Ivan Alekseïevitch Bounine
Ecrivain russe – Prix Nobel de littérature en 1933
Sa vie se partage entre deux nations; la Russie, où il est né, a grandi, et a
connu la célébrité - il reçoit à trois reprises le prestigieux prix Pouchkine pour
l’ensemble de son œuvre, puis élu à l’académie de Belles Lettres en 1909, il
est le plus jeune académicien à l’époque de l’Empire russe - et la France, où
Ivan Bounine vit son exil et sa gloire.
Le 10 novembre 1933 tous les journaux parisiens titraient en une "Bounine,
le prix Nobel!"
Un événement qui a secoué tout le monde littéraire, mais aussi politique.
Le prix le plus haut en littérature a été attribué à un immigré, "L'ennemi du
peuple" selon le gouvernement soviétique, l'écrivain russe vivant en exil en
France, car Ivan Bounine est le premier écrivain russe à recevoir ce prix.
Il fuit la révolution et le régime bolchevique qu'il n'accepte pas et qu’il
condamne ensuite dans son journal "Les jours maudits"- 1925.
Exilé en France où il vit entre Paris et Grasse, Bounine suit sa voie, à contre
courant des modes et des idées reçues, la voie royale de la littérature russe.
Sa vie en exil a très peu changé après son prix Nobel. L'argent a vite disparu,
dépensé, partagé par l'écrivain avec ses confrères de l'immigration. Bounine
vit dans la pauvreté, voire dans la misère. A l'exception de quelques journaux
de l'immigration russe, Bounine ne publie rien en France. Pendant
l'occupation allemande il refuse de collaborer avec les autorités fascistes, une
chose totalement inacceptable pour lui. Ce n'est qu'en 1943 que quelques
nouvelles, les premières de son recueil « Les Allées Sombres » sont parues à
New-York. Une sorte de coup de soleil, de moment d'illumination qui ne
pouvait malheureusement pas durer.
En Union Soviétique ses œuvres sont interdites à la publication, son nom est
effacé de la littérature, ses livres sont enlevés des bibliothèques, comme si
« Le Village », « Le Monsieur de San-Francisco », « Le Calice de la Vie »,
« Soukhodol » n’avaient jamais existé.
Les trente trois longues années d'exil d'Ivan Bounine ont été marquées par un
profond sentiment de solitude, d'oubli et de nostalgie pour sa patrie, un
bonheur d'autrefois perdu à jamais. Ce sentiment lui inspirera ses œuvres les
plus marquantes « L'Amour de Mitia », « La Vie d'Arséniev », « Les Allées
Sombres » - des chefs-d’œuvre de la littérature russe.
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Ivan Alekseïevitch Bounine, le "dernier classique" dans la lignée de Tolstoï,
de Tourgeniev, de Tchekhov s'est éteint dans la nuit du 7 au 8 novembre
1953 à Paris. Il est enterré au cimetière de Sainte-Geneviève-des-Bois dans
la banlieue parisienne.