêtreconsidéréecommeuncorollaire
de la précédente: la durée de vie de l'entité est déconnectée de
celledespropriétaires.Ellen'estpasdéfinie,ilfautdoncdécouperle
tempsenpériodes(ouexercices)afindedonnerrégulièrementdes
informations aux intéressés et de procéder à des rémunérations
périodiques. En l'absence d'informaOons contraires fiables, on
suppose donc que l'activité continue sur les mêmes bases, ce qui a
des conséquences sur la comptabilité, notamment la praOque des
amorOssements.
- La stabilité du pouvoir d'achat et de l'unité monétaire. C'est
considérer que le pouvoir d'achat et la valeur de la monnaie sont
stables.C'estégalementnepastenircompted'uneaugmentationde
la valeur qui serait due à l'écoulement du temps, donc
respecterl'interdicOondugharar.
Ces hypothèses sont celles généralement admises dans le système
international, sauf la dernière, les IFRS prévoient une comptabilité
d'inflaOondanscertainessituaOons.
➢Lesprincipesretenus
Ilssontconformesàceuxcommunémentadmis:
- Lapertinence,quiexigequel'informationaitunevaleurprédictive,soit
vérifiableetdisponible;
- La régularité, qui suppose la représentativité de la réalité,
l'objectivité,laneutralité;
- Lacomparabilitédansletempsetdansl'espace;
- La compréhensibilité, qui sous-entend l'utilisation de classifications
pertinentes pour les utilisateurs, des intitulés significatifs, une
juxtaposiOon des données connexes qui nécessitent des
comparaisons.
Si ces principes sont conformes aux principes généralement admis, on
note toutefois une différence avec les normes IFRS. L'AAOIFI n'admet
pasleprincipedelasuprématiedelasubstancesurlaformequel'onpeut
traduireparsuprématiedel'économiesurledroit.Enconséquence,dansla
comptabilitéislamiqueonnetientpascomptedelavaleurréelledesbiens
(actifs ou créances), sauf pour des actifs financiers côtés, mais de la
valeurdanslecontrat,demêmenesontconsidéréscommeactifsquece
dont on est propriétaire. Le concept de prééminence du fond sur la
formeseradéveloppédavantageauniveaudelasecOonsuivante.
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➢Lesétatsfinanciers 41
Lesdocumentscomptablesetfinanciersdesynthèseàproduireparles
banquessontdetroiscatégories:
1) LesétatsrelaOfsàl'acOvitébancaire:
- lebilan;
- lecomptederésultat;
- letableaudesfluxdetrésorerie;
- la variation des capitaux propres et la répartition des
profits.
2) Les états financiers reflétant les variaOons des co m pte s
d'invesOssementslimitésetéquivalents;
3) LesétatsrelaOfsàlamissionsocialedelabanque(comptedela
zakatetdufonds(qardhassan42 )).
➢Lareconnaissancedesfaitscomptables
Rappelons qu'en comptabilité un événement comptable peut être
reconnu, c'est-à-dire pris en considération en comptabilité, soit au
momentoùildonne lieu à une entrée ou une sortie d'argent, soit
aumomentdela«réalité»del'événementquiestlacausedufluxde
trésorerie.Danslepremiercas,onparledecomptabilitédecaisse,dans
ledeuxièmecasdecomptabilitéd'engagement.Laplupartdesystèmes
comptablesretiennentlacomptabilitéd'engagement.Ilenestainsidans
le système comptable préconisé par l'AAOIFI dont les règles sont les
suivantes:
▪
▪
41
42
En ce qui concerne les produits, le principe de base est qu'un
produit est reconnu lorsqu'il est réalisé. La réalisation suppose la
réuniondescondiOonssuivantes:
- leprocessusd'obtentiondudroitaurevenudoitêtrecomplet,
par exemple, pour une vente la livraison a été faite, pour une
locationletempsestécoulé;
- ilyaobligationderemettreàlabanqueunmontantdéterminé
oufacilementdéterminable;
- le montant doit être recouvrable avec un degré raisonnable
decerOtude.
Pour les charges, le principe est également la réalisation ou le
rattachement aux produits réalisés, ou le rattachement à la
Voir Annexe II
Prêt sans contre partie
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période (amorOssements, par exemple). Il s'agit donc d'une
comptabilité d'engagement qui confirme l'application du principe
de la primauté du droit sur le fait, teinté toutefois d'une dose de
réalismeéconomique.
Quantautraitementdelazakat,l'AAOIFIaélaboréunstandardspécifique
relatifàladéterminationdelabaseimposabledelazakat,soncalculetàsa
comptabilisation,ilestpréciséque:
- lesactifsdoiventêtreévaluésàleurjustevaleuraumomentducalcul;
- la banque doit publier l’information sur la base du calcul et sur le
montantdurespectivementparchaquedétenteurd’unepartdecapital
etparlesdétenteursdescomptesd’investissementsparticipatifs.
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SECTION2:ANALYSEAPPROFONDIEDELACONVENTIONDELA
PREEMINENCEDUFONDSURLAFORME
L’AAOIFIn’admetpasleprincipedelaprééminencedufondsurlaforme,
contrairementaucadreconceptuelIFRS.Toutefois,lesnormesIAS/IFRS
émises par l’IASB sont applicables aux opéraOons bancaires islamiques
souscondiOondurespectdelaprééminencedufondsurlaforme(oude
laréalitééconomiquesurl’apparencejuridique)43.
Pour leur comptabilité, les banques islamiques peuvent appliquer soit
les IAS/ IFRS, soit des normes spécifiques plus soucieuses de la forme
juridiquedescontrats,cellesédictéesparl’AAOIFI.Cesdernièresnormes
sontdénomméesFAS(FinancialAccounHngStandards) 44.
Les banques islamiques qui privilégient l’approche juridique (AAOIFI)
cherchent à accroitre la légiOmité morale et envoient, à travers leurs
méthodes comptables, des messages de conformité des éléments
financiersàlaShari’a,carlaconformitéàlaShari’adépendfortementde
l’exacOtude de la comptabilité (exemple la comptabilisaOon erronée de
l’amorOssementaffecteleprincipedePPP).
Les banques islamiques qui privilégient l’approche économique (IAS/
IFRS)cherchentàaccroitrelacomparabilitéinternaOonaledeleursétats
financiers. Elles esOment que la présence d’un SSB est suffisante pour
garanOr la légiOmité morale des services offerts, ce qui leur suffit à
jusOfierleurpoliOquecomptable.
Concrètement, trois produits financiers (l’Ijara Muntahia Bekamlik,
Mourabaha, comptes d’invesOssements parOcipaOfs CIP) peuvent être
interprétés différemment selon que la banque islamique se conforme
auxformesjuridiquesouqu’elleoptealasubstanceéconomique.
Ainsi, les traitements de ces produits seront analysés selon les deux
poliOques, juridique et économique, en étudiant les états financiers de
deuxbanquesislamiquesdelarégiondugolfe:BahreïnIslamicBankBIB
(approche juridique) et Abu Dhabi Islamic Bank ADIB (approche
économique).
Price Waterhouse Coopers: « Growing pains: Managing Islamic banking risks
», 2008.
44 Aldo Levy et Hichem Rezgui: Politique des banques islamiques et principe
comptable de la prééminence du fond sur la forme; N°452 Mars 2012 // Revue
Française de Comptabilité.
43
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La différence entre l’apparence juridique et la réalité économique est
parOculièrementpercepObleetvisibledanslecadredel’IjaraMuntahia
Bekamlik(locaOon-financement),laMourabaha(créditclassique),etles
CIP (comptes d’invesOssements parOcipaOf ou dépôts classiques
condiOonnés).Onexpliqueci-dessouslescasdelijarah,delaMourabaha
etdeCIP:
➢IjaraMuntahiaBefamlik
Selonleprincipedelaprééminencedufondsurlaforme,unacOfloué
encrédit-bailn’apparOentpasjuridiquementaupreneur,maiselleena
l’usufruit et le contrôle. Il serait donc, selon le principe de “substance
over form“, de capitaliser le bien chez le locataire comme s’il en était
propriétaire.
Réalitééconomique
Ensubstance,lesdeuxcontrats,locaOon-financementetIjaraMuntahia
Be`amlik,sontunmêmemodèleéconomiquequiimpliqueuntransfert
de propriété soit au début, soit à la fin du contrat. En vertu de
l’applicaOonduprincipedelaprééminencedufondsurlaforme,l’Ijara
Muntahia Be`amlik est ici interprétée comme une forme de vente
puisqueilyauntransfertaupreneurdelaquasi-totalitédesrisqueset
avantagesinhérentsàlapropriétédel’acOfobjetdelalocaOonavecou
sanstransfertdepropriétéenfindecontrat.
Formejuridique
Dans un contrat de locaOon simple (Ijara), la banque acquiert un bien
pourunuOlisateurquileluiloueàtempéramentetleconservedansson
bilan et, pour ceke facilité de trésorerie, la banque perçoit un produit
financier. Dans un contrat de locaOon financement (Ijara Muntahia
Be`amlik), le client pourra ou non lever l’opOon d’achat en fin de
contrat. Ces deux contrats sont traités par IAS 17 et IFAS 08. Pour que
l’opéraOon soit conforme aux préceptes financiers de la Shari’a, il faut
uneséparaOondelanue-propriétéetdel’usufruit,cequiempêchetout
transfertdepropriétéavantlepaiementtotaldeséchéances.Labanque
(bailleur) doit donc capitaliser ce bien et supporter la totalité des
charges relaOves à sa détenOon (amorOssement, entreOen, coût de
réparaOon,... ) et ce, contrairement à la norme IAS 17. Bahreïn Islamic
Bank, qui applique la norme FAS 08 de l’AAOIFI mainOent les acOfs de
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l’Ijara Muntahia Be`amlik dans son patrimoine, les évalue au coût
historiqueetensupportelescharges.
➢Mourabaha
Réalitééconomique
Silaformejuridiquedel’opéraOonestbienunetransacOoncommerciale
(vente + marge), la substance économique rappelle une opéraOon de
financement par crédit bancaire classique (prêt + intérêt) car la
structuraOondelamargebénéficiaireestcalculéeparrapportauxtaux
d’intérêtpraOquésparlesbanquesconvenOonnelles.CeciestjusOfiépar
le risque commercial de fuite des clients trouvant des rémunéraOons
plus akracOves dans la finance classique. Ainsi, les taux de marge de
Mourabahatendentsouventversceuxdescréditsclassiques.
Formejuridique
LaformejuridiquedecekeopéraOonestsemblableàuneopéraOonde
venteàcréditavecuntransfertdepropriétéimmédiat.Enapparence,la
Mourabaha est une opéraOon commerciale. La marge prédéterminée
doit être jusOfiée par le caractère commercial et non financier de
l’opéraOon.C’estpourcekeraisonquelabanquedoitacquérirl’acOfet
ledéteniravantdelevendre.Lesbanquesislamiquesconsidèrentquela
margebénéficiairen’estpasassimilableàunintérêtmaisàunbénéfice
commercialenrémunéraOondesrisquesdedétenOondetoutacOf.
➢Comptesd’inves*ssementsPar*cipa*fs(CIP)
Réalitééconomique
TroistraitementscomptablessontpossiblesquandlesCIPsont
appréhendésselonleursubstanceéconomique:
▪ Ilssontconsidéréscommedesdekesetcomptabilisésentantque
telles. En effet, les CIP revêtent les caractérisOques de dekes car
leur resOtuOon est, en réalité, garanOe, contrairement à ce que
suggèrelaformejuridiqueducontrat.Lerisquecommercialdéplacé
(pression des régulateurs, de la concurrence ou des deux
ensembles) pousse les insOtuOons bancaires islamiques à assurer
implicitementlecapital.
▪ Les CIP ont des caractérisOques de fonds propres car ils absorbent
une parOe des risques et des pertes opéraOonnelles. Certaines
banquespeuventlescatégorisercommedes“OtresparOcipaOfs“car
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▪
lesCIPseraient,ensubstance,despartsdecapitalquinedonnent
pasundroitdevote.
LesCIPsonttraitésenhorsbilan:LasubstanceéconomiquedesCIP
estsemblableàlafiducie.Sonrégimeestletransfertd’unacOfàun
ou plusieurs fiduciaires qui le mainOennent séparé de leur
patrimoine en l’exploitant au profit d’un bénéficiaire. La banque
peutalorsseprévaloirdegérerlesinvesOssementspourlecompte
debénéficiaires(déposants)etdegardercesacOfsendehorsdeson
patrimoine.
Formejuridique
Les banques islamiques ont recours aux dépôts comme ressource
financière importante. Ces deniers sont de plusieurs types, ils peuvent
êtrecourantsoubaséssurleprincipefinancierislamiquedePPPcomme
lesCIPetlescomptesd’épargne.
Enapparence,cesCIPressemblentplusàunpartenariatqu’àdesdekes
bancaireclassiques.
La banque ne peut inscrire les CIP dans un compte de deke car la
resOtuOondudépôtn’estpasgaranOe.Demême,cesdépôtsnepeuvent
êtreinscritsdansuncomptedefondspropres,carsileprincipaln’apas
subi d’altéraOons consécuOves à une perte, il doit être remboursé à la
maturité du contrat. Aussi, les déposants ne peuvent prétendre au
même statut que les acOonnaires car ils n’ont pas le droit de vote. La
Bahrein Islamic Bank, conformément à la norme FAS n°1, comptabilise
lesCIPdansunerubriquehybrideentredekesetcapitauxpropres45.
SECTION3:IMPLICATIONSETRECOMMANDATIONS
GOUVERNEMENTALESETORGANISATIONNELLES
1.
Voletgouvernance
1.1.
Proposi*onsrela*vesauxcontrôlesetauditsexternes,et
auréféren*elAAOIFI
Comparéeauxdécisionsdivergentesethétérogènes(avis,fatawa…),des
SSB d’une banque islamique à une autre, le référenOel AAOIFI semble
Voir Etats Financiers Consolidés pour l’exercice 2013 du Bahrein Islamic
Bank, (BIB), www. bib. com.
45
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être le plus adéquat et couvrant exhausOvement tous les aspects
Shari’aOques,vuquel'AAOIFIaadoptéunprojetindépendantdetextes
etnormesquiadéjàfaitl’objetdetravauxderechercheetdevalidaOon
et qui permet d'homogénéiser les praOques, rédiger les contrats,
préparer les états financiers et aux auditeurs de valider les opéraOons
parrapportàceréférenOeldonné,etfinalementpouréviterlesconflits
éventuels.Ainsi,nousrecommandonscequisuit:
➢ Révision du référen7el: Il doit être inséré l’obligaOon pour les
insOtuOons dont les états financiers ont été préparé selon les
normes l’AAOIFI de procéder à une déclaraOon explicite et sans
réservedecekeconformitédanslesnotesetce,àl’instardesIFRS.
La banque ne doit décrire des états financiers comme étant
conformes aux AAOIFI que s'ils sont conformes à toutes les
disposiOons des AAOIFI. L’applicaOon est une quesOon importante
car la mulOplicaOon des variantes de référenOels et des méthodes
poseradesproblèmesdecomparabilité.Notonsquel’AAOIFIdanssa
consOtuOon actuelle est un organisme de normalisaOon
relaOvementjeune.Iln’apasencoreétéconfronté,dansladurée,à
touteslesdifficultésdemiseenœuvredenormesfondéessurdes
principes,surtoutcellesdelaShari’a.Celles-cicomportent,eneffet,
unepartimportanted’interprétaOonetdejugementcequiimplique
desprocessusd’adaptaOonetd’amélioraOondansladurée.
➢ Renforcementdurôledel’IFA:Nousavonssoulignéquedufaitque
chaquebanqueislamiqueaitsonpropreSSBengendreunmanque
d’uniformité dans les fatawas et les décisions prises en ce qui
concerne la structuraOon de la même transacOon ou du même
produitfinancierd’unebanqueàl’autre.Pourmekreuntermeàces
praOques, nous recommandons que l’Islamic Fiqh Academy (IFA)
(qui regroupe les spécialistes du fiqh les plus respectés, (et où
toutes les écoles du fiqh Hanbalite, Chafiite, Hanafite, Malikite
mêmeJafaritesontreprésentées),soitlaréférenceencequiatrait
à la Shari’a. Le fait d’avoir une insOtuOon commune qui centralise
toutes les décisions de jurisprudence islamique devrait être de
natureàfaciliteretàaccélérerletravaildel’AAOIFIetfaireensorte
quelesnormesqu’ilétablitsoientacceptéesetadoptéespartoutes
les banques. Une telle proposiOon aurait pour conséquence
l’éliminaOon des mulOples SSB, tout en jouant le rôle d’un SSB
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uniquepourtouteslesbanquesislamiques.AuniveaunaOonal,un
seulSSBpeutêtrecrééauniveaudelaBCT.
➢ Créa7on des départements d’audit Shari’a au sein des cabinets
d’exper7se comptable: Sous la direcOon des Experts Comptables,
auditeurs des banques islamiques, ces départements, ou les
membres des SSB actuels des banques islamiques pourraient être
employés,sous-traitants…,assureraientlerôled’auditeursexternes
de la Shari’a, conjointement avec les auditeurs financiers via une
équipe mixte. Une telle mesure aurait comme effet de séparer le
rôle d’interprétaOon dévolu à l’IFA du rôle de surveillance dévolu
auxcabinetsd’audit.
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IslamicFiqh
Academy
Sharia
Compliance
Banque
Islamique
Fatawas/
Interprétations
Normescomptables,
d’auditetdelaSharia
Cabinets
d’Auditet
d’Expertise
Comptable
AAOIFI
Schémas1:Processusd’homogénéisa*ondespra*quesbancairesislamiques
1.2.
Proposi*onsrela*vesaura*odeliquidité
Les banques islamiques, malgré leur acceptaOon par les législaOons
bancaires,ellesn’ontpasaccèsaumarchémonétaire.Cependant,elles
setrouventdanslanécessitédeseconformerauxnormesprudenOelles
édictéesparlesbanquescentrales,àsavoirleraOodesolvabilité46.
En conséquence, la gesOon de liquidités s’avère très difficile tant en ce
qui concerne le placement de trésorerie excédentaire qu’en ce qui
concerneleréapprovisionnementencasderupturedeliquidités.Dufait
de la prohibiOon de la praOque de l’intérêt, les banques islamiques ne
disposentpasdemoyenspermekantdefairefrucOfierleursfonds.Ilen
résulteunmanqueàgagnerparrapportauxbanquesconvenOonnelles.
En cas de rupture liquidités, elles ne peuvent se réapprovisionner
d’urgence, soit auprès de la banque centrale soit auprès d’autres
En Tunisie, les banques sont tenues de déclarer mensuellement un ratio de
liquidité (Actif réalisables / Passifs exigibles) à la BCT, qui doit être au moins
égal à 100% et être respecté en permanence. De même, et suivant l’article 39 de
la circulaire n°2006 -19 sur le contrôle interne, les établissements de crédits
doivent mettre en place un dispositif de contrôle du risque de liquidité pour
s’assurer qu’ils sont en mesure de faire face, à tout moment, à leurs exigibilités
et d’honorer leurs engagements de financement envers la clientèle.
46
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établissements financiers (marché interbancaire). La situaOon est
d’autantpluspénalisantequelesmarchésmonétairesetinterbancaires
islamiquessontpeudéveloppés.
Quelques techniques ont été essayées pour leur permettre de recevoir
l’assistance financière requise dans de telles conditions, mais le problème
demeure,àcejour,nonrésolu.L’unedecestechniquesconsisteàfixerune
rémunération en rapport avec les taux de participation aux bénéfices sur
comptesd’investissement,desortequelabanquecréditriceparticipeaux
bénéfices de la banque débitrice. La difficulté provient du fait que les
résultatsdesopérationsd’investissementnesontpasconnusaumoment
delatransaction,quiestpardéfinitiondecourtterme.Deplus,iln’estpas
très logique qu’une banque accepte de prêter des liquidités sur la base
d’une participation aux bénéfices à une banque qui connaît de sérieuses
difficultésdetrésoreriedenatureàréduiresesperspectivesdebénéfice.
Une soluOon aujourd’hui largement recommandée serait que les
banques islamiques forment un pool financier dont les ressources
seraient employées en acOfs réels, exploités sur une longue durée en
contreparOe de taux fermes. Les droits de propriété sur les fonds du
pool, émis sous forme de cerOficats d’invesOssements, seraient
négociablessurlemarchéparlesbanques.
Proposi*onsrela*vesauxréservesobligatoires
Chaque banque islamique doit déposer des réserves47 (une parOe des
dépôts) auprès des banques centrales, ces réserves sont une garanOe
En Tunisie: Conformément à l’Art 2 (nouveau) de la circulaire aux banques n
°03/2011du 01/04/2011, relative à la réserve obligatoire, le montant de la
réserve obligatoire est déterminé par l’application des taux suivants à l’assiette
des dépôts ci-après:
5% de l’encours des dépôts à vue, des autres sommes dues à la
clientèle, des Certificats de dépôts dont la durée initiale est inférieure à
3 mois et de l’insuffisance constatée pour le respect du ratio de liquidité
ou titre du mois considéré ;
- 1% de l’encours des certificats de dépôts, des comptes à terme, des bons
de caisse et des autres produits financiers dont la durée initiale est
supérieure ou égale à 3 mois et inférieure à 24 mois ;
1% de l’encours des comptes spéciaux d’épargne ; et 0% de l’encours
de tout autre dépôt quelle qu’en soit la forme dont la durée initiale ou
contractuelle est supérieure ou égale à 24 mois.
47
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minime en cas de défaillance de la banque islamique mais souvent, la
banque centrale ne prend pas en considéraOon la nature des capitaux
gérésparlesbanquesislamiquesquisontengrandeparOedesOnésaux
invesOssements dans le cadre des opéraOons de Mourabaha et des
Moucharaka, le niveau de réserve obligatoire appliqué par la banque
centrale gèle une grande parOe des comptes d’invesOssement,
notamment,danslespaysoùleniveaudelaréserveobligatoireesttrès
élevé.
Les mesures proposés dans ce cas-là, sont simples à appliquer et ne
nécessitentpasdegrandesréformesmaisjustequelquesajustements:
- Appliquer la réserve obligatoire sur les comptes courants des
banques islamiques et non pas sur ses comptes d’invesOssements
qui sont le noyau de l’acOvité de ces banques. La banque centrale
peut même élever le niveau des réserves requises sur les comptes
courants par rapport à ce qui est appliqué sur les autres banques
convenOonnelles.
- Labanquecentraleappliquelaréserveobligatoiresurlesdeuxtypes
decomptesdelabanqueislamique,encasd’insuffisanceoubesoin
d’invesOssements, la banque centrale s’engage à refinancer la
banque islamique en donnant la possibilité de réinvesOr la réserve
obligatoiredescomptesd’invesOssementsd’unemanièrecompaOble
aveclesprincipesdelaShari’a.
1.3.
Proposi*ons rela*ves à la limite de par*cipa*on dans le
capitaldesentrepriseshorsdusecteurfinancier
Quelques législations interdisent aux banques de détenir des
participationsdansdesentreprisesexerçanthorsdudomainefinancier48.
Eneffet,laprincipaleactivitédesbanquesislamiquesestfocaliséesurle
financement de l’économie réelle et la participation dans des projets à
travers des opérations de Moudharaba et moucharaka basées sur le
principedepartagesdespertesetdesprofits.
Dans un contexte dominé par l’omniprésence des banques
convenOonnelles et l’absence d’un marché interbancaire islamique, les
Conformément à la réglementation prudentielle en Tunisie (loi 2001-65), les
banques ne peuvent pas détenir directement ou indirectement plus de 30% du
capital d’une même entreprise opérant dans un secteur non financier.
48
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projets et parOcipaOons ciblés par les banques islamiques sont
quasimentendehorsdusecteurfinancierconvenOonnel(nonconformes
auxpréceptesdelaShari’a).Ainsi,cegenrederestricOonsconsOtueune
vraie contrainte pour les banques islamiques, limitant leurs champs
d’intervenOondanslefinancementdel’économietoutenétantenligne
aveclesprincipesfondamentauxdelaShari’a.NotonsquelesopéraOons
de Moucharaka et Moudharaba consOtuent les principaux produits
offerts par les banques islamiques, en se basant sur le principe de
partage des pertes et des profits. En effet, la Moucharaka consOtue le
modedefinancementleplusadaptéaubesoindescyclesdecréaOonet
de développement des entreprises aussi bien pour ce qui est de la
consOtuOon et/ou augmentaOon du capital que l’acquisiOon et/ou la
rénovaOondeséquipements.Aussi,laMoucharakaest-elletrèssollicitée
parlespromoteurspourlacréaOondepeOtesetmoyennesentreprises
sousformedesociétésdediversesformes.
Pour les opérateurs économiques (partenaires), le principe de partage
durisquefaitdelaMoucharakaunesourcedefinancementakrayante.
LarémunéraOondelabanque,loindeconsOtuerunechargefinancière
fixe, est une contribuOon variable directement liée au résultat
d’exploitaOon. En akendant, le développement d’un marché
interbancaire islamique et l’accroissement d’insOtuOons financière
islamiques (Takaful, Ijara, Islamic funds,…), les banques centrales
devraient revoir ceke restricOon pour les banques islamiques pour les
libérer en les permekant d’accroitre le financement de l’économie à
traversdesopéraOonsMoucharakaetMourabahaendehorsdusimple
secteurfinancier.
1.4.
Proposi*ons rela*ves aux comptes d’inves*ssements
par*cipa*fs
➢ Repor7ng
LesOtulairesdecomptesd’invesOssementdevraitavoiruneinformaOon
clairequantà:
- L’affectaOon des acOfs et les changements y afférents mekant en
relieflesrisquesassociésàchaqueclassed’acOfs;
- L’étendue et la nature de la gesOon commune des comptes
d’invesOssementetleursallocaOonsauxdifférentsinvesOssements;
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-
L’affectaOon des résultats aux réserves visant la garanOe d’un
minimumdeprofit;
Laméthodedecalculdespartsdeprofitspourlesdifférentstypesde
déposants.
Généralement, les législations des sociétés commerciales prévoient que
les banques constituées sous forme de sociétés anonymes, rendent
compte de leur gestion au conseil d’administration. Pour ce qui est des
contrats participatifs, il n’existe aucun texte légal qui prévoit que les
banquesislamiquesdoiventrendrecompteauxdéposantsparticipatifsde
lagestionqu’ellesonteffectuéedeleursfonds.
AinsinousrecommandonsdenormaliserladivulgaOonlesinformaOons
relaOvesauxcomptesd’invesOssementsauxdéposantsparOcipaOfs.
➢ Disposi7fdeges7ondurisquecommercialdéplacé
LabanqueislamiquepeutêtreamenéeàfairevarierleraOodepartage
duprofitréduisantainsisarémunéraOonentantqueMourdhareb.Elle
pourrait réduire ou même abandonner sa commission de Mourdhareb
au-dessousdelapartcontractéeetakribuetemporairementdefaibles
bénéfices ou des pertes aux acOonnaires et ce, au profit des Otulaires
descomptesd’invesOssementparOcipaOfs.
Pour akénuer l'impact d’un faible rendement sur les dépôts
d’invesOssement et éviter un retrait massif des fonds, la banque peut
prélever des réserves à parOr des profits akribuables aux Otulaires des
comptes d’invesOssement et aux acOonnaires. Elle peut inclure une
clausedanslestermesducontratdonnantledroitàlabanqueislamique
deretenirunecertaineproporOonduprofitakribuableauxOtulairesdes
comptesd’invesOssement.
IlexistedeuxpraOquesefficacesderétenOonderéservespourakénuer
le risque commercial déplacé: Profit EqualisaHon Reserve (PER) et
Investment Risk Reserve (IRR). Ces deux réserves sont recommandées
parl’AAOIFI49 .
LaPERestretenueàparOrdurésultatbrutdelabanqueislamiqueavant
l’allocaOondesprofitsentrelesacOonnairesetlesOtulairesdescomptes
49
FAS n°11, § 16 et 17.
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d’invesOssement. Elle réduit ainsi les fonds réellement akribuables aux
Otulairesdescomptesd’invesOssementetauxacOonnaires.
EnpériodesoùletauxderendementdesinvesOssementsestsupérieurà
celui des invesOssements comparables sur le marché, la banque
islamique peut maintenir une rémunéraOon comparable à la
rémunéraOondumarchétoutenprélevantuneparOedesrevenuspour
alimenterlaPER.LemontantdelaréserveapparOentauxacOonnaireset
aux Otulaires des comptes d’invesOssement parOcipaOfs (suivant le
mêmeraOodepartageduprofitconvenudanslecontratMoudharaba)
etserviraàlisseruntauxderendementfaiblemaisposiHf.
L’IRR est retenue à parOr du revenu de Moudharaba qui représente la
part du profit akribué aux Otulaires des comptes d’invesOssement. Elle
estprélevéeaprèslecalculdelarémunéraOondelabanqueentantque
Mourdhareb. A la différence de la PER, le montant retenu d’IRR
apparOent enOèrement aux Otulaires des comptes d’invesOssement
parOcipaOfsetserviraàabsorberlespertessurleurcapitalinvesO.Elle
estdoncuOliséedanslescénarioextrêmeoùletauxderendementsur
lescomptesd’invesOssementparOcipaOfsestnégaHf.
2.
VoletOrganisa7on
2.1.
Evolu*ondel’organigramme
Dufaitdel’accroissementdelatailledesbanquesmaisaussidufaitde
l’évoluOon de l’acOvité financière islamique, la structure
organisaOonnelledoitévoluer.Desdépartementsoudivisionsprennent
del’importance,quandd’autresdisparaissentouontrelaOvementmoins
d’acOvités.
AceOtre,parmilesenOtésquiprennentdel’importance,noustrouvons:
- LedépartementauditinterneShari’a;
- LedépartementaffairesinternaOonales(raisondeglobalisaOon).
PourcequiconcerneleShari’aboard,c’estlanonuOlitédeson
intervenOonetafind’éviterladoublegouvernanceetlecumuldes
foncOonsquisetraduitparsadispariOondel’organigramme.
2.2.
Prépara*ondesmanuels
L’importancedesmanuelsdeprocéduresetd’auditinterneausenslarge
n’estplusàdémontrer.Eneffet,deparleursnatures,cesdernierssont
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appelés à définir et suivre des opéraOons dont le cycle, doit être
scrupuleusementrespecté.
Toutefois, les banques malaysiennes sont dans l’obligaOon d’avoir un
manuel de procédures Shari’aOque. Conformément au § 20 du
« Guidelines on the governance of Shari’a for the Islamic Financial
InsOtuOons », toute banque islamique doit avoir un manuel de
conformité Shari’a. Le manuel doit préciser la manière dont une
demande d'avis Shari’aOque est faite et la manière/arguments de la
conformitéavecunedécisiondelaShari’a50.
De manière générale, un manuel de procédures Shari’aOque aura pour
but de s’assurer de la bonne applicaOon du référenOel (objet de l’audit
de conformité externe), et permekant ainsi de se subsOtuer au comité
Shari’a,notamment:
- définir les étapes à suivre dans l’exécuOon des acOvités principales
dudisposiOfShari’aOque;
- définirlesakribuOonsdévoluesauxdifférentsagentsàchaqueétape
d’exécuOondesopéraOonsfinancières;
- mekre à la disposiOon des intervenants des ouOls nécessaires à
l’exécuOondesopéraOons;
- idenOfierlestypesdecontrôlefondamentauxàeffectueràprioriou
posteriorinotammentlecontrôlejournalier,hebdomadaire,mensuel
ouannuel;
- indiquer, pour les procédures administraOves, les responsabilités
dans l’engagement de l’insOtuOon, le schéma de traitement et de
contrôledesdossiers.
L'applicaOon des instrucOons des manuels et le respect, pour chaque
opérateur,desaresponsabilitédecontrôleetd'exécuOondestâchesqui
luisontdévolues,serontainsiplusaisésaussibienpourlesorganismes
decontrôleexterne.
2.3.
Forma*ondupersonnel
En raison du rôle unique qu'ils sont invités à accomplir, les auditeurs
externes,lescommissairesauxcomptes,doiventêtrebienformésdans
la loi islamique (Fiqh Al Mûamalat et les praOques comptables et
Guidelines on the governance of Shari’a for the Islamic Financial Institutions;
Central Bank of Malaysia; December 2004.
50
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commerciales). Dans la praOque, il s'avère que très peu de
professionnels sont bien calés dans les deux disciplines. C’est une
difficultéquis’ajoutecarlesétudesseronttrèslongueset,làencore,les
besoinsn’ontpasétéanOcipés.
AumêmeOtrequedanslesprogrammesdeformaOonsprofessionnelles,
une formaOon complémentaire à la deuxième compétence s’impose.
Toutefois,l’équiped’auditexternepeutaussiregrouperdessavantsdela
Shari’aàl’appuietdesexpertsfinanciers.
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CHAPITRE 2: DEMARCHE D’AUDIT DE CONFORMITE SHARI’A (SHARI’A
COMPLIANCE)
SECTION1:FONDEMENTSD’AUDITDECONFORMITESHARI’A
1.
Naturedelamissionauvudel’IFACetdel’AAOFI
1.1.
Posi*onnementdelamissionparrapportàl’IFAC
La mission d’audit Shari’aOque s’inscrit dans le cadre d’une mission
d’audit de procédures convenues 51. En effet, Conformément au § 2 de
l’ISRS 44OO, est applicable à des missions relaOves aux informaOons
non-financières à condiOon que l’auditeur ait une connaissance
adéquatedusujetconsidéréetqu’ilexistedescritèresraisonnablessur
lesquels baser ses conclusions. Les indicaOons contenues dans les
normes internaOonales d’audit (normes ISA) peuvent également être
uOlespourl’auditeurlorsdel’applicaOondelaprésentenorme52.
L’objecOfd’unemissiondeprocéduresconvenuesest,pourl’auditeur,de
mekre en œuvre des procédures de nature d’audit, définies d’un
communaccordentrel’auditeur,l’enOtéettoutautreparOeintéressée,
etdecommuniquerlesconstataOonsdefait53.
1.2.
Posi*onnementdelamissionparrapportàl’AAOIFI
ConformémentàlanormeASIFIn°4,lamissiond’auditShari’aOquefait
parOeintégrantedelamissionprincipalederévisiondescomptesdela
banque islamique. A ce Otre, l’auditeur financier externe est invesO
d'une mission générale qui comporte une mission d'audit financier et
une mission de vérificaOons parOculières, conduisant à obtenir une
assurance quant à la fiabilité des comptes, au foncOonnement régulier
des procédures comptables et de contrôle interne, et la régularité des
opéraOonsettransacOonsparrapportauréférenOelShari’aOque.
Enconséquence,l’auditeurexterneestappeléàconcevoiretàmekreen
œuvredescontrôlesspécifiquespourchaquecatégoried'opéraOonsafin
d’évaluer la conformité des transacOons au référenOel Shari’aOque de
l’AAOIFI.
51
Norme internationale de services connexes (ISRS) 4400.
ISRS 4400 § 3.
53 ISRS 4400 § 4.
52
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2.
Principesd’auditdeconformitéShari’a
2.1.Défini*on,objec*fetétendudelamission
➢ Défini7onetobjec7f
Conformément à la norme GSIFI n°2 « Shari’a Review », l’audit de
conformité Shari’a consiste à évaluer de façon indépendante si une
banque islamique est, dans toutes ses activités, conforme à la Shari’a
Islamique. En effet, l'objectif de la mission d’audit de conformité Shari’a
est de s'assurer que les activités menées par une banque islamique ne
contreviennentpasrèglesetprincipesdelaShari’a.
➢ Etendudelamission
Lamissiondel'expert-comptables'étendauxfaitsdenatureàconfirmer
lasituaOonShari’aOquepréoccupantedelabanque.Elleportesurtous
les éléments d'ordre économique, financier ou social nécessaires à la
compréhensiondel’aspectShari’aOqueetàl'appréciaOondelaposiOon
de la banque vis-à-vis des règles islamiques. En effet, et examen
comprend, selon la norme GSIFI n°2, les contrats de financements, les
accords, les poliOques, les produits, les statuts, les états financiers, les
rapports,lescirculaires,etc…
L’auditeurdoitdoncdéterminerlescritèresd’auditsurlabasedestextes
législaOfs et réglementaires applicables et du cadre de référence (le
référenOel AAOIFI dans le cas d’espèce). Pour être appropriés, les
critères d’un audit de conformité doivent être perOnents, fiables,
exhausOfs,objecOfs,compréhensibles,acceptablesetdisponibles.
En outre, selon le § 11 de la même norme, les procédures d’audit et
d'examen doivent porter sur toutes les acOvités, les produits et les
emplacements de la banque (toutes les direcOons et les agences).
Conséquemment,larevuedoitêtreexhausOve.
2.2.Responsabilitédel’auditeurparrapportàlaShari’a
Bienquel’auditeurestresponsabledeformeretd'exprimeruneopinionsur
ledegrédeconformitédelabanqueàlaShari’a,laresponsabilitépourle
respectdesesrèglesincombeàladirectiondelabanque.
Toutefois, selon la norme GSIFI n°2 « Shari’a Review », le SSB de la
banquedoitfournirdesconseilsetdesformaOonsportantsurlerespect
delaShari’aetcepourpermekreàs'acquikerdecekeresponsabilitéde
manièreefficace.
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L'examendelaShari’ad'unebanqueislamiquen'exonèrepasladirecOon
de leurs responsabilités de procéder à toutes les opéraOons
conformémentàlaShari’a.IlestdelaresponsabilitédeladirecOondela
banque de fournir aux auditeurs toutes les informaOons relaOves à la
conformitédel'insOtuOonauxrèglesdelaShari’a.
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SECTION2:DEMARCHED’AUDITDECONFORMITESHARI’A
1.
Planifica7ondestravauxàeffectuer
ConformémentàlanormeGSIFIn°2,laplanificaOonconsisteàélaborer
unestratégieuneapprochedétailléeconcernantlanature,lecalendrier
et l'étendue de l'audit dans le but de le réaliser efficacement et en
tempsvoulu.
CekeplanificaOonestformaliséenotammentdansunplandemissionet
unprogrammedetravail.Elleconsisteàprévoir:
- L'approchegénéraledestravaux;
- Les procédures d'audit à mekre en œuvre par les membres de
l'équiped'audit;
- La nature et l'étendue de la supervision des membres de l'équipe
d'auditetlarevuedeleurstravaux;
- La nature et l'étendue des ressources nécessaires pour réaliser la
mission,ycomprislerecourséventuelàdesjurisconsultesenShari’a;
LaplanificaOonestengagée:
- Après la mise en œuvre des vérificaOons liées à l'acceptaOon et au
mainOen de la mission, en ParOculier de celles liées aux règles
déontologiques;
- Avantlamiseenœuvredesprocéduresd'audit.
A ce stade, l’auditeur peut s'entretenir des quesOons relaOves à la
planificaOon avec les personnes appropriées au sein de la banque
(DirecOonGénérale,SSB...).
2.
Prisedeconnaissanceetévalua7ondel’aspectShari’a7que
Pendant ceke phase on effectue une évaluaOon de l’apOtude de la
structuredecontrôleShari’ainternedelasociétéàgérerlesrisquesde
non-conformité.
EnmaOèredeprisedeconnaissancedelabanque,lanormeISA310«
prise de connaissance des acOvités de l'entreprise » précise: «avant
d'accepter la mission, l'auditeur rassemble des informaOons
préliminaires sur le secteur d'acOvité, la propriété, la direcOon des
opéraOonsdel'enOtésoumiseàl'audit,etdétermines'illuiestpossible
d'acquérir un niveau de connaissance suffisant des acOvités de l'enOté
pourréaliserl'audit».
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Laprisedeconnaissancedelabanqueaurapourbutdecomprendrele
contextedanslequelelleévolueetdelasituerdanssonenvironnement
économique,socialeetjuridique.
Ellepermetàl'auditeurd'assimilerlesprincipalescaractérisOquesdela
banque,sonorganisaOon,sesresponsables,etsurtoutsesspécificitésde
foncOonnement.
Demême,selonI‟ISA315:«L’auditeurdoitacquérirlaconnaissancedu
secteur d’acOvité concerné, de l’environnement réglementaire et des
autres facteurs externes, y compris le référenOel comptable applicable.
Ces facteurs incluent les éléments sectoriels, tels que le marché et la
concurrence, les relaOons avec les fournisseurs et les clients et les
développements technologiques, l’environnement réglementaire, parmi
d’autres sujets, englobe le référenOel comptable applicable,
l’environnement légal et poliOque et les exigences environnementales
ayantuneincidencesurlesecteurd’acOvitéetl’enOté,ainsiqued’autres
facteursexternestelsquedescondiOonséconomiquesgénérales.Ainsi,
l’auditeurnedoitpasperdredevue,duranttoutelamission,lecontexte
danslequelévoluel’entreprisecliente».
L’auditeur,aprèsavoirmisenœuvrelesacOonsnécessairespourla
bonneconduitedelamission,doitévaluerobjecOvementl’intégritéde
ladirecOondelabanqueetd’unefaçongénéralel’intégritéde
l’ensembledesorganesdegouvernance.
Outrelesdiligencesstandardsdesprocessusd’acceptaOonet
d’évaluaOondurisquedelamission,ildoit:
- Examiner l’architecture du disposiOf de gouvernance de la banque:
lesorganesdedirecOon,lesmembresduconseild’administraOonet
duSSB,desstructuresd’auditShari’ainterneetdeconformité;
- Evaluer l’expérience professionnelle des différentes parOes citées
précédemment (notamment le SSB), leurs qualificaOons, et leurs
réputaOons;
- S’assurer de l’inexistence de conflits entre les divers organes de
gouvernanceinternesàlabanqueetserenseignersurlescausesdes
conflitséventuelsetlesparOesconcernées;
- S’assurerdurespectdesrèglesd’éthiquedelafinanceislamiquepar
lesdifférentsmembresdesorganesdegouvernancedelabanque;
- Examiner les avis, fatawas, les prises de posiOon, les modèles des
contratsdefinancementémanantduSSB;
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-
DécrirelesréférenOelsappliquésparlabanquepourlapréparaOon
des états financiers et des autres formes de reporOng financiers et
nonfinanciers,notammentShari’aOque;
Examinerlesrapportsd’auditduSSB;
Evaluer la nécessité de s’assister par des spécialistes en Fiqh AlMûamalat;
Evaluer les possibilités d’existence de risque de fraude ou de nonconformitéauxloisetauxrèglesetprincipesdelaShari’a.
3.
Exécu7ondelarevue
Lanormed’auditASIFIn°4amisl’accentsurlerôleetlaresponsabilité
del’auditeurexternequantàlavérificaOonparl’auditeurquelabanque
islamiquearespectélesrèglesetlesprincipesdelaShari’asurlabase
desfatawasetdesdirecOvesrecommandéesparleSSB.
Acestade,l’auditeurdoitexécuterleprogrammedetravaildéjàplanifié.
Concrètement,l’auditeurdoitprocéderà:
❖ La collecte d’éléments probants servant de base a exécuter les
travauxdevérificationdurespectdelabanqueislamiquedesrègles
etprincipesdelaShari’a.Notamment(demanièreindicative):
✓ L’obtenOon de l’état des dossiers de financements conclus, en
cours, approuvés et non encore engagés, ou en cours
d’approbaOon;
✓ L’obtenOon d’un état détaillé des règles, principes et fatawas
appliquésparlabanque;
✓ L’obtenOon de détail des produits nouveaux ou des
modificaOonsfaitesparrapportàl’exerciceprécédent;
✓ IdenOficaOon de toutes les nouvelles fatawas, règles et
direcOvesdelaShari’a;
✓ ObtenOon des rapports de l’SSB, des audits internes et
externes,lesétatsfinanciers…
❖ La mise en oeuvre des tests de conformité (compliance test):
L’objecOfétantdefaireunétatdeslieuxdestransacOonsbancaires
islamiques et produits de financement par rapports aux normes,
standards et réglementaOons de l’AAOIFI. Toutefois, il s’agit de
s’assurer du respect donc des disposiOons normaOves propres aux
acOvités bancaires et financières islamique, mais aussi des normes
déontologiques.Parexemple:
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✓
✓
✓
✓
✓
✓
VérifierquelesdiverstypesdescontratsuOliséscorrespondent
àdesmodèlesstandardspréétablisetapprouvésparleSSB;
Vérifier que les missions de revue Shari’aOque ont été bien
documentées et conduites sur la base des programmes de
travaildétaillés;
Revoir toutes les défaillances décelées par l’auditeur Shari’a
interne,
Vérifier que les cas de non-conformité aux fatwas, règles et
principes de la Shari’a ont été analysés et discutés, et des
acOonscorrectricesontétéprisesparladirecOon;
Vérifier que les transacOons réalisées par la banque sont
conformes aux règles et principes de la Shari’a tel que
déterminéesparl’AAOIFI;
Vérifier l’existence d’acOvités de contrôle automaOsées pour
l’idenOficaOon des revenus prohibés ou de sources illicites et
vérifier via des tests de foncOonnement que ces acOvités
foncOonnentefficacement.
4.
Documenta7ondesconclusionsetrapport
➢ Documenta7ondestravaux
L’auditeurconsOtueundossiercontenantladocumentaOondel’auditde
conformité Shari’a. Il doit consigner dans son dossier les éléments qui
permekentàtouteautrepersonneayantuneexpériencedelapraOque
de l’audit et n’ayant pas parOcipé à la mission d’être en mesure de
comprendre:
- la planificaOon de l’audit dont les principaux éléments sont
formalisésdansleplandemissionetleprogrammedetravail;
- la nature, le calendrier et l’étendue des procédures d’audit
effectuées;
- les caractérisOques qui permekent d’idenOfier les éléments qu’il a
testésafindepréciserl’étenduedesprocéduresmisesenœuvre;
- lesrésultatsdecesprocéduresetlesélémentscollectés;
LesélémentsdedocumentaOonconsignésdansledossiermenOonnent
l’idenOtédumembredel’équiped’auditquiaeffectuélestravauxetleur
datederéalisaOon.
➢ Rapportd’audit
L’auditeurd’unebanqueislamiquedoitadresseràl’assembléegénérale
des acOonnaires son rapport d’audit. Selon la norme GSIFI n°1, la
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spécificité du rapport d’audit de conformité Shari’a consiste dans les
élémentssuivants54 :
❖ LamenOonexpresseauniveauduparagraphederesponsabilitéde
la direcOon que la conduite des opéraOons de la banque
conformément aux principes et règles de la Shari’a sont la
responsabilitédeladirecOondelabanqueislamique;
❖ LamenOonexpresseauniveauduparagraphedétendueque:
✓ l’auditeuraeffectuédestests,desprocéduresetdestravauxde
révisionappropriés;
✓ les états financiers ont été audite pour s’assurer de la
perOnencedel'allocaOondesbénéficesentrelesacOonnaireset
les Otulaires de comptes d'invesOssement sur la base de la
Shari’a;
✓ les revenus prohibes ont été mis à la disposiOon des œuvres
caritaOves;
✓ le calcul de la zakat est conforme aux règles et principes de la
Shari’a;
❖ LamenOonauniveauduparagraphed’opinion:
✓ que les contrats et la documentaOon connexe sont en
conformitéaveclesrèglesdelaShari’a;
✓ lescasdenon-conformitéauxrèglesetprincipesdelaShari’a.
54
Voir Annexe I
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TROISIEME PARTIE:
GUIDE OPERATIONNEL& MANUEL D’AUDIT DE
CONFORMITÉ SHARI’A (SHARI’A COMPLIANCE)
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INTRODUCITON DE LA TROISIEME PARTIE
Après avoir rapprocher le concept d’audit de conformité Shari’a aux
référenOels internaOonal (ISA) et islamique (AAOIFI), et déterminer ses
fondements,ilconvientdeprésenterunguidepraOqued’auditdécrivant
lesétapesdestravauxquiserontexécutéspourchaqueproduitfinancier
islamique (découpage par produit). En effet, ce découpage est en
cohérenceaveclesstructuresfoncOonnellesdesbanquesislamiqueset
entenantcomptedeleursstructuresdereporOng.
CemanuelaurapourobjecOfdeservirdeprogrammedetravaillorsdes
auditsdeconformitéShari’aconduitspardesexpertscomptables.Ainsi,
ilrecenselesquesOonsclésquel’auditeurvaseposerlorsdelaconduite
delamission.
Ceguideseraaxésurtroismodules:
▪ LaprésentaOondescondiOonsdevaliditéShari’aOqueduproduit;
▪ L’exposiOon des schémas comptables adaptés à ces condiOons de
validité;
▪ LaconcepOondestestsd’audit.
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CHAPITRE1:LESOPERATIONSCOMMERCIALES
SECTION1:CONTRATDEFINANCEMENTMOURABAHA
1.1Condi7onsdevalidité
•
-
Lamanifestationdevolontéetlapromesseunilatéraled’achat
peuvent être faites par un seul et même acte signé par le
client. Cet acte peut être rédigé par le client ou prendre la
forme d’un formulaire de demande standard adopté par la
banqueetsurlequelleclientapposesasignature.
•
-
-
-
-
-
Lamanifestationdelavolontéduclientd’acquérirunbien
parlavoiede
l’institution
Attitudedelabanqueàl’égarddelademandeduclientde
réaliserlaMourabaha
Tout engagement contractuel antérieur entre le clientdonneur d’ordre d’achat et le vendeur originaire doit être
révoqué de leur consentement mutuel. Cette révocation doit
êtreexpressémentconstatée.Leclientnepeutpastransférer
àlabanquelecontratqu’ilaconcluaveclevendeur.
Il incombe à la banque de s’assurer que le vendeur de l’actif
est une tierce personne et non le client lui-même ou son
mandataire.
Le client-donneur d’ordre d’achat lui-même ou son
mandataire ne peut pas, être le propriétaire originaire de
l’actif,nilevendeurdel’actif,détenuparleclient.Siunetelle
vente se réalise et que l’on découvre la réalité par la suite,
l’opérationestnulle.
Il est interdit de conclure un contrat de Mourabaha à terme
(moyennant le paiement fractionné ou différé du prix de
vente) ayant pour objet la vente de l’or, de l’argent ou de
devises.
Il est interdit de conclure un nouveau contrat de Mourabaha
surlemêmebien.
Lapromesseunilatéraled’achatduclient
•
L’acte constatant la promesse unilatérale d’achat du client ne
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-
doit pas comprendre une promesse synallagmatique des deux
parties(labanqueetleclient).
La banque et le client-donneur d’ordre d’achat peuvent
modifier les clauses de la promesse jusqu’à la conclusion du
contrat de Mourabaha, telles que celles relatives au terme de
la promesse, au bénéfice, etc. Elle ne peut être modifiée que
parconsentementmutueldesdeuxparties.
•
-
-
La banque ne peut pas percevoir du client une commission
d’engagement.
La banque ne peut pas percevoir une commission au titre de
facilitésdecaisse.
Les frais d’actes conclus entre la banque et le client sont
supportés à parts égales par eux, sauf convention contraire
despartiesmettantcesfraisàlachargedel’uned’entreelles,
àlaconditionquecesfraissoientéquitables,c’est-à-direqu’ils
constituent la juste rémunération du travail fourni afin qu’ils
necomportentpasimplicitementdecommissiond’engagement
oudecommissionautitredefacilitésdecaisse.
La banque peut percevoir une commission au titre de la
réalisation d’une étude de faisabilité à la demande du client et
dans son intérêt, et à la condition qu’elle soit stipulée dans le
contrat.
•
-
-
Commissionsetfrais
Garantiesliéesàlamiseenœuvredel’opération
Silebienapériousubidesdommageslorsdesontransportou
de son stockage, la perte n’est pas imputée au client-donneur
d’ordred’achat.Cetteperte n’est pas couverte par la garantie
de bonne exécution des obligations du vendeur originaire qui
ne comprend pas les risques de transport qui doivent être
supportésparlepropriétairedubien(labanque).
La banque peut, en cas de promesse unilatérale d’achat,
percevoirduclientunesommed’argentappeléehâmichjiddiya
pours’assurerdelacapacitéfinancièreduclientetgarantirles
dommages qui pourraient résulter de l’inexécution par le
client de sa promesse ayant force obligatoire. De cette façon,
la banque n’a pas besoin de demander le paiement d’une
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-
-
-
-
indemnitécorrespondantaupréjudicesubi,ellelaretranchedu
montantduhâmichjiddiya.
Le hâmich jiddiya ne constitue pas un arboun. Cette somme
versée pour garantir le sérieux du client peut constituer une
fiducie sûreté (amanah lil hifd) dont la banque ne peut pas
disposer, ou une fiducie gestion (amanah de gestion) que le
client autorise la banque d’investir sur la base d’un contrat
moudharaba.
Labanquenepeutpassesaisirdumontantdehâmichjiddiya
en cas d’inexécution par le client de sa promesse ayant force
obligatoire. Son droit se limite à retrancher le montant du
préjudice réel subi résultant de cette inexécution. Ce montant
est égal à la différence entre le coût de revient de la
marchandise et son prix de revente à un tiers. L’indemnité ne
doitpascomprendrelapertedechange.
Si le client accomplit sa promesse et conclut le contrat de
Mourabaha pour le donneur d’ordre d’achat, la banque doit
restituerhâmichjiddiyaauclient.Ellenepeutl’utiliserqu’encas
d’inexécutiondelapromesse.Labanquepeut,aumomentdela
conclusion du contrat de Mourabaha pour le donneur d’ordre
d’achat, convenir avec le client de déduire cette somme du prix
delamarchandise.
La banque peut recevoir l’arboun après la conclusion de la
vente Mourabaha pour le donneur d’ordre d’achat avec le
client. Ce versement n’est pas permis dans la phase de la
promessed’achat.
•
-
-
Acquisition de la marchandise par la banque avant sa
venteparlaMourabahapourledonneurd’ordred’achat
Il est interdit à la banque de vendre le bien avant son
acquisition.LecontratdeMourabahaavecleclientnepeutpas
être signé avant la conclusion, avec le vendeur originaire, de
l’achatdubien,objetdelaMourabahaetsadélivranceréelle
oufictiveparlaremisedubienoudesdocumentspermettant
la délivrance. La vente Mourabaha est nulle si la première
vente est nulle et ne réalise pas de transfert de propriété de
lachosevendueàl’institution.
Lesdocumentsetcontratsétablisaumomentdelaconclusion
du contrat d’achat du bien doivent être au nom de
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l’institution. Ils ne doivent pas être établis au nom du client,
mêmesicedernierestsonmandataire.
•
-
-
Il faut s’assurer de la remise réelle ou de plein droit du bien à
la banque avant sa revente au client au moyen d’une
Mourabahapourledonneurd’ordred’achat.
La banque réceptionne elle-même le bien dans les entrepôts
du vendeur ou du lieu désigné dans la clause réglant les
conditions de livraison. Ainsi, la garantie du bien vendu est
transférée à la banque au moment du transfert de la
propriétédubien.
L’assurance du bien, objet du contrat de Mourabaha relève de
la responsabilité de la banque dans la phase de l’acquisition.
Elle accomplit cette procédure à ses frais en raison de sa
qualité de propriétaire de la marchandise et supporte, à ce
titre, les risques qui en résultent. En conséquence,
l’indemnité d’assurance est due exclusivement à la banque si
lerisqueseréaliseavantletransfertdelapropriétéauclient.
La banque peut ensuite ajouter les frais aux coûts de revient
du bien acheté et par conséquent au prix de vente de la
Mourabaha.
•
-
-
-
Délivrance du bien avant sa vente au moyen d’une
Mourabahapourledonneurd’ordred’achat
LaconclusionducontratdeMourabaha
Labanquenepeutajouteraucoûtderevientdelachosequeles
dépenses financières directes payées à autrui. Elle ne peut
pas, par exemple, ajouter au coût de revient la rémunération
desesemployésoucequis’yapparenterait.
Si la banque obtient du vendeur un rabais sur la marchandise,
mêmeaccordéaprèslaconclusionducontrat,elledoitenfaire
bénéficier le client en réduisant le prix global du montant de
cerabais.
Le prix de la chose objet de la vente Mourabaha pour le
donneur d’ordre d’achat et la marge bénéficiaire doivent être
déterminés.
La détermination du prix ou de la marge bénéficiaire ne doit
e n a u c u n e f a ç o n d é p e n d r e d ’ i n d i c e s i n c o n n u s o u
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-
déterminables dans le futur tels que la conclusion d’une
vente dont la marge bénéficiaire serait indexée sur le taux
LIBORquiseraconnudanslefutur.Iln’yapasd’inconvénientà
désigner un indice parmi les indices connus, dans la phase de
la promesse, pour s’y référer dans la détermination du taux
de bénéfice à condition que la détermination de la marge
bénéficiaire dans le contrat de Mourabaha pour le donneur
d’ordred’achatsoitsurlabased’unpourcentagedéterminédu
coûtderevientetquelamargenedépendepasduLIBORnidu
facteurtemps.
La banque ne peut pas percevoir de rémunération à raison de
la prolongation du terme ou d’un retard, que ce dernier soit
ounonjustifié.
La banque doit stipuler qu’en cas de refus du client de
réceptionner le bien aumomentprévuaprèslaconclusiondu
contrat de Mourabaha, elle peut vendre le bien par
représentation du client et pour son compte et recouvrer ses
droitsduprixdeventeetseretournercontreleclient,lecas
échéant,encasd’insuffisanceduprix.
•
-
-
GarantiesdelaMourabahaettraitementdesesdettes.
LecontratdeMourabahanepeutpascomporteruneclausede
réserve de propriété subordonnant le transfert de la
propriété de l’actif au paiement intégral du prix. Cependant,
l’enregistrement de l’actif au nom du client acheteur peut
êtredifférédanslebutdegarantirlepaiementduprix.
Toute rémunération accordée pour différer la date du
paiement de la dette (rééchelonnement de la dette), que le
clientsoitsolvableounon,estinterdite.
En cas de défaut de paiement du client débiteur des sommes
échues, le montant dû à la banque correspond seulement au
montant de la dette. La banque ne peut pas contraindre le
clientàpayerunerémunérationàsonprofit.
2. Schémaélémentairedesopéra7onscomptables
LecontratdefinancementMourabahaesttraitéparlanormeFASn°2.
Lorsdelasignatureducontratetleversementduhâmichjiddiyaparle
donneurd’ordre:
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Comptedetrésorerieoucomptecourantduclient
DépôtdegaranOe
Si le contrat ne sOpule pas le versement d’un hâmich jiddiya, aucune
écrituren’estconstatée.
Après la signature du premier contrat de vente (entre la banque et le
propriétaire originaire), l’entrée du bien est constatée à son coût
d’acquisi7on. A l’inventaire, le bien figure au bilan de la banque si le
deuxième contrat de vente n’a pas encore été signé à la clôture des
comptes:
BiendeMourabaha
Trésorerieoucomptecourantduclient
Dans le cas où la banque est en mesure d’obtenir effecOvement une
réducOonaumomentoùelleconclutàsontouruncontratMourabaha
avecsonclient,etquecekeristourneestreçuesubséquemment,celle-ci
doitêtrediminuéeducoûtdubientoutenconsidérantsoneffetsurles
produitsdechaquepériodeetlesproduitsdifférésétablisparlerécent
contrat. En revanche, dans les autres cas (tels que l’obtenOon de la
réducOon après la signature du contrat Mourabaha), la réducOon est
traitéecommeunrevenudansl’étatderésultatdelabanqueislamique:
BiendeMourabaha
Trésorerieoucomptecourantduclient
RevenudesinvesOssements
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Danslecas,oùlepaiementsefaitaucomptantouestéchelonnésurun
seulexercicecomptable,lesproduitssontconstatésdèslasignaturedu
contratdeventeentrelabanqueetledonneurd’ordre:
Trésorerieoucomptecourantduclient
BiendeMourabaha
RevenudesinvesOssements
Dans le cas où le paiement est échelonné sur plusieurs exercices
comptables, la norme FAS n°2 admet deux méthodes pour la
comptabilisaOondesproduitsdel’opéraOondeMourabaha.Lapremière
est la méthode requise, c’est la méthode préférée par l’AAOIFI. La
deuxième méthode est opOonnelle. Dans la praOque, les banques
islamiquespréfèrentappliquerladeuxièmeméthode.
➢
Méthode requise: Les produits sont constatés à la clôture de
l’exercice selon une allocaOon proporOonnelle sur la durée du
créditindépendammentdufaitquelesencaissementssoientreçus
ounon.
Lorsdelasignatureducontratdevente(entrelabanqueetledonneur
d’ordre):
CréancesMourabaha
BiendeMourabaha
Revenudel’invesOssement
Produitdifférédel’invesOssement
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Al’échéance(paiementdesmensualités):écrituremensuelle:
Trésorerieoucomptecourantduclient
CréancedeMourabaha
ConstataOondesproduitsàlaclôturedel’exercice:écritureannuelle:
Produitdifférédel’invesOssement
Produitdel’invesOssement
➢
Méthodeop*onnelle:Lesproduitssontconstatésaumomentetà
hauteurdechaqueencaissementreçu.
Lorsdelasignatureducontratdevente(entrelabanqueetledonneur
d’ordre):
CréancedeMourabaha
BiendeMourabaha
Produitdifférédel’invesOssement
Al’échéance(encaissementdesmensualités):
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Trésorerieoucomptecourantduclient
Produitdifférédel’invesOssement
CréancedeMourabaha
Produitdel’invesOssement…
Si le recouvrement d’une créance est incertain à cause des difficultés
financièresdudonneurd’ordre:
CréancedouteusedeMourabaha
CréanceMourabaha
Encasderecouvrementd’unecréancedouteuse:
Trésorerieoucomptecourantduclient
Produitdifférédel’invesOssement
CréancedouteusedeMourabaha
Produitdel’invesOssement
Le donneur d’ordre est déclaré insolvable et la créance devient
irrécouvrable(laresponsabilitédelabanquen’estpasprouvée):
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Pertesdel’invesOssement
Produitdifférédel’invesOssement
CréancedouteusedeMourabaha
Le donneur d’ordre est déclaré insolvable et la créance devient
irrécouvrable(laresponsabilitédelabanqueestprouvée):
Pertessurcréanceirrécouvrables
CréancedouteusedeMourabaha
Ledonneurd’ordrepeutserétracterpouruneraisonquelconqueaprès
la conclusion du premier contrat de vente entre la banque et le
fournisseuroriginaire.Labanquesetrouvedoncenpossessiond’unbien
«indésirable»qu’elledoitrevendre.Danscecas,lanatureducontratde
Mourabahadétermineletraitementcomptabledesgainsoudespertes
éventuellessurl’opéraOonderevente.
➢ Mourabahaavecpromessed’achatparledonneurd’ordre
Encasdereventedubienavecperteouaucasoùelleestréévaluéeavec
valeurinférieureàsoncoûtd’acquisiOon,labanqueprélèvedudépôtde
garanOlemontantsuffisantpourcouvrirsespertes:
Trésorerie
Hâmichjiddiya
BiendeMourabaha
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SileHâmichjiddiyan’estpassuffisant,unecréancepourlereliquatest
constatée sur le donneur d’ordre. (Le reliquat peut être prélevé
directementsuruncomptecréditeurdudonneurd’ordre):
Trésorerie
Hâmichjiddiya
CréancedeMourabaha
BiendeMourabaha
Aucasoùlebienestrevenduavecungainousanspertes,ledépôtde
garanOeestrétrocédéaudonneurd’ordre.
➢ Casoùilnyapasdepromessed’achatparledonneurd’ordre
Labanqueassumel’enOèreresponsabilitédubien.Lehâmichjiddiyaest
rétrocédéaudonneurd’ordreetl’opéraOondeventeesttraitéecomme
s’ils’agissaitd’uneMourabahasimple(sansdonneurd’ordre).Labanque
doitimpéraOvementdivulguer(danslesnotesauxétatsfinanciers)sielle
effectue les opéraOons de Mourabaha avec ou sans promesse d’achat
parledonneurd’ordre.
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3. Testsd’audit
Obj.
Faitpar
Réf.W/
P
Travauxintérimaires:
-
-
-
-
-
-
S’assurerqueleclientestindépendantdu
propriétaire originaire en comparant le
prixd’achatetleprixdevente,leregistre
decommerceduclientetdupropriétaire,
la composition du capital des entités du
clientetduvendeur(lecaséchéant).
S’assurer de l’absence d’un contrat entre
levendeuroriginaireetleclientàtravers
l’offre de prix (signature de prix de deux
parOes) ou l’existence de la menOon [le
clientapayéunacompte].
Vérifierquelebien,objetdefinancement
n’estpasorouargent.
S’assurer que la date de signature du
contratd’achatetlapossession(Facture/
bondelivraison)estantérieureàcellede
contratdevente.
Recalculer la marge bénéficiaire (sur la
base du pourcentage déterminé du coût
de revient) et vérifier que la marge ne
dépende pas du LIBOR ni du facteur
temps.
S’assurer que la banque n’a pas prélevé
une parOe du Hâmich jiddiya supérieure
au dommage réel en cas de désistement
surlapromesseobligatoire.
S’assurer de joindre les documents
probantsauxtravauxd’audit.
S’assurer de l’exactitude des méthodes et
desimputationscomptables.
Conclure/SynthèsedelasecOon.
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SECTION2:CONTRATDEFINANCEMENTIJARAETIJARAMUNTAHIA
BETTAMLIK
2.1Condi7onsdevalidité
Promessedelocation
•
- La banque peut demander au promettant de lui verser une
sommedéterminée dont elle se saisit pour garantir le sérieux
du client dans l’exécution de sa promesse de location et des
obligations qui en résulteraient, à la condition de ne prélever
sur la somme versée que le montant du préjudice réel, de
sorte qu’en cas d’inexécution de sa promesse par le client, ce
dernier supportera la différence entre le coût de revient du
bien destiné à être loué et la somme des loyers effectifs due
autitredubailconsentiàuntierssurlemêmebien,ouencas
deventedubien,ilsupporteraladifférenceentresoncoûtde
revient et le prix de vente. Cette somme versée pour garantir
le sérieux du client peut constituer une fiducie sûreté dont la
banque ne peut pas disposer, ou une fiducie gestion que le
client autorise la banque à investir sur la base d’une
moudharaba. Il est permis de convenir au moment de la
conclusionducontratijaradeconsidérercettesommecomme
faisantpartiedestermesdeloyer.
L’acquisition par la banque du bien destiné à être loué ou
desonusufruit
Ilestexigépourlavaliditéducontratijaraquiapourobjetune
chose déterminée qu’il soit précédé de l’acquisition du bien
destinéàêtrelouéoudesonusufruit.
a.
Silebienoul’usufruitdubienappartientàlabanque,ce
qui devrait en principe être le cas, le contrat ijara est
constitué dès que les deux parties en expriment la
volonté.
b.
Si le bien doit être acquis par achat de la banque au
promettant, en cas de promesse de location, ou de toute
autre personne, l’ijara ne peut être conclue qu’après
l’acquisition du bien par la banque. La propriété est
acquiseparl’établissementducontratdevente,mêmes’il
n’a pas été enregistré sous le nom de l’acheteur (la
banque). En ce cas, l’acheteur doit obtenir un titre
opposablepourétablirsondroitdepropriété.
•
-
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-
-
-
-
-
Lelocatairepeutsous-louerlebienàsonpropriétairependant
laduréedelalocationprincipaleaunloyerinférieur,supérieur
ou égal au loyer de la location principale, dans le cas où les
deux loyers seraient payés d’avance. Toutefois, cela n’est pas
permis, s’il en résulte un contrat înah par la modification du
loyer ou du terme, tel qu’une location principale en vertu de
laquelle un bien est loué à 100 dinars comptant, puis le
locataire sous-loue ce même bien au même bailleur à 110
dinarsàterme,ouunelocationprincipalea110dinarsàterme
et une sous-location à 100 dinars comptant, ou un loyer
identique dans les deux locations, néanmoins le loyer est
différé d’un mois dans la location principale et de deux mois
danslasous-location.
Règlesrégissantlajouissanceetlebienloué
•
Le bailleur ne peut pas exiger que le locataire effectue les
grosses réparations dont dépend la production/conservation
des fruits. Toutefois, il peut donner mandat au locataire
d’effectuer les grosses réparations. Le locataire n’est tenu
qu’auxréparationsd’entretien.
Lebailleurgarantitlebienlouépendantladuréedubailsaufen
cas d’abus ou de négligence de la part du locataire. Il peut
couvrirlebienparuneassuranceconformeàlaShari’achaque
fois qu’il est possible. Les frais d’assurance sont à la charge
du bailleur. Celui-ci peut les prendre en considération lors
delafixationdubailetnepeutpasréclameraulocataireaprès
la conclusion du bail toute dépense supplémentaire qui
dépassecequiétaitprévulorsdeladéterminationduloyer.Le
bailleur peut donner mandat au locataire d’accomplir les
formalitésd’assurance.
Leloyer
•
Leloyerpeutêtrepayéenespèces,ouennature(biens),ouen
utilité(service).Ildoitêtredéterminéglobalementpourtoute
laduréedelalocationouenplusieursversements.Ilpeutêtre
fixe ou variable selon ce qui a été convenu entre les deux
parties.
Danslecasoùleloyerestvariable,lepremiertermedoitêtre
déterminé. Pour les périodes suivantes, le loyer est indexé
sur un indice régulier et lié à une norme connue et non
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contestée car cet indice devient l’élément de référence pour
les périodes restantes. Il doit comporter un seuil minimumet
unseuilmaximum.
-
-
-
-
-
-
Lespartiespeuventconvenirdedécomposerleloyerendeux
parties:l’unepourlebailleuretl’autreresteentrelesmainsdu
locataire pour toute dépense approuvée par le bailleur pour
couvrirlesfraisd’entretiendebaseoud’assuranceouautreet
doitêtregardéedansuncomptespécifique.
Garantiesdel’Ijaraettraitementdesesdettes
•
Le bailleur ne peut pas stipuler une majoration du loyer en cas
deretarddanslepaiementdesloyers.
La location (Ijara) ou la location-acquisition (Ijara Muntahia
Bettamlik) peut comporter une clause obligeant le locataire
défaillant à disposer à titre gratuit d’une somme déterminée
ou d’une partie du loyer en cas de retard dans le paiement du
loyer échu au profit d’œuvres caritatives en coordination avec
lecomitédeShari’adelabanque.
Extinctiondelalocation
•
Le bailleur peut vendre le bien loué à un autre que le
locataire. En ce cas, la vente ne modifie pas le droit de ce
dernier, qui continue à jouir du bien. Parce que le bien
appartientàautrui,l’accorddulocatairen’estpasrequis.Quant
àl’acquéreur,s’iln’apaseuconnaissancedelalocation,ilpeut
annuler la vente. S’il en a eu connaissance et l’a acceptée, il a
droit au loyer correspondant à la période de bail restant à
courir.
En cas de perte totale du bien, le contrat de location prend fin
si la location porte sur un bien déterminé. Dans ce cas, le
bailleurnepeutpasexigerleversementdurestedestermesde
loyer.
Si le locataire met un terme à sa jouissance du bien ou s’il le
restitueaupropriétairesanssonaccord,leloyerdelapériode
restant à courir demeure exigible. Le bailleur ne peut pas le
loueràuntierspourlapérioderestantàcourir.
Résiliation,extinctionetrenouvellementdelalocation
•
Le bailleur peut exiger la résiliation du bail en cas de défaut ou de
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-
-
retarddepaiementduloyer.
Lebails’éteintdepleindroitparl’expirationdutermefixé.Le
bailpeutêtrerenouvelépourunepériodedéterminée,soitque
lerenouvellementaitlieuavantl’expirationdutermeinitial,ou
partacitereconductionprévueparlecontrat,saufsil’unedes
partiesdonnecongéàl’autre.
Ladispositiondubienlouédansl’IjaraMuntahiaBettamlik
•
Dans l’Ijara Muntahia Bettamlik, il faut déterminer par acte
séparé la manière dont le locataire acquiert la propriété du
bien, il n’est pas permis de mentionner qu’il fait partie
intégranteducontratd’IjaraMuntahiaBettamlik.
Il n’est pas permis de conclure une ijara assortie d’un contrat
deventeàterme.
2. Schémaélémentairedesopéra7onscomptables
LecontratdefinancementIjaraetIjaraMuntahiaBettamlikesttraite
parlanormeFASn°8.
Lesbiensmobiliersetimmobiliersacquisenvued’êtreexploitésdansle
cadredesopéraOonsdeIjaraetdeIjaraMuntahiaBekamliksontinscrits
parmilesimmobilisaOonsetce,àleurcoûtd’acquisiOon,àsavoirleprix
d’achatmajorédesfraisd’acquisiOon.
ImmobilisaOonsdonnéesenIjara
Trésorerie
Lesfraisengagéslorsdelaconclusionducontratd’Ijara,autresqueceux
inclusdanslecoûtd’acquisiOondel’immobilisaOon,sontcomptabilisés
encharges:
ChargessurImmobilisaOonsenIjara
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Trésorerie
Les loyers sur immobilisaOons données en ijara et de Ijara muntahia
bekamliksontcomptabilisésenproduitsdelapériode:
Trésorerie
LoyerssurimmobilisaOonsdonnées
enIjara
Les amorOssements sur immobilisaOons données en Ijara et en Ijara
muntahiabekamliksontcomptabilisésenchargesdel’exercice(selonla
méthodelinéaire):
DotaOonsauxamorOssementssurimmobilisaOons
donnéesenIjara
AmorOssementssurimmobilisaOons
donnéesenIjara
Les frais d’entreOen et de réparaOon des biens donnés en Ijara qui ne
prolongent pas la durée de vie du bien seront, constatés parmi les
chargesdel’exercice.
S’il s’agit de charges qui prolongent la durée de vie du bien (ou qui
procurent des avantages économiques futurs), des provisions seront
consOtuéesenvuedefairefaceàcescharges:
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DotaOonsauxprovisionssurimmobilisaOonsdonnées
enIjara
Diversesautresprovisionspourrisqueset
charges
Obj.
Fait
par
Réf.
W/P
Travauxintérimaires
- Examiner les contrats d’acquisiOon du bien
objetdel’ijaraetceluidelalocaOonafinde
s’assurerquelesdeuxactessontséparés.
- Dans le cas où le promettant a versé une
somme déterminée dont elle se saisit pour
garantir son sérieux dans l’exécution de sa
promessedelocationetdesobligationsquien
résulteraient,vérifierquelabanqueneprélève
sur la somme versée que le montant du
préjudice réel, le cas échéant, en cas
d’inexécutiondelapromesse.
- Rapprocher la date du transfert de contrôle
(date bon de livraison) du bien objet de
l’ijaradeladateducontratafindes’assurer
que la conclusion du contrat ijara a été
précédé de l’acquisiOon du bien desOné à
êtrelouéoudesonusufruit.
- Vérifier que les deux loyers sont payés
d’avance dans le cas d’une sous-locaOon du
bien à son propriétaire (la banque) par le
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-
d’avance dans le cas d’une sous-locaOon du
bien à son propriétaire (la banque) par le
locataire(pouréviterlecontratînah).
S’assurer de l’absence d’une majoration du
loyer en cas de retard dans le paiement des
loyersparlelocataire.
Dans le cas où le loyer est variable, vérifier
quelepremiertermeaétédéterminé.Pour
lespériodessuivantes,s’assurerqueleloyer
est indexé sur un indice lié à une norme
connue et qu’il doit comporter un seuil
minimumetunseuilmaximum.
Examiner s’il existe un PV de perte du bien
objetdelalocationetencasdepertetotale
dubien,s’assurerquelecontratdelocationa
prisfin.
Vérifier que la somme déposée par le
locataireencasderetarddanslepaiementdu
loyer échu a été cédée au profit d’œuvres
caritatives
S’assurerquelebienrestituén’apasétéloué
àunautretiers(encasoulelocatairemetun
terme à sa jouissance du bien ou s’il le
restitue au propriétaire sans son accord), et
q u e l a b a n q u e a r e n d u e x i g i b l e
immédiatementleloyerdelapérioderestant
àcourir.
Vérifierquelalevéedel'optionàlafindubail
a été faite par acte séparé sans mentionner
qu’il fait partie intégrante du contrat d’Ijara
MuntahiaBettamlik.
Alafindubail,vérifierquelalocationn’apas
étésuivied’uneventeàterme.
S’assurerdel’exactitudedesméthodesetdes
imputationscomptables.
Conclure/Synthèsedelasection.
Obj.
Fait
par
Réf.
W/P
Si le bien objet du contrat est cédé par le propriétaire au locataire, la
cession est comptabilisée selon les mêmes modalités que celles
applicables aux immobilisaOons classiques (Avec prise en compte des
résultatsdecession).
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SECTION3:ContratdefinancementSalametSalamparallèle
3.1Condi7onsdevalidité
-
-
-
-
-
RémunérationduSalametsesconditions
•
La rémunération du Salam doit être déterminée afin d’éviter
toute ambigüité et tout litige. Si la rémunération est en
espèces, ce qui est le principe, sa monnaie, son montant et
sesmodalitésderèglementdoiventêtrefixés.Enrevanche,si
la rémunération est une autre chose fongible, son espèce, sa
nature,saqualitéetsaquantitédoiventêtrefixés.
La délivrance de la rémunération du Salam doit se faire au
lieu de conclusion du contrat. La délivrance peut toutefois
être différée de deux ou trois jours au maximum même en
présence d’une clause et à la condition que la délivrance de
la rémunération intervienne avant la date de délivrance de
l’objetduSalam.
La rémunération du Salam ne peut pas être une dette, telle
quelesdettesbancairesoucommercialesquelevendeurdoit
àl’institution.
L’actif,objetdel’obligationetsesconditions
•
Le contrat Salam peut avoir pour objet des choses fongibles,
telles que les choses qui peuvent être pesées, comptées ou
mesurées.
L’actifnepeutpasêtreunesommed’argent,oudel’or,oude
l’argent, si la rémunération du Salam est une somme
d’argent,oudel’or,oudel’argent.
L’actif doit pouvoir être déterminé de telle sorte que le
vendeur puisse être tenu responsable de sa conformité à la
spécification. Il suffit que cette spécification soit précisée de
manière qu’il ne subsiste aucune ambiguïté. Si quelques
incohérences mineures demeurent, personne n’y prête
habituellement attention, elles sont jugées acceptables et ne
sont généralement pas considérées comme des motifs de
litige.
La quotité de chaque élément doit être déterminée
conformément à son espèce (poids, mesures, dimension/
volumeetnombre).
L’actif doit être disponible dans son lieu, en général, à
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-
-
-
l’échéance du terme du contrat Salam pour que le vendeur
puisseledélivreràl’acheteur.
Le lieu de la délivrance de l’actif doit être déterminé. Le lieu
de la conclusion du contrat sera le lieu de la délivrance, sauf
encasd’impossibilité,auquelcasilconvientdeseréféreraux
coutumesenvigueur.
Délivrancedel’actif
•
Si le vendeur propose la délivrance d’un actif de moindre
qualité, l’acheteur peut ne pas accepter la délivrance. Les
parties peuvent s’accorder sur une délivrance assortie d’un
rabais.
La clause pénale n’est pas admise en cas de défaut de
délivranceautermeconvenu.
Si l’actif n’est pas disponible ou n’est disponible que
partiellement sur le marché de sorte que le vendeur n’a pas
pu l’obtenir au terme du contrat Salam, l’acheteur a le choix
entre:
▪ Attendrejusqu’àcequelebiensoitdenouveaudisponible
surlemarché;
▪ DemanderlarésiliationducontratSalametlarestitutionde
sarémunération.
2. Schémasélémentairedesopéra7onscomptables
LecontratdefinancementSalamesttraitéparlanormeFASn°7:
ConstatationducapitalSalam
VirementducapitaldeSalamdanslecomptecourantdudemandeur
(Mousalamilayh):
FinancementparSalam
Comptecourantduclient
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Silecapitalestennature:
FinancementparSalam
AcOfdisponiblepourleSalam
LivraisondelamarchandisedeSalamàlabanque
Si la marchandise livrée est conforme au contrat: enregistrée au coût
historique:
MarchandisedeSalam
FinancementparSalam
Silamarchandisen’estpasconformeaucontratetsavaleurmarchande
est égale à la valeur sOpulée dans le contrat, la marchandise de
subsOtuOon est enregistrée au coût historique. Si la valeur marchande
estinférieureàlavaleursOpuléedanslecontrat,labanqueenregistrela
différencecommeuneperte.
Valeur marchande de la marchandise de subsOtuOon = valeur sOpulée
danslecontratdeSalam:
MarchandisedeSalam
FinancementparSalam
Valeur marchande de la marchandise de subsOtuOon < valeur sOpulée
danslecontratdeSalam:
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MarchandisedeSalam
Perte/invesOssementSalam
FinancementparSalam
Incapacitédudemandeuràlivrerlamarchandiseàladaterequisepour
casdeforcemajeure
Deuxéventualitéspeuventêtreenvisagées:
- Lecontratpeutêtreprolongé.
- Le contrat n’est pas prolongé et le capital du Salam (somme
donnée) est enregistré en tant que créance sur le
demandeur:
CréancedeSalam
FinancementparSalam
Sil’incapacitéestparOelle(uneparOedelamarchandiseaétélivrée):
CréancedeSalam
MarchandisedeSalam
FinancementparSalam
Incapacitédulivrerlamarchandiseàladaterequisepourcausede
négligenceoudemauvaiseges*on
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Siledemandeursetrouvedansl’incapacitédelivrerlamarchandiseàla
daterequiseàcausedesaproprenégligence,lecontratestannuléetla
banque enregistre une créance pour un montant égal à la valeur de
marchédelamarchandise:
CréancedeSalam
FinancementparSalam
Produitsdel’invesOssement…/surSalam
Letraitementdelanormecomptabledel’AAOIFIestcontradictoireavec
lessOpulaOonsduShari’aBorddel’AAOIFI.SelonlesnormesShari’a,la
banquenepeutpasrécupérerlavaleurdemarchémaisuniquementle
capitaldonné.
ReventedelamarchandisedeSalamaprèssarécep*onparlabanque
Reventeavecprofit:
Trésorerie
FinancementparSalam
Produitsdel’invesOssement…/surSalam
Reventeavecperte:
Trésorerie
Pertesdel’invesOssement…/Salam
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MarchandisedeSalam
Réévalua*ondelamarchandisedeSalamàlafindelapériode
comptable
Al’inventaire,lamarchandisedeSalamestenregistréeàsoncoûtouàla
valeur réalisable neke 55 si celle-ci est inférieure. Une provision est
consOtuée si la banque esOme qu’une baisse significaOve impactera la
valeur de la marchandise. Si la valeur réalisable neke est inférieure au
coûthistorique,ladifférenceestenregistréeenperte:
Pertesdel’invesOssement…/Salam
Provisionpourbaissedevaleurdela
marchandisedeSalam
Salamparallèle(doubleSalam)
PriseencompteduSalamparallèle
Les opéraOons de Salam parallèle sont prises en compte dans la
comptabilitédelabanquedèsquecelle-ciencaisselecapitaldeSalam
del’acheteurfinal(mousalam):
Trésorerie
Salamparallèle
Quand le contrat de Salam est conclu avec la parOe qui va fournir la
marchandise,labanqueverselemontantdemandéparledemandeur:
55
Valeur marchande moins les charges avant la vente.
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FinancementparSalam
Trésorerieoucomptecourantduclient
RécepOon de la marchandise par la banque (marchandise conforme au
contrat):
MarchandisedeSalam
FinancementparSalam
Livraisondelamarchandiseàl’acheteurfinal:ladifférenceentreleprix
reçuparl’acheteurfinaletlecoûtdelamarchandiseestenregistréeen
résultatdel’exercice.
✓ Coût de la marchandise pour la banque > montant reçu par
l’acheteurfinal:
Salamparallèle
Pertesdel’invesOssement/Salam
MarchandisedeSalam
✓ Coût de la marchandise pour la banque < montant reçu par
l’acheteurfinal:
Salamparallèle
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MarchandisedeSalam
Produitdel’invesOssement…/Salam
Les opéraOons de Salam parallèle apparaissent dans le bilan parmi le
passif.
3. Testsd’audit
Obj.
Fait
par
Réf.W/
P
Travauxintérimaires
- Vérifierl’absencedelapratiqueduribadans
la rémunération du contrat Salam qui peut
être sur plusieurs formes (blé; céréales; les
droitd’usageetd’habitation).
- Vérifier que la rémunération du Salam ainsi
quesescaractéristiques(montant,quantité,
modalités de règlements…) sont fixes
clairementdanslecontrat.
- Vérifierqueladélivrancedelarémunération
du Salam a été effectuée au lieu de la
conclusion du contrat et avant la délivrance
del’actif
- S’assurer que La rémunération du Salam
n’estpasunedettedueàlabanque.
- Vérifier que la délivrance a été effectuée à
l’échéance.
- S’assurer que la rémunération du Salam et
l’actif ne sont pas de la même nature
(argent;or…).
- S’assurer que l’actif a été déterminé sans
aucuneambigüitéauniveauducontrat
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Obj.
-
-
-
Fait
par
Réf.W/
P
s’assurer que la quotité de chaque
élémentestdéterminéeconformément
à son espèce (poids, mesures,
dimension/volumeetnombre).
s’assurer que l’actif était disponible au
lieu de la délivrance tel que déterminé
danslecontrat,lorsdel’échéance.
Recenserlesgarantiesdel’actifetleurs
n a t u r e s ( s û r e t é r é e l l e , u n
cautionnement…),lecaséchéant.
Encasd’existenced’unrabaissurleprix
convenuinitialement,vérifierqu’ils’agit
d’une résolution d’un litige tel qu’un
actifdequalitéinférieure.
S’assurer que le contrat du Salam
parallèleestdéfinitivementindépendant
duSalamdanssesdroitsetobligations.
S’assurer de l’exactitude des méthodes
etdesimputationscomptables.
Conclure/Synthèsedelasection.
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SECTION4:CONTRATDEFINANCEMENTISTISNA
4.1Condi7onsdevalidité
Objetetgarantiesducontratd’Istisna
•
- Un contrat d’Istisna ne peut avoir pour objet que des produits
manufacturés, c’est à-dire issus de la transformation de matières
premières. Le contrat n’est valide que dans la mesure où le
fournisseur s’est engagé à fournir des produits manufacturés. Le
contrat d’Istisna peut être conclu pour la fabrication d’objets
répondantàdesspécificationsparticulièresdumoustasni,mêmes’il
n’en existe pas de semblables sur le marché, à condition qu’elles
soientdéterminables.
- L’objet du contrat d’IsOsna peut être des choses similaires
disponibles sur le marché et dont les éléments consOtuOfs sont
subsOtuables les uns aux autres dans le cadre de l’exécuOon de
l’obligaOon puisqu’ils sont fabriqués suivant les mêmes
spécificaOons.
- L’objet du contrat d’IsOsna ne peut pas être une chose désignée
comme telle. Par exemple, le fabricant ne peut pas dire: « Je te
vendscekevoitureoucekeusine».L’objetducontratd’IsOsnaest
uniquement déterminé par ses spécificaOons et non par la
désignaOon. Le moustasni ne peut exercer ses droits sur l’objet
qu’après la livraison totale ou parOelle de l’ouvrage. Le moustasni
n’a pas de droit de propriété sur les maOères premières qui se
trouvent chez le fabricant, à moins que celui-ci ne s’engage à les
uOliserseulementpourlaréalisaOondel’ouvrageàOtredegaranOe
del’achèvementdestravaux.
Leprixdanslecontratd’Istisna
•
- Le prix doit être déterminé lors de la conclusion du contrat. Il est
payable soit en espèces, soit en nature, soit en usufruit établi sur un
biendéterminéousurl’ouvragependantuneduréedéterminée.
- Le paiement du prix peut être différé ou fracOonné en plusieurs
versements déterminés à des termes convenus, ou en une somme
verséed’avanceetlesoldeenplusieursversementscorrespondant
aux dates de livraison des parOes de l’ouvrage. Les versements
peuventaussiêtreàmesuredel’avancementdestravaux.
- L’exécuOon d’un contrat d’IsOsna par le biais d’une Mourabaha,
c’est-à-dire lorsque le prix est déterminé par le coût de revient
augmentéd’unemargedéterminée,estinterdite.
- DanslecasoùlecoûteffecOfqu’entraînepourlabanquel’exécuOon
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-
-
-
-
de l’ouvrage est inférieur au coût esOmé, ou lorsque la banque a
obtenuuneremisedufabricantdanslecadredel’IsOsnaparallèle,
lefabricantnedoitpasbaisserleprixiniOalementconvenudansle
contratetlemoustasnin’apasdroitàladifférenceouàuneparOe
de celle-ci. Il en va de même en cas d’augmentaOon du coût de la
fabricaOon.
Révisionducontratd’Istisna
•
Lefabricantetlemoustasnipeuventconveniraprèslaconclusiondu
contrat d’IsOsna de modifier les spécificaOons de l’ouvrage ou d’en
ajouter d’autres et de déterminer ce qui en résulte par rapport au
prixetàl’octroid’undélaid’exécuOon.LesparOespeuventsOpuler
que la modificaOon des spécificaOons de l’ouvrage entraîne en
contreparOelarévisionduprixseloncequerequiertl’experOseou
la coutume en vigueur, ou tout indice connu afin d’éviter que
l’ignorancedecertainspointsnesoitsourcedeliOge.
LemoustasninepeutpasimposeraufabricantlesmodificaOonsde
l’objet du contrat d’IsOsna, à moins que le fabricant ne les ait
acceptées.
Ilestinterditderéviseràlahausseleprixpourdifférerletermedu
paiement. Quant à la révision à la baisse du prix pour paiement
anOcipé, elle est admise à condiOon que rien ne soit sOpulé à la
conclusioncontrat.
Supervisiondel’exécution
•
La banque islamique en sa qualité de client peut, après
l’approbaOon du fabricant, donner à un bureau technique mandat
devérifierlaconformitédel’ouvrageauxprévisionsducontratetde
lui dire si elle devait payer, si la livraison de l’ouvrage devait avoir
lieu et si elle devait l’accepter, conformément aux termes du
contrat.
La banque islamique en sa qualité de fabricant peut, par acte
séparé, donner au client mandat de superviser l’exécuOon de
l’ouvrageconformémentauxprévisionsducontrat.
2. Schémaélémentairedesopéra7onscomptables
LecontratdefinancementIstisnaaététraiteparlanormeFASn°10:
Les dépenses encourues avant la conclusion du contrat Istisna seront
enregistrésdansuncompted’attente:
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DépensesprécontratIsOsna
Trésorerie
Aladatedelaconclusionducontrat,cesdépensessonttransféréesdans
uncompteIsOsnaencoursd’exécuOon:
IsOsnaencoursd’exécuOon
DépensesprécontratIsOsna
En cas de non conclusion du contrat, les dépenses encourues seront
déduitesdesrevenusdelaparOequilesafinancés:
Produitsd’invesOssements
DépensesprécontratIsOsna
Lorsdel’exécuOondestravaux,lachargeIsOsnaseraconstatéecontreun
passif:
Chargesd’invesOssements
DekesIsOsna
Lorsdupaiementdel’entrepreneur:
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DekesIsOsna
Trésorerie
ConstataOondescréancesIsOsnasurleclientalaclôture:
CréancesIsOsna
ProduitsIsOsna
Remarque: les produits et les charges associés au contrat doivent être
comptabiliséesenfoncOondudegréd’avancementàladatedeclôture.
Eneffet,Ledegréd’avancementestdéterminéparréférenceauxcoûts
du contrat encourus jusqu’à la fin d’une période selon un pourcentage
descoûtstotauxesOmésdechaquecontrat.
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3. Testsd’audit
Obj.
Fait
par
Réf.W/
P
Travauxintérimaires
- S’assurerquel’objetducontratIsOsnaporte
uniquementsurdesproduitsmanufacturés.
- S’assurer que l’objet du contrat d’Istisna est
uniquement déterminé par ses spécifications
etnonparladésignation.
- Vérifierqueladuréedel’ouvrageetleprix
ontétédéterminéslorsdelaconclusiondu
contrat.
- Vérifier que le prix de l’Istisna n’a pas été
déterminé sur la base du coût de revient
augmentéd’unemargedéterminée.
- En cas de paiement différé, s’assurer de
l’absenced’unerévisionàlahausseduprix
ducontrat.
- En cas de paiement anOcipé, s’assurer que
larévisionàlabaisseduprixducontrat,le
cas échéant, n’a pas été sOpule dans le
contratiniOal.
- Vérifier les principes comptables, et
l’adéquation avec les normes Shari’atiques
adoptesdanslecadredenotreaudit.
- S’assurer de l’exacOtude des méthodes et
desimputaOonscomptables.
- Conclure/SynthèsedelasecOon.
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CHAPITRE2:PRODUITSBASESSURLEPRINCIPEDEPARTAGEDES
PERTESETPROFITSETOPERATIONSDIVERSES
SECTION1:CONTRATDEFINANCEMENTMOUCHARAKA
1.1.Condi7onsdevalidité
•
-
-
Lecontratdesociéténedoitpascomporteruneclausedeventeet
d’achat. Cependant, l’associé s’engage par une promesse constatée
paracteséparé.Delamêmefaçon,laventeetl’achatsontconstatés
paracteséparé.AucundesdeuxcontratsnedoitêtresOpulédans
l’autre.
Lecontratdesociéténedoitpascomporteruneclauseakribuantà
l’unedesparOesledroitderachetersapartdanslecapitalsocial.
Toute clause mekant la totalité des dépenses d’assurance ou
d’entreOen à la charge de l’un des associés, au moOf que l’objet
socialluireviendraitinfine,estnulleetdenuleffet.
•
-
-
Bénéfices
Ilfautdéterminerlapartdechaqueassocié(labanqueetleclient)
danslesbénéficesoulesrevenusdelasociété.LesparOespeuvent
convenir de modalités de réparOOon des bénéfices qui ne seraient
pasproporOonnellesauxapportsencapital.Enoutre,ellespeuvent
convenir de garder la même réparOOon des bénéfices quoique la
réparOOon du capital soit modifiée ou de la modifier suivant la
modificaOon de la réparOOon du capital social sans porter akeinte
au principe de contribuOon aux pertes à proporOon de la part de
chacundanslecapitalsocial.
Toute clause akribuant à l’un des associés une somme forfaitaire
desbénéficesestnulleetdenuleffet.
•
-
ContratdelaMoucharaka
Acquisitiondesparts
L’un des associés peut faire une promesse contraignante au titre de
laquellesonassociéacquiertsapartprogressivementsurlabased’un
contratdeventeàlavaleurdemarchéouàunevaleurconvenueau
moment de l’achat. Il est interdit d’exiger la vente à la valeur
nominaledesparts.
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-
L’unedesparOesaucontratdesociétépeutprendreàbaillapartde
son associé en contreparOe d’un loyer déterminé et pendant une
période déterminée. Chaque associé demeure responsable de
l’entreOendesapart.
1.2.Schémasélémentairedesopéra7onscomptables
La norme comptable FAS n°4 traite de la Moucharaka simple et la
Moucharaka dégressive. Cependant, FAS n°4 propose des traitements
comptables seulement lorsque le client /associé assure lui-même la
gérancedel’associaOon.L’éventualitéquelabanqueassureelle-mêmela
géranceduprojetn’estpaspriseencompteparlanormedel’AAOIFI.
➢ Casn°1:Leclient/associéestlegérantdel’associa*on
Comptabilisa*on de la par*cipa*on de la banque dans le capital de
l’associa*on
•
Alasignatureducontrat
Lapartdelabanquedanslecapitalestconstatéelorsquelesfondssont
mis à disposiOon de l’associé ou dans les comptes de la société de
parOcipaOon.Cekepartestconstatéeàsavaleurnominaleouselonla
juste valeur convenue entre la banque et son partenaire (si la
contribuOon de la banque est en nature). Les gains ou les pertes de
réévaluaOonsontconstatéesdanslerésultat.
ParOcipaOondelabanqueennuméraire:
FinancementparMoucharaka
Trésorerieoucomptecourantdel’associé
ParOcipaOondelabanqueennature:
SilaValeurcomptable=valeurdumarché
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FinancementparMoucharaka
BiendonnépourlaMoucharaka
SilaValeurcomptable<valeurdemarché
FinancementparMoucharaka
BiendonnépourlaMoucharaka
Produit/invesOssement
SilaValeurcomptable>valeurdemarché
FinancementparMoucharaka
Pertesdel’invesOssement…
BiendonnépourlaMoucharaka
Évalua*onaladatedeclôture
LaparOcipaOondelabanquedanslecapitalMoucharakadégressiveest
évaluée au coût historique après déducOon du coût des parOcipaOons
transférées au partenaire. La différence entre le coût et la juste valeur
des parOcipaOons transférées doit être constatée en tant que perte ou
profitauniveaudel’étatderésultatdelabanque.
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Si la Juste valeur des parOcipaOons transférées = valeur comptable
(historique):
Trésorerie
FinancementparMoucharaka
SilaJustevaleurdesparOcipaOonstransférées>valeurcomptable
Trésorerie
FinancementparMoucharaka
Produitdel’invesOssement…/
Moucharaka
SiJustevaleurdesparOcipaOonstransférées<valeurcomptable
Trésorerie
Pertesdel’invesOssement…/Moucharaka
FinancementparMoucharaka
Fin de la Moucharaka et non res*tu*on des parts de la banque par
l’associé
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CréancedeMoucharakasurl’associé
FinancementparMoucharaka
Constata*onduprofitoudespertesdelabanque
Les profits ou pertes sont constatés à la liquidaOon de l’associaOon (si
celle-cialieuaucoursdemêmeexercicecomptablequelasignaturedu
contrat).SilaMoucharakas’échelonnesurplusieursexercices,lesprofits
et les pertes sont constatés à la fin de l’exercice où ils sont réalisés. La
pertevientendiminuOonducapitaldelabanque.
Casdeprofits:
•
Trésorerie
Profitsdel’invesOssementsur
Moucharaka
•
Etencasdepertes:
Pertesdel’invesOssement
FinancementparMoucharaka
•
Casdepertes(laresponsabilitédel’associés’estavérée):
CréancedeMoucharaka(oucomptecourantdel’associé)
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FinancementparMoucharaka
➢ Casn°2:Labanqueestgérantedel’associa*on
LanormeFASn°3n’apasprisencomptel’éventualitéoùlabanquegère
elle-même le projet. En praOque, la banque islamique gère elle-même
les projets de Moucharaka dégressive notamment les projets
immobiliers où le client parOcipe avec le terrain alors que la banque
financelestravauxdeconstrucOonetgèreleprojet.
Comptabilisa*on de la par*cipa*on de la banque à la signature du
contrat
•
Lesdeuxparticipationssontennuméraire
RécepOondelaparOcipaOondel’associéparlabanque:
Trésorerie
DépôtsgaranOsdelaclientèlesur
Moucharaka
AlaconsOtuOondelasociété:
FinancementparMoucharaka
DépôtsgaranOsdelaclientèlesurMoucharaka
ParOcipaOondelabanquedansla
Moucharakan°…
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ParOcipaOondelaclientèleassociéedans
laMoucharakan°…
Lorsdel’invesOssementdesfondsdeMoucharaka:
AcOfsdeMoucharakaMoutanakissan°…
Trésorerie
Les deux par*cipa*ons sont en nature (pour la par*cipa*on de la
banque:valeurde
marché=valeurcomptable)
ConsOtuOondelasociété:
FinancementparMoucharaka
AcOfsdeMoucharakaMoutanakissan°…
ParOcipaOondelabanquedansla
Moucharakan°…
ParOcipaOondelaclientèleassociéedans
laMoucharakan°…
Al’invesOssementdesfonds:
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AcOfsdeMoucharakaMoutanakissan°…
Trésorerie
Venteprogressivedespartsdelabanque
•
Venteàlavaleurcomptable
Enregistrementdel’opéraOondevente:
Trésorerie
FinancementparMoucharaka
ConstataOondel’augmentaOondelapartduclientetladiminuOonde
celledelabanque:
ParOcipaOondelabanquedanslaMoucharakan°…
ParOcipaOondelaclientèleassociéedans
laMoucharakan°…
Venteàlavaleurdemarché
•
Casoulavaleurdemarché>valeurcomptable
Trésorerie
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FinancementparMoucharaka
Puis
ParOcipaOondelabanquedanslaMoucharakan°…
ParOcipaOondelaclientèleassociéedans
laMoucharakan°…
AinsiàlafindelaMoucharaka,latotalitédespartsdelabanqueontété
transférés:
▪ Lesoldeducompte«FinancementparMoucharaka»=0
▪ Lesoldeducompte«ParOcipaOondelabanquedanslaMoucharaka
n°…»(Partdelabanquedanslecapital)=0
▪ Le solde du compte « ParOcipaOon de la clientèle associée dans la
Moucharaka n°… = solde du compte « AcOfs de Moucharaka
Moutanakissan°…»
Enconséquence,l’écrituresuivanteestpasséelorsquel’associéprend
possessiondelatotalitéduprojetafindesoldertouslescomptes:
ParOcipaOondelaclientèleassociéedanslaMoucharakan°…
ActifsdeMoucharakaMoutanakissan°…
Constata*onduprofitoudespertesdelabanque
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Danscecas,labanqueouvreuncomptedénommé«Produitsetcharges
de la Moucharaka Moutanakissa » dans lequel sont enregistrés les
produitsetchargesdesMoucharakaauxquellesparOcipelabanque.Ce
compte est clôturé à la fin de chaque exercice comptable (ou à la
liquidaOondelaMoucharaka).Unsoldecréditeursignifiequelerésultat
de la Moucharaka est excédentaire. Le profit devra alors être partagé
entrelabanqueetsonassocié.
EnregistrementdesproduitsdelaMoucharaka:
Trésorerie
ProduitsetchargesdelaMoucharaka
Moutanakissan°…
EnregistrementdeschargesdeMoucharaka:
RevenusetchargesdelaMoucharakaMoutanakissan°…
Trésorerie
Clôture du compte « Produits et charges de la Moucharaka
Moutanakissan°…»(Soldecréditeur):
ProduitsetchargesdelaMoucharakaMoutanakissan°…
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Produitdel’investissement…/sur
Moucharaka
ComptecourantduclientouParticipation
delaclientèleassociée
Clôture du compte « Produits et charges de la Moucharaka
Moutanakissan°…»(Soldedébiteur):
Pertesdel’invesOssement/surMoucharaka
Participationdelaclientèleassociée
danslaMoucharakan°…
ProduitsetchargesdelaMoucharaka
Moutanakissan°…
LaparOcipaOondelabanqueestdiminuéedumontantdelaperte:
ParOcipaOondelabanquedanslaMoucharakan°…
FinancementparMoucharaka
3. Testsd’audit
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Obj.
Fait
par
Réf.W/
P
Travauxintérimaires
- Vérifier que le contrat de société ne
comportepasuneclausedeventeetd’achat
etquelaventeetl’achatsontconstatéspar
acteséparé.
- S’assurer de l’inexistence d’une clause
attribuant à l’une des parties le droit de
rachetersapartdanslecapital.
- S’assurer que la réparation des dépenses
d’assurance ou d’entretien a été faite
proportionnellement aux parts de chacun
danslecontrat.
- Vérifier que la répartition des bénéfices est
conforme aux termes convenus dans le
contrat.
- S’assurer que les pertes sont imputés
proporOonnellement aux parts de chacun
danslecapital.
- S’assurer que les prix de cessions
progressives des parts sont déterminés sur
labasedesvaleursdemarchésàladatede
transactionetnonpasàlavaleurnominale.
- Pour le loyer, voir le programme d’audit
ijara.
- S’assurer de l’exactitude des méthodes et
desimputationscomptables.
- Conclure/Synthèsedelasection.
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SECTION2:CONTRATDEFINANCEMENTMOUDHARABA
2.1Condi7onsdevalidité
-
-
-
-
-
-
-
Capitaldelamoudharaba
•
Lecapitaldelamoudharabaestconstituépardesapportsen
numéraire. Il peut également être constitué d’apports en
nature. En ce cas, la valeur de l’actif au moment de la
conclusion du contrat est considérée comme le capital de la
moudharaba. Les apports en nature sont évalués par des
experts,ouselonuneméthodeconvenueparlesparties.
Lecapitaldelamoudharabanepeutpasêtreunecréancedu
rabalmalàl’égarddumourdhareboud’unetiercepersonne.
Règlesetconditionsduprofit
•
LesmodalitésderéparOOonduprofitdoiventêtredéterminéesafin
d’éviter toute ambiguïté et toute contestaOon. La réparOOon du
profit doit être effectuée sur la base d’un pourcentage indivis du
profit et non sur la base d’une somme forfaitaire ou d’un
pourcentageducapital.
Enprincipe,lecumuld’unequote-partduprofitdelamoudharabaet
d’unerémunérationn’estpaspermis.Riennes’opposeàcequeles
deux parties conviennent, par acte séparé, que l’une d’entre elles
accomplisseunactequinedépendpasdesactesdelamoudharaba
moyennant une rémunération déterminée, de sorte que le contrat
moudharabasurvive,s’ilvientàenêtreséparé.
Les parOes doivent, au moment de la conclusion du contrat,
convenirdesmodalitésderéparOOonduprofit.Ellespeuvent,d’un
commun accord, modifier ces modalités de réparOOon du profit, à
tout moment, en précisant la période pour laquelle cet accord
produitseseffets.
LerabalmalnepeutpasfairedeuxapportsencapitaldisOncts,de
manière que le mourdhareb perçoive les profits de l’un des deux
apportsetlerabalmalceuxdel’autre,ouquelerabalmalperçoive
les profits des deux apports d’un exercice social donné et le
mourdharebceuxdel’autre.L’unedesdeuxparOesnepeutpasnon
pluspercevoirlesprofitsd’unetransacOondonnéeetl’autreceuxde
l’autretransacOon.
Aucunedistributionnepeutêtrefaiteauxpartiesauméprisdelarègle
de l’intangibilité du capital de la moudharaba, c’est-à-dire lorsque la
valeurliquidativedesinvestissementsestoudeviendrait,àlasuitede
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-
-
-
la distribution, inférieure au montant du capital de la moudharaba.
Quand une perte résulte des opérations de moudharaba, elle est
imputée sur les profits tirés des autres opérations. Ainsi, la perte
antérieureest-ellereportéesurlesprofitstirésd’opérationsfutures.
Le mourdhareb a droit à sa quote-part des profits dès leur
appariOon (leur réalisaOon) dans les opéraOons de moudharaba.
Toutefois, ceke propriété n’est pas ferme puisqu’elle est retenue
pour garanOr l’intangibilité du capital de la moudharaba et n’est
confirmée que par la réparOOon des profits au moment de la
réalisaOonoudel’évaluaOondel’acOf.Enrevanche,ilestpermisde
distribuerdesacomptessurdividendes,auquelcascesdernierssont
revus au moment de la réalisaOon ou de l’évaluaOon de l’acOf. La
distribuOon finale des profits est basée sur le prix de cession des
acOfs,c’estcequ’onappellelaliquidaOonoularéalisaOondel’acOf.
Il est également permis de distribuer les profits sur la base de
l’évaluaOon/esOmaOon de l’acOf, à savoir l’esOmaOon des acOfs à
leur juste valeur. Les créances sont évaluées à leur valeur neke,
c’est-à-dire après l’imputaOon des provisions pour dépréciaOon
lorsque le recouvrement de ces créances s’avère incertain.
L’évaluaOondescréancesneOentpascomptedelavaleurtemps(la
rémunéraOondel’intérêt),niduprincipederemisesurlabasedela
valeur actuelle (remise de la deke en contreparOe d’un paiement
anOcipé).
Pouvoirsetactesaccomplisparlemourdhareb
•
Lemourdharebdoitexécuterlecontratmoudharabadebonnefoiet
garanOr une gesOon saine et prudente du capital en bon père de
famille.
En cas de conclusion d’une moudharaba illimitée, le mourdhareb
peut accomplir tous les actes que peuvent accomplir des
invesOsseursdanssondomained’acOvité.
Lerabalmalpeutlimiterlesactesdumourdharebdansunintérêt
parOculier.Lamoudharabapeutêtrelimitéedansletempsoudans
l’espace de sorte que le rab al mal sOpule que le mourdhareb doit
invesOr le capital de la moudharaba à un moment déterminé, ou
dansunpaysdéterminé,ousurunmarchéd’unpaysdéterminé.
Lemourdharebnepeutpasvendreunechoseàunprixinférieurau
prixdumarché,ouacheterunechoseàunprixsupérieurauprixdu
marché,saufdansunintérêtqu’iljugemanifestedanslesdeuxcas.
Lemourdharebnepeutniaccorderniprêt,nicadeau,nidonaOonà
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une œuvre caritaOve sur les biens de la moudharaba. Il ne peut
renoncer aux droits liés aux opéraOons de la moudharaba que sur
mandatspécialdurabalmal.
2. Schémaélémentairedesopéra7onscomptables
LecontratdefinancementMoudharabaesttraitéparlanormeFASn°3:
Miseàdisposi*onducapitaldeMoudharabaparlabanque
Si le capital est en numéraire, il est constaté pour sa valeur nominale.
Lorsqu’il est convenu que le capital sera libéré en plusieurs tranches,
chacuned’ellesestcomptabiliséeàsonéchéance:
FinancementparMoudharaba
ComptecourantduMourdhareb
Si le capital est en nature, il est évalué à sa juste valeur, la perte ou le
gainderéévaluaOonsontsupportésparlabanque.
✓ Juste valeur égale à la valeur comptable du bien donné en
Moudharaba:
FinancementparMoudharaba
Lebiendonnéennature(terrainou
marchandise,etc.)
✓ Juste valeur supérieure à la valeur comptable nette du bien
donnéenMoudharaba:
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Trésorerie
FinancementparMoudharaba
Lebiendonnéennature
Produitdel’invesOssement…
✓ Justevaleurinférieureàlavaleurcomptabledubiendonnéen
Moudharaba:
FinancementparMoudharaba
Chargesdel’invesOssement
Lebiendonnéennature
Leschargespourlasignatureducontrat:nepeuventêtreincluesdansle
capitalsaufsilesdeuxparOess’yaccordent:
FinancementparMoudharaba
Trésorerie
Évalua*onducapitaldeMoudharabaaprèslasignatureducontrat
Si une parOe du capital s’est détériorée avant le commencement du
projetetsansqueleMourdharebn’ensoittenupourresponsable,une
perteestenregistréesurlabanqueetlecapitalestdiminuédumontant
esOmédeladégradaOon.SilecapitalenenOerestdégradé,lescomptes
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deMoudharabasontclosetlabanqueenregistreuneperte.
✓ DégradaOon parOelle du capital sans que le Moudhareb n’en soit
tenupourresponsable:
PertesdeMoudharaba
FinancementparMoudharaba
✓ DégradaOon parOelle ou totale de la Moudharaba pour cause de
négligenceparleMoudhareb:
CréancedeMoudharabasurleMoudhareb
FinancementparMoudharaba
S’ilyaunversementd’unepartiedesbénéficesouducapitalalorsquele
contratestencoreencours:
Trésorerieoucomptecourantduclient
FinancementparMoudharaba
L’entrepreneur Moudhareb apporte des jusOficaOfs de créance sur les
clientsdelasociétédeMoudharaba:
CréancedeMoudharabasurlesclientsdelaMoudharaba
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FinancementparMoudharaba
Comptabilisa*ondespertesetprofitspouruneMoudharabaétaléesur
uneseulepériodecomptable
✓ CasoulerésultatdeMoudharabaestexcédentaire:
FinancementparMoudharaba
Produitdel’invesOssementsur
Moudharaba
Comptecourantduclient
✓ Casoulerésultatestexcédentaireavecl’existencedecréancesurles
clients de la société de Moudharaba (créances non garanOes par le
Moudhareb):
FinancementparMoudharaba
Produitdel’invesOssementsur
Moudharaba
Comptecourantduclient
RevenuretenupourleMoudhareb
✓ Casoulerésultatestexcédentaireavecl’existencedecréancesurles
clients de la société de Moudharaba (créances garanOes par le
Mourdhareb): le compte « créance de Moudharaba sur le
Mourdhareb»estdébitédelavaleurdescréancessurlesclientsde
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MoudharabacarleMourdharebestresponsabledelacollectedela
créancequ’ildoitpayermêmeencasdedésistementdesclients:
FinancementparMoudharaba
CréancesdeMoudharabasurleMourdhareb
Produitdel’invesOssementsur
Moudharaba
ProduitretenupourleMourdhareb
CréancedeMoudharabasurlesclientsde
laMoudharaba
✓ SilescréancesgaranOesparleMourdharebsontrecouvertes:
Trésorerie
ProduitretenupourleMourdhareb
CréancesurleMourdhareb
Comptecourantduclient
✓ LerésultatestdéficitairesansqueleMourdharebnesoittenupour
responsabledelaperte:
Pertesdel’invesOssement…surMoudharaba
FinancementparMoudharaba
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✓ LerésultatestdéficitaireetleMourdharebesttenuresponsablede
laperte:
CréancedeMoudharabasurleMourdhareb
FinancementparMoudharaba
Comptabilisa*ondesprofitspouruneMoudharabaétaléesurplusieurs
exercices
Si le contrat de Moudharaba est échelonné sur plusieurs exercices
comptables,lesprofitssontconstatésdansl’exerciceoùilssontréalisés.
Quant aux pertes, elles sont constatées dans la limite du capital de
Moudharaba.
✓ Pertes temporaires de Moudharaba à la fin de l’exercice comptable
etavantlafinducontrat:
Pertesdel’invesOssementsurMoudharaba
FinancementparMoudharaba
✓ Profits temporaires de Moudharaba à la fin de l’exercice comptable
etavantlafinducontrat:
FinancementparMoudharaba
Produitdel’invesOssement…/sur
Moudharaba
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3. Testsd’audit
Obj.
Fait
par
Réf.W/
P
Travauxintérimaires
- Examiner les rapports des évaluateurs, en
cas d’apports en nature, lors de la
d é t e r m i n a O o n d u c a p i t a l d e l a
Moudharaba, et vérifier qu’ils sont évalués
àleurjustevaleuràladatedelaconclusion
ducontrat.
- S’assurer que le capital moudharaba ne
porte pas sur une créance du rab al mal à
l’égard du mourdhareb ou d’une Oerce
personne.
- S’assurer que les modalités de réparOOon
du profit ont été déterminées sur la base
d’un pourcentage indivis du profit et non
surlabased’unesommeforfaitaireoud’un
pourcentageducapital.
- S’assurer (à la conclusion du contrat) que
les deux parOes se sont accordées sur
l’ensembledesmodalités.
- Examiner les variaOons du capital de la
Moudharaba afin de s’assurer que Rab al
mal ne réalise pas des apports en capital
disOnct engendrant le partage des profits
partransacOon.
- S’assurer au moment de distribuOons des
profits que la valeur liquidaOve des
invesOssements est supérieure au montant
ducapitaldelamoudharaba.
- S’assurer que la distribuOon finale des
profitsestbaséesurl’esOmaOondesacOfsà
leur juste valeur et que les créances sont
évaluéesàlavaleurcomptableneke.
- S’assurer de l’exacOtude des méthodes et
desimputaOonscomptables.
- Conclure/SynthèsedelasecOon
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SECTION3:OPERATIONSDIVERSES
3.1Lesopéra7onsdechange
3.1.1Testsd’audit
Obj.
Fait
par
Réf.W/
P
Travauxintérimaires
- S’assurer que toutes les opéraOons de
change se font au comptant et non pas à
terme(bienqu’ellessoientréaliséespourse
prémunir contre l’écart de conversion du
bénéfice d’une opéraOon libellée en
monnaie étrangère), et ce, avec livraison
immédiate et avant que les parOes se
séparent.
- Vérifierquelesrèglementsdesversements
relaOfs aux opéraOons à terme dans une
autre devise, (telles que la Mourabaha
internaOonale), ont été effectués au cours
dechangeofficieldujourdupaiement.
- Rapprocherlesfacilitésdecréditaccordées
par l’banque avec les soldes des comptes
clientsafindes’assurerdel’inexistencedes
opéraOons de change effectuées par le
client pour des sommes supérieures à ce
qu’ilpossèderéellement.
- S’assurer de l’inexistence des promesses
synallagmatiques à force obligatoire dans
touslescontratsdechange.
- S’assurer de l’absence d’un contrat de
changedansunautrecontratdechangede
devises.
- Conclure/SynthèsedelasecOon.
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3.2Moné7que
3.2.1Testsd’audit
Obj.
Fait
par
Réf.W/
P
Travauxintérimaires
- Parcourir les relevés des comptes courants
pour s’assurer le non existence d’intérêts
prélevés en cas de retard de paiement par
leporteurdelacartedesmontantsdûs.
- Vérifier que si le porteur de la carte
déposer, à Otre de garanOes, une somme
d’argent,ildoitalorsêtreclairementsOpulé
au niveau du contrat que la banque
invesOra ceke somme pour le compte du
Otulaire de la carte sur la base d’une
moudharaba,etquelesbénéficeséventuels
de ceke moudharaba seront réparOs entre
leOtulairedelacarteetlabanqueselonun
raOoprédéterminé.
- Examiner les condiOons contractuelles afin
des’assurerdunonémissiondescartesde
crédit qui akribuent à leur Otulaire une
réserve de crédit renouvelable, avec un
remboursementaumoyendeversementsà
termeetlepaiementd’intérêts.
- S’assurer,lors de l’achat de l’or, de l’argent
ou des devises en uOlisant les cartes
monéOquesquelabanquerèglesansdélai
le montant dû à la parOe qui accepte le
paiementparcarte.
- Conclure/SynthèsedelasecOon.
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3.3Créditsdocumentaires
3.3.1Testsd’audit
Obj.
Fait
par
Réf.W/
P
Travauxintérimaires
- S’assurer que les rémunéraOons des
services rendus pour l’émission de
crédits documentaires sont soit un
m o n t a n t fo r fa i t a i r e e t n o n u n
pourcentage et quelles ne Oennent pas
c o m p t e d e l a d u ré e d u c ré d i t
documentaire.
- Conclure/Synthèse.
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CONCLUSION GENERALE
Lacrisedessubprimesamisenexerguelafinanceislamiqueetasuscité
un intérêt parOculier pour les produits bancaires islamiques, étant
donné que les banques islamiques les banques islamiques ont prouvé
leurrésistancefaceàcekecrisequiatouchélafinanceconvenOonnelle.
Les banques islamiques se caractérisent par l’intervenOon directe dans
lestransacOonsfinancesparelles-mêmesetlerespectdelaShari’a.En
effet, comme nous l’avons souligné dans les chapitres précédents, tout
créditreposantsurunacOfréeletlaspéculaOonestinterdite.Aussi,la
praOque de la OtrisaOon, à l’origine de la crise est interdite par la
règlementaOonislamique.
Cependant, ces contraintes ont été à l’origine de la résistance de ces
banques à une crise financière d’envergure internaOonale. Toutefois,
malgrédesprojecOonsdedéveloppementencourageantesdel’industrie
bancaireislamique,cesbanquesprésententdesaspectsquiconsOtuent
des obstacles de nature à freiner leur développement, notamment les
aspectsd’auditetdecontrôle.
Nousavonsessayéauniveaudecemémoirededémontrerl’apOtudede
l’expert-comptable a effectuer des intervenOons portant sur l’audit
Shari’aOque, d’idenOfier les diligences spécifiques de l’auditeur dans le
cadre d’une mission d’audit de conformité Shari’a d’une banque
islamiqueàtraversl’adaptaOondel’approcheinternaOonaled’audit.
Dans une telle perspecOve, nous avons essayé de posiOonner les
banques islamiques dans l’environnement normaOf et règlementaire
internaOonal comparaOvement aux banques convenOonnelles,
d’analyser leurs caractérisOques foncOonnelles et organisaOonnelles et
d’idenOfierlesprincipaleslimitesetobstaclesqu’ellesrencontrent.
Nous avons également analysé le référenOel AAOIFI en indiquant ses
forces et ses faiblaisses, notamment en maOère de l’audit conformité
Shari’atoutencriOquantlespraOquesactuelles.
Dans la deuxième partie du mémoire nous nous sommes intéressés en
parOculier au champ d’applicaOon, aux objecOfs du reporOng financier
islamique. Nous avons établit également, une comparaison entre le
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cadre conceptuel islamique et le cadre internaOonal afin d’évaluer les
possibilitésdeconvergencedesdeuxsystèmescomptables.
Enréponseauxlimitesspécifiquesidentifiés,nousavonsessayéd’apporter
desrecommandationsetdespropositions,déterminéladémarched’audità
mettreenœuvreparl’expert-comptabledanslecadred’unemissiond’audit
deconformitéd’unebanqueislamiquesouslaformed’unguidepratique.
Ainsi,nousavonsproposédesprogrammesdetravailspécifiques.
Au niveau de la troisième partie, nous avons présenté un guide
opérationneld’auditShariaquipeutconstituerunpremiersupport,depar
sanature,quidevraêtreenrichi,notammentparl’additiondesspécificités
des produits financiers des autres institutions financières islamiques
(sociétésdetakaful,fondsd’investissementsislamique…).
L’analyse approfondie de l’environnement et des spécificités des
banques islamiques, nous a permis aussi de relever certaines
proposiOonsetaxesd’amélioraOons:
- L’adopOon du référenOel de l’AAOIFI pour toutes les insOtuOons
financièresislamiques;
- CentralisaOondesavisjuridiquesauseindel’IFA;
- LimiterlerôledesSSBauxconseilsetlesintégrerdansdescabinets
d’experOsecomptable;
- Lamiseenplaceparl’AAOIFId’unprocessusconOnud’amélioraOon
desnormesàlalumièredesincohérencesconstates;
- L’aménagement des règles de gesOon et de couverture des risques,
misesenplaceparleBanquesCentrales;
- L’organisaOon des cycles de formaOon pour les experts comptables
portantsurlafinanceislamique;
- L’introducOon au niveau du cursus universitaire de l’expertcomptabledesprogrammesliésàlafinanceislamiqueetauxnormes
comptables,Shari’aOques,d’auditetdegouvernancedel’AAOIFI.
Cependant,cetravailderecherchen’apaspourobjecOfdemekreàla
disposiOon des professionnels une documentaOon exhausOve et ne
prétend pas non plus apporter une méthodologie formelle et
innovatrice, mais pourrait consOtuer un guide praOque, uOle, à l’égard
d’unprofessionnelqui,nonfamiliariséaveclesecteur,setrouveamené
àintervenirauprèsd’unebanqueislamique.
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Par ailleurs, les révisions et/ ou les nouvelles publicaOons des normes
Shari’aOques, comptables, d’audit et de gouvernance ainsi que la
réglementaOonenvigueurdoiventêtreprisesenconsidéraOonlorsdela
lecturedecemémoire.
Faute de documentaOon de recherche suffisante en la maOère, ce
mémoire tente d’ouvrir les portes sur un champ de recherche
relaOvementnouveauetquiprésenteunemulOtudedeproblémaOques
intéressantes pour les chercheurs, théologiens, et experts-comptables.
Eneffet,dansunsecteurauxperspecOvescertainesetquinécessitedes
invesOssements en capitaux souvent importants, soutenir la recherche
scienOfiqueestnecessaireafind'akeindrelesobjecOfsdeprogressionde
l’ensemble du secteur, notamment en ce qui concerne les sukuks, qui
sont sont des produits obligataires (semblable à une obligaOon dans le
monde financier classique) conforme à la Sharia ou au droit religieux
islamique.
Il s’agit de Otres parOcipaOfs dont l’échéance est fixée d’avance et qui
sontobligatoirementadossésàunacOftangible.CesacOfsgénèrentun
revenu stable et négociable dépourvu du recours à tout intérêt.
Autrementdit,lessukukssontdescerOficatsdepropriétéd’unacOf,ce
qui les différencie des obligaOons convenOonnelles qui sont basées sur
deladeke.
De manière générale, le mécanisme des sukuks consiste en la créaOon
d’un véhicule ad hoc (SPV) qui émet des obligaOons sur un marché à
desOnaOon d’invesOsseurs. Ces invesOsseurs détenteurs des Otres émis
procurentdesliquiditésàlaSPVquiachèteunbien(conformémentau
principe de l’asset backing). Les invesOsseurs jouissent de l’usufruit de
cesacOfsauproratadeleursinvesOssementsetsupportentlerisquede
créditdel’émekeursaufdanslecasoùl’émekeurgaranOtl’opéraOonen
s’engageantàracheterlebienàl’échéancedel’opéraOon.
LaventedecetacOfsefaitaumoyend’autrescontratsdefinancements
islamiques c’est pourquoi le plus souvent l’émission de sukuks fait
intervenir un autre contrat de financement islamique; tel est le cas du
SukukIjara.
L’opéraOon de financement islamique Ijara est un contrat de locaOon
dans lequel une insOtuOon financière achète un bien et le loue à un
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parOculier ou une entreprise. Dans le mécanisme du sukuk ijara, une
entrepriseconsOtueunSPVquivaémekredessukuks.LesinvesOsseurs
détenteurs de ces sukuks versent des liquidités qui sont placées dans
l’immeuble que le SPV est chargé d’acheter. Cet immeuble fait alors
l’objetd’uncontratd’ijaraetestlouéàunOerspendanttouteladurée
d’émission des sukuks. A l’échéance de ceke opéraOon, les SPV sont
dissoutesetlesbénéficesissusdecekeopéraOonsontreversésentreles
invesOsseurs.
Parunenotedu2juillet2008,l'AutoritédesMarchésFinanciers(AMF)a
admis l’entrée des obligaOons islamiques en France. Cet accueil des
sukuks s’est accompagné de l’élaboraOon de condiOons d’acceptaOon à
la négociaOon des sukuks sur le marché français. Ces condiOons
prévoient notamment que l’émekeur devra au préalable déposer un
prospectus auprès de l’AMF comportant une descripOon précise du
produitproposé.
Le27octobre2010,l’AMFréitèresaposiOonsurlanécessitéderéaliser
unprospectussoumisauvisadel’AMFcommecondiOond’admissiondes
sukuks sur le marché réglementé. Ceke posiOon s’accompagne d’un
guide praOque qui détaille les modalités praOques d’obtenOon de ce
visa 56.
Ce guide énonce que bien que les sukuks ne soient pas expressément
visés par le règlement européen et la direcOve Prospectus, il n’en
demeure pas moins que les disposiOons de ces textes sont applicable
aux obligaOons islamiques. En effet, l’AMF précise qu’aux termes de
l’arOcle 23§2 du règlement, les valeurs mobilières assimilables aux
catégories visés par ce même règlement sont soumises au même
schéma de note retenu pour ceke catégorie avec en complément les
informaOons perOnentes et les caractérisOques financières propres aux
sukuks 57.
L’AMF précise ensuite que sa compétence se limite à accorder un visa
pour l’admission des sukuks sur le marché réglementé. Autrement dit,
l’AMF met en évidence qu’elle ne contrôle pas le caractère charia
56
57
ww. amf-france. org.
ww.amf-france.org.
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compliantdessukuksproposésàl’émissionquirelèveuniquementdela
compétenceduchariaboard.
Successivement,l’AssembléenaOonaleconsOtuanteenTunisieaadopté
endatedu30juillet2013uneloioctroyantlapossibilitéd’émekredes
sukuks en dinars ou en devises. Ceux-ci représentent une version dite
compaOble avec la charia et consistent en la souscripOon à des
obligaOons émises en contreparOe de ressources que des créanciers
acceptentdemekreàladisposiOond’undébiteur.
LeministèreTunisiendesFinancesatablésuruneémissiondesukuksau
Otre du budget 2013 d’un montant de 1000 Millions de Dinars, mais
l’absence de cadre réglementaire pour le montage de l’opéraOon
concernantlescondiOonsd’émission,lefondscommundegesOon,leur
enregistrementetnégociabilitéetl’instauraOond’uncomitédecontrôle
Shari’aOque, n’ont pas permis la mobilisaOon de fonds pour le
gouvernement qui a subi, ainsi, un échec auprès des invesOsseurs
potenOels.
Plusieurs quesOons restent en suspens au Otre du lancement de tels
montages sur le marché financier local en termes de liquidités, de
potenOeld’affairesetdetransparence.
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ANNEXES
ANNEXEI:MODELERAPPORTCONFORMITESHARI’A
(AAOIFI:GovernanceStandardforIslamicFinancialInsOtuOons)
SHARI’ASUPERVISORYREPORT
InthenameofAllah:thebeneficent,themercifultotheSharcholders
oftheXYZIslamicFinancialIns7tu7on.
AssalamAlaikumwarahmatallahwabarakatuh
In complaisance with the leker of appointment, we are required to
submitthefollowingreport.
We have reviewed the principals and the contracts relaOng to the
transacOons and applicaOons introduced by the Example Islamic
FinancialInsOtuOonduringtheperiodended.
We have also conducted our review to form an opinion as to whether
theExampleIslamicFinancialInsOtuOonhascompliedwithShari’aRules
and Principals and also with the specific fatwas, rulings and guidelines
issuedbyus.
TheExampleIslamicFinancialInsOtuOonmanagementisresponsiblefor
ensuring that the financial InsOtuOon conducts its business in
accordance with the Islamic Shari’a Rules and Principles. It is our
responsibility to form an independent opinion, based on our review of
theoperaOonsofTheExampleIslamicFinancialInsOtuOon,andtoreport
toyou.
We conduct our review which included examining, on a test basis of
each type of transacOon, the relevant documentaOon and procedures
adoptedbytheExampleIslamicFinancialInsOtuOon.
Weplannedandperformedourreviewsoastoobtainalltheinformation
and explanations which we considered necessary in order to provide us
with sufficient evidence to give reasonable assurance that the Example
Islamic Financial Institution has no violated Islamic Shari’a Rules and
Principles.
Inouropinion:
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a) The contracts, transacOons entered into by the Example Islamic
Financial InsOtuOon during the year ended … that we have
reviewed are in compliance with the Islamic Shari’a Rules and
principles;
b) The allocaOon of profit and charging of losses relaOng to
investment accounts conform to the basis that had been
approved by us in accordance with Islamic Shari’a Rules and
principles;
Where appropriate, the opinion paragraph shall also include the
followingmakers:
▪ Allearningsthathavebeenrealizedfromsourcesorbymeans
prohibitedbyIslamicShari’aRuleshavebeendisposedofto
charitablecauses;and
▪ ThecalculaOonofzakatisincompliancewithShari’arules.
Nameandsignature
Placeanddate
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ANNEXEII:
MODÈLED’ÉTATSFINANCIERSD’UNEBANQUEISLAMIQUE
BANQUEISLAMIQUE
ÈTATCONSOLIDÈDELASITUATIONFINANCIÈREARRETÉ
AUXXX(EXERCICE)XX(EXERCICEANTERIEUR)
xxx
Unité
Monétaire
xx
Unité
Monétaire
Ac7fs
-
-
Liquiditésetéquivalentdeliquidités
-
-
Mourabahaàrecevoir
-
-
Note
InvesHssements:
-
InvesOssementsenvaleurs
mobilières
-
-
-
Moudharaba
-
-
-
Moucharaka
-
-
-
ParOcipaOons
-
-
-
Stocks
-
-
-
InvesOssementsimmobiliers
-
-
-
AcOfsdesOnésàl’Ijara
-
-
-
IsOsna
-
-
-
AutresInvesOssements
-
-
Totalinves7ssements
-
-
Autresac7fs
-
-
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Ac7fs(nets)
-
-
Totalac7fs
-
-
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BANQUEISLAMIQUE
ÉTATCONSOLIDÉDELASITUATIONFINANCIÈREARRETÉ
AUXXX(EXERCICE)XX(EXERCICEANTERIEUR)
Note
Passifs,contratsd’invesOssementsnon
affectés,
Intérêtsminoritairesetcapitaux
akribuablesauxpropriétaires
xxx
Unité
Monétaire
xx
Unité
Monétaire
-
-
-
-
Passifs:
-
Dépôtsàvue
-
-
-
Dépôtsàvuepourbanqueset
insOtuOons
-
-
-
Dekes
-
-
-
Dividendesàdistribuer
-
-
-
Autrespassifs
-
-
Totalpassifs
-
-
AcOonsdesOtulairesdecomptes
d’invesOssementsnonaffectés
-
-
Intérêtsminoritaires
-
-
TotalPassifs,contratsd’invesOssements
nonaffectésetintérêtsminoritaires
-
-
Capitauxpropresakribuablesaux
propriétaires
-
-
Capitallibéré
-
-
Réserves
-
-
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Bénéficesnondistribués
-
-
Totalcapitauxpropres
-
-
Totalpassifs,contratsd’invesOssements
nonaffectés,Intérêtsminoritaireset
capitauxakribuablesauxpropriétaires
-
-
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BANQUEISLAMIQUE
ÉTATDERÉSULTATCONSOLIDÉPOURLAPÉRIODECLOSE
AUXXX(EXERCICE)XX(EXERCICEANTERIEUR)
Note
xxx
Unité
Monétaire
xx
Unité
Monétaire
Revenus
-
Produitsdifférésdesventes
-
-
-
ProduitsdesinvesOssements
-
-
-
-
Retoursurcomptesd’invesOssementsnon
affectésavantlapartdelabanquecomme
Moudharib
-
-
PartdelabanquecommeMoudharib
-
-
Retoursurcomptesd’invesOssementsnon
affectésavantZakat
-
-
Partdelabanquedanslesrevenusdes
invesOssements(commeMoudharibet
commebailleurdefonds)
-
-
Revenusdelabanquedesespropres
invesOssements
-
-
Partdelabanquedanslesrésultatsdes
invesOssementsaffectéscomme
Moudharib
-
-
Chargedelabanquecommeagent
d’invesOssementdescomptesrestreints
-
-
Revenusdeservicesbancaires
-
-
Autresrevenus
-
-
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Totalrevenus
-
-
Chargesgénéralesd’administraOon
DépréciaOon
-
-
Résultatnetavantzakatetimpôts
ProvisionpourZakat
-
-
Résultatnetavantintérêtsminoritaires
-
-
Intérêtsminoritaires
-
-
Résultatnet
-
-
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BANQUEISLAMIQUE
ÉTATDEFLUXDETRÉSORERIECONSOLIDÉ(1/2)
POURLAPÉRIODECLOSEAUXXX(EXERCICE)XX(EXERCICEANTERIEUR)
Note
xxx
xx
Unité
Unité
Monétaire Monétaire
Résultatnet
-
-
Ajustements
-
-
DépréciaOon
-
-
Provisionpourcomptesdouteux
-
-
Provisionpourzakat
-
-
Provisionpourimpôt
-
-
Zakatpayée
-
-
Taxespayées
-
-
Retoursurcomptesnonaffectés
-
-
Gainsurventesd’acOfsnoncourants
-
-
DépréciaOond’acOfsloués
-
-
ProvisionpourdépréciaOondeOtres
-
-
Dekesperdues
-
-
FluxnetsprovenantdesacOvités
d’exploitaOon
-
-
-
-
FLUXNETSPROVENANTDESACTIVITES
D’EXPLOITATION
FLUXPROVENANTDESACTIVITES
D’INVESTISSEMENT
Ventesimmobilières
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Achatsimmobiliers
-
-
AcquisiOondevaleursmobilières
-
-
A u g m e n t a O o n d ’ i n v e s O s s e m e n t
Moudharaba
-
-
VentesdebiensIsOsna
-
-
FluxprovenantdesacOvités
d’invesOssement
-
-
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BANQUEISLAMIQUE
ÉTATDEFLUXDETRÉSORERIECONSOLIDÉ(2/2)
POURLAPÉRIODECLOSEAUXXX(EXERCICE)XX(EXERCICEANTERIEUR)
xxx
Unité
Monétaire
xx
Unité
Monétaire
AugmentaOondescomptesnonaffectés
-
-
AugmentaOondecomptescourants
-
-
Dividendespayés
-
-
AugmentaOondedépensesdecrédit
-
-
DiminuOondesdépensesdecrédit
-
-
AugmentaOondesintérêtsminoritaires
-
-
DiminuOonenautresacOfs
-
-
FluxprovenantdesacOvitésde
financement
-
-
AugmentaOon(DiminuOon)desfluxde
trésorerie
-
-
TrésorerieiniOale
-
-
Trésoreriefinale
-
-
Note
FLUXPROVENANTDESACTIVITESDE
FINANCEMENT
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BANQUEISLAMIQUE
ÉTATDEVARIATIONDESCAPITAUXPROPRES
POURLAPÉRIODECLOSEAUXXX(EXERCICE)XX(EXERCICEANTERIEUR)
Capital
libéré
Bénéfices
non
Total
distribués
Réserves
légales
Réserves
générales
Soldeauxxx
-
-
-
-
Emission
d’acOons
-
-
-
-
Résultatnet
-
-
-
-
Profitsdistribués
-
-
-
-
Transferten
réserves
-
-
-
-
Soldeauxxx
-
-
-
-
Résultatnet
-
-
-
-
Profitsdistribués
-
-
-
-
Transferten
réserves
-
-
-
-
Soldeauxxxx
-
-
-
-
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BANQUEISLAMIQUE
ÉTATDESVARIATIONSDESINVESTISSEMENTSAFFECTÉS
POURLAPÉRIODECLOSEAUXXX(EXERCICE)XX(EXERCICEANTERIEUR)
Unitésdeportefeuillesd’inves*ssementsaffectés
Descrip7on
Portefeuilleen
valeurs
mobilières
commercialisable
s
Portefeuill
e
immobilier
Portefeuille
mourabaha
Total
XX
XX
XX
XX
XX
XX
XX
XX
InvesOssement
endébutde
période
-
-
-
-
-
-
-
-
NombreiniOal
d’unités
invesOes
-
-
-
-
-
-
-
-
ValeuriniOale
del’unité
-
-
-
-
-
-
-
-
Dépôtset
émissions
-
-
-
-
-
-
-
-
Rachatd’unités
etretrait
-
-
-
-
-
-
-
-
Pertesouprofit
d’invesOssemen
t
-
-
-
-
-
-
-
-
Charges
administraOve
-
-
-
-
-
-
-
-
InvesOssement
enfinde
période
-
-
-
-
-
-
-
-
Nombrefinal
d’unités
invesOes
-
-
-
-
-
-
-
-
Valeurfinalede
l’unité
-
-
-
-
-
-
-
-
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BANQUEISLAMIQUE
ÉTATSURLESRESSOURCESETLESEMPLOISDESFONDSDESTINÉSALA
ZAKATETAUTRESFONDSACARACTEREPHILANTHROPIQUEPOURLA
PÉRIODECLOSEAUXXX(EXERCICE)XX(EXERCICEANTERIEUR)
xxx
Unité
Monétaire
xx
Unité
Monétaire
SourcesdeZakat
-
-
Fonds(notes…)
-
-
Zakatdueparlabanque
-
-
ZakatdueparlesOtulairesdecomptes
-
-
DonaOons
-
-
Totalsources
-
-
Note
Emploisdesfondsdezakat
-
Zakatpourdespauvresetdes
nécessiteux
-
-
-
Zakatpourdesréfugiés
-
-
-
Zakatpourlesendekés
-
-
-
ZakatpourlesnouveauxconverOsà
l’Islam
-
-
-
Zakatpourservirlesautrescauses
-
-
Totalemplois
-
-
AugmentaOon(DiminuOon)des
ressourcessurlesemplois
-
-
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Zakatnondistribuéeaudébutde
l’exercice
-
-
Zakatnondistribuéeenfind’exercice
-
-
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BANQUEISLAMIQUE
ÉTATSURLESRESSOURCESETLESEMPLOISDESFONDSDESTINESALA
ZAKATETAUTRESFONDSACARACTEREPHILANTHROPIQUEPOURLA
PÉRIODECLOSEAUXXX(EXERCICE)XX(EXERCICEANTERIEUR)
xxx
Unité
Monétaire
xx
Unité
Monétaire
Solded’ouverture
-
-
Prêtsdebienfaisance
-
-
Fondsdisponiblesauprêt
-
-
Sourcesdufonds
-
-
AllocaOondecomptescourants
-
-
Sourceexternesàlabanque
-
-
Totaldessourcesdurantlapériode
-
-
Emploisdesfonds
-
-
Prêtsauxétudiants
-
-
PrêtsauxarOsans
-
-
Règlementsencomptescourants
-
-
Totalemploisdurantlapériode
-
-
Soldeàlaclôture
-
-
AllocaOon de bénéfices prohibés par la
Shari’a
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Prêtsdebienfaisance
-
-
Fondsdisponiblesauprêt
-
-
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ANNEXEIII:QUESTIONNAIREADRESSÉAUXPROFESSIONNELS
AYANTAUDITEDESBANQUESISLAMIQUES
La présente enquête a été lancée afin de valider les recommandaOons
proposées et les diligences d’audit spécifiques aux banques islamiques
enréponseàleursspécificitésdéjàidenOfiéesauniveaudelapremière
parOedecemémoire.
Dans cet objecOf, nous avons adressé le quesOonnaire présenté cidessous aux experts comptables et experts comptables stagiaires,
membresdel’OrdredesExpertsComptablesdeTunisie,ayantaudité,au
moinspourunefois,desbanquesislamiques.
Le nombre des réponses obtenues s’est arrêté à 18 sur 30 personnes
consultés.CeuxayantréponduontdéclaréavoirparOcipéàl’auditd’une
banqueislamiqueenTunisieet/ouàl’étranger.
Pour l’exploitaOon des réponses obtenues, nous avons opté pour
l’adopOondesproposiOonsconfirméesposiOvementàplusde40%,ainsi
quecellesproposéesparlespersonnesayantréponduetjugéesparnos
soinsperOnentes.
Ainsi, les proposiOons adoptées ont été intégrées, alors que celles
rejetées, totalement ou parOellement (moins de 40% des réponses
obtenues) ont été abandonnées et par conséquent éliminées des
proposiOonslistéesauniveaudeladeuxièmeparOedecemémoire.
Par ailleurs, 95% des répondants, ont confirmé qu’ils ont appliqué les
référenOels comptables Tunisien (SCE) et InternaOonal (IFRS), et que
leurs travaux d’audit ont été conduits conformément aux normes
internaOonales de l’IFAC. Toutefois, ils ont confirmé aussi leur souhait
pour l’adopOon des normes comptables, d’audit et de gouvernance de
l’AAOIFI.
Ci-aprèsletexteduquesHonnairediffusé:
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Mesdames,Messieurs,
Dans le cadre de l’élaboraOon d’un mémoire d’experOse comptable
inOtulé«Lesbanquesislamiques,étudedeposiOonnement,spécificités
règlementaires et parOcularités d’audit », nous avons le plaisir de vous
adressercequesOonnaire.
L’objecOf de ce quesOonnaire est de savoir la manière selon laquelle
vousavezintervenufaceauconceptdeconformitéShari’a.
En effet, votre expérience nous sera d’un précieux apport dans la
finalisaOondenotretravailderecherche.
JecerOfieque,parlasuite,vosréponsesseronttraitéesd’unemanière
strictementconfidenOelleetanonyme.
Jevousremercieinfinimentpourvotreaideetpourletempsquevous
allezconsacreràlaréponseauques7onnaire.
Confraternellement
HassenBENOUHIBA
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QUESTIONNAIRE
1. INFORMATIONSSURLERÉPONDANT
1.
Qualitédurépondant:
Expert-ComptableDiplômé
Expert-ComptableStagiaire
Autreàpréciser…
2.
Votreexpérienceprofessionnelleestde:
Moinsde5ans
Entre5et10ans
Plusde10ans
3.
Avez-vousrenduunserviceprofessionnelauprofitd’unebanque
islamique?
Oui
Non
4.
Dansl’affirma*ve,préciserletypedeservicerendu:
Auditlégal
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Auditcontractuel
PréparaOonsdesétatsfinanciers
Autreàpréciser…
5.
Danslecasoùvousavezréaliséunauditlégal,avez-vous
expriméuneopinionsurlaconformitéShari’a?
Oui
Non
6.
Un programme détaillé des travaux d’audit Shari’a est mis en
place:
Oui
Non
2. CADRESDERÉFÉRENCES
1.
Quel est le référen7el sur lequel vous vous êtes basé pour
réaliserlamission?
Lesnormescomptableslocales
LesnormescomptablesinternaOonales(IFRS)
LesnormescomptableséditéesparTheAccounOngandAudiOng
OrganizaOonforIslamicFinancialInsOtuOons(AAOIFI)
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LesnormesinternaOonalesd’audit(ISA)
Lesnormesd’auditéditéesparTheAccounOngandAudiOng
OrganizaOonforIslamicFinancialInsOtuOons(AAOIFI)
LesnormesShari’aéditéesparTheAccounOngandAudiOng
OrganizaOonforIslamicFinancialInsOtuOons(AAOIFI)
LesFatawasdesShari’aSupervisoryBord
Autreàpréciser…
3. ORGANISATIONETGOUVERNANCEDELABANQUEISLAMIQUE:
1.
LeprocessusdegouvernanceShari’a*queestassurépar:
LeShari’aSupervisoryBord
LeComitéd’audit
Leconseild’administraOon
DirecOond’auditinterneShari’aOque
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2.
Ledisposi*fdegouvernanceretenuauseindelabanqueest
conformeaux:
ExigencesducomitédeBâle
ExigencesBanqueCentraleLocale
Normesdegouvernancedel’AAOIFI
Autreàpréciser…
3.
3-3 Le système de gouvernance Shari’a est composé des
organessuivants:
L’auditeurinterne
L’auditeurexterne
LeShari’aSupervisoryBord
Autreàpréciser…
4.
L’organigramme de la banque islamique est-il élaboré pour
afeindrelastratégieetlesobjec*fsfixésparlesac*onnaires
entreautrelaconformitéShari’a?
Oui
Non
5.
Les membres du Shari’a Supervisory Bord sont-ils
indépendantsdelabanque?
Oui
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Non
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4. RÉCEPTIONSYSTÉMATIQUEDESINFORMATIONSLORSDELAPHASED’ÉVALUATION
DUSYSTÈMEDECONTRÔLEINTERNE
1.
2.
Labanquemet-elleàladisposi*onduprofessionnelune
documenta*onsurlesprocéduresdecontrôleShari’a*que?
Toujours
Souvent
Parfois
Jamais
Dansl’affirma*vecefedocumenta*onporte-t-ellesurles
différentescomposantesdecontrôleShari’a*que?
Toujours Souvent Parfois Jamais
L’environnementdecontrôle
favorisantlerespectdelaShari’a
FixaOondesobjecOfs
IdenOficaOondesévénements
Lesprocéduresd’évaluaOondes
risques(risquedenon-conformité
Shari’aOque,risquecommercial
deplacé,risqueopéraOonnel...)
Lesystèmed’informaOonmisenplace
pourletraitementdestransacOons
conformémentàlaShari’a
LesacOvitésdecontrôlespécifiquesà
laconformitéShari’a
Informationetcommunication
Pilotage
Autreàpréciser…
3.
Est-cequevouspouvezaccédersystéma*quementaux
documentssuivants?
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Toujours Souvent Parfois Jamais
LesrapportsdesauditsShari’a
internes
Lemanueldesprocédures
Shari’aOque
LesrapportsduShari’aSupervisory
Bord
Autreàpréciser…
5. COMMUNICATIONDUPROFESSIONNELAVECLESORGANESDEGESTIONDELA
BANQUE
5.1. Les organes de ges*on de la banque procèdent-ils à une
évalua*onducontrôleShari’a?
Périodiquement
Parfois
Jamais
5.2. Dansl’affirma*vecestestss’avèrent-ils?
PerOnents?
Périodiquement
Parfois
Jamais
Suffisants?
5.3. Lesorganesdeges*on(ycomprisladirec*ond’auditShari’a
interne) de la banque établissent-ils un rapport sur les
procéduresdecontrôleShari’a?
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Périodiquement
Parfois
Jamais
5.4. Le Shari’a Supervisory Bord communique ses rapports
d’audit:
Al’auditeurexterne
Aucomitéd’audit
Auconseild’administraOon
AlaBanqueCentrale
6. RELATIONDUPROFESSIONNELAVECLESHARI’ASUPERVISORYBORD
1.
Est-ce que vous communiquez et discutez avec le Shari’a
SupervisoryBordsurlessujetssuivants?
Toujour
s
Souven
t
Parfoi
s
Le plan de travail d’une mission
intérimaire de conformité Shari’a dans
lecadred’unemissiond’auditdesétats
financiers
Lesdéfaillancesrelevéesaucoursd’une
mission de de conformité Shari’a dans
lecadred’unemissiond’auditdesétats
financiers
Le rapport avant sa transmission à la
DirecOonGénérale
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Jamai
s
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Autreàpréciser…
7. UTILISATIONDESTRAVAUXDEL’AUDITSHARI’AINTERNEPARLEPROFESSIONNEL
1.
Est-ce que vous recourez aux travaux des auditeurs Shari’a
internes?
Oui
Non
Dansl’affirma7ve:
Toujour
s
Discussiondurésultatdetravailavecles
desauditeursShari’ainternes
Se baser sur le travail des auditeurs
Shari’ainternespourfixerleplanningde
l’intervenOon intérimaire dans le cadre
d’une mission d’audit des états
financiers
Se baser sur le travail des auditeurs
Shari’ainternespourfixerleplanningde
l’intervenOon pour le contrôle des
comptes dans le cadre de cadre d’une
missiond’auditdesétatsfinanciers
Souven Parfoi Jamai
t
s
s
Autreàpréciser…
8. TESTSDEFONCTIONNEMENTDESACTIVITÉSDECONTRÔLELIÉESAUPROCESSUS«
LECONTRÔLEDELACONFORMITÉSHARI’A»
1.
Lestestsdefonc*onnementcomprennent:
VérificaOonquelesrègles,principesetfatwasappliquésparla
banquesontvalidésetapprouvésparleSSB
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Oui
Non
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Revoirlesnouvellesfatwas,règlesetdirecOvesdelaShari’a,et
s’assurerqu’ilsontétécorrectementappliqués
Autreàpréciser…
Vousavezconduitvotreaudit:
2.
Oui
Non
EnuOlisantlatechniqued’échanOllonnage
ExhausOvement
9. ANALYSEDEL'IMPACTDESTRAITEMENTSCOMPTABLESSURLACONFORMITÉ
SHARI’A
1.
Avez-vous évalué les répercussions des traitements
comptablessurlesrèglesetprincipesdelaShari’a?
Oui
Non
2.
Avez-vous communiqué l’impact néga*f des traitements
comptables sur les règles et principes de la Shari’a aux
responsablesdelagouvernanceetàladirec*on?
Oui
Non
10.
RECOURS À UN SPÉCIALISTE DANS L’ÉVALUATION
CONTRÔLEDELACONFORMITÉSHARI’A»
1.
DU PROCESSUS
« LE
Le professionnel fait-t-il appel à un spécialiste du Fiqh AlMûamalat dans le cadre d’une mission intérimaire de
l’évalua*onducontrôledelaconformitéShari’a?
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Oui
Non
Dansl’affirma*ve,citezlesaxesdel’interven*on?
2.
………………………………………………………………………………………………….
………………………………………………………………………………………………….
………………………………………………………………………………………………….
11.
RAPPORTDUPROFESSIONNELEXTERNESURLACONFORMITÉSHARI’A
11.1. Les défaillances soulevées sont-t-elles prises en compte
par les organes de ges*on et de gouvernance de la
banque?
Oui
Non
11.2. Avez-vous men*onné que vos diligences ont couverts la
conformitéauxrèglesdelaShari’a?
Oui
Non
11.3. Avez-vous annexé un état des points de non-conformité
Shari’aàvotrerapport?
Oui
Non
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Bibliographie
A.
1.
2.
3.
4.
5.
6.
7.
8.
9.
10.
11.
12.
13.
14.
15.
16.
Ouvrages
François Guéranger: « Finance Islamique: Une illustraOon de la finance
éthique»,2009;
Elyès Jouini et Olivier Pastré: « La finance islamique - Une soluOon à la
crise?»,2009;
TheAccounOngandAudiOngOrganizaOonforIslamicFinancialInsOtuOons:
«AccounOng, AudiOng & Governance Standards (for Islamic Financial
InsOtuOons)»,AAOIFIEnglishversion,2008;
INSTITUT ISLAMIQUE DE RECHERCHES ET DE FORMATION BANQUE
ISLAMIQUE DE DEVELOPPEMENT: « EvoluOon des acOvités bancaires
islamiques:problèmesetperspecOves»,1997;
Artus et al, Conseil d’analyse économique, La crise des subprimes, La
DocumentaOonFrançaise,2008.
JURGENSEN P. (2008): « Crise financière ou crise morale ? », 17 octobre
2008
INSTITUT ISLAMIQUE DE RECHERCHES ET DE FORMATION BANQUE
ISLAMIQUE DE DEVELOPPEMENT « Banques Islamiques: réponses à des
quesOonsfréquemmentposées»,2001;
INSTITUT ISLAMIQUE DE RECHERCHES ET DE FORMATION BANQUE
ISLAMIQUE DE DEVELOPPEMENT: « la gesOon des risques: analyse de
certainsaspectsliésàl’industriedelafinanceislamique»,2002;
INSTITUT ISLAMIQUE DE RECHERCHES ET DE FORMATION BANQUE
ISLAMIQUE DE DEVELOPPEMENT: « réglementaOon et contrôle des
banquesislamiques»,2000;
GenevièveCausseBroquet:«LaFinanceIslamique»,2009;
BANQUE ISLAMIQUE DE DEVELOPPEMENT: « Les sciences de la Shari’a
pourleséconomistes:lessourcesduFiqh,sesprincipesetsesthéories»,
1998;
INSTITUTISLAMIQUEDERECHERCHESETDEFORMATIONBANQUEISLAMIQUE
DE DEVELOPPEMENT: « Statut légal (HOKM) des transactions bancaires avec
intérêts»2002;
Yunis,H.«GrowthofPrivateEquityFundsusingIslamicFinance»,Islamic
FinanceGuide,2006;
Ariff, M. « Research Report on Islamic Banking », Asian-Pacific Economic
Literature,Vol.2,1988;
Umer Chapra; Tarikullah Khan, RéglementaOon et contrôle des banques
islamiques, Banque islamique de développent / InsOtut islamique de
rechercheetdéveloppement,Etudespécialen°3,2000;
Yunis,«GrowthofPrivateEquityFundsusingIslamicFinance»,2006;
Page 175 of 180
www.kantakji.com
17. Mohamed Ali CHATTI, « DiversificaOon bancaire, performance, éthique:
AlternaOveoucomplémentarité?Casdesbanquesislamiques»,2010.
B.
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2.
3.
4.
5.
6.
7.
8.
9.
10.
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12.
13.
14.
15.
16.
17.
Articles,mémoires,étudesetconférences:
The control of the Shari’a Supervisory Board in the Islamic financial
insOtuOons, Samy Nathan Garas, InternaOonal Journal of Islamic and
MiddleEasternFinanceandManagementVol.5No.1,2012pp.8-24;
TheconflictsofinterestinsidetheShari’asupervisoryboard,SamyNathan
Garas, InternaOonal Journal of Islamic and Middle Eastern Finance and
ManagementVol.5No.2,2012pp.88-105;
F. AcHL et E. Forget, « la gouvernance des comités Shari’a », op cit, §21,
p30;
The need of accounOng standards for Islamic financial insOtuOons:
evidence from AAOIFIA, del Mohammed Sarea, Journal of Islamic
AccounOngandBusinessResearchVol.4No.1,2013pp.64-76;
Shari’a-compliance and value of analysts’ recommendaOons: evidence
from the MENA region, Omar Farooq, Journal of Islamic AccounOng and
BusinessResearchVol.5No.1,2014pp.61-76;
L’IntermédiaOon Financière ParOcipaOve des Banques Islamiques,
KhoutemBenJedidia,EtudesenEconomieIslamique,Vol.6,2012;
PriceWaterhouseCoopers:«GlobalFinancialCrisis»,2009;
Price Waterhouse Coopers: « Growing pains: Managing Islamic banking
risks»,2008;
ZAKIMyret,(2006),«Genève,oùseconcentrentlespétrodollars,aprisdu
retarddanslafinanceislamique»,RevueLeTemps–Finance,2006;
KPMG: « Finance islamique: ProblémaOque de présentaOon dans les
référenOelsinternaOonaux(IFRS,BâleII,etc.)»,2008;
SÉMINAIRE EUROMONEY CONFÉRENCE DE PARIS SUR LA FINANCE
ISLAMIQUEPARIS:«Stabilitémondiale,l’avenirdesmarchésdecapitauxet
delafinanceislamiqueenFrance»,Septembre2009;
AnouarHassoune:«LagesOondesrisquesdanslesbanquesIslamiques»,
2008;
Mohamed Ibrahim, Shahul Hameed: « IFRS vs AAOIFI: The Clash of
Standards?»,2007;
Islamic Financial Services Board: « The recent crisis: Lessons for Islamic
Finance»,2009; EmiratesBusiness:«IFRSformergerofIslamicAccounOngStandards»par
KarenRemo-Listana,2009;
WebCPA Staff: « IFRS to Converge with Islamic AccounOng Standards »,
2009;
Standard &Poor’s Paris, le 16/05/2007: « Les habits neufs de la finance
islamique»parAnouarHassoune;
Page 176 of 180
www.kantakji.com
18. Recueil des communications données dans le cadre du séminaire
conjointement organisé par l’Institut Islamique de Recherche et de
Formation et de la banque Al-Baraka mauritanienne islamique (Acte de
séminairen°37)«Introductionauxtechniquesislamiquesdefinancement»;
19. Guidelines on the governance of Shari’a for the Islamic Financial
InsOtuOons;CentralBankofMalaysia;December2004;
20. Rouach et Naulleau: Le contrôle de gesOon bancaire et DirecOon
financière,RevueBanqueEdiOon,2009;
21. Séminaire de l’IIRF de la Banque Islamique de Développement à Jeddah.
Leleasing«IjarawaIqOna»parAbdessatarKhouildi;
22. La finance islamique: intérêt et contraintes de mise en place en Tunisie:
SoniaSellami,2011;
23. LafinanceislamiqueetlaproblémaOquedutraitementcomptableenIFRS,
GaithHajji,2011;
24. Les banques islamiques: étude des spécificités et proposiOon d’une
démarched’audit,KaisBklouO,2014.
C.
1.
2.
3.
4.
Codes,loisetnormes:
Ahadithsduprophète(PBSL)etLeSaintCoran;
AAOIFI, Accounting, Auditing and Governance Standards for Islamic
Financial stitutions, Bahrain: 1421 H-2000, (Volume: Accounting, Auditing
GovernanceandEthics).Edition2010;
InternaOonalFinancialReporOngStandards;
InternaOonalAudiOngStandards.
SitesInternet:
AccounOng and AudiOng OrganizaOon for Islamic Financial InsOtuOons:
www.aaoifi.com;
2. Islamicfinancialservicesboard:www.ifsb.org;
3. BanqueIslamiquedeDéveloppement:www.isdb.org;
4. InsOtutislamiquederecherchesetdeformaOon:www.irO.org;
5. Ribh,lejournaldelafinanceislamique:www.ribh.wordpress.com;
6. Audit,ConformitéEtRechercheenFinanceIslamique:www.acerfi.org;
7. IslamicBusinessRecherchesCenter:www.kantakji.com
8. www.andlil.com;
9. www.novethic.fr;
10. www.canalacademie.com;
11. www.bct.gov.tn;
12. www.ifsb.org.
D.
1.
E.
Bibliographiearabe(‫)اﻟﻤﺮاﺟﻊ ﺑﺎﻟﻠﻐﺔ اﻟﻌﺮﺑﯿﺔ‬:
Page 177 of 180
www.kantakji.com
‫اﻷﺳس اﻟﺷرﻋﯾﺔﻟﺗوزﯾﻊ اﻟﺧﺳﺎﺋر واﻷرﺑﺎح ﻓﻲ اﻟﺑﻧوك اﻹﺳﻼﻣﯾﺔﻣﻊ ﺑﯾﺎن اﻟﻧوازل اﻟﺧﺎﺻﺔ ﺑﺎﻷزﻣﺔ‬
‫اﻟﻣﺎﻟﯾﺔ ‪ -‬د‪ .‬ﻋﻠﻲ اﻟﻘﺮة داﻏﻲ‪2010-‬‬
‫اﻟﺨﺪﻣﺎت اﻻﺳﺘﺜﻤﺎرﯾﺔ ﻓﻲ اﻟﻤﺼﺎرف واﺣﻜﺎﻣﮭﺎ ﻓﻲ اﻟﻔﻘﮫ اﻻﺳﻼﻣﻲ ‪ -‬د‪ .‬ﻛﻤﺎل ﺗﻮﻓﯿﻖ‪2008-‬‬
‫دوراﻟﻘﯿﻢواﻷﺧﻼق ﻓﻰاﻻﻗﺘﺼﺎد اﻻﺳﻼﻣﻰ‪-‬د‪ .‬ﯾﻮﺳﻒ اﻟﻘﺮﺿﺎوي‪1995 -‬‬
‫ﺳﯿﺎﺳﺎت ﺗﻮزﯾﻊ اﻷرﺑﺎح ﻓﻲ اﻟﺒﻨﻮك اﻹﺳﻼﻣﯿﺔ‪ :‬اﻟﺒﺪاﺋﻞ اﻟﻌﺎدﻟﺔﺑﯿﻦ اﻟﻤﺴﺎھﻤﯿﻦ واﻟﻤﺴﺘﺜﻤﺮﯾﻦ‪-‬د‪ .‬ﻋﺒﺪ‬
‫اﻟﺤﻠﯿﻢ ﻏﺮﺑﻲ‪-2010‬‬
‫اﻟﺸﺮح اﻟﻤﻤﺘﻊ ﻋﻠﻰ زاد اﻟﻤﺴﺘﻘﻨﻊ ‪ -‬ﻣﺤﻤﺪ ﺑﻦ ﺻﺎﻟﺢ اﻟﻌﺜﯿﻤﯿﯿﻦ ‪1999 -‬‬
‫ﻓﺘﺎوى اﺑﻦ ﺗﯿﻤﯿﺔ ‪ -‬اﺣﻤﺪ اﺑﻦ ﺗﯿﻤﯿﺔ ‪1995 -‬‬
‫اﻟﺘﺤﺮﯾﺮ واﻟﺘﻨﻮﯾﺮ‪ -‬ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻄﺎھﺮ ﺑﻦ ﻋﺎﺷﻮر‪1997-‬‬
‫ﻣﻘﺎﺻﺪ اﻟﺸﺮﯾﻌﺔ اﻻﺳﻼﻣﯿﺔ ‪ -‬ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻄﺎھﺮ ﺑﻦ ﻋﺎﺷﻮر‪2001 -‬‬
‫ﻓﻘﮫاﻟﻤﺤﺎﺳﺒﺔ اﻻﺳﻼﻣﯿﺔ ‪ -‬د‪ .‬ﺳﺎﻣﺮ ﻗﻨﻄﻘﺠﻲ ‪1996 -‬‬
‫ﺗﺤﻮل اﻟﻤﺼﺎرف اﻟﺘﻘﻠﯿﺪﯾﺔ ﻟﻠﻌﻤﻞ وﻓﻖ أﺣﻜﺎم اﻟﺸﺮﯾﻌﺔ اﻹﺳﻼﻣﯿﺔ ‪ -‬ﺧﻠﻒﺳﺎﻟﻢاﻟﻌﻄﯿﺎت ‪2007 -‬‬
‫ﺗﻘﻮﯾﻢ إﺳﮭﺎﻣﺎت اﻟﻤﺼﺎرف اﻟﻤﺮﻛﺰﯾﺔ ﻓﻲ اﻟﻤﻮاءﻣﺔ اﻟﺸﺮﻋﯿﺔ واﻟﺮﻗﺎﺑﺔ واﻟﺘﻨﻈﯿﻢ ﻟﻠﺼﻨﺎﻋﺔ اﻟﻤﺎﻟﯿﺔ‬
‫اﻹﺳﻼﻣﯿﺔ‪ ،‬ﻋﺒﺪ اﻟﺒﺎري ﻣﺸﻌﻞ‪ ،‬اﻟﻤﺆﺗﻤﺮ اﻟﻌﺎﻟﻤﻲ اﻟﺜﺎﻣﻦ ﻟﻌﻠﻤﺎء اﻟﺸﺮﯾﻌﺔ‪ ,‬ﻣﺎﻟﯿﺰﯾﺎ‪ ،‬أﻛﺘﻮﺑﺮ‪.2013‬‬
‫‪www.kantakji.com‬‬
‫‪1.‬‬
‫‪2.‬‬
‫‪3.‬‬
‫‪4.‬‬
‫‪5.‬‬
‫‪6.‬‬
‫‪7.‬‬
‫‪8.‬‬
‫‪9.‬‬
‫‪10.‬‬
‫‪11.‬‬
‫‪Page 178 of 180‬‬
GLOSSAIRE DES TERMES UTILISÉS EN DROIT ET FINANCE ISLAMIQUE
Arboun: dépôt de garanOe versée à la signature d’un contrat, Si
l’acheteurestdéfaillantlevendeurleconserve.
Rahn: Accord aux termes duquel un acOf est affecté en garanOe d’une
deke.LagaranOepeutêtreuOliséeencasdedéfaillance.
Amana: (fiabilité, loyauté, honnêteté. ) Le terme renvoie aux dépôts.
Unepersonnepeutdétenirdesbienspourlecompted’autrui,parfoisen
applicaOond’uncontrat.
Qard hassan: Emprunt sans intérêt mais couverture des frais par
l’emprunteur.Enfinanceclassiqueonappelleraitcelaunprêtmutualiste.
Shari’a: Likéralement: ordonner, prescrire. Ensemble des lois et règles
issuesduCoranetdelaSouna.CorpusjuridiqueenIslam
Fatwa:Avis,réponse,décretreligieuxd’unOuléma(expertdelaSouna)
ou d’un comité de la Charia, gardiens de la stricte observance de la
Charia.
Fiqh:JurisprudenceislamiquepourlaviereligieuseetsapraOque.C’est
unesourceimportantedel’économieetdelafinanceislamique.
Gharar: (Risqué, incertain) C’est l’une des trois interdicOons
fondamentalesenfinanceislamique,avecleribaetlemaysir.LeGharar
est un concept complexe qui recouvre certains types d’incerOtudes ou
d’imprévus liés à un contrat. L’interdicOon du Gharar sert souvent de
fondement aux criOques des praOques financières classiques telles que
laventeàdécouvert,laspéculaOonetlesproduitsdérivés.
Ijara:Contratauxtermesduquellabanqueachèteunbienpourunclient
puisleluilouepourunepériodedéterminée.
Ijaramuntahiabexamlik:Contratauxtermesduquellabanqueachète
unbienpourunclientpuisleluiloueenlocaOonfinancementpourune
périodedéterminéemaisleclientalapossibilitéd’acquérirlebienenfin
decontrat.C’estunvraicrédit-bailenfinanceclassique.
Is7sna: Financement progressif: contrat d’acquisiOon d’un bien avec
paiementprogressifduprixaufuretàmesurequelebienestconstruit.
S’apparenteàlasous-traitance.
Moucharaka:Dechirka,quisignifieparOcipaOonouassociaOon.C’estun
invesOssementparOcipaOf,oulepartagedeprofitsestproporOonnelau
montant invesO. Les mouchariks parOcipent donc au capital et à la
gesOon. C’est une sorte de cofinancement. C’est une sorte de capitalinvesOssement.
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Moudharaba: Partenariat d’invesOssement ou le capital est
intégralement apporté par la banque rab el mal et la gesOon du projet
estassuréeparl’autremoudharebrabelmal.LebénéficeestréparOen
findecontratselonunevenOlaOonfixéepréalablementmaislespertes
nesontsupportéesqueparl’invesOsseur.
Mourdhareb: Partenaire gesOonnaire, entrepreneur dans une
moudharaba.
Mourabaha: Contrat de vente à tempérament ou une parOe fait un
apport en industrie (compétence, acOf immatériel, etc…) et l’autre un
apportencapitalfinancier.
Cela permet d’acquérir un bien sans contracter un emprunt portant
intérêt.TrèsuOliséenmicrocrédit.
Rab al mal: Personne qui invesOt les capitaux dans un contrat
moudharaba.
Riba: AugmentaOon, ajout. C’est l’une des interdicOons fondamentales
en finance islamique, avec le Gharar et le maysir. Intérêt fixé
prédéterminé perçu quel que soit le résultat du projet. Tout taux de
rendement sans risque ou garanO sur un prêt ou un invesOssement
relève du riba. On parle d’usure mais cela prête à confusion car ça
rendraitlicitetoutintérêtserviautauxnormal.
Sani:Sous-traitantdansuncontratIsOsna.
Zakat: Sorte d’impôt ou taxe sur la fortune. C’est un des 5 piliers de
L’islam.
Bai’Al-Inah:Cessionbail
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